A lire aussi

12-09-2019 15:08

Alerte météo: fortes averses orageuses dans plusieurs provinces du royaume

De fortes averses orageuses, de niveau orange, sont attendues jeudi, entre 14h00 et 24h00, dans…
Rejoignez nous sur :

La loi régissant l’enseignement supérieur va être révisée pour mettre fin aux différentes lacunes qui minent la qualité d’apprentissage. Il ne s’agit pas uniquement de réformer le volet pédagogique, mais aussi de redresser les dysfonctionnements relatifs à la gouvernance du secteur.

Après l’adoption de la loi-cadre de l’éducation et de la formation, fini les tergiversations et la discontinuité dans la mise en œuvre des réformes de l’enseignement supérieur. Le gouvernement est très attendu sur ce dossier. C’est l’une des priorités de cette rentrée politique, d’après une source gouvernementale. Une révision législative s’impose pour rehausser le volet qualitatif, surtout dans les établissements à accès ouvert, et permettre ainsi aux lauréats de s’insérer sans difficulté dans le marché du travail. Il ne s’agit pas uniquement de retoucher la loi 01.00, promulguée en 2000, organisant le système de l’enseignement supérieur et dont nombre de textes d’application ont connu un retard abyssal.

L’enjeu, à l’heure actuelle, est d’élaborer une nouvelle législation prenant en considération la refonte du système dans sa globalité. Cette fois-ci, il faut détailler tout le dispositif ayant trait au secteur privé et à la recherche scientifique. La réforme mise en place il y a presque deux décennies a plutôt été axée sur l’aspect pédagogique et n’a pas permis d’atteindre les objectifs escomptés en matière de promotion de la qualité des diplômes et d’adéquation des profils avec le marché du travail. La réforme en vue devra s’appuyer sur une vision globale et intégrée pour combler toutes les lacunes, à commencer par le renforcement de l’encadrement. Le constat est alarmant. La massification de l’université déteint sur la qualité de l’encadrement.

À ce titre, l’État est épinglé par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique car il n’a pas accordé l’attention nécessaire au renforcement du taux d’encadrement pédagogique qui s’est dégradé durant la période de la réforme. Ce taux est passé de 38 étudiants par enseignant chercheur dans les établissements à accès ouvert à près de 70 au moment de la révision en 2014 et à près de 83 en 2016. Un grand déphasage est constaté entre la volonté politique d’accroître le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur (croissance de 108% entre 2011 et 2016) et les ressources humaines qui devaient accompagner cette évolution: l’effectif des enseignants n’a augmenté que de 12% sur cette même période. Les filières des sciences juridiques, économiques et sociales sont les plus frappées par le sous-encadrement pédagogique. Le gouvernement est très attendu sur le volet de l’amélioration de l’encadrement dans les universités dont l’autonomie a besoin d’être consolidée, comme préconisé par la loi-cadre. Le département de tutelle reconnaît les insuffisances en matière d’autonomie des universités qui n’est pas «encore assumée», pour reprendre l’expression du CSEFRS.

À cet égard, notons que plusieurs prérogatives stipulées dans la loi 01-00 n’ont pas été mises en œuvre. À titre d’exemple, la loi permet à l’université de valoriser son capital et de diversifier ses ressources notamment par la création de sociétés filiales ou des prises de participations, mais ces dispositions restent toujours lettre morte.Sur le plan pédagogique, une nouvelle réforme est en cours pour permettre une meilleure adéquation entre la formation dispensée au niveau de l’enseignement supérieur et l’emploi. La réforme de 2003, rappelons-le, consistait à instaurer le modèle Licence-Master-Doctorat (LMD). Au fil des ans, elle a montré ses limites et est actuellement marquée par un essoufflement qui limite la portée de ses objectifs, surtout au niveau des établissements à accès ouvert. Le département de tutelle entend maintenir le système LMD tout en révisant la licence qui devra passer de trois à quatre ans. La nouvelle réforme consistera à introduire une année fondatrice comme première année de la formation supérieure à l’instar de ce qui se passe sous d’autres cieux pour réussir la transition entre les deux cycles.

Le renforcement des compétences linguistiques est un élément clé pendant cette première année. L’enjeu est de pouvoir faire disparaître la fracture linguistique entre le secondaire et le supérieur. Ainsi, des modules de langues étrangères seront dispensés à l’étudiant pendant les deux premières années. L’étudiant ne pourra décrocher sa licence qu’après avoir atteint le niveau B2 en langue étrangère. Le système d’orientation sera revu et renforcé pour prendre en considération les compétences de l’étudiant aussi bien disciplinaires que linguistiques. L’offre de formation sera étoffée pour répondre aux exigences du marché de l’emploi dans les divers secteurs. Des filières adaptées seront créées, permettant à l’étudiant de choisir la passerelle qui lui convient. La mise en place de passerelles est en effet fondamentale pour réussir l’orientation ou la réorientation.


Améliorer la gouvernance

La réforme de la législation régissant l’enseignement supérieur est une exigence de la loi-cadre de l’éducation et de la formation qui insiste sur la diversification des partenariats et la nécessité d’impliquer le secteur privé dans la promotion de l’enseignement et de la recherche scientifique. On s’attend à ce que ce texte mette fin aux changements entamés après chaque formation d’un gouvernement sans prendre en considération la nécessité de continuer la mise en œuvre de la réforme. Sur le plan de la gouvernance, la loi-cadre stipule, entre autres, le renforcement de l’autonomie effective des universités dans un cadre contractuel avec la mise en place d’un mécanisme de suivi, d’évaluation et d’audit périodique. Le texte exige l’encouragement des partenariats régionaux et locaux entre les universités, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, les AREF, les collectivités territoriales et les instances publiques et privées pour réaliser des programmes et projets communs en vue de renforcer les infrastructures scolaires et universitaires.

C’est une rentrée très chargée qui s’annonce pour l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ).

De part ses missions qui lui sont dévolues par la loi 80-12, l’agence nationale d’évaluation devra entamer un virage décisif durant cette rentrée 2019-2020. La mise en œuvre de la vision de la réforme du système éducatif doit en effet respecter les conditions posées par l’agence, qui a la lourde responsabilité de veiller à la qualité des performances académiques et institutionnelles du système de l’enseignement supérieur. En ligne de mire durant cette rentrée figure plusieurs axes d’investigation qui seront contenus dans les audits de performance mais aussi l’évaluation des filières de formation en vue de l’obtention ou du renouvellement des accréditations. Le vaste domaine de la coopération universitaire devra également être prioritaire au même titre que le diagnostic des dossiers d’équivalence des diplômes.

De nouveaux paramètres d’évaluation
C’est le principal fait marquant durant cette rentrée pour l’ANEAQ qui devra tester de nouvelles formules d’évaluation. L’exigence pour la planification pluriannuelle devra pour sa part servir de base d’évaluation, notamment les critères retenus pour nouer des partenariats. La participation des partenaires régionaux aux instances de gouvernance de l’université reste aussi posée avec acuité malgré la présentation d’un rapport annuel devant le conseil de la région ainsi que la création de diplômes d’université qui répondent beaucoup mieux aux besoins spécifiques de chaque région. En plus de la création d’observatoires régionaux pour l’adéquation des enseignements supérieurs à l’environnement économique de chaque région, la prise de participation dans des entreprises innovantes et la création d’entreprises filiales spécialisées dans les activités de RD doivent également se multiplier durant la prochaine rentrée. Il s’agit essentiellement de l’élargissement des missions de l’université à l’expertise, à la formation continue et à la valorisation des produits de la recherche dans l’optique d’une diversification des sources de financement de l’université. Les plans de développement des universités, tracés annuellement, devront aussi s’aligner sur les objectifs tracés par la vision 2030.

Formation professionnelle, une vaste opération d’accréditation
Les établissements de la formation professionnelle privée devront être en tête de liste des préoccupations de l’agence. Il est à noter qu’une nouvelle composition des jurys d’examen a été opérée au sein des établissements en vue de veiller à la bonne gestion du système d’évaluation, qui devra faire l’objet d’une analyse de la part des experts de l’agence. La priorité sera accordée au perfectionnement du corps formateur et sa certification ainsi qu’à la poursuite du processus d’ingénierie de formation dans les secteurs stratégiques. Les objectifs tracés à l’occasion de la finalisation du nouveau programme d’accréditation concernent aussi le contenu de la formation avec des modules dédiés aux soft skills qui seront priorisés, à côté de la hausse de l’offre de formation relative à la modernisation des outils de gestion et la réorganisation des entités régionales. Il est à rappeler que l’opération d’accréditation devra accorder aux établissements concernés des reconnaissances pour les 5 prochaines années. Le nombre total des établissements concernés dépasse 400 établissements alors que l’effectif des stagiaires dans ces établissements accrédités représente plus de 50% de l’effectif de la formation professionnelle privé.


 L’employabilité en tête des indicateurs surveillés

À partir de cette rentrée, les établissements de l’enseignement supérieur seront dans l’obligation de mettre en place des observatoires qui «analysent les bassins de recrutement potentiels et qui mesurent le degré de compatibilité des formations avec l’environnement socioprofessionnel», indique la liste des références qui devront entrer en vigueur en matière d’évaluation. Le seuil d’insertion des lauréats devra quant à lui être déterminé via des sondages qui seront réalisés. Pour le suivi de l’employabilité des lauréats, les établissements doivent impérativement disposer de «cellules d’interface chargées d’assister les lauréats en matière d’intégration professionnelle et de conclure des conventions pour l’accueil des stagiaires». Le pilotage stratégique des instituts d’enseignement supérieurs sera quant à lui le prélude de l’application de l’ensemble des procédures mais des correctifs qui peuvent être apportés «dans le cas de dysfonctionnements ou de non adéquation entre les moyens et les objectifs tracés», selon la nouvelle grille d’évaluation.

Un nouveau décret autorise l’Agence nationale d’évaluation de l’enseignement supérieur à instaurer une nouvelle grille pour l’évaluation du rendement des établissements d’enseignement supérieur.

Le gendarme de l’évaluation de l’enseignement supérieur se dote d’un nouveau cadre plus exhaustif pour mener les missions qui découlent de son statut en tant qu’organe qui veille à la qualité du cursus universitaire. À quelques semaines de la rentrée, un nouveau décret vient d’entrer en vigueur en vue de permettre à l’agence d’intervenir selon de nouvelles modalités visant à apporter plus de garanties quant à l’efficience des méthodes et du contenu de l’enseignement dispensé pour l’ensemble des branches faisant partie de la formation supérieure. Concrètement, ce sont les missions qui découlent de la loi 80-12 qui sont concernées par le décret approuvé avec plusieurs normes qui devront être appliquées lors des visites des établissements.

L’employabilité mesurée
La nouvelle réglementation exige des établissements de se doter d’observatoires qui «analysent les bassins de recrutement potentiels et qui mesurent le degré de compatibilité des formations avec l’environnement socioprofessionnel», indique la liste des références qui devront entrer en vigueur en matière d’évaluation. Des sondages devront également se réaliser pour tirer les conclusions qui s’imposent pour améliorer le seuil d’insertion des lauréats. Au niveau régional, le décret incite les établissements de formation et les associations professionnelles à redoubler d’efforts pour activer les plateformes d’enseignement et de recherche «et d’assurer une participation efficiente aux initiatives régionales et locales», indique le décret.

Concernant la représentativité des étudiants, la prise en compte de leur avis n’est plus facultative. Il s’agit de «gérer les affaires des étudiants selon des procédures claires et transparentes», précise le décret qui impose une forte coordination entre le service des affaires estudiantines et le service pédagogique «lors des opérations de présélection et d’enregistrement ainsi que pour la gestion des examens et l’annonce des résultats», soulignent les nouvelles mesures qui devront être étroitement surveillées par l’agence lors de son évaluation des établissements.

Pour le suivi de l’employabilité des lauréats, les établissements doivent impérativement disposer de «cellules d’interface chargées d’assister les lauréats en matière d’intégration professionnelle et de conclure des conventions pour l’accueil des stagiaires». La même rigueur devra être de mise pour le suivi des indicateurs de la recherche scientifique. Pour avoir plus de visibilité sur les efforts déployés par les établissements d’enseignement supérieur, la nouvelle grille d’évaluation exige des établissements de mener un contrôle périodique des infrastructures dédiées à la recherche scientifique qui sera un facteur déterminant dans le renouvellement des accréditations. Des structures exclusivement dédiées à la «valorisation des résultats de la recherche scientifique en plaçant «la dimension entrepreneuriale dans la recherche», souligne la nouvelle grille d’évaluation qui sera appliquée durant la prochaine rentrée et qui exige également que l’ensemble des établissements disposent de mécanismes de pilotage et de suivi de la recherche scientifique. 


Les principales nouveautés

L’avenant qui a été préparé place le mode de gouvernance des instituts supérieurs en tête de liste des critères. Il s’agit essentiellement de l’obligation de se doter d’une charte des valeurs et des modalités de son application ainsi que de la formulation «d’une vision précise qui reflète les objectifs de la charte». Au niveau de la gestion financière, l’audit de performance concerne aussi l’évaluation des infrastructures et des équipements des établissements et leurs programmes d’entretien. L’ensemble des instituts devront surtout avoir des procédures unifiées et des tableaux de bord de suivi de leurs budgets avec la possibilité de mettre en place des mécanismes d’amélioration des ressources propres. Les auditeurs peuvent aussi mesurer le degré d’homogénéité de la charte des valeurs des établissements avec la vision stratégique de la réforme et l’exigence de tracer un plan d’action pluriannuel et réserver des dotations pour le renforcement des effectifs chargés de l’évaluation. Le pilotage stratégique des instituts supérieurs d’enseignement sera donc le prélude de l’application de l’ensemble des procédures via des correctifs qui peuvent être apportés «dans le cas de dysfonctionnements ou de non adéquation entre les moyens et les objectifs tracés», souligne le décret relatif aux normes d’évaluation. S’agissant du corps enseignant, la nouvelle réglementation exige des plans prévisionnels de gestion des carrières ainsi que la finalisation de plans de formation pour ses ressources humaines.

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

Les dossiers des ÉCO

Les dossiers des ÉCO

0
Partages
0
Partages