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Le modèle de développement actuel a montré ses limites. De fait, il n’est plus capable de faire face aux besoins des citoyens, il crée trop d’inégalités, n’intègre pas les jeunes qui souffrent d’une formation insuffisante ou inadaptée et de chômage. C’est ainsi que SM le Roi a diagnostiqué la situation dans son discours du 13 octobre 2017, à l’ouverture de la session parlementaire. En effet, le discours du Roi soulève des problèmes cruciaux pour l’avenir du Maroc : les besoins des citoyens, revenus et emplois, dignité; mais également formation et santé, enseignement, qualité des services publics ; inclusion des jeunes ; inégalités sociales et territoriales. Le modèle de développement marocain s’essouffle et qu’il faut le faire évoluer.

De l’essoufflement du modèle actuel
Le concept de «modèle de développement » est polysémique. la configuration d’un modèle de développement est bâtie sur quatre piliers: économique, social, territorial et institutionnel. C’est un constat auquel est arrivé l’étude de la banque africaine de développement. Économiquement, le “modèle“ de développement mis en oeuvre au début des années 2000 a réalisé une performance. Mais, les fragilités structurelles n’ont pas tardé à se manifester. C’est un modèle de croissance qui reste volatile: ses performances portent toujours l’empreinte du climat et des facteurs naturels. Une économie qui demeure fragilisée par la faible compétitivité du secteur productif. Socialement, le modèle de développement est peu inclusif. Il est faiblement générateur d’emplois. L’insertion dans l’informel devient presque l’unique chance de survie. Le Maroc gère sa transition démographique en une «aubaine». Son vieillissement renforce la dépendance des inactifs vis-àvis des potentiellement actifs. Si la dynamique de la croissance a eu certes retombées positives sur les conditions de vie des populations, la richesse créée a été inégalement distribuée. La question de la justice sociale se repose avec acuité aujourd’hui, où le citoyen doute de l’efficacité des politiques publiques à endiguer les inégalités. Institutionnellement, le modèle de développement est confronté aux attentes multiples d’une société composite où l’accès réel aux droits économiques et sociaux, l’autonomie, la liberté d’expression, les nouvelles formes de l’action collective imposent la révision du mode de fonctionnement.

Éléments pour bâtir un nouveau modèle
La conception d’un nouveau modèle de développement nécessite un État-développeur, une économie plus inclusive et des secteurs productifs plus performants. L’État devrait renforcer son rôle de stratège et piloter l’activité économique, en incitant les entreprises à agir conformément aux objectifs prédéfinis. L’État doit aujourd’hui jouer un triple rôle de régulateur, de stratège et de protecteur. Les leviers à actionner pour atteindre les objectifs sont le renforcement des compétences et le développement du capital humain; l’accélération des réformes visant l’amélioration du climat des affaires, de la performance de l’administration, des systèmes fiscal et judiciaire; l’amélioration du système de gouvernance; le développement des infrastructures de base; la promotion de la R&D dans les secteurs public et privé ; l’intensification de l’investissement ; l’amélioration de la compétitivité à l’international et intégration des marchés étrangers et la facilitation des moyens de financement des entreprises.

L’éducation, socle principal
En matière de développement, il est clair que les efforts doivent se concentrer sur le niveau d’éducation et de formation, avec l’appropriation locale de best practices à l’international. Le socle d’un modèle de croissance soutenable doit reposer sur un équilibre entre création de richesse et redistribution des revenus, qui est souvent inéquitable. Sur un plan macroéconomique, les économies qui s’appuient pour une grande part sur les financements extérieurs ont tout intérêt à rééquilibrer leur modèle et s’orienter davantage vers une croissance inclusive. Sinon, ce sera insoutenable. De manière générale, il faut garder à l’esprit que les conséquences sociales d’une distribution des richesses déséquilibrée peuvent être dramatiques, surtout pour un pays en développement. Une politique fiscale volontariste et avantageuse pour les entreprises, tout en leur demandant d’agir en faveur de l’augmentation des salaires. Cela aura pour conséquence la réduction des inégalités sociales par le renforcement du pouvoir d’achat, ce qui au final bénéficie à l’économie toute entière. En définitif, un modèle de développement pour le Maroc d’avenir doit permettre certainement le développement d’infrastructure et du «matériel» mais pour être solide et pérenne il est doit nécessairement prendre en considération le développement de «l’immatériel» et mettre le citoyen au centre de ses prérogatives et de ses objectifs.

Abdelkader Zraih
Président du Conseil régional des droits de l’Homme, région Rabat-Kénitra-Salé

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