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Maghreb Steel enchaîne les mesures de sauvegarde. Après la fin en septembre dernier des mesures antidumping, qui ont duré 5 années, l’aciériste entame une nouvelle vague de mesures de sauvegarde provisoires de 25% sur les importations de tôles laminées ainsi que des tubes et tuyaux en acier ou en fer. Celle-ci est applicable depuis le 22 octobre pour une période de 200 jours.

C’est reparti pour un tour pour les mesures de sauvegarde protégeant le sidérurgiste nationale, Maghreb Steel. L’enquête qui fait suite à la demande, introduite en mai dernier sur les aciers plats laminés à chaud, a finalement donné raison à l’aciériste. «Tenant compte des résultats préliminaires de l’enquête et après avis de la Commission de surveillance des importations, réunie le 17 septembre 2019, le ministère a décidé d’appliquer une mesure de sauvegarde provisoire sur les importations des tôles laminées à chaud, conformément aux dispositions de l’article 61 de la loi 15-09», peut-on lire sur l’avis du ministère de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique. Cette mesure, qui prend la forme d’un droit additionnel ad valorem de 25% sur les importations des tôles laminées à chaud enroulées ou non enroulées, est applicable depuis le 22 octobre dernier sur une période de 200 jours.

Pour le ministère de tutelle, «les résultats préliminaires de l’enquête ont pu démontrer que l’importation des tôles laminées à chaud fait l’objet d’un accroissement massif des importations dans l’absolu et par rapport à la production nationale, et à des conditions telles que cet accroissement, cause ou menace de causer un dommage grave à la branche de production nationale des tôles laminées à chaud».Ainsi, selon les données de l’Office des changes, les importations des tôles laminées à chaud pour la période janvier-juillet 2019, ont atteint environ 79.371 tonnes, représentant plus de 74% du volume total importé en 2018 et à un prix moyen d’environ 7.000 DH/tonne, qui demeure compétitif par rapport au prix du produit local. La tutelle a donc «jugé nécessaire» l’application d’urgence d’une mesure de sauvegarde provisoire pour empêcher d’aggraver la dégradation de la situation de la branche de production nationale au cours de l’enquête. Or, Maghreb Steel est l’unique producteur de tôles d’acier laminées à chaud au Maroc. Ce qui irrite en plusieurs points la FIMME (Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques). Celle-ci s’insurge, entre autres, contre toute forme de protectionnisme qui nuirait à ses membres, opérateurs et industriels. Elle reproche également au ministère de tutelle, le fait de ne pas prendre en considération la position de la majorité des professionnels. La fédération a d’ailleurs dénoncé, à maintes reprises, ces mesures de sauvegarde, estimant qu’elles sont «absolument inacceptables» et «irrationnelles» et qu’elles auront des «répercussions dévastatrices» sur l’industrie de l’acier.

La FIMME assure que l’impact économique et les effets directs ravageurs, engendrés par ces mesures protectionnistes imposées, «desserviront inévitablement l’ensemble du secteur et anéantiront la compétitivité de plusieurs filières qui viennent en aval de Maghreb Steel». Pour elle, le vrai problème de Maghreb Steel reste un problème de volume. Elle affirme que l’entreprise compense son manque de volume par le prix, au détriment de la compétitivité du secteur. La fédération craint qu’avec ces mesures de sauvegarde, le sidérurgiste ne revoie ses prix encore à la hausse. Elle plaide en effet pour des solutions équilibrées qui visent la sauvegarde des fleurons nationaux sans que cela ne se fasse au détriment des 1.600 opérateurs du secteur. Elle soumet l’idée de subventionner Maghreb Steel, en s’inspirant du modèle turc.

La fédération envisage même de saisir le Conseil de la concurrence et le Tribunal administratif afin d’annuler ces mesures de sauvegarde provisoires qui seraient, selon la FIMME, fatales, pour l’ensemble du secteur. Pour l’heure, l’aciériste enchaîne les mesures de sauvegarde. Des mesures antidumping viennent de prendre fin le 25 septembre 2019. Elles étaient en vigueur depuis 5 ans et concernaient les importations de tôles en acier laminées à chaud, originaires de l’Union européenne et de la Turquie. Par ailleurs, des mesures de sauvegarde en faveur de Maghreb Steel sur les importations de tôles laminées à froid et de tôles plaquées ou revêtues ont été prolongées jusqu’au 31 décembre 2021.

En attendant, Maghreb Steel tente d’entamer une nouvelle phase de son développement, même si elle n’arrive toujours pas à redresser son résultat net. L’industriel a dû faire face à une contraction de la demande locale entre 2017 et 2018 en raison du report de certains projets publics et privés et la baisse des prix. Sa rentabilité opérationnelle par contre est restée positive depuis 2015. Le top management s’attend par ailleurs, à une légère amélioration des ventes, en 2019, comparé à l’exercice précédent.

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