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Culture

Un an après son avant-première à la Mostra de Venise, «Volubilis» de Faouzi Bensaidi arrive dans les salles du royaume. Zoom sur une histoire d’amour abîmée par une société marocaine à plusieurs vitesses.

Une histoire d’amour forte. Celle d’un couple en apparence solide, que la société ne laissera pas vivre librement. Pourtant, Malika, campée par la brillante Nadia Kounda, et Abdelkader, joué par le charismatique Mouhcine Malzi, sont liés par les liens sacrés du mariage. De «sacrés liens», puisque le couple vit dans la maison familiale, où il partage une chambre avec toute la famille, dans les quartiers pauvres de Meknès. Aucune intimité dans le cocon familial, aucune dans la rue, où le couple ne peut même pas se donner la main. Mais ceci ne constitue pas le fond du problème. Ils sont quand même heureux, ils volent des moments de bonheur. Leur vie bascule lorsque Abdelkader, vigile dans un centre commercial, est victime d’une injustice, d’une «hogra» par un homme de pouvoir. «Lui est vigile et elle est femme de ménage, ils s’aiment d’un amour romantique et magnifique. Un amour qui est comme cette fleur de Volubilis, née de nulle part, c’est un bel amour. Ils se marient mais continuent à vivre chacun chez leurs parents, c’est terrible. Ils n’arrivent pas à avoir un toit pour eux. Cet intime est violemment occupé par cette réalité aujourd’hui du monde. Petit à petit, cet amour se désintègre devant nos yeux. Que peut sauver l’amour ? Est-ce qu’il peut résister aux pressions sociales et économiques? Tout le film est parti de là…», avait confié le réalisateur lors d’une interview accordée à Venise l’année dernière.

Un an après Venise
Présenté dans la catégorie Venice Days «Giornate Degli Autori» de la Mostra de Venise 2017, le film de Faouzi Bensaidi débarque dans les salles obscures marocaines. C’est au Mégamara, ce jeudi matin, que la fresque sociale pleine de justesse du «Fellini marocain» est révélée au public marocain. Il avait déjà séduit le public italien, touché par une histoire pleine d’humanité et de sincérité. Au Festival national de Tanger, il a raflé tous les prix ! «J’avais entendu des histoires comme celle-là, de gens qui se donnaient le droit de donner des ordres parce qu’ils ont ce costume sur eux. C’est parti de ces constatations-là. Il y a aussi l’arrivée de la mondialisation, de la libéralisation sauvage. Ce n’est pas une réalité marocaine, c’est une réalité mondiale: cette finance qui prend le dessus sur tout et qui devient fond et forme de la vie. C’est terrifiant de voir que l’on évolue dans un monde où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, dans un monde où le travail n’est plus synonyme de dignité», avait expliqué Faouzi Bensaidi. «Volubilis» est juste et dresse le portrait de personnages auxquels on s’attache. Faouzi Bensaidi sait filmer ses acteurs, les sublimer. Il a de l’admiration pour eux, et cela se ressent sur chacun de ses plans. Il filme sa ville d’enfance, Meknès, pour la première fois. Une démarche très intime pour le réalisateur qui semble dévoiler des secrets d’enfance, ses doutes de jeunesse. Il filme la ville comme si la mort guettait ses personnages, comme si la vie était un défi de tous les jours. Il creuse également le fossé entre les riches et les pauvres en caricaturant ceux qui ont le pouvoir, en soulignant «leur ridicule» souvent, leur grossièreté qu’ils semblent être les seuls à ne pas voir. Dans «Volubilis», Bensaidi signe surtout une histoire vraie, d’une musicalité rare. À voir.

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