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06-12-2019 09:50

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Finances

À l’approche de la fin de l’année, les prévisions fusent, suite à un épisode peu reluisant concordant avec la publication des résultats semestriels. Le comportement des sociétés cotées au terme du premier semestre 2019 a poussé les investisseurs à se positionner à la vente. Une tendance qui pourrait se poursuivre, mais qui serait tout de même moins chaotique que l’année dernière. Détails.

La reprise tant espérée du marché semble se dissiper à vue d’œil. Après avoir flirté avec des performances annuelles de 4% fin août 2019, le Masi affiche désormais une croissance de 1,15%. Une correction qui pourrait se poursuivre au cours des prochains mois pour boucler l’année sur une énième contre-performance. Une tendance qui se maintient depuis plusieurs exercices déjà. «Cette année pourrait être moins chaotique que l’année dernière où le Masi avait perdu plus de 8% de sa valeur», espère cet analyste. Les professionnels de la place veulent y croire.

«Les paramètres de cette année ne sont pas les mêmes que l’année précédente, marquée par de nombreux événements dont un mouvement de boycott, un secteur immobilier chancelant ou encore le désengagement massif des investisseurs étrangers de la cote», explique cet analyste. Et d’ajouter que le marché s’attend à une «croissance neutre» pour cette fin année.

Une estimation qu’il juge optimiste malgré les conditions de marché actuelles. Évoluant dans une conjoncture difficile, les sociétés cotées ont dû composer avec, entre autres, les contrôles fiscaux, l’instauration de la contribution sociale et l’application de l’IFRS 16. En témoignent la série de profit warnings et le contenu des premières publications trimestrielles. Un constat qui s’est confirmé au fil des mois, au vu des résultats semestriels de l’année 2019.

Masse bénéficiaire en baisse
La performance du Masi au mois de septembre en témoigne. Il faut dire que le comportement des sociétés cotées n’a pas laissé d’autre choix, aux investisseurs de la place, que de se positionner à la vente. Plombée par la faible performance des indicateurs d’activité, la masse bénéficiaire s’est en effet affaissée de 4,9% pour se chiffrer à 15,48 MMDH. Ce sont pratiquement 45,1% des 71 sociétés ayant publié leurs résultats et 72,7% des 22 secteurs représentés à la cote qui accusent des réalisations financières en repli. L’analyse d’Upline Securities de la contribution à l’évolution de la capacité bénéficiaire renseigne particulièrement sur la contribution positive du secteur bancaire. Avec un accroissement de 2,7% de son RNPG semestriel à 6,54 MMDH, le secteur bancaire voit sa contribution portée à 1,1 point de croissance.

Par ailleurs, la bonne performance du RNPG des secteurs des Équipements électroniques (+48,2%) et des Services de transport, dont l’unique valeur est Marsa Maroc (+5,6%), est en lien avec une tendance de plus en plus importante à la conteneurisation du trafic maritime (segment à forte valeur ajoutée). Pour ce qui est des secteurs baissiers, on retient essentiellement les Mines et l’Agro-alimentaire, avec des contributions négatives de 1,6 point chacun à la croissance globale. La contre-performance des minières est principalement attribuable à la baisse importante des cours des métaux sur le marché international (en particulier le cobalt), tandis que le secteur Agro-alimentaire a souffert de l’alourdissement du déficit de Centrale Danone. En excluant les minières et l’Agro-alimentaire du total, le retrait du RNPG agrégé ressort à seulement 1,7%.

Au titre des autres secteurs baissiers, l’immobilier continue de faire les frais d’une conjoncture économique peu propice, alors que le secteur du Pétrole & Gaz a été impacté par un effet stocks négatif. L’analyse de la répartition sectorielle du résultat net agrégé de la cote laisse apparaître une prédominance des bancaires avec une part de 42,3%, suivies du secteur Télécoms à hauteur de 19,5% et du secteur des BTP & matériaux de construction (10,4%). Outre les effets de cette conjoncture économique peu reluisante, se traduisant par une poursuite de la décélération du rythme de croissance du PIB national, le marché fait face à un manque de visibilité autour de l’économie nationale. La cacophonie autour des prévisions économiques laisse l’ensemble des professionnels de la place perplexes. «L’on ne sait plus quoi penser des prévisions de nos grandes institutions», affirme un analyste.

Les prévisions de croissance économique tant attendues des grandes institutions telles que Bank Al-Maghrib, le CMC ou encore le HCP, censées conforter les entreprises dans leur business plan, deviennent un véritable casse-tête et en déstabilisent plus d’un. Si les estimations pour 2019 sont rapprochées, soit 2,7% pour BAM, 2,6% pour le CMC et 2,7% pour le HCP, le constat n’est pas le même pour 2020. En effet, la Banque centrale et le HCP tablent sur des taux autour de 3,8% et 3,4%, tandis que le Centre marocain de conjoncture mise sur un taux de 4,6%. Autre élément très surveillé par les opérateurs économiques, les nouvelles mesures fiscales de la loi de Finances 2020. Si le PLF 2020 vise à cimenter la confiance des opérateurs économiques en poursuivant l’encouragement de l’initiative privée et l’initiation de nouveaux programmes d’investissement rentable, certains secteurs -dont l’immobilier ou encore le transport- espèrent surtout la reconduction de certains avantages fiscaux.

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