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C’est avec beaucoup de poésie qu’un hommage a été rendu à Jilali Ferhati, mercredi soir, au Palais des Congrès de Marrakech. Un hommage émouvant à l’un des monstres du cinéma marocain, devant un parterre de stars venu saluer le génie du cinéaste. Coulisses.

Quand on parle de Ferhati, on ne peut s’empêcher de penser à «La Plage des enfants perdus», ce bijou qui lui a valu d’être en compétition officielle à la Mostra de Venise en 1991, «Mémoire en détention» ou encore «Chevaux de fortune», des films d’une intensité rare. Le réalisateur marocain à la filmographie qualitative avant d’être quantitative ne laisse pas le monde du cinéma indifférent: tout le monde est venu saluer le talent de ce cinéaste-poète. «C’est le réalisateur qui sort de l’ordinaire pour faire de la poésie sans faire de compromis, revient et continue à faire son film. J’ai eu le plaisir de travailler avec lui en tant qu’assistant et j’ai appris tellement de choses. J’ai appris que ce n’était pas quelqu’un qui travaillait avec son cerveau, mais avec son cœur. Quand il posait sa caméra, c’était spontané. Je ne comprenais pas; il me disait seulement «regarde l’écran». C’est vraiment le doyen de ce cinéma. Nous sommes les orphelins de ce cinéma marocain dont il est le père. Je respecte Jilali, je l’aime beaucoup. Il nous a donné une leçon de cinéma à travers ses films», précise Noureddine Lakhmari, qui a longtemps travaillé avec le réalisateur-acteur né à Tanger.

«Jilali a sa propre vision, c’est un peu le cinéma d’auteur et, à ce moment-là, on pouvait considérer tous les films comme du cinéma d’auteur. Des films personnels, fruits d'une vision propre. Aujourd’hui, on traite de sujets de société, on pose moins ce regard poétique. C'est le cas partout le monde. On a moins le temps de ressentir les choses, mais c’est intéressant aussi parce que tout bouge. C’est bien de savoir qu’il y a ce cinéma qui existe chez Jilali et d’autres. Car il y en a d’autres. C’est la diversité. Elle est intéressante», indique Amal Ayouch, venue rendre hommage à un cinéma qui n’existe plus ou différemment, du reste. Celui qui a fait des études de sociologie a réalisé son premier long métrage «Une brèche dans le mur» en 1977, puis «Poupées de roseau» en 1981. «Jilali Ferhati a toujours eu cette fibre poétique, cette sensibilité aux couleurs dans son cinéma. Je suis touché par ce réalisateur qui a filmé une ville tout le temps, comme on filme une seule actrice. J’aime beaucoup l’idée qu’il ait filmé et refilmé Tanger, cela me touche beaucoup», déclare Faouzi Bensaidi, qui lui aussi insuffle cette âme poétique dans son cinéma et qui salue l’homme et l’artiste. Un cinéma profond et humain qui lui vaut de faire partie des parcours les plus inspirants au Maroc. Lors de l’hommage, il propose son dernier film «L’Ultime révolte», dans lequel il donne sa chance à de nouveaux talents. «Jilali Ferhati est tout d’abord un homme de théâtre. C’est un grand homme qui a su donner beaucoup de choses au cinéma marocain. À travers lui, on rend hommage aux acteurs, aux réalisateurs du pays. C’est, quelque part, lui rendre ce qu’il a donné», confie l’acteur Malek Akhmiss. Professeur, considéré comme un monument du cinéma, il remercie le festival de lui avoir permis d’être dans la même catégorie que Robert de Niro et Agnès Varda, qu’il respecte énormément. «Je vous remercie infiniment pour tout l’amour que vous me portez. Vous savez pertinemment que je vous aime beaucoup aussi», confie le réalisateur-acteur, au bord des larmes, qui promet à son public, avant de présenter son dernier opus, qu'il ne s'agit pas là de son ultime œuvre de cinéma. Loin de là. 

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