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Maroc

Le traitement médiatique des questions migratoires «est partiel». C’est ce qui ressort du débat organisé par le Réseau marocain des journalistes des migrations (RMJM) qui a réuni le 2 avril les défenseurs des droits des migrants et les professionnels des médias pour dialoguer autour du thème de la migration.

Manque d’intérêt, amalgames, discrimination…Le traitement médiatique de la migration au Maroc cristallise les mécontentements des défenseurs des droits des migrants et certains professionnels des médias. Ils l’ont fait savoir ce jeudi 2 mai à Casablanca à l’occasion d’une table ronde sur le thème du traitement médiatique des questions migratoires, «Médias et migrants : Et si on dialoguait ?», organisée par le Réseau marocain des journalistes des migrations (RMJM) à l’École supérieure de journalisme et de communication (ESJC).

Pour Alpha Noulou Camara, SG de la Plateforme des associations et communautés subsahariennes dans le royaume, la question migratoire est souvent reléguée au second plan et quand les journalistes en parlent, c’est avec un manque de professionnalisme flagrant qu’ils abordent le sujet. «Nous avons constaté qu’il n’y a pas assez de journalistes d’investigation au Maroc dans le domaine de la migration. Certains médias n’hésitent pas à assimiler les migrants à des criquets pèlerins envahisseurs». Un avis que partage la journaliste subsaharienne au quotidien «Al Bayane», Danielle France Engolo. Selon elle, la question migratoire mérite un traitement plus digne: «il y a une sorte de focalisation sur les migrants noirs. Ces derniers sont décrits dans les journaux comme des clandestins alors que tous les migrants n’ont pas le même profil. Pendant ce temps, les migrants européens sont tous considérés comme des expatriés». Une discrimination entre «migrants européens » et «immigrés africains» qui ne facilite pas l’intégration, au contraire, dira-t-on. Il en est de même entre «les réfugiés syriens» et «les autres migrants». S’il y a plus de compassion et de tolérance envers les premiers, «les seconds sont souvent assimilés à la pauvreté, la mendicité et la délinquance », a souligné Fatima Zahra Bouaziz, journaliste à l’agence de presse EFE qui regrette un traitement périodique, sporadique et événementiel de la migration. Elle dénonce dans la même foulée le fait que les migrants soient «réduits à de simples chiffres arides». «Quand on écrit sur les migrants, c’est souvent pour donner des chiffres sur le nombre de personnes arrêtées, mortes ou disparues. Or, les migrants ont des histoires très intéressantes à nous raconter».

Dans ces conditions, «c’est une véritable introspection qui s’impose dans les rédactions mais pas que...», estime Salaheddine Lemaizi, journaliste au quotidien «Les Inspirations ÉCO» et par ailleurs président du RMJM. «Il faudrait aussi éduquer les Marocains au vivre ensemble», insiste- t-il. «Le journaliste est avant tout un membre d’une société. Il baigne dans un environnement dans lequel il construit ses idées», a conclu le grand reporter. Organisée avec le soutien d’OXFAM Maroc, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du plan d’actions du RMJM pour contribuer à un meilleur traitement des questions migratoires. Elle a été l’occasion d’aborder la relation compliquée entre les médias et personnes en migration. Une initiative qui a ravi les représentants des personnes en migration et journalistes, lesquels ont longuement dialogué autour du thème en question.


Salaheddine Lemaizi.
Président du Réseau marocain des journalistes des migrations (RMJM)

C’est une véritable introspection qui s’impose dans les rédactions mais pas que (…) Il faudra aussi éduquer les Marocains au vivre ensemble. Le journaliste est avant tout un membre d’une société. Il baigne dans un environnement dans lequel il construit ses idées.

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