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En plein milieu de l’action établie par le gouvernement, et les militants féministes pour défendre la cause de la femme, et permettre son intégration dans une société équitable, à travers des projets de loi, notamment la loi 103-13 dont la totalité sera approuvée lors du prochain Conseil du gouvernement. Certains artistes marocains appuient à travers leurs réalisations une toute autre idéologie.

Très suivis par les adolescents, les rappeurs de la nouvelle génération au Maroc sont les premiers concernés par la diffusion d’images et de messages dégradants sur la femme et les relations homme-femme. Youtube ne manque pas d’exemples sur des clips qui réduisent la femme au simple objet sexuel incitant ainsi à la haine sexiste. Une imitation aveugle des rappeurs américains qui ne tient pas compte du cadre sociétal et culturel du pays, s’appuyant sur une politique de buzz qui “ignore l’impact direct de ces vidéos dans la construction de la personnalité d’une cible composée majoritairement de jeunes, facilement influençables en l’absence d’un cadre éducatif pouvant correctement les orienter”, s’indigne Samira Bouhia, membre de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH).

Mr Crazy, de son vrai nom Othman Aatik, se trouve justement au milieu d’une polémique à cause de son clip “No B*tch”, qui incite à la violence contre les femmes, selon plusieurs internautes. Le rappeur montre à travers une vidéo qui a été visionnée plus de 3M de fois sur Youtube en 15 jours, des scènes de violence physiques qu’il fait subir à une jeune femme. Ligotée, battue, et en larmes, l'interprète de la chanson prend du plaisir à torturer son ex-compagne sur le clip.

En réaction à la vidéo, l’AMDH dénonce, à travers la voix de Samira Bouiha, chargée de la question de la Femme au sein de l’association, “des réalisations qui appuient une mentalité machiste, et normalisent la violence faites aux femmes”. “Les réseaux sociaux, ou certains médias nationaux traitent cette question avec beaucoup de négligence. Notre rôle est de permettre aux gens de comprendre ce qu’engendrent ces actions”, explique la membre de l’AMDH dans un entretien avec LesEco, ajoutant que l'association sortira bientôt un communiqué dans ce sens, pour sensibiliser sur les dangers de ce genre de contenus.

Conscient de l’aspect dégradant et incitatif de son clip, le rappeur adresse un message au début de sa vidéo pour “exprimer son respect aux femmes, appuyant que le contenu concerne uniquement certaines + femmes dévergondées + qui méritent d’être traitées de la sorte”.