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16-09-2019 11:06

16-09-2019

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Culture

La scène électronique a le vent en poupe au Maroc. Après Marrakech, c’est au tour d’Essaouira d’accueillir la scène électronique nationale et étrangère du 11 au 13 octobre. Détails.

Plus qu’un festival de musique, le Moga se penche sur les cultures électroniques. Le temps d’un weekend, la ville des Alizés vivra aux rythmes des sons métissés et des basses endiablées provenant des platines de musiciens dans l’ère du temps. Le Moga, qui se veut un trait d’union entre les cultures traditionnelles et électroniques, investira le Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa, ainsi que divers lieux de la ville pour des concerts passionnés. Appelé également «Desert House» ou «Hippie House», Moga fait la part belle à ce courant émergent mixant sonorités orientales et exotiques au tempo deep et hypnotique de la musique club.

Au programme: Feathered Sun, super «combo-nirique» allemand composé des illustres Berlinois Chris Schwarzwalder, Raz Ohara, Jo.Ke et Rico Loop, qui proposera un live événement forcément mystique. Les performances live seront plus que jamais à l’honneur cette année. L’insouciant Mexicain Sainte Vie promet un voyage coloré avant que Parra For Cuva, venu tout droit de Cologne, ne s’occupe de distribuer ses vibes aériennes et mélancoliques. Quant au duo moscovite Geju, il promet un slow house chill spirituel quand Blond:Ish désormais en solitaire, apportera joie et spiritualité à travers des performances et des enregistrements en solo.

À leurs côtés aux platines, deux membres éminents de la grande famille All Day I Dream de Lee Burridge, les envoûtants YOKoO et Matthew Dekay, ou encore l’éminent Californien Behrouz, aux sélections toujours surprenantes. Kerala Dust Combo Live, aux sets planants, est la révélation de cette nouvelle scène indie / desert house dans la lignée de Satori, Stavroz… Multi-facettes, Moga célèbre aussi la house et la disco avec la nouvelle égérie parisienne du mouvement, Louise Chen, ou le «London digger» ultime, chouchou de Gilles Peterson, Bradley Zero. La micro house sera fièrement représentée par deux de ses plus clairvoyants représentants, les Roumains Praslea et Raresh, ce dernier membre du trio Arpiar, qui présente un B2B inédit de Praslesh. Dj W!Ld ramènera pour sa part l’esprit d’Ibiza. La scène marocaine sera bien entendu de la partie, avec notamment Daox, Mr ID, Achil, Noritsu, Amine K et Nomads avec de nombreux Back to Back entre artistes marocains au programme. 

 

 Le Maroc est l’invité d’honneur de la deuxième édition du festival d’Helsinki de la musique spirituelle et sacrée qui se tient, du 16 au 22 septembre dans la capitale finlandaise, avec la participation de troupes musicales internationales.

Dans une allocution de circonstance, le directeur du festival, Jukka Ahokas, a affirmé que le succès de la première édition de cette rencontre a incité les organisateurs à renouveler l’expérience, en s’inspirant de la longévité du festival de Fès des musiques sacrées du monde, dans l’objectif de dupliquer un événement similaire à Helsinki qui soit porteur du même nom et des mêmes principes fondateurs.

Il a confié que sa visite à Fès et sa participation à son festival l’ont conforté dans l’idée de créer une rencontre pareille à Helsinki, assurant que la musique spirituelle constitue une passerelle, non seulement entre les cultures et les civilisations, mais également un pont entre des pays et des continents divers et géographiquement éloignés, et pourtant si proches en termes de valeurs universelles et d’aspirations communes à bâtir un avenir à visage humain.

Pour l’ambassadeur du Maroc en Finlande, Mohamed Achgalou, le festival d’Helsinki offre une occasion propice pour renforcer les relations entre les deux pays à travers l’expression artistique, la musique spirituelle en l’occurrence, notant que le Maroc est devenu une référence dans ce domaine, à la faveur du festival de Fès qui a soufflé cette année sa 25ème bougie.

Selon lui, le choix du Maroc en tant qu’invité d’honneur témoigne de l’aura du Royaume et constitue une opportunité pour les organisateurs de s’inspirer de l’expérience accumulée en termes d’organisation de rencontres artistiques de grande envergure, comme le démontre la présence à Fès d’illustres artistes et intellectuels ayant contribué à la diffusion des idéaux du dialogue, de la tolérance et du vivre-ensemble.

Intervenant pour sa part dans le cadre de la séance inaugurale, placée sous le signe du "dialogue entre personnes et cultures", le directeur du festival de Fès des musiques sacrées du monde, Faouzi Skali, a relevé que Fès a très tôt fait le choix de combiner dans son festival les dimensions spirituelles, artistiques et intellectuelles, ce qui en fait une pionnière en la matière.

Ce genre d’initiatives, a-t-il soutenu, a créé un impact certain à la faveur de rencontres artistiques et intellectuelles auxquelles ont été conviés, sous le même toit, des intervenants de référentiels variés et des artistes de sensibilités diverses, ayant en partage la volonté de contribuer à la construction d’une société humaine universelle.

Car, la contribution des uns et des autres émanant des idéaux suprêmes des différentes religions est de nature à insuffler une âme et des principes dans le corps de cette mondialisation en vogue, a-t-il expliqué, assurant que "c’est précisément cette graine que nous avions tenu à planter à Fès et dont les branches épousent maintenant l’universalité".

D’où l’importance, selon lui, de constamment mettre en lumière les vertus et valeurs pour combattre certaines déviations qui sont attribuées à tort aux religions, alors qu’elles ne sont au fond que l’expression d’un vide, d’une soif spirituelle.

Et c’est sous ce prisme, a-t-il poursuivi, qu’il est intéressant de prendre part à des manifestations comme celle du festival d’Helsinki, en vue de faire valoir les démarches spirituelles que renferme la culture soufie par exemple, et d’apprécier la capacité de cette tradition à édifier une civilisation empreinte de spiritualité et d’humanisme.

L’ouverture de cette rencontre, fruit d’un partenariat entre la fondation Helsinki Parish Union, le Centre culturel d’Helsinki Caïsa et l’ambassade du Maroc en Finlande, a été ponctuée par la présentation d’un florilège de partitions musicales et de mouachahates interprétées avec brio par le groupe "Ibn Arabi".

La troupe marocaine a égayé le public par des chants puisant dans les poèmes des chantres du soufisme, dont Abou Al Hassan Shushtari, Mohieddine Ib Arabi ou Rabiâa Al Adawiya.

Le festival d’Helsinki, dont l’ouverture a été rehaussée par la présence d’un conseiller du président de la République finlandaise, de responsables du ministère des Affaires étrangères, et de nombre d’ambassadeurs et de diplomates étrangers, se poursuivra jusqu’au 22 septembre, avec des performances animées par des troupes musicales venues de Finlande, de Russie et de l’Inde dans le Centre culturel d’Helsinki, des espaces et églises de la capitale finlandaise.

La diva espagnole à la voix de velours revient à Tanger samedi 21 septembre pour fêter les 20 ans du Festival Tanjazz comme il se doit. Un concert qui promet déjà de jolis frissons sublimé par une programmation anniversaire triée sur le volet du 15 au 22 septembre.

Elle est cette diva soul à la voix flamenco cassée et profonde, plus almodovarienne que personne. Quand elle chante «Volver», elle touche l’âme comme à chacune de ses interprétations habitées et possédées. Buika est une grande artiste mondiale qui avait déjà fait sensation à Tanger en 2014. Pour sa 20e édition anniversaire, Tanjazz se permet de revenir en musique sur les temps forts d’un festival pas comme les autres.

Volver
Et oui, elle revient. Comme le dit sa chanson. María Concepción Balboa Buika, dite Concha Buika a grandi parmi les gitans et a puisé dans cette force  la voix et  le timbre. Elle a su donner une nouvelle touche au Flamenco en le rendant plus Soul Funk Jazz tout en gardant les racines et les traditions. Elle est née à Palma de Majorque où ses parents ont fuit le génocide en Guinée équatoriale. Elle apprend à chanter dans son quartier, un des plus défavorisés de Palma De Majorque : Barrio Chino. Très jeune, elle reprend les chants des gitans et s’imprègne de flamenco. Son style commence à se former, sa voix imprégnée de ses ancêtres africains se mêle à son enfance gitane pour donner un son unique qui la différenciera. Personne ne ressemble à Buika et Buika ne ressemble à personne. Après avoir quitté l’Espagne de son enfance pour Londres sans un sou, elle sort son premier album en 2005 qui signe déjà son entrée dans la cour des grands. Le monde de la musique reconnaît sa voix exceptionnelle. Elle retient l’attention du musicien et producteur Javier Limón qui se charge de son deuxième opus : «Mi Niña Lola». Une nouvelle star est née. Elle enchaînera les succès, des succès qu’elle compte présenter le 21 septembre au Palais des institutions italiennes à Tanger.

Un programme anniversaire
Le Tanjazz mise sur un programme anniversaire. Pour les 20 ans, le festival de Jazz réinvite tous ceux qui ont fait le bonheur de l’évènement authentique. Dimanche 15 septembre, c’est le Marocain Fouad Hani qui ouvrira les festivités de ce 20e festival et la scène gratuite BMCI Ville, toujours fidèle à son style «bambaraouia» cool et dansant après un premier passage en 2008 avant de laisser place lundi à Wabfera avec sa Funky Machine et son talent d’human beatboxer déjà aperçu en 2011. Le mardi, les quatre baroudeurs d’Awek, passés par là en 2012, reposeront les fondamentaux du blues sur la scène gratuite et la scène Skdoa, la volcanique Sylvia Howard et The Black Label Swingtet feront le bonheur de la «Grande soirée d’avant première» proposée mercredi au Barcelò.

Pour Circular Time, syndicat new-yorkais de bêtes de studio, ce sera leur 3e fois qu’ils mettront le feu au Détroit avec leur funk torride. Les amateurs les attendent de pied ferme, jeudi sur BMCI Ville, vendredi au jardin du musée de la Kasbah et dimanche en clôture. L’Italien Nico Morelli ouvrira le programme du Palais Moulay Hafid, jeudi, avec son piano subtil, ses impros aériennes et ses fusions folkisantes avant de découvrir ou redécouvrir deux voix féminines ayant déjà résonné sous les plafonds zouakés du palais : Anne Sila avec son timbre sensible et son sentiment à fleur de peau et Kicca avec sa forte présence et son soul explosif.

Vendredi, ce seront les retrouvailles avec la sublime Shakura S’Aïda qui après avoir fait l’affiche 2009 de Tanjazz remettra en jeu son titre de reine du rock’n soul, en digne fille d’Aretha et de Tina. Nina Van Horn, multirécidiviste du festival va une fois de plus embarquer le public dans son shaker de soul, jazz, R’n’B dopé à la nitro avec David Costa Coelho qui remettra le couvert en swing avec son Smoky Joe Combo. Puis, au cœur de la même nuit à l’auditorium, le binôme belgo-hollandais David Linx (songwriter et vocaliste véloce) & David Wissels (au piano) confirmera son premier passage marqué en 2001. S’enchaîneront les Swing Messengers, quintet de classe, qui rendra hommage au mythique orchestre d’Art Blakey, le Puissance Jazz Big Band avant la délicieuse Morgan Ji, ovni de la world électro, très appréciée lors de la cuvée 2017 sans oublier les vitaminés The Wanton Bishops, révélation 2015, au blues hurlant, orientalo-phychédélique, made in Beyrouth. Une programmation alléchante digne des 20 printemps du Tanjazz. Rendez-vous le 15 septembre…

L’Oasis Festival vient de confirmer son statut d’évènement incontournable de la scène électronique mondiale et marocaine. Ce mini Burning man made in Marrakech vient d’offrir une belle cinquième édition à ses fidèles et à la musique, du 13 au 15 septembre. Détails électriques.

Une fois la porte de l’hôtel Fellah foulée, endroit qui accueille le festival depuis 2 ans, l’on plonge dans un événement qui a bien de la personnalité, un petit havre de liberté où la jeunesse marocaine, ivre de liberté, s’exprime grâce à la musique, se mélange au monde venu célébrer Marrakech, capitale de la musique électronique. Décoration décalée, espace de vie à part entière, pendant 3 jours les festivaliers n’ont nul besoin de sortir de ce coin de paradis électronique où il est bon de vivre en communauté tout en vivant son festival à sa guise. Code vestimentaire à la Coechella, les festivaliers ne lésine pas sur les moyens pour sortir le meilleur d’eux-mêmes et profiter de l’Oasis, chacun à sa manière. Line up à faire rougir les scènes internationales, ambiance de partage, se déroule sur 3 jours et 4 scènes, un festival qui a osé le pari de miser sur la scène underground, sur l’électro pure bien loin du commercial et de ce qu’on écoute à la radio. Dès les premiers sets, les DJs, invités cette année, ont prouvé que l’électro avait plusieurs définitions. Sons aux couleurs différentes et univers nourri par des vies d’ici, d’ailleurs et parfois même d’une autre vie, les différentes scènes que propose le festival offre des concerts selon tous les goûts : de la pur house à l’électro tribal et métissé en passant par des scènes plus alternatives et expérimentales, sans oublier l’ouverture sur les autres musiques comme le Rap. Un défilé d’artistes qui ont fait confiance une fois encore au festival. «Ce n’est pas gagné d’avance», raconte Marjana Jaidi dans une conférence de presse. «On se demandait pourquoi il y avait eu si peu de nationaux à la première édition. Les Marocains n’ont pas cru à une telle programmation, ils ont pensé à une blague au début», confie la fondatrice de l’évènement qui donne naissance au festival en 2014 avec Youssef Bouabid et Ismail Slaoui. Trois jeunes Marocains dans le vent, dont le seul leitmotiv était de voir un évènement, qu’ils avaient rêvé, devenir vrai à Marrakech. C’est chose faite puisque les meilleurs DJs du monde se donnent aujourd’hui rendez-vous à l’Oasis devenu incontournable dans le calendrier annuel.

Éducateur de la musique électronique
L’Oasis est un festival certes mais c’est un évènement qui éduque ceux qui ne connaissent pas cette catégorie de musique tout en surprenant les amateurs du genre. L’électronique, souvent dénigré et ramené à une musique trop répétitive et bruyante par certains, a désormais son festival pour prouver qu’elle est bien plus que cela. Le festival donne l’occasion à ces musiciens d’avoir accès à un public qui n’a pas l’occasion de les écouter à la radio, pollué par des sons plus commerciaux. Pourtant, à la première édition, rien ne prédisait que l’évènement allait prendre de l’ampleur aussi vite. Dès la première année, en 2014, l’Oasis Festival surprenait par une programmation des plus pointues. «On avait des intentions. On a toujours voulu mettre en avant la culture marocaine pour les festivaliers qui n’ont pas l’opportunité de visiter la ville pendant leur séjour. Au début, c’était difficile de convaincre les prestataires, personne ne nous connaissait. Aujourd’hui, c’est plus facile», précise Marjana Jaidi. «Je savais qu’on avait toute une réputation à créer. On a pris la sage décision de recruter un bookeur avec une réputation établie et des attachés de presse internationale parce que cela donne une réelle crédibilité. Eux ont pris un risque parce qu’on nous n’étions pas connus». Un risque qui a su payer puisque l’évènement aujourd’hui attire des touristes du monde entier sans parler des Djs les plus connus et respectés de la place.

À l’affût du bon son
Que ce soit sur la scène Oasis, Bambou, Mirage ou encore Mbari, les festivaliers ont le choix des DJs et de l’ambiance. De la techno pure aux sons électro métissés, on passe de la Funk, Soul, Hip Hop Rnb, dance ou house passionnée. Selon les goûts, les envies, les moments de la journée, de 16h à 5h, on danse sur de l’Acid house ou de la deep, du tribal. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Ils se dansent sur les pistes de l’Oasis. Youssef Benjelloun, plus connu sous le nom de Kosh a commencé les festivités avec un set tout en nuance et en maîtrise. Le DJ et producteur marocain prouve qu’il est bien l’ambassadeur de la musique électronique marocaine aux côtés de Driss Bennis, petit virtuose des platines. Plus tard, ce vendredi, le public avait rendez-vous avec l’authentique Nicola Cruz au son si particulier. Le DJ en vogue a proposé un set qui frise le parfait aux ambiances latino-hip hop, tribal. Une scène ce soir qui a proposé un bon son bien oldie Funky Disco voir Soul avec l’excellent Moodymann et ses sautes d’humeur électroniques qui nous font du bien, Four Tet, le plus jazzman des DJs visiblement inspiré par Marrakech ou encore DJ Lag, star montante de la scène africaine au discours militant. Le tout pour finir en beauté avec le trio français Apollonia. Samedi suivait mais ne se ressemblait pas puisqu’une belle surprise viendra secouer les festivaliers : le rappeur et acteur américain Mos Def a donné un concert habité au Mbari en remplacement à Petite Noire. Un cadeau qui donnait le ton à une soirée déjà bien entamée avec la fraîcheur de Yasmean, le circle de la vie de Sebastian Mullaert, la simplicité efficace de Recondite, la bonne humeur contagieuse Chromeo, la dance électro passionnée de Jayda G ou encore le final incroyable de celui qui a été meilleur DJ au monde en 2013 : Seth Troxler.

Un final au supplément d’âme…et Dixon
Dimanche, seuls les plus courageux faisaient de la résistance. Le dernier soir du festival est souvent le plus surprenant. Entre le rappeur Issam qui envoûtait la scène Mbari et le plus international du Djs marocain, Amine K, ému par une foule chaleureuse et amante, le ton était déjà donné à cette soirée qui se poursuivait jusqu’au petit matin avec le meilleur du son du moment. Le Dj qui revient tout juste de Burning Man a proposé un set à la fois tribal et bien marocain, aux sons tagnaouite qui a su envoûter un public déjà conquis. Un final digne d’une édition de festival qui grandit et vieillit bien avec le temps. Quand le Britannique Archie Hamilton propose un incroyable voyage entre la tech et la techno, les Allemands Âme B2B Dixon propose un final survolté plein de nuances et de montées lyriques électroniques digne d’une scène berlinoise riche et audacieuse. Le festival Oasis a réussi le pari de se renouveler tout en gardant comme ligne de mire la qualité, l’humilité et le respect des artistes et des festivaliers. Une édition 2019 réussie qui promet de revenir plus fort en 2020. À l’année prochaine…

Du 13 au 15 septembre, l’Hôtel Fellah de Marrakech accueillera le monde le temps d’un weekend électronique. Au programme: grand cru de DJ, soirées jusqu’au bout de la nuit et activités artistiques à tout va. Coulisses.

Pour ses 5 ans, le festival de musique électronique marocain voit les choses en grand. En plus d’un line up de fins connaisseurs avec des DJ mondiaux connus et reconnus, le festival propose un espace d’expression artistique. Plus que les années précédentes, le festival Oasis souhaite se positionner en tant qu’agora de l’art sous toutes ses formes. Des noms comme Theo Parrish, Moodymann, Cassy B2B EatsEverything, Hercules & Love Affair, Amine K, Polyswitch, Monile s’apprêtent à donner une belle touche musicale à l’événement qui force le respect de toute la scène internationale.

L’art à l’honneur
Le festival marocain Oasis dévoile le programme artistique et culturel de 2019, y compris The Mbari House, un espace d’art collaboratif présenté par le Musée d’art contemporain africain Maaden (MACAAL), Art Comes First (ACF) et Marché Noir, et une installation spéciale du collectif artistique Squidsoup.

Lancé en 2015, Oasis a initié une brassée de festivals au Maroc, mettant la barre très haut avec des vedettes de classe mondiale et une production de qualité, qui incitent les amoureux du voyage et les aventuriers à venir danser sous les palmiers, à un endroit vraiment différent.

Pour cette édition spéciale anniversaire, Oasis a invité MACAAL et Art Comes First à mettre en place le programme du dernier espace du festival, «The Mbari House». Depuis sa première ouverture en 2016, le musée d’art MACAAL, dédié à la promotion de l’art africain, est devenu un acteur essentiel de la scène culturelle renaissante de Marrakech. Il se joint cette année au collectif Art Comes First, basé à Londres et dirigé par Sam Lambert et Shaka Maidoh, afin de réunir une offre musicale, artistique et culturelle riche pour Oasis 2019, en hommage au Mbari Club et aux arts nigérians. Hub musical et littéraire fondé par Ulli Beier, la Maison Mbari réunira le meilleur de la musique, de l’art, de la mode et du design du Maroc et d’ailleurs. Les sessions de musique sont orchestrées par Sampha (DJ set), lauréat du prix Mercury, par l’innovateur de Noirwave Petite Noir (Live), par le célèbre rappeur marocain Issam ainsi que par le producteur jamaïquain Walshy Fire, connu comme le tiers de la puissante formation EDM, inspirée par le Reggae /Dancehall. Major Lazer, le Sud-africaine GQOM DJ Lag, le pionnier de la musique casablancaise Saib, Shingai et le duo ACF Voodoo Gents allongent également la liste des artistes, et de nombreuses apparitions surprises devraient intervenir tout au long du week-end. La Maison Mbari exposera des œuvres de la photographe franco-marocaine Leila Alaoui, du photographe malien Malick Sidibé, du photographe basé à Marrakech M’hammed Kilito, du photographe kényan Cyrus Kabiru, des artistes marocains Mohamed El Baz et Mustapha Akrim, et offrira une session de peinture réalisée en direct sur céramique par la designer marocaine Bouchra Boudoua.

Le festival propose une série de discussions éclairées, notamment ACF (Sam Lambert, Shaka Maidoh), Marché Noir (Amah Ayivi), M’hammed Kilito et Bouchra Boudoua: l’importance de la conception durable. Marjana Jaidi, fondatrice de Oasis, présentera l’évolution du festival depuis cinq ans, passé d’une escapade sur le dancefloor à un événement culturel multidisciplinaire. Enfin, le pop-up store de The Mbari House présentera des pièces vintage, trésors offerts par Marché Noir, vêtements signés Art Comes First, un projet de photo Polaroid avec Art Comes First et bien plus. Ailleurs dans le festival, Squidsoup, collectif international d’artistes basé au Royaume-Uni, qui crée des installations lumineuses uniques et dynamiques à travers le monde, feront leurs débuts au Maroc. L’équipe, qui a déjà exposé ses travaux dans des galeries et des festivals de premier plan tels que le TATE Britain et la Sydney Opera House, les festivals Sonar, Burning Man et Glastonbury, et qui a déjà collaboré avec Four Tet dans une série d’événements, présentera deux installations à Oasis. L’art sous toutes ses formes, c’est que propose cette 5e édition de l’Oasis du 13 au 15 septembre.

Sur plus de 500 ouvrages à sortir, quelques bons crus très attendus sont écris par des femmes. La rentrée littéraire qui se clôturera le 4 novembre prochain par le Prix Goncourt, promet de belles surprises. Nous vous proposons cinq romans à ne pas rater cette rentrée !

Amélie Nothomb, longévité d’une plume
La romancière authentique revient pour sa vingt-huitième rentrée littéraire avec un roman intitulé «Soif» qui raconte les derniers jours de Jésus, à la première personne. Dans Stupeur et Tremblement paru en 1999, Amélie Nothomb prévenait déjà : «Récapitulons : petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c’était trop demander et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus».

Quand Myriam Leroy voit rouge
Pour sa rentrée, Myriam Leroy présente «Les Yeux rouges». Une jeune femme reçoit un message sur Facebook. C'est l'amorce d'un piège suffocant à l'heure du numérique, quand la fatalité n'a d'autre nom qu'un insidieux et inexorable harcèlement. «Dans ce roman âpre, où la narratrice ne se dessine qu'au travers d'agressions accumulées, de messages insistants, où l'atmosphère étouffante s'accentue à mesure que la dépossession se transforme en accusation, Myriam Leroy traduit avec justesse et brio l'ère paradoxale du tout écrit, de la violence sourde des commentaires et des partages, de l'humiliation et de l'isolement, du sexisme et du racisme dressés en meute sur le réseau». Née en 1982, Myriam Leroy est journaliste, écrivaine et dramaturge. Ariane, son premier roman, a été finaliste du Prix Goncourt du premier roman et du Prix Rossel. Elle vit à Bruxelles. Les Yeux rouges est son deuxième roman.

Emma Becker et maison close
Emma Becker propose de rentrer dans l’intimité d’une maison close avec «La Maison» chez Flammarion. «J’ai toujours cru que j’écrivais sur les hommes. Avant de m’apercevoir que je n’écris que sur les femmes. Sur le fait d’en être une. Écrire sur les putes, qui sont payées pour être des femmes, qui sont vraiment des femmes, qui ne sont que ça ; écrire sur la nudité absolue de cette condition, c’est comme examiner mon sexe sous un microscope. Et j’en éprouve la même fascination qu’un laborantin regardant des cellules essentielles à toute forme de vie».

Monica Sabolo, plus onirique que jamais
La plume de Monica Sabolo propose de s’envoler vers l’ «Eden» avec un roman encore plus ambitieux que le précédent : «Summer». L’écrivaine s’adresse à Mère Nature. «Un esprit de la forêt. Voilà ce qu’elle avait vu. Elle le répéterait, encore et encore, à tous ceux qui l’interrogeaient, au père de Lucy, avec son pantalon froissé et sa chemise sale, à la police, aux habitants de la réserve, elle dirait toujours les mêmes mots, lèvres serrées, menton buté».

Vio­laine Huis­man, du Maroc au Sénégal
Après l’amour entre une mère et sa fille, l’Amour avec un grand A. Un amour perdu, un amour brisé par la rupture. C’est ce que raconte Violaine Huisman dans «Rose Desert». Une traversée du désert, du Maroc au Sénégal pour guérir d’une rupture. Une aventure qui ne sera pas de tous répits. Ce qui n’est pas sans poser certains problèmes. À une amie elle demande : «C’est pas dangereux par là-bas ? À ton avis, bibi ?  Je n’étais pas vraiment au courant du conflit au Sahara occidental avant de traverser la région en autocar. L’ampleur des problèmes de terrorisme dans cette zone du pays n’est pas non plus notoire, si ?». Mais la décision est prise.

Sans surprise aucune, la 76e édition de la Mostra de Venise a sacré le «Joker» de Todd Philipps d’un Lion d’or des plus mérités ce samedi 7 septembre. À ses côtés, «J’accuse» de Roman Polanski rafle le Grand prix du jury, Sami Bouajila est sacré pour le prix d’interprétation Orizzonti pour «Un fils» alors que le cinéma italien repart avec deux prix. Coulisses d’une soirée haute en émotions.

Clap de fin de 10 jours de beau cinéma. Depuis le 28 août, au Lido, les plus grands du cinéma se suivent et ne se ressemblent pas. Le cinéma mondial s’est donné rendez-vous à Venise où siège le plus ancien festival au monde. Présidé par la réalisatrice argentine Lucrecia Martel, le jury de la 76e Mostra a fait son choix parmi les 21 films en compétition. C’est «Joker» de Todd Philipps qui succède à «Roma» du Mexicain Alfonso Cuarón. Un film poignant sur la naissance de l’ennemi juré de Batman incarné par l’incroyable Joaquin Phoenix qui a fait quasiment l’unanimité. Le lion d’argent revient à «J’accuse» de Roman Polanski malgré le malaise autour de ses poursuites judiciaires pour une affaire de viol d’une mineure en 1977.

Le réalisateur franco-polonais qui n’est pas venu présenter son film à Venise a proposé un point de vue aiguisé et avisé sur l’Affaire Dreyfus qui a secoué Zola. Beaucoup y ont vu un parallèle entre le réel et la fiction puisque Polanski se sent sûrement un peu Dreyfus, privé du bonheur de se voir remettre un prix en mains propres. Belle revanche pour le réalisateur en ce samedi soir de Mostra. Le suédois Roy Andersson s’est vu remettre le prix de la mise en scène pour son sublime «About Endlessness» alors que le prix spécial du jury est revenu à «La mafia non e piu quella di una volta» (La mafia n’est plus celle d’antan), «satire documentaire» du Palermitain Franco Maresco. Un jury qui a su récompenser des films aussi différents l’un de l’autre. Côté acteurs, le prix de la meilleure interprète féminine est allé à la Française Ariane Ascaride pour «Gloria Mundi» de Robert Guédiguian et celui du meilleur interprète masculin à l’Italien Luca Marinelli pour «Martin Eden» de Pietro Marcello. Des choix audacieux et assumés certes. Le Lion d’or a quand même été remis à un film produit par un grand studio.

Cependant, l’on notera que les films produits par Netflix ont été boudés. «Marriage Story» de Noah Baumbach et «The Laundromat» de Steven Soderbergh ont pourtant été bien accueillis par la critique. Le premier est troisième du classement de la presse mais les voix du jury sont impénétrables. Clin d’œil à la Tunisie avec «Un fils» de Mehdi M. Barsaoui qui ne repart pas bredouille puisqu’il rafle le prix Interfilm et le prix de la meilleure interprétation masculine Orizzonti grâce à la performance habitée de Sami Bouajila et au Soudan puisque le jeune réalisateur soudanais Amjad Abu Alala a reçu le prix de la première œuvre pour «You Will Die at 20» (Tu mourras à vingt ans). À l’année prochaine…


Palmarès :

 Lion d’Or du meilleur film : «Joker» de l’Américain Todd Phillips
Lion d’Argent Grand prix du jury : «J’accuse» du Franco-Polonais Roman Polanski
Lion d’Argent de la meilleure mise en scène : Roy Andersson (Suède) pour «About Endlessness»
♦ Prix du meilleur scénario : «N°7 Cherry Lane» du Hongkongais Yonfan
Prix spécial du jury : «La Mafia Non è Piu Quella Di Una Volta» (La Mafia n’est plus ce qu’elle était) de l’Italien Franco Maresco
Coupe Volpi de la meilleure interprète féminine la Française Ariane Ascaride pour «Gloria Mundi» de Robert Guédiguian
Coupe Volpi du meilleur interprète masculin : l’Italien Luca Marinelli pour «Martin Eden» de Pietro Marcello
Prix Marcello-Mastroianni du meilleur espoir l’Australien Toby Wallace pour «Babyteeth» de Shannon Murphy
Lion d’Or pour l’ensemble de leur carrière au réalisateur espagnol Pedro Almodovar et l’actrice britannique Julie Andrews

 Dans ses clips, "pas de kalachnikov" ni de violence, mais des compas, des statistiques et Pythagore. Professeur dans une banlieue défavorisée de Paris, Radouane Abassi, alias "GTI" ou "Great Teacher Issaba", rappe ses leçons de maths en reprenant Rhoff, PNL ou Kaaris.

"Si aujourd'hui je prends le +cromi+ (micro) c'est pas pour faire le croma (maquereau)/C'est qu'c'est l'moment de parler de probas/Même sur du Jul, j'parle de maths, c'est trop, gars".

Le phrasé est là - l'autotune aussi -, la gestuelle, le décor des barres d'immeubles: GTI reprend les codes traditionnels du rap dans son écriture comme dans ses vidéos hébergées sur sa chaîne YouTube qui enregistre des centaines de milliers de vues.

Jul, Soprano, Kery James, Sofiane, ou 113, le prof de 32 ans rappe sur les probabilités, les diamètres, Thalès ou les statistiques.

L'enfant de Seine-Saint-Denis, banlieue défavorisée dans le nord de Paris, est né à Figuig, au Maroc.

Bras croisés, regard déterminé, torse bombé, en polo et baskets, il se prête au jeu des photos en habitué devant le collège Jean-Vigo d'Epinay-sur-Seine, qui fait partie du réseau d'"éducation prioritaire" réservé aux territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales.

Avec un débit de mitraillette, Radouane Abassi se raconte facilement: "J'ai toujours rappé sur des choses que je vis. Pas de fiction ou de story-telling, mais mon quotidien d'enseignant".

La première fois, c'était en 2015. Il a sidéré ses élèves en corrigeant leur test en musique. "J'ai lancé l'instru de rap. Ils se sont tous tus. Et à la fin, c'était l'euphorie".

La méthode n'est pas compliquée : "En classe, on peut cracher du son, il y a un ordinateur dans chaque salle. Ça peut aussi se faire a capella".

Il précise que sa pédagogie n'est "pas basée" sur le rap. "C'est un outil supplémentaire. Si ça aide 2% des élèves, tant mieux". "Ces morceaux c'est plus pour des révisions, du réinvestissement".


Il faut à tout prix éviter de tomber dans le ridicule et la caricature : "Rapper sur Pythagore, c'est bouffon, ça fait +boloss+. Mais comme les codes sont bien faits - y'a pas un mec avec une casquette sur le côté qui fait yo yo - ça passe. Ils auraient été les premiers à me tailler, les petits. Ils connaissent le sujet".

Radouane Abassi avait à coeur de "les sortir du rap des kalash, des cités, le rap assez trash, rude".

La musique comme outil pédagogique, l'idée n'est pas nouvelle, mais pour Alain Bernard, son formateur à l'École supérieure du professorat et de l'éducation, "plus que la question de la mémorisation, chez lui, il y a une réflexion sur ce qui permet de réconcilier ces enfants avec l'univers scolaire grâce à une culture qui leur est propre". Notamment "en déjouant les stéréotypes, en tournant en dérision les références à la violence".

"C'est un vrai prof et un vrai rappeur", souligne-t-il. "C'est clair qu'il pourrait multiplier son salaire par je ne sais pas combien s'il montait sur scène, mais il a un vrai sens du service public".

Djilali, un de ses élèves de troisième, confirme: "En classe, y'a rien qui change".

Pas de GTI qui tienne en cours. "Avec les élèves, je reste prof avant d'être rappeur. C'est très carré: ils m'appellent Monsieur, me vouvoient", insiste Radouane Abassi.

Un morceau sur les vecteurs devrait voir le jour prochainement. "Écrit mais pas encore clipé". Ses vidéos sont léchées, le rendu professionnel : GTI s'auto-produit, rédige lui-même les scenarii de ses clips et les réalise avec des amis.

Il aimerait cette année mettre en place un nouvel exercice avec ses élèves : leur demander une rime, un jeu de mots, une phrase une fois la leçon terminée. "Je garde les meilleurs et j'en fais un son. Ça les force à ouvrir leurs cahiers, c'est un prétexte".

Comme il le dit dans son morceau "le Cercle" : "Si la tête, tu perds, c'est que t'as pas suivi en cours/ Dommage pour toi, ce rap ne sera pas suffisant pour que t'assimiles toute la leçon/ Mais là, j'ai pas fini, alors ne coupe pas le son".

«Marriage Story» de Noah Baumbach raconte avec beaucoup de compassion et d’âme un divorce alors que la famille souhaite rester, malgré tout, unie. Une chronique incisive et débordante d’humanité où le réalisateur s’inspire de la vie de ses acteurs. Coup de cœur.

L’histoire est simple: un metteur en scène et sa femme, comédienne, se débattent dans un divorce en apparence facile mais qui devient exténuant, ce qui les pousse à tous les extrêmes. Le film commence par des voix off qui font l’apologie de l’amour et de la vie en couple. Un mariage presque banal mais qui dure, qui marche grâce aux petits détails du quotidien. Et pourtant, Charlie et Nicole, couple soudé et heureux parents de Henri, divorcent. Parce que ce couple fort en apparence a des failles. Adam Driver et Scarlett Johansson sont percutants de justesse en couple qui souhaite divorcer à l’amiable mais qui se sent dépassé par les événements. Il n’y a ni bourreaux, ni victimes. Ils sont d’excellents parents, des époux formidables qui ont fait tout ce qu’ils ont pu. Entre deux mondes, deux villes que tout oppose et un fils, les nouveaux divorcés tentent de trouver un sens à leur vie. L’histoire est simple, l’histoire d’un divorce. Mais elle est tellement bien racontée, ficelée avec beaucoup de grâce et de rythme. La mise en scène est simple, la réalisation presque simpliste parce que la force réside dans le dialogue et la force des mots. Un film au supplément d’âme qui rapproche le spectateur des personnages et de leurs états d’âmes. Ils nous embarquent volontiers dans leur chaos et la brutalité du changement. On se questionne sur les débuts qui ne sont finalement pas éternels, sur le «jusqu’à ce que la mort nous sépare» qui arrive plus tôt que prévu. Adam Driver est poignant. Il signe là un de ses plus beaux rôles en metteur en scène new-yorkais à qui tout réussit sauf la vie, qui a du mal à diriger sa propre existence. Dans la retenue et l’optimisme le plus souvent, ses moments d’implosion et d’explosion sont de toute beauté. Une des plus belles et des fortes interprétations masculines de la semaine.

Il a brillé dans «Mosul», une fiction politique qui traite d’une unité d’élite irakienne qui s’est battue contre le groupe jihadiste État islamique pour la reconquête de la deuxième ville d’Irak. Présenté en hors compétition à la 76e édition de la Mostra de Venise, le film de Matthew Michael Carnahan produit par les Frères Russo a séduit par sa singularité et le fait que ce soit tourné en langue arabe. Il campe le rôle de Kawa, soldat qui sombre dans l’intensité de la guerre. Il est Franco-Tunisien et profondément touchant. Adam Bessa est un jeune acteur à suivre de très prêt.

Comment prépare-t-on un rôle à la fois politique et humain ? Est-ce qu’on se fie uniquement au scénario ou l’on va chercher dans l’histoire ?
Les deux. On part d’abord du scénario. Et ensuite on fait les recherches sur le contexte politique. J’ai commencé d’abord par apprendre le dialecte irakien. J’ai mis deux semaines à me l’approprier, j’avais un coach, je m’y suis mis intensément. Le reste du casting était irakien pour la plupart, je leur posais beaucoup de questions. Ensuite on a fait un entraînement militaire. J’avais des correspondants qui avaient fait la guerre en Irak, qui m’ont beaucoup aidé à construire le personnage. Je remplissais au maximum pour nourrir le personnage. Et puis le tournage a commencé et tout le travail psychologique du personnage. C’était dur. 8 à 10 heures par jour. Physiquement, c’était dur parce qu’on avait 10-15 kg sur le dos, il faisait chaud, on a tourné à Marrakech au Maroc. Trois mois de tournage pour un film qui se passe sur 12 heures, l’intensité ne devait jamais retomber. Il fallait toujours la maintenir. Il fallait toujours être intense. Plus ça allait, plus mon personnage plongeait dans la folie de la guerre. C’était très intense…

Kawa, votre personnage évolue dans les 12 heures de l’action du film. Est-ce que le personnage se construit en amont ou tous les jours sur le tournage ?
Oui bien sûr. Il y a la base du scénario mais c’est ce qui se passe tous les jours qui est important. Je proposais des idées qu’on prenait ou pas. Plus j’avançais, plus j’avais une connaissance de ce gars et plus j’ouvrais les valves, je trouvais des dimensions pour avoir accès à lui. Je ne cessais de le pousser loin. Il n’y avait pas de limites. Je suis arrivé jusqu’à un point où il fallait le pousser dans ses retranchements, aller au maximum. Je me sentais responsable aussi. Ces personnages existent dans la vraie vie, sont encore là. Il fallait être à la hauteur de ces gens-là, leur rendre hommage. Je me mettais une pression au quotidien. Si un Irakien voit le film, il ne faut pas qu’il voit la différence entre moi et le personnage, si un des soldats voit le film, il faut qu’il se reconnaisse. Il fallait que je sois irréprochable. Faire ce film est une grande responsabilité.

Est-ce que ça a été un personnage difficile à trouver ?
Tout dépend. Des fois des idées viennent comme ça. Des fois ça ne vient pas ! (Rires), ça met plus de temps. Donc tu cherches jusqu’à trouver. On sent que c’est juste, quand on est sur le bon chemin. Ça se ressent. C’est un peu comme la cuisine. Des fois, je sais ce que j’ai envie de manger, des fois non ! (Sourire). Il y a des choses plus ou moins instinctives. D’autres un peu moins. Mais une fois «action» prononcée, il n’y a pas de retour en arrière. C’est déjà tout réfléchi. Je laisse même les accidents arriver. Au réalisateur de prendre ce qu’il veut.

Cette fraternité entre les personnages, est-ce que vous l’avez travaillé en amont ?
Oui ! Le boot camp, on l’a fait avec de vrais militaires mais c’est vrai qu’on était tous les jours ensemble. On travaillait ensemble, on a appris à ce connaître, on a développé ce sens de la camaraderie. Il y a un personnage dans le film que je ne connais pas, j’apprends à le connaître. Donc j’ai appris à le connaître sur le tournage mais je devais désapprendre dans le film. C’était un travail intéressant.

Le réalisateur est américain, vous jouez en arabe. Comment avez-vous été dirigé par Matthew ?
Assez simplement. Il y avait le scénario, je faisais des propositions et je savais à peu près ce qu’il attendait. Je l’avais eu en amont. On a discuté longtemps, on a mis des check point sur le personnage. On avait préparé en amont donc sur le tournage, c’était des ajustements, du perfectionnement, je dirais. Il y avait la barrière de la langue, beaucoup d’acteurs ne parlaient pas anglais. Donc tout passait par le jeu et l’émotion. C’était intéressant. C’était comme une jam musicale où le sens prend même si on ne parle pas la même langue.

Je suppose qu’il y a eu un avant et un après le film. Humainement et professionnellement. Comment on quitte un personnage comme celui là ?
Déjà, il m’a fallu deux mois, peut être pour redescendre. J’ai passé des mois une arme à la main, le bruit de la Kalachnikov dans la tête. Je faisais des cauchemars. Revenir à la vie normale n’a pas été de toute évidence. Ce gars, je l’adore. Il ne m’a jamais vraiment quitté, je le porte encore en moi. Je ne connaissais pas cette partie de l’histoire, ce qui s’est passé en Irak. Maintenant je sais, j’ai appris et je porte ça à jamais dans mon cœur. Beaucoup de gens m’ont touché.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à vivre dans le tournage ?
Le psychologique. Le physique accentue le psychologique aussi mais le fait de tuer était dur. Je me demandais souvent «pourquoi on tue ?», «qu’est ce qui fait qu’on tue?». On ne comprend jamais vraiment mais on cherche des pistes. Je réfléchis mais mes pensées prennent le pas aussi. Souvent. Je renvoie tout à ce que j’ai vécu à ma vie. Après deux journées de tournage comme celles-ci, on commence par prendre conscience qu’on joue jusqu’au moment où on ne joue plus, on vit la situation tout simplement. Le cerveau s’adapte. Avec la répétition, le cerveau s’adapte. Tous les jours, j’avais une arme dans la main et je ne faisais que tirer. Shooter pour tirer. Tirer, tuer. C’était dur. Et puis j’ai joué avec des grands acteurs, oscarisés ou qui ont côtoyé les plus grands. Quelle pression !

C’était une évidence pour vous de faire ce métier ?
Ça s’est construit petit à petit ! J’ai toujours aimé ça je pense. J’aimais regarder des films. J’ai fais du théâtre au lycée. Je me suis dis que j’allais essayer. J’étais curieux. Et ça s’est fait petit à petit. Ce que j’aime dans ce métier, c’est d’avoir accès toujours à un monde infini. Sans limite. Cette infinité où je n’ai pas vraiment les clefs, où je ne suis sûr de rien. C’est un travail forcément. À chaque rôle, je plonge profondément. Les acteurs que j’admire, travaille comme ça. Je n’ai pas un modèle mais j’ai des gens que j’admire. Il y les Brando, les Al Pacino, Sean Pean. Ils sont admirables. L’école anglaise aussi avec Daniel Day Lewis et Gary Oldman par exemple. Leur travail m’intéresse. J’adore Meryl Streep. Je mixe un peu tout cela mais les vrais modèles sont dans la vie. Les gens que je croise dans la rue sont les plus intéressants. Ceux que personne ne regarde. Ça prend beaucoup de mon temps, me passionne. Essayer de comprendre les gens. Surtout s’ils sortent du cadre social. J’adore explorer ces chemins psychologiques. Comment j’atteins la colère ? La haine ? Plein de chemins mènent à ça. Il y a une infinité de possibilités et explorer cela m’intéresse beaucoup !

Vous estimez avoir le choix dans les rôles quand on commence une carrière ?
Oui. Je me permet de refuser les rôles bâclés, qui n’ont aucun intérêt. Qui ne servent ni mon peuple, ni un propos intéressant, ni à changer les mentalités, à aider à mieux comprendre la différence. Des rôles pour remplir une case du stéréotype, ça ne m’intéresse pas. Je ne veux pas alimenter ça. J’essaie de faire un film qui reste. J’aime faire des rôles auxquels les gens s’attachent, comme moi petit. Un rôle comme celui là qui sert le monde arabe, qui permet à l’Occident de comprendre. Matthew Michael Carnahan a réussi à mettre en lumière de véritables héros arabes. Les faire jouer dans leur langue ! Et pas en américain. Il fallait que ça change…

Comment avez-vous vécu votre avant première à Venise ?
C’était que du bonheur. Le présenter à Venise, dans une belle salle, avec les proches, la famille , ma femme. On a eu une belle standing ovation. Les gens me posent des questions. Je suis ému que le film ait marqué quelque part. Que les gens se questionnent. Et puis le tapis rouge, les photographes. C’est féérique, c’est comme un bal de lycée ! (Rires). Après avoir travaillé dur, c’est bien aussi de profiter de ce volet là ! 

Le cinéma tunisien triomphe à la Mostra de Venise qui se tient du 28 août au 7 septembre. Avec «Un Fils», signé Mehdi M. Barsaoui, qui concourt dans la sélection «Orizzonti», le Maghreb assoit un cinéma puissant et profond. En prime, 10 minutes de standing ovation pour l’équipe du film. Détails.

Dans la section «Orizzonti», où est célébré le cinéma de tous les horizons, le Tunisien Mehdi Barsaoui s’apprêtait à séduire avec un film poignant et plein de rebondissements. Première œuvre d’un cinéaste qui a déjà fait parler de lui avec ses deux courts métrages «À ma place» et «Bobby», la pression monte dans la salle puisque l’on s’attend déjà à être surpris par le talent de ce jeune réalisateur, scénariste et monteur de 35 ans.

Une oeuvre à fleur de peau
Dans ce film, ce qui touche le plus, c’est la force du scénario et les différents twists et rebondissements que nous offre Mehdi Barsaoui. L’histoire commence bien. Farès, campé par l’excellent Sami Bouajila, et Meriem, par la surprenante Najla Ben Abdellah, forment un couple parfait. Famille tunisienne moderne et aisée, ils reviennent d’un pique-nique dans le Sud de Tunis avec leur fils Aziz, âgé de 9 ans. Leur voiture est prise pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé. À l’hôpital, on apprend aux parents que le fils aurait besoin d’une greffe de foie. Un retour à Tunis est recommandé. Les analyses révèlent alors que Farès n’est pas le père de Aziz. S’ensuit tout un parallèle brillant et ingénieux entre la Tunisie de 2011, post-Ben Ali, et l’histoire d’une famille presque banale. Tutelle du mari, rapports flous entre la religion et la médecine, adultère, mensonges, corruption, Sami Bouajila livre une prestation habitée d’un père perdu et Najla Ben Abdellah, rongée par la culpabilité, est prête à tout pour sauver son fils. « Quand Ben Ali est parti, tout semblait parfait au début. Après, plein de choses ont refait surface. C’est comme l’histoire de cette famille d’apparence parfaite, mais dont les secrets refont surface en temps de crise», confie le réalisateur. En plus de l’histoire, chaque est plan est étudié et pourrait faire l’objet d’une exposition photo. Le montage est fluide, la réalisation efficace, la mise en scène brillante.

«Un Fils» d’une Tunisie en transition
Est-ce une famille moderne ou traditionnelle? Est-ce que le père réussira à passer outre l’adultère et à se consacrer aux moyens de sauver «Un Fils» qui n’est pas le sien? Comment trouver un rein pour greffe dans un pays qui reste musulman et où le corps humain est sacré? Des questions brillantes qui font écho à une Tunisie en transition. Un Maghreb entre deux feux, celui de la prometteuse modernité ou de la rassurante tradition. Le réalisateur tunisien réussit là une brillante fresque profondément humaine et débordante de subtilité. Les nuances, la subtilité, les rebondissements rappellent un certain Asghar Farhadi. Né en 1984, Mehdi Barsaoui grandit à Tunis. Il est diplômé de l’Institut supérieur des arts multimédia de la Manouba (ISAMM) à Tunis, où il a été formé au montage. Mehdi M. Barsaoui a poursuivi ses études de cinéma au DAMS à Bologne (Italie). Il réalise deux courts métrages qui ont été sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux où ils ont remporté plusieurs prix. Un Fils (A Son), avec le soutien du RAWI Sundance Screenwriters Lab, avait déjà remporté le Prix Sørfond au Durban FilmMart 2016, en Afrique du Sud, afin de participer au Sørfond Pitching Forum 2016 à Oslo, en Norvège. Le projet était déjà plein de promesses. Des promesses qu’il a su tenir puisqu’à la fin de la projection, la salle est debout, et l’émotion, palpable. Les acteurs qui ont fait un sans-faute rejoignent leur réalisateur et s’enlacent avec émotion. Le public est conquis. Le film aura 10 minutes de standing ovation des plus méritées. «Un moment inoubliable, exceptionnel», avoue le réalisateur sur les réseaux sociaux. «Un Fils» est un film poignant et nécessaire qui a déjà plus de force que toutes les politiques, puisqu’il puise dans l’âme et la sincérité. Prix de la meilleure première œuvre méritée.

Le festival du Jazz  au Chellah revient du 25 au 29 septembre. Cette 24e édition promet  de beaux moments de musique avec une programmation composée d’une quarantaine d’artistes de 12 pays différents. Détails.

Organisé par l’Union européenne au Maroc en partenariat avec le ministère de la Culture et de la communication, Jazz au Chellah revient plus fort que jamais. Le plus ancien des festivals de jazz au Maroc et premier festival dédié au jazz européen au monde s’apprête à marquer la rentrée culturelle de Rabat du 25 au 29 septembre dans l’enceinte du site historique qui lui a donné son nom. Construit autour de rencontres entre musiciens de jazz européens et musiciens marocains, il offrira encore une fois une plateforme unique de brassage des cultures et dialogues entre les deux rives de la Méditerranée. Pour cette 24e édition, Jazz au Chellah propose d’inviter une quarantaine d’artistes venant de 12 pays européens issus d’univers musicaux différents qui seront rejoints sur scène par une dizaine d’artistes marocains. La soirée d’ouverture sera également marquée par la présence de sonorités africaines à travers un groupe franco-sénégalais.

«Nous avons voulu ouvrir un espace d’expression à la musique sénégalaise car nous tenons aussi à célébrer l’Afrique dans ses dimensions plurielles», a confié Claudia Wiedey, ambassadeur de l’Union européenne au Maroc.

Cinq soirs durant, chaque scène proposera son lot de nouveautés et un programme métissé. Le programme signé par les deux directeurs artistiques Majid Bekkas et Jean-Pierre Bissot promet des concerts encore plus éclectiques. «Jazz au Chellah a toujours constitué un espace dédié à l’extraordinaire richesse des jazz d’Europe et à son potentiel créatif pour aller à la rencontre des musiciens marocains», précisent ces deux derniers. En plus des concerts au Chellah et fidèle à sa philosophie d’aller vers d’autres publics, une programmation spécifique «Festival hors Chellah» est prévue avec des concerts déambulatoires et des master-classes offertes par les musiciens européens et marocains à des jeunes artistes marocains. Une programmation dévoilée dès le 25 septembre.

Dans «The King» de David Michôd, Timothée Chalamet, star montante d’Hollywood, incarne Henri V, roi d’Angleterre et de France. Un acteur au charisme envoûtant qui ensorcelle Venise. Dommage que le film de Netflix soit privé d’âme.

Une version pâle d’un pan de l’histoire bouleversant. Le film n’est pas à la hauteur d’un passé flamboyant, l’histoire d’Henri V qui a inspiré William Shakespeare. Pourtant, Timothée Chalamet est brillant. C’est un acteur né. La caméra l’adore. Il vole la vedette à chaque plan. On ne voit que lui. D’apparence frêle et fragile, il est crédible en roi fort malgré tout. Il prouve qu’il est un acteur qui marquera l’histoire du cinéma. Un des plus grands talents de sa génération, il a déjà brillé dans «Call me by your name» où il joue un adolescent qui découvre l’homosexualité, et dans «Beautiful boy» où il campe un jeune drogué. Des rôles qui lui ont valu des nominations aux Oscars. À tout juste 23 ans, il est d’une maturité déconcertante à l’écran. «Je me sens toujours en apprentissage, à chercher la meilleure version de l’acteur que je veux être. À 23 ans, je suis encore en train de me construire, et en travaillant avec Joel Edgerton, Ben Mendelsohn et cet homme assis à la table à côté de moi, le réalisateur David Michôd, vous apprenez des choses que vous pouvez noter. Puis il y a aussi des choses qui pénètrent votre subconscient et que vous apprenez à votre insu, parce que ce sont des acteurs tellement viscéraux! En résumé, avec ce tournage, j’ai appris de chacun, c’était une expérience particulièrement pédagogique!», confie l’acteur en conférence de presse, heureux d’être là. Généreux et souriant, il passe son temps à contenter ses fans et fait fureur sur le tapis rouge avec un smoking revisité comme à chacune de ses apparitions en public.

Quand la performance d’acteur ne suffit pas
Les images du trailer étaient pourtant rassurantes. L’image, les acteurs, le charisme... tout y était. Pourtant, lors de l’avant-première de «The King», la déception est à son comble. L’histoire manque de profondeur, le scénario n’est pas assez fort malgré une belle réalisation et des acteurs impeccables. La version de «The King» ne sera pas shakespearienne, elle se contentera d’être banale. Henri V d’Angleterre est resté célèbre pour avoir défié l’armée française à la Bataille d’Azincourt en 1415, pendant la Guerre de Cent ans. Henri V a été immortalisé dans une pièce de Shakespeare, mais le film n’est pas une énième adaptation de ce classique. C’est un scénario original de deux Australiens, l’acteur Joel Edgerton (dont la prestation est à saluer) et le réalisateur David Michôd.

Dans le film, le futur roi passe son temps à faire la fête. Le trône est promis à son jeune frère. Mais lorsque le père et le frère décèdent, Henri V n’a d’autre choix que de prendre ses responsabilités. Il deviendra même un grand roi. Pourtant, dans le film, la transition n’est pas claire. On ne sent pas ce grand changement. La tension n’est pas bien gérée. On ne vit pas les rebondissements du film, on les subit. Mis à part une mise en scène pâlotte, on aurait tout pardonné au réalisateur dont le grand travail se ressent. La photographie est incroyable. Les acteurs sont brillants. Sean Harris est remarquable. Mais comment justifier le choix de Robert Pattinson en Dauphin? L’acteur, qui ne parle pas un mot de français, joue le fils du roi de France, ridicule et bête. Fou, hystérique et qui ne sait pas se battre, l’acteur nous propose un pantin dont l’accent franco-anglais n’est pas du tout convaincant. Une prestation qui casse la dynamique du film. Quant à Lily-Rose Depp, presque simple figurante dans le film, elle campe un personnage, future épouse du roi, que l’on a du mal à cerner. Peut-être parce qu’on ne la voit que trop peu à l’écran et qu’elle n’a pas le temps de convaincre. En somme, «The King» avait tout pour être un grand film et marquer l’histoire du cinéma. Netflix ne réussira pas son coup cette fois-ci. Laissons Henri V marquer l’histoire tout court.

Les Théâtrales de Casablanca font leur rentrée avec «Un weekend tranquille», la toute dernière création du comédien et metteur en scène Alil Vardar. Rendez-vous, le jeudi 26 septembre, au Mégarama.

Un air de Paris souffle sur Casablanca. La 9e édition des Théâtrales fait sa rentrée avec «Un weekend tranquille» d’Alil Vardar. Considérée par Le Figaro comme la dernière usine à blagues de Vardar, cette comédie réunit des artistes de talents: Alexandra Vandernoot, Melissa Izquierdo et Jerôme Lenôtre. Le comédien et metteur en scène propose une comédie brillante et bien ficelée, comme à l’accoutumée. Déjantée et ultra-rythmée, «Un weekend tranquille» renverse l’archétype du quadragénaire qui prend une jeune comme maîtresse: Jules (Alil Vardar), 45 ans, est marié à Caroline (Melissa Izqueirdo), 26 ans. Ils vivent un bel amour. Mais Jules est insatisfait, il ne comprend pas cette génération qui passe le plus clair de son temps le nez collé à son téléphone mobile… Il prend ainsi une maîtresse, Geneviève (Alexandra Vandernoot) qui a 57 ans! Jules est très attaché à cette dernière. Il s’arrange pour passer tout un week-end avec sa maîtresse, mais sa femme revient plus tôt que prévu et le surprend avec Geneviève. Jules va devoir faire jouer tous ses talents d’orateur pour trouver une explication rationnelle, et surtout va devoir compter sur son ouvrier portugais pour le couvrir. Bloqué entre sa femme et sa maîtresse, Jules va vivre un week-end explosif.

«La mise en scène est efficace avec aucun répit. Les rebondissements s’enchaînent à un rythme effréné, les gags et les fous rires aussi. Sans vulgarité et avec de nombreux jeux de mots bien tournés, la pièce fait évoluer des personnages qui sont tous plongés dans des situations de plus en plus incongrues». Une pièce de théâtre qui promet twists, rebondissements et fous rires ce 26 septembre.

Aujourd’hui, l’hippodrome de Casablanca accueille Symphonyat, un orchestre philharmonique de 40 musiciens venus du monde entier pour faire revivre les plus belles mélodies de notre royaume, portées par les voix des Marocains juifs et musulmans Neta El Kayam, Mohammed Lasri, Nabyla Maan et Sana­­ Marahati.

Ce jeudi promet d’être mémorable, à l’hippodrome de Casablanca. Dirigé par Tom Cohen, un des plus grands chefs d’orchestre de sa génération, un orchestre philharmonique de 40 musiciens revisite le patrimoine marocain le temps d’un concert. Des chansons revisitées par des chanteurs d’exception: la chanteuse populaire marocaine de confession juive Neta El Kayam, connue pour sa reprise de «Hak a mama» de Zahra El Fassia, Mohammed Lasri, grand maître de musique arabe, et les rossignols de la musique andalouse moderne et plus traditionnelle Nabyla Maan et Sanaa Marahati. Un concert exceptionnel baptisé «Symphonyat» et proposé par l’association AVEMPACE.

«La richesse du patrimoine culturel et musical marocain étant le fruit de plusieurs siècles d’histoire faite d’échange et de partage, les musiciens de Symphonyat sont décidés à faire de cette production, prévue le 5 septembre 2019, une incarnation musicale retentissante des valeurs qui les animent», précise Karim Taissir, président de l’association, dans un communiqué de presse.

Le projet est né du rêve de deux passionnés de musique. L’un est un mélomane, amoureux de musiques marocaines anciennes, Karim Taissir. L’autre est un chef d’orchestre passionné de musiques traditionnelles qu’il réorchestre pour des formations classiques et Jazz, Tom Cohen. Ensemble, ils ont imaginé Symphonyat, une représentation de musique traditionnelle marocaine jouée par un orchestre philharmonique. «C’est un incroyable projet à niveau musical très élevé. C’est vraiment une combinaison des meilleurs artistes dans leur domaine», affirme Cohen. «C’est un rêve de pouvoir venir ici et de faire ce que je fais depuis si longtemps, à la différence que cette fois-ci, je ne le fais pas pour un public qui trouve cela oriental ou exotique, mais pour des personnes qui comprennent cette culture et qui l’apprécient. C’est un vrai cadeau pour moi», continue le musicologue et orchestrateur, considéré comme ayant une capacité unique de transmission, avec laquelle il transmet la musique des pays nord-africains et arabes à des musiciens de formation classique. Tom Cohen, qui a accompli un travail d’arrangements orchestraux remarquable en modulant des mélopées issues du répertoire musical d’Afrique du Nord et d’Andalousie avec des harmonies modernes, qui puisent leur essence dans le Jazz et la musique Pop, dirige d’une main de maître cet ensemble de musique. Un concert qui célèbre ce jeudi, en musique, un Maroc pluriel.

«Boys don’t cry» débarque au Maroc pour une tournée du 17 au 26 septembre à Casablanca, Marrakech, Meknès, Rabat et Tétouan. Une création signée Hervé Koubi et proposée par l’Institut français du Maroc.

Le chorégraphe français Hervé Koubi sera en tournée dans cinq villes du royaume pour présenter sa dernière création «Boys don’t cry». Construit sur la base d’un texte de Chantal Thomas, écrit spécialement pour la pièce autour d’une partie de foot improbable, «Boys don’t cry» nourrit une réflexion à la fois nostalgique, drôle et tendre sur ce que c’est que de danser quand on est un garçon, qui plus est quand on vient d’Afrique du Nord. L’histoire raconte comment un jeune garçon dénommé Houssni est partagé entre les diktats familiaux et sociaux. La pièce creuse la notion de sacrifice de soi à travers l’abnégation du garçon qui doit faire plaisir à son père qui le souhaite fort et à sa mère qui adore le foot. Alors que lui, il aime passionnément la danse et haït viscéralement ce sport à cause de la violence qu’il génère. La chorégraphie tord ainsi le cou à une certaine théorie du genre où la couture serait pour les filles et le foot pour les garçons. Elle entend donner de la voix à tous ceux à qui l’on impose ce à quoi ils s’opposent. Sept danseurs autodidactes dans un décor sobre et immaculé entrent en scène.

Durant 55 minutes, ils montrent leur virtuosité, entre danse hip-hop et danse contemporaine. Sur le plateau, ils courent, sautent et virevoltent, emportant le public avec leur énergie débridée. La beauté de leurs corps en mouvement hypnotise. Leur interprétation est sincère et franche. Elle témoigne de leur fierté à être des danseurs hommes et à vouloir briser les préjugés. Avec «Boys don’t cry», Hervé Koubi signe une œuvre où la danse est faite à la fois de souffrance et d’enthousiasme. La gestuelle de la pièce se fait exutoire disco, désinhibée, puissance de révolte et de plaisir. D’origine algérienne, docteur en pharmacie, pharmacien biologiste, Hervé Koubi a mené de front sa carrière de danseur. Il a été formé au Centre international de danse Rosella Hightower de Cannes puis à l’Opéra de Marseille. En 1999, il intègre le Centre chorégraphique national de Nantes. Il travaillera par la suite au Centre chorégraphique national de Caen et la Compagnie Thor à Bruxelles. Hervé Koubi crée son premier projet «Le Golem» en 2000, s’ensuit «Ménagerie» (2002), «Les abattoirs, fantaisie…» (2004), «4’30’’» (2006) en collaboration avec la musicienne Laetitia Sheriff, «Moon Dogs» (2007), «Coppélia, une fiancée aux yeux d’émail»…«Les Suprêmes», «Bref séjour chez les vivants» (2008) et «Un rendez-vous en Afrique» (2009) en collaboration avec la Compagnie Beliga Kopé de Côte d’Ivoire. Depuis 2010, il développe un projet orienté vers la Méditerranée pour un parcours jalonné de plusieurs créations «El Din» ( 2010- 2011), «Ce que le jour doit à la nuit» (2013), «Le rêve de Léa» (2014), Des hommes qui dansent (2014), Le bal méditerranéen (2014), Les nuits barbares ou les premiers matins du monde (2015-2016), Boys don’t cry (2018), La nature des femmes (projet pour danseuses d’Afrique du Nord) (2019), ODYSSEY en partenariat avec Natacha Atlas (2019-2020) et prochainement Golden age (2022). L’artiste arrive donc au Maroc du 17 au 26 septembre pour une tournée sur plusieurs villes : à la salle Bahnini de Rabat le 17 septembre au théâtre de l’Institut français de Meknès le 19 septembre, au Centre culturel de Tétouan le 21 septembre, au Studio des arts vivants de Casablanca le 24 septembre, au Cinéma Leïla Alaoui de l’Institut français de Marrakech le 26 septembre. 

Brad Pitt est certainement l’homme de la première journée de la Mostra. L’acteur mondialement connu vient défendre «Ad Astra» de James Gray où il campe le premier rôle tout en étant producteur.

Après avoir fait les yeux doux à Cannes avec «Once upon a time…in Hollywood», aux côtés de Leonardo DiCaprio et Quentin Tarentino, Brad Pitt continue à faire chavirer les cœurs et rendre fous les flashs des photographes. Il vient présenter «Ad Astra» dernier opus du grand James Gray où Brad Pitt est à la fois producteur et tient le premier rôle. Un film qu’il porte sur ses épaules ! «Je connais James depuis longtemps et j’adore son cinéma. Quand j’ai lu son script, je ne pouvais pas ne pas participer au projet. J’étais d’abord producteur. Je me suis retrouvé à jouer le premier rôle presque par hasard !», explique l’acteur humble qui a tout de suite été une évidence pour le réalisateur. Un rôle tout en retenue qui lui sied à ravir. Il porte le film sur ses épaules.

Un film de science-fiction humain
Débordant d’humanité, «Ad Astra» est un film de science-fiction certes, d’un futur proche où l’homme aurait colonisé la lune, Mars et s’apprête à découvrir s’il y a une vie sur Saturne et Neptune mais un film d’une profondeur, d’une subtile et d’une intelligence digne du réalisateur de «The Yards», «La Nuit nous appartient», «Two Lovers» ou encore «The Lost City of Z». Astronaute par passion, le personnage campé par Brad Pitt a dédié sa vie à sa mission qui est de trouver toute forme d’humanité dans l’espace. Une passion qu’il a hérité de son père, véritable héros, décédé lors d’une mission importante. Le film commence lorsque l’astronaute Roy McBride, parfait militaire qui obéit aux ordres et sert son pays découvre que son père serait peut-être en vie sur Neptune. Sa mission : aller à sa recherche. Commence alors pour le personnage principal un voyage intergalactique à travers ses sentiments et son passé. Il se voit revivre ses failles en tant qu’homme, époux, fils. Une sorte de voyage intérieur dans l’espace. «Rétrospectivement quand on réfléchit à nos conversations, le sujet que nous creusions, sans vraiment le nommer, était cette définition de la masculinité», confie Brad Pitt en conférence de presse. «Comme nous avons grandi à une époque où on nous a appris à être forts, à ne pas montrer notre faiblesse, je crois que nous posions la question : est-ce qu’il y a une meilleure définition pour nous, est-ce que d’être plus ouvert permet d’avoir une meilleure relation avec ceux que l’on aime ?», continue l’acteur qui explore la relation père-fils tumultueuse face à un Tommy Lee Jones poignant. Un film qui prône le silence et le vide intersidéral. Un vide sentimental probablement puisque l’astronaute n’arrive à plus rien ressentir tellement les sentiments ont été cachés, devoir de militaire oblige. Un film presque muet sauvé par la voix off qui nous livre les sentiments intérieurs du personnage, des sentiments qu’il ne peut dire à voix haute si ce n’est sous peine de craquer. La scène où il appelle son père, les larmes aux yeux est une des scènes les plus fortes du film qui vaudra sûrement à l’acteur une nomination aux Oscars.

Homme de l’année !
Brad Pitt est clairement «the man of the hour». Avec un rôle en or signé Tarentino dans son dernier opus «Once upon a time…in Hollywood», l’acteur passe de la doublure vide et superficielle qui n’a que son corps pour lui à un héros intellectuel profond et complexe. Une belle année cinématographique entre deux grands cinéastes de génie : un extravagant fou et un intellectuel introverti qu’est James Gray. Deux rôles challenge pour l’acteur qui n’hésite pas à brouiller les pistes entre un Cliff de Tarantino aérien et sûr de lui et un Roy de James Gray déprimé et perdu. Un régal pour les fans de Brad Pritt et pour les amoureux du cinéma. L’acteur est sûrement en route pour les Oscars avec deux nominations probables : meilleur second rôle pour «Once Upon a time…in Hollywood» et meilleur premier rôle pour Ad Astra. Il peut se voir partir avec une statuette pour son second rôle…Il est bien trop tôt pour le prédire certes mais ce qui est sûr, c’est que l’acteur de 55 ans n’a jamais été aussi impeccable physiquement et professionnellement ! 

La 34e édition du Festival international du film francophone de Namur (Belgique) qui aura lieu du 27 septembre au 4 octobre a levé le voile sur sa programmation. Après l’annonce du film d’ouverture Chambre 212 de Christophe Honoré, le festival met en avant le meilleur du film francophone avec une belle présence marocaine grâce à «Adam» de Maryam Touzani.

Le Maroc sera présent à la 34e édition du Festival international du film francophone de Namur avec la réalisatrice marocaine Maryam Touzani et son film «Adam» sur les mères célibataires. Pour son premier long métrage, la cinéaste marocaine a écrit le scénario avec Nabil Ayouch qui produit également le film. Née en 1980 à Tanger, Maryam Touzani y passe son enfance avant d’aller étudier le journalisme à Londres puis revenir au Maroc afin d’y travailler comme journaliste. En 2008, elle écrit et réalise un documentaire pour la première journée nationale de la femme au Maroc. En 2012, elle tourne son premier court métrage de fiction, Quand ils dorment, qui remportera dix-sept prix dans de prestigieux festivals à travers le monde. En 2015, son deuxième court métrage, Aya va à la plage récolte quinze prix. La même année, c’est grâce au très acclamé Much Loved du réalisateur Nabil Ayouch, sélectionné à Cannes et primé à Namur, qu’elle approfondit son expérience en collaborant notamment sur le développement du scénario. Peu de temps après, elle co-écrit avec Nabil Ayouch son dernier long métrage, Razzia, sélectionné à Toronto et qui représentera le Maroc aux Oscars, et dans lequel elle joue pour la première fois. Adam, son premier long métrage comme réalisatrice, était présenté cette année à Un Certain Regard à Cannes. Les rôles principaux sont tenus par Lubna Azabal, Nisrin Erradi, Douae Belkhaouda, Aziz Hattab et Hasnaa Tamtaoui. Partie intégrante du film, la photo est signée Virginie Surdej (qui signe aussi celle de Nuestras Madres). Dans la Médina de Casablanca, Abla, veuve et mère d’une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte frappe à sa porte, Abla est loin d’imaginer que sa vie changera à jamais. Une rencontre fortuite du destin, deux femmes en fuite, et un chemin vers l’essentiel.

Programmation inintelligente
«Nous avons reçu près de 1.200 films, et nous en retiendrons au final environ 10%. Beaucoup d’appelés mais peu d’élus ! Nous avons encore de nombreux films à découvrir et notre travail de prospection, notamment à l’international, se poursuit. S’annonce une programmation à la fois engagée, inventive, décalée, passionnée, à l’image des 7 films déjà confirmés ! » a précisé Hervé Le Phuez, directeur de la programmation.

Un des films attendus est Perdrix d’ Erwan Le Duc. Le cinéaste commence sa carrière par écrire pour un réalisateur syrien, Meyar Al Roumi. Ensemble, ils signeront le scénario du film Round Trip, une histoire d’amour dans un train de nuit entre Damas et Téhéran. Il écrit et réalise ensuite quatre courts métrages : Le Commissaire Perdrix ne fait pas le voyage pour rien (2012), Jamais jamais (2014), Miaou miaou fourrure (2015) et Le Soldat vierge, sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 2016. Il travaille également comme journaliste pour le service Sports du quotidien français Le Monde. Son premier long métrage, Perdrix, une comédie amoureuse dont il signe également le scénario, était présenté cette année en première mondiale à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Pierre Perdrix vit des jours agités depuis l’irruption dans son existence de l’insaisissable Juliette Webb. Comme une tornade, elle va semer le désir et le désordre dans son univers et celui de sa famille, obligeant chacun à redéfinir ses frontières, et à se mettre enfin à vivre. C’est en fait son premier court métrage qui le projettera dans la belle aventure du long métrage : « Avec déjà ce personnage de Perdrix, qui était commissaire à l’époque, explique-t-il. Il avait pour acolyte un lieutenant bizarre joué par Alexandre Steiger… et nommé Webb, comme Juliette dans Perdrix. En juillet 2012, alors que je rentrais d’Ukraine où je couvrais l’Euro de foot pour Le Monde, j’ai reçu un coup de fil d’Elisabeth Depardieu, la directrice artistique de la résidence Emergence. Elle avait vu le court métrage, qui lui avait plu, et m’a demandé si j’avais un projet de long. Alors sans me poser trop de questions, j’ai pris deux semaines de vacances et j’ai écrit de manière frénétique la première version, assez «déglingo», de Perdrix.» Le film est interprété par Swann Arlaud (Césarisé pour Petit Paysan, FIFF 2017), Maud Wyler (2 automnes 3 hivers présenté au FIFF 2013 et membre du Jury Longs Métrages au FIFF 2014), Fanny Ardant, Nicolas Maury, Patience Munchenbach et Alexandre Steiger. « Alice et le Maire » avait attiré toute l’attention de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Le film réunit Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier sous la direction de Nicolas Pariser. Alice et le maire est son deuxième long métrage et raconte le maire de Lyon, Paul Théraneau, qui va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes.

Le jury présidé par Bernard Pivot a dévoilé sa première liste pour la plus prestigieuse des récompenses littéraires. Quinze romans ont été retenus pour succéder à Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu (Actes Sud).

Alors que chacun faisait déjà ses pronostics, le jury Goncourt, présidé par Bernard Pivot, a dévoilé, mardi 3 septembre, sa première sélection de romans concourant au célèbre prix. Trois Gallimard et deux Albin Michel figurent dans cette liste, pour le reste équitablement réparti. Surprise de cette annonce: Amélie Nothomb y figure pour la première fois depuis 1999 et la parution de Stupeur et Tremblements.

Quinze romans sont en lice. Le successeur de Nicolas Mathieu, lauréat l’an passé avec Leurs enfants après eux (Actes Sud) se trouve parmi eux. Mais qui? Trois auteurs sont présents à la fois sur la liste du Goncourt et du Renaudot: Santiago H. Amigorena, Le ghetto intérieur (P.O.L), Nathacha Appanah, Le ciel par-dessus le toit(Gallimard) et Jean-Luc Coatelem, La part du fils (Stock).

À noter que deux primoromanciers figurent dans la sélection: Anne Pauly pour Avant que j’oublie (Verdier) et Abel Quentin pour Sœur (L’Observatoire).

Verdict le 4 novembre. D’ici là, deux sélections seront annoncées les 1er et 27 octobre (cette dernière à Cabourg, pour fêter le Goncourt 1919 de Marcel Proust).

 En lice pour le Goncourt :

Le ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena, éd. P.O.L

Le ciel par-dessus le toit, Nathacha Appanah, éd. Gallimard

Un dimanche à Ville-d’Avray, Dominique Barbéris, éd. Arléa

La part du fils, Jean-Luc Coatalem, éd. Stock

Mur Méditerranée, Louis-Philippe Dalembert, éd. Sabine Wespieser

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, Jean-Paul Dubois, éd. L’Olivier

Un monde sans rivage, Hélène Gaudy, éd. Actes Sud

Rouge impératrice, Léonora Miano, éd. Grasset

La terre invisible, Hubert Mingarelli, éd. Buchet Chastel

Soif, Amélie Nothomb, éd. Albin Michel

Avant que j’oublie, Anne Pauly, éd. Verdier

Sœur, Abel Quentin, éd. L’Observatoire

Extérieur monde, Olivier Rolin, éd. Gallimard

Le cœur battant du monde, Sébastien Spitzer, éd. Albin Michel

Les choses humaines, Karine Tuil, éd. Gallimard

Le stade du RUC de Casablanca accueille la 19e édition du Festival L’Boulevard. Au programme, un tremplin pour assurer une longue vie à des talents naissants et une pluie d’artistes aussi talentueux que nécessaires. Détails.

Concerts live, compétition Tremplin, cirque, danse, ateliers, formation, souk associatif, urbain et musical, expositions photo... tel est le quotidien du festival L’Boulevard, le festival le plus underground et le plus proche de la jeunesse marocaine du calendrier culturel. Des artistes du monde entier, du Bénin au Sénégal en passant par la Mauritanie, l’Algérie, l’Égypte, le Liban, la Grèce, les Pays-Bas, le Brésil, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Espagne ou encore l’Indonésie pour ne citer qu’eux.

«En 19 éditions, notre volonté est restée la même: faire éclore des talents et leur mettre le pied à l’étrier. Cette année, 19 groupes, toutes catégories confondues, ont été sélectionnés pour la compétition Tremplin. On n’a même pas fait exprès. Et en 19 éditions, notre rôle est resté le même, passionnant et changeant: comprendre et être à la hauteur de notre public, libre, particulier et exigeant», précise l’équipe du festival dans un communiqué de presse annonçant l’événement.

Cette année, il s’agit de danser sur le Dub Rock balkanique de Dubioza Kolektiv (Bosnie-Herzégovine), de questionner les notions d’identité(s) africaine(s) à travers les chants sérères et gnawa d’Ubuntu Roads (Sénégal/Mauritanie/Mali) et de s’émouvoir avec Love & Revenge devant des extraits de mélos égyptiens mixés à de vieilles chansons légendaires (Liban/France). Il y aura aussi des death metalleuses libanaises, de l’électro américano-indonésien venu d’Espagne, du Metal ethnique expérimental algérien, de la World Music égyptienne, du Punk Rap mandolin franco-grec. Un programme aussi diversifié qu’inspirant. «L’Boulevard, ce sont tous ces artistes qui nous donnent des nouvelles du monde à travers leurs musiques, et tout ce monde qui vient les applaudir et les écouter. C’est la volonté profonde de se mélanger, de ne pas se mettre à l’écart et de n’écarter personne, de rester hors norme tout en étant ouvert et inclusif».

Talents de demain
Comme à l’accoutumée, l’Boulevard mise sur la relève. Le festival qui a révélé les artistes les plus importants de la scène marocaine comme Hoba Hoba Spirit, H-Kayne, Fnaïre ou encore L’Bigg, continue sa quête de talents. «Cette épreuve accueille plusieurs groupes et artistes, préalablement sélectionnés par un jury composé de musiciens reconnus et de professionnels de la musique, qui ont écouté toutes les maquettes reçues par le comité d’organisation du festival, et étudié les candidatures reçues dans les catégories Rap/Hip Hop, Rock/Metal et Fusion/World pour en tirer la sève: créativité, qualité, originalité», précise l’équipe du festival. L’appel à candidature du Tremplin permet chaque année de prendre le pouls de la jeune scène musicale et d’avoir une photographie d’ensemble de ce qui s’y prépare. Pour cette édition, par exemple, le comité a reçu un total de 217 dossiers, dont 191 respectaient les critères de sélection requis pour la compétition, répartis comme suit: 156 candidatures en Rap/Hip Hop, 14 en Rock/Metal et 21 en Fusion. Le choix final du jury s’est porté sur 8 groupes dans la première catégorie, 6 dans la deuxième et 5 dans la troisième. Trois jours durant, les musiciens en herbe retenus donneront le meilleur d’eux-mêmes sur la grande scène du RUC, face à un public qui ne les connaît pas encore et à un jury qui primera deux groupes ou artistes par catégorie, les aidant ainsi à passer d’une pratique amateure à une réelle professionnalisation de leur musique. Cette année, les 19 groupes sélectionnés viennent de 19 villes différentes du Maroc. Une édition qui promet des temps forts en musique et en découvertes.

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