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«Allah Islah» est un vaudeville 100% marocain signé Youssef Lahrichi. Interprétée par les comédiens de la troupe 19h Théâtre, elle procède à une psychanalyse de la famille marocaine, coincée entre tradition et modernisme. Le tout, en darija et avec beaucoup d’humour.

Au départ, c’est une bande de copains qui se retrouve au Conservatoire de Casablanca pour des cours de théâtre. Puis vient l’envie d’élargir les horizons et de se lancer sur scène. C’est ainsi qu’est née la troupe 19h Théâtre. Après avoir joué des pièces du répertoire théâtral français classique et moderne, la jeune troupe décide de prendre un nouveau virage pour créer une comédie 100% marocaine, en darija. Youssef Lahrichi se lance dans l’écriture d'«Allah Islah» (Dieu répare). «Un projet collégial qui va demander 7 à 8 mois de travail», dit-il. Il faut ensuite environ cinq mois de répétition avant l’avant-première, en juin 2017, à la Fédération des œuvres laïques (FOL) de Casablanca. Le succès est immédiat: les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille s’enflamment et relayent l’information. Résultat, les trois représentations suivantes sont toutes jouées à guichets fermés. Pourquoi un tel engouement du public? D’abord, le public s’est pris d’affection pour ces comédiens qui semblent soudés sur scène comme dans la vie. Ils sont comme un bon antidote à la morosité qui règne sur la scène culturelle. Ensuite, le public a enfin droit à un bon vaudeville qui donne une claque aux sitcoms médiocres servies par les chaînes nationales. Avec «Allah Islah», on s’amuse et on est invité à réfléchir sur la famille et la société marocaines. Des domaines très complexes où l’éducation et la communication sont déterminantes. «Allah Islah» met, en effet, en scène une famille de la classe moyenne, dirigée par un père autoritaire qui applique une vision archaïque de l’éducation à ses filles. Et sa femme a juste le droit d’obéir. La muraille s’effrite le jour où un joli minois fait son entrée dans la maison. Là, tous les principes et toutes les règles qu’il a voulu instaurer ne sont plus à l’ordre du jour. De là, va s’enchaîner une histoire loufoque qui puise dans les références populaires. Bref, les comédiens (Imane Hadi, Mehdi Boumalki, Samya Mengad, Rime Aitelhaj, Soukaina Sadik, Ayoub Naïm, Hind Bennani, Fatine Rahhou et Hicham Echouhani) multiplient les vannes savamment dosées. À l’image des membres du théâtre du Splendid, ils forment une bande de joyeux lurons qui prennent plaisir à «malmèner» les zygomatiques des spectateurs. Le jeu, plein de finesse, séduit d’ailleurs toutes les générations car il n’y a pas de vulgarité, même si certaines situations peuvent être considérées taboues  dans une société qui n’aime pas dévoiler ses côtés «obscurs». Le spectacle défile à toute vitesse et, au bout d’une heure et demi, le public se lève comme un seul homme, applaudissant chaleureusement les comédiens. Pour vivre, vous aussi, ce grand moment de théâtre, l’occasion vous est donnée le 26 janvier, les 10 et 23 février, à la FOL.  


Youssef Lahrichi
Auteur et metteur en scène

Les Inspirations ÉCO :  «Allah Islah»a beaucoup de succès. Expliquez-nous votre recette…
Youssef Lahrichi : En fait, il n’y a pas vraiment de recette car c’est surtout le résultat d’un long travail de la troupe et de moi-même. C’est une vraie aventure que nous vivons tous ensemble, depuis nos premières pièces.

Justement, celles-ci ont été  jouées en français et puis vous avez décidé de passer à la darija. Pourquoi?  
Cela répond à l’envie de toucher un public plus large et de faire nos propres créations. J’ai pris l’initiative de m’essayer à l’exercice de l’écriture théâtrale; mes partenaires m’ont fait confiance. Il y avait un sujet qui me tenait à cœur: celui de l’éducation dans la famille marocaine. C’était le point de départ du projet et j’avais envie de montrer les problèmes qui peuvent survenir quand il y a un manque de communication entre les parents et leurs enfants.

À travers cette famille, vous décrivez une société marocaine assez schizophrène …
On peut en effet le voir comme cela.

Vous abordez des sujets assez sensibles (religion, amour, adultère…). Est-ce qu’il y a eu des réactions négatives du public?  
On nous a dit qu’on touchait à des sujets tabous mais généralement la pièce passe bien auprès du public. D’ailleurs, les comédiens et moi n’avons pas pour but de provoquer. Il n’y a ni vulgarité, ni obscénités dans les textes. Les messages sont très subtils.

Et  quels sont ces messages?
Grâce au rire, on peut susciter la réflexion du public sur différents sujets. Notamment, sur celui du manque de communication au sein des familles. Cela peut faire des dégâts énormes dans la société. 

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