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21-05-2019 13:42

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Et la Palme d’or est attribuée à…

Vendredi soir à Cannes, l’heure était aux pronostics. Après avoir dévoilé les deux derniers films en compétition : Sybil de Justine Triet et Must Be Heaven de Elia Suleiman, le jury présidé par Alejandro González Iñárritu rend son verdict ce samedi. Zoom sur une édition riche et puissante.

Après 12 jours de films, de compétition, de rencontre, de projections en tout genre, de tapis rouge, l’heure est au pronostic depuis hier vendredi. Qui remportera la Palme d’or cette année ? Un choix cornélien vu la qualité de la sélection. Après une ouverture qui n’a pas convaincu avec un Jarmush et ses Zombies dans « The Dead don’t die », les films se sont enchaînés sans se ressembler. Et pourtant. Cette année, plusieurs cinéastes ont misé sur la mise en abîme, le cinéma dans le cinéma : Matthias et Maxime de Xavier Dolan voient leur amitié troublée par un baiser de cinéma, Banderas joue Almodovar dans Dolor Y Gloria, Sybil de Justine Triet entre dans les coulisses d’un tournage , Elia Suleiman joue Elia Suleiman, Tarantino filme le Hollywood de son enfance. Un sujet qui semble préoccuper nombreux cinéastes cette année sauf Abdelatif Kechiche qui semble préoccuper par les bonheurs et les malheurs adolescents, avec la deuxième partie de son « Mektoub My Love » jugé trop choquant et voyeuriste.  A 79 ans et depuis son 27e long-métrage, l'Italien Marco Bellochio surprend avec un film de genre sur la mafia bein ficelé et bien mené quand le  Coréen Bong Joon-ho revient aux sources avec « Parasite », une œuvre magistrale qui suit une famille de pauvre se faire une place chez une famille de riche. Le film de Céline Sciama n’est pas passé inaperçu. Dans « Portrait d’une jeune fille en feu », elle dépeint une magnifique histoire d’amour entre une peintre et son modèle. Côté premiers films, le fiévreux « Les Misérables » de Ladj Li et la passionné « Atlantique » de Mati Diop ont raisonné comme des coups de poings dans cette compétition. Les bons sentiments et les personnages écorchés vifs de Ken Loach dans « Sorry we missed you » ont ému la croisette et Terrence Malick a signé un joli retour avec « Une vie Caché » porté par deux comédiens magnifiques.  En somme, le jury aura la lourde tâche de départager toutes ces belles propositions et ces univers. La rédaction des ECO, quant à elle, a fait son choix :

 

- Palme d'or : Dolor y Gloria , Almodovar

- Grand Prix : entre Once Upon a time in Hollywood (Tarantino ) , Parasite ( Boon Jon-Ho) et Matthias et Maxime (Dolan) 

-Prix du jury : Must be heaven d' Elia Suleiman

- Meilleur scénario : Le Traître de Marco Bellocchio

- Prix de la mise en scène : les Misérables de Ladj Li

- Meilleure actrice : Adèle Haenel & Noemîe Merlant dans le Potrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

- Meilleur acteur : Xavier Dolan dans Matthias et Maxime ou Antonio Banderas dans Dolor y Gloria (si ce n'est pas la Palme d'or )

- Caméra d' or : Atlantique de Mati Diop

 

Pour son huitième film, le prodige canadien livre un de ses meilleurs crus. Un film d’apparence simple qui pose des questions profondes à l’aube de ses 30 ans. «Matthias et Maxime» en compétition à Cannes a toutes les chances de remporter une Palme d’or...Détails.

«Est-ce que l’amitié est amour ?» peut être la question de ce film en compétition à Cannes. Une fresque aussi humaine que profonde sur l’amitié, l’amour, les questionnements. Ce n’est pas forcément à l’adolescence que les choix se font, que les orientations sexuelles se mettent en place. C’est ce que Xavier Dolan explique avec "Matthias et Maxime", deux amis de longue date, qui à cause d’un baiser de cinéma, vont se poser des questions. Lors d’un week-end à la campagne avec une bande d’amis vitaminée, les deux protagonistes se voient proposer un rôle dans le court-métrage de la petite sœur d’un des amis du groupe. Si Matthias, campé par le brillant réalisateur, accepte tout de suite, Maxime, joué par l’humoriste, Gabriel d'Almeida Freitas, est plus réticent. Ce sera d’ailleurs à l’issue d’un pari perdu que ce dernier se verra jouer dans le film. À partir de là, tout bouscule comme une certaine chanson de Céline Dion où les deux amis semblent murmurer inconsciemment : «Il est si près de moi pourtant je ne sais pas comment l'aimer». Un baiser de cinéma, le court-métrage à tourner est une scène de baiser qui va tout changer pour les deux amis. En effet, le réalisateur ne la montrera jamais, il coupe au moment du rapprochement puisque ce qui l’intéresse c’est l'«après». Comment ce baiser va affecter des vies ? Quand Maxime mène une vie rangée avec la femme de sa vie et un boulot gratifiant qui lui offre une promotion, Matthias décide d’aller vivre en Australie pendant deux ans. Le film se situe d’ailleurs à quelques semaines du départ de Matthias. Un tourbillon de sentiments brillamment orchestré par un Xavier Dolan qui montre un retour aux sources pour mieux grandir, mieux évoluer. «Ce film-là, sans être un amalgame de tous les autres était une occasion pour moi d’essayer autre chose, d’essayer d’explorer une autre part de moi-même. Dans les choix artistiques, c’est important de naviguer dans certaines zones», confie le réalisateur canadien en conférence de presse.

«On voulait faire un film plus pastel, visuellement plus neutre, plus doux, moins criard. J’avais envie, après 10 ans, de faire un film sur l’amitié. Il est transitoire. Il permet de boucler un chapitre de ma vie en jouant dans le film, en me propulsant dans ma trentaine, c'est-à-dire jouer. Réaliser moins, à un rythme plus sain aussi». Un film qui révèle certains changements dans la vie artistique de Xavier Dolan. Histoire d’amour avec Cannes est l’histoire d’amour ou d’amitié de Xavier Dolan. Après avoir raflé la Palme d’or pour «Juste la fin du monde» en 2016 et le Prix du jury pour «Mummy» en 2014. Pour ce film plus personnel où l’acteur se dévoile, il y a la présence de la mère, les disputes dans la cuisine, on parle fort, on rit fort, on aime fort. Trop même ou pas assez. «Cannes, c’est pour moi toutes sortes de sentiments : victoires, déceptions, rejets, des triomphes, des rencontres. Ça a été riche émotionnellement, intellectuellement. On fait toujours de nouvelles erreurs. On essaye de ne pas les répéter. On en fait d’autres», confie Xavier Dolan qui s’entoure de ses amis dans la vie pour tourner ce film sur l’amitié. Un film écrit pour les amis et non improvisé. On se vanne à la vitesse d’un match de ping-pong, on se charrie, mais on s’aime comme ça. «Pendant le tournage, on essayait de ne pas penser à Cannes parce que l’on savait que ça pouvait être possible, mais on ne voulait pas y penser avant que ce ne soit officiel. C’est tellement une chance de vivre cette montée des marches légendaires entre amis. Devant tous ces photographes, ces caméras, on se réfugie dans les yeux de ses amis parce que c’est là où on est le mieux, au fond. Ce qui est simple et beau, ce sont les amis», confie Pierre Luc Funk qui joue le rôle de Rivette. «L'art et le cinéma ont ce pouvoir de sauver des vies tellement on aime ça. Cela nous a suivi toute notre enfance, notre adolescence et de vivre cette expérience ensemble à l’âge adulte grâce à Xavier, est une chance», continue le Marocain Adib Alkhalidey qui joue Sharif, un des potes de la bande. Un film sincère, profond, beau et bouleversant sur l’amitié avant tout. D’une esthétique qui frôle le parfait, Xavier Dolan propose des plans qu’ils semblent sortir de son imaginaire, il filme ses acteurs avec douceur et grâce. Un film où les «copains d’abord» sont attachants où la vie rime avec amis, où l’amour est partout.


Nicolas Bedos.
Cinéaste, comédien, écrivain

Avec «La belle époque», Nicolas Bedos signe un film d’une humanité rare. Rencontre avec une plume du cinéma français.

D’où vient cette nostalgie d’un passé que vous n’avez jamais connu ?
Je m’inspire beaucoup de mes proches, de ma famille, de moi. Je ne fais pas un cinéma autobiographique, je fais un cinéma condensé d’autobiographies multiples et variées. Ce n’est pas forcément mon père ou mon meilleur ami mais je me balade partout. Et cela fait longtemps maintenant que je sens un vertige générationnel. Un petit vertige qui concerne aussi bien ma génération que celle de mes parents. Ça va vite ! On est plutôt des progressistes pourtant. Je vois des gens qui était enclin au progrès, se retrouver dans des discours de vieux cons. Je suis entouré de littéraires qui sont effrayés de la disparition progressive du format papier. J’ai des goûts artistiques musicaux qui renvoient aux années 50, 60, 70. Même 80. Je suis un tout petit parfois étranger à mon époque. J’aurai eu la nostalgie des années 60 si je les avais vécues. Peut-être pas des années 40 parce que ce n’était pas gai ! (Rires). Les années 30 où il y eu le surréalisme, le jazz, les Américains à Paris…

Plus qu’une époque, c’est l’histoire d’une année de rencontres où revivre les moments heureux…
Oui. C’est un homme qui voulait retrouver une époque flatteuse pour lui. Il était plus beau, plus jeune où la femme qui l’aime l’aimait davantage ou du moins a-t-il ce sentiment. Je suis littéralement obnubilé par la peur pathologique du désamour. Ça me fait peur. J’ai peur de désaimer, ça m’est arrivé. Et d’être désaimé. Ça m’est arrivé aussi ! De cette désintégration du souvenir, des sentiments, dans certains couples. C’est assez classique mais moi j’en ai fait une obsession qui se balade dans ces deux films. C’est vrai. Les premiers moments, les premiers amours. Je tends parfois à vouloir les retrouver. Et ça me rend très fatiguant d’ailleurs. Quand j’aime, j’aime pour toujours.

Quels sont vos rapports avec Guillaume Canet sur un tournage ?
C’est un peu moi et c’est un peu lui. Il s’est inspiré de moi mais il y a mis du sien. On n’a pas le même rapport avec notre équipe. On a des défauts qui ne sont pas les mêmes. L’impatience par exemple. Je le sais parce qu’on partage la même script. En plus il y a ce rapport avec l’actrice, joué par Doria Tellier, qui est mon ex-compagne. Cela crée une mise en abyme assez tordue qui n’est pas pour me déplaire.

Pourquoi avoir choisi de ne pas jouer dans ce film ?
Je trouvais que le scénario était autofictionnel, que je craignais que cela fasse un peu pléonasme. Un peu mégalo même. Jouer le metteur en scène dans mon film que je mets en scène, c’est un peu trop. Je n’ai rien contre l’ambition et je ne suis pas obnubilé par le regard des autres mais mes producteurs m’ont dit : dangereux ! Et vous savez, en France, on reconnaît la légitimité d’un travail que lorsque les gens se concentrent sur une seule étiquette. Une fonction. Je ne voulais pas qu’il y ait de malentendu sur ma passion de la mise en scène. C’était une façon de dire : voilà je me concentre, je m’efface. Cela m’a permis d’être plus proche de mon équipe technique puisque, sur le film précédent, j’étais pris par autre chose. Je donnais des instructions très vite. Là, j’étais complètement avec eux.

Est-ce que c’est plus facile ou plus difficile de jouer avec des gens qu’on connaît ?
Les deux. Avec Guillaume, je pense que l’on s’est beaucoup amusés tous les deux, lui en jouant, moi en écrivant, à ironiser sur nos éclats de voix. Je ne vais pas rentrer dans la tête de mes acteurs, je pense que Guillaume a dû vivre des choses rock’n’roll sur plateau avec Marion sans faire de jeu de mot ! Je n’ai jamais parlé à Doria comme ça sur un plateau. Je ne hurle pas sur les acteurs. C’est une hyperbole de ce qui s’est passé. Dans le film, c’est une métaphore. C’était important pour moi de m’excuser de beaucoup de choses. Comme cette scène dans la baignoire où elle lui reproche de ne jamais être satisfait. Quand on connaît très bien quelqu’un, on est dans une insatisfaction supérieure à celle d’un réalisateur qui la découvrirait. Quand on partage des moments de vie et qu’en plus on travaille ensemble, on voudrait revoir reproduire ce sourire que l’on connaît par coeur. C’est très bien de jouer avec des comédiens que l’on connaît, on les pousse dans leurs retranchements, on connaît l’étendue de leur talent et en même temps, c’est très dur pour eux parce qu’on est plus exigeants.

Le choix des acteurs était une évidence ?
Oui, pour quelques-uns. Doria et Fanny, à l’écriture. J’ai écrit les rôles pour elles. Je voulais vraiment faire un film avec Fanny Ardant. Guillaume Canet et Daniel Auteuil, c’est venu très vite aussi. Je suis très sensible au fait qu’on m’aime bien et qu’on ait envie de travailler avec moi. Je trouve que cela fait gagner un temps fou sur un plateau. Un acteur qui a de l’estime pour un réalisateur ne va pas remettre en question tous ses conseils, toutes les directions qu’il va prendre. Parce qu’il les a souhaités. À la sortie de «M. et Mme Adelman», Guillaume a manifesté l’envie de travailler avec moi. Et comme il est excellent. Cela m’a paru très vite logique. Et Auteuil, c’était lui également. Pour plusieurs raisons : mélancolie, possibilité de drôlerie. Il a une fragilité et une douceur, qui a cette jeunesse retrouvée. Il l’a vécue intensément sur le plateau. Tout le monde s’est reconnu dans le film, tout le monde s’en est emparé. Fanny a été totalement dépassée par la scène finale, elle y a mis beaucoup d’elle, de souvenirs, de douleur personnelle. Pour quelqu’un qui aime que la vie se mélange à l’art, ce projet est magnifique pour moi !


Nadine Labaki.
Réalisatrice libanaise

La réalisatrice libanaise, qui a fait voyager son «Capharnaüm» à travers le monde, préside le jury de la compétition «Un certain regard » de la 72e édition du Festival de Cannes. Moment intimiste avec Nadine Labaki, au cinéma viscéral.

Dans «Capharnaüm», Prix du Jury de Cannes en 2018, elle bouleverse le monde en racontant l’histoire des enfants des rues au Liban. Une fresque sociale qui arracherait des larmes aux moins sensibles. Dans une rencontre Women In Motion au Majestic Hotel de Cannes, Nadine Labaki se livre en toute liberté sur sa carrière, sa vision du cinéma. «Le fait de vivre dans un pays en guerre où le peuple a touché le fond, où on a vu l’horreur, participe à notre façon de créer viscérale, je pense. Je suis persuadée que l’art est un des moyens les plus sûrs de faire voyager notre façon de penser, changer les choses et faire évoluer les mentalités», confie la réalisatrice de Caramel, qui traite avec audace et liberté des sujets de femmes. Pour elle, un film est une mission. Il a le pouvoir de bouleverser. «J’ai beaucoup de films qui ont eu ce pouvoir de changer des choses en moi», confie la réalisatrice qui cite le petit bijou de Bahman Ghobadi «Les tortues volent aussi» comme un film qui a changé sa vision des choses. «Un film est une responsabilité! Il se doit d’avoir un impact sur la société dans laquelle on vit. C’est probablement parce que je viens d’un pays où tout doit être repensé. En même temps, le monde doit être repensé. Faire un film est une responsabilité et non un choix». Pour son dernier opus, elle a eu cette responsabilité de parler du calvaire des enfants de la rue avec une belle justesse et beaucoup d’humanité. «Ces enfants sont les adultes de demain. Ils n’ont plus d’innocence, ils ne s’émerveillent pas devant des jouets, ils n’ont rien. Ils sont déjà en colère. On parle d’enfants qui ne savent pas quand ils sont nés, qui sont violés tous les jours, qui n’ont pas entendu de mots doux de leur vie. Ils ne ressentent plus rien. Leur regard est vide. Quels adultes deviendront-ils?», demande Nadine Labaki, qui attendait un enfant lors de la préparation du film, ce qui l’a aidée à mieux comprendre, à être plus attentive, à penser comme une mère avant tout. «La source du mal vient d’enfants mal-aimés». Après des années de recherches intensives, de nombreuses rencontres avec ces enfants, elle crée son film à la maison, avec les moyens du bord. «Le film était petit au départ, on a tout fait à la maison. On était une famille et le fait qu’il soit aujourd’hui regardé dans le monde, qu’il ait été nominé aux Oscars, aux Golden Globes est presque incroyable», confie la réalisatrice, émue. En effet, en ce moment même, le film fait un tabac en Chine après avoir séduit Oprah Winfrey et de nombreuses stars d’Hollywood.

Une carrière à Hollywood
Après cette belle année, Nadine Labaki signe avec une agence américaine et se voit proposer des scénarios à réaliser. «J’en suis honorée mais je ne me suis pas encore plongée dedans. Je suis encore dans l’«après-Capharnaüm»» précise la réalisatrice libanaise qui n’est pas sûre de vouloir se lancer sur cette voie. Pour elle, un film est un besoin, elle doit s’y identifier. Un film est personnel. En dirigeant le film d’un autre -même si c’est Hollywood- elle a peur de s’égarer. «Un film est viscéral. Je raconte une histoire personnelle ou qui me touche. J’aurai du mal à choisir un projet hollywoodien juste parce que c’est Hollywood». La réalisatrice est même approchée par les plus grandes stars américaines et du monde. Tout le monde veut travailler avec elle. «On me pose souvent cette question: «Quelle star mondiale rêverais tu de diriger?» Je ne sais que répondre à cela. Ce n’est pas un rêve. J’admire ces gens, mais je n’ai pas ce genre d’ambition. Je fais un film pour une raison précise, pas pour diriger des stars», continue Nadine Labaki qui se voit bien humaniser un film comme «Wonder Woman». «Je n’y ai pas réfl échi, mais je la rendrai sûrement plus humaine. J’adorerai adapter un film comme cela si on m’en donnait l’occasion, mais si on me donne toute la liberté d’en faire quelque chose de personnel! Chaque femme est une Wonder Woman».

L'Organisation Maroc Afrique-culture et développement (OMA) et le ministère de la Culture et de la Communication organisent, le 25 mai à Rabat, une cérémonie à l'occasion de la Journée mondiale de l'Afrique. Dans un communiqué, le département de la Culture du ministère relève que la célébration de cette journée, commémorée le 25 mai de chaque année, vise à renforcer la relation entre les peuples africains à travers l'art et la culture et à mettre en avant les talents africains qui incarnent le métissage culturel et artistique "Afro Saharien", incarné par la vision stratégique du Roi Mohammed VI.

Le programme de la cérémonie comprend des expositions d'art plastique avec la participation de plusieurs artistes marocaines qui présenteront leurs œuvres célébrant le continent africain, ajoute-t-on, faisant savoir que la cérémonie sera également marquée par la participation de plusieurs artistes marocains et subsahariens dont les travaux artistiques, qui reflètent les différentes dimensions de la culture et la musique afro-sahraouie et gnawa, seront présentés. Cette cérémonie connaîtra également la participation de nombre de chorales marocaines, de l'artiste congolais Eric Nice et de l'artiste sahraouie Batoul Marouani, outre l'organisation de concerts animés par les groupes sénégalais d'Alioune Konate, les fils gnawa de Tanger et les Over boys. L'événement sera également l'occasion de présenter des travaux musicaux communs d'artistes marocains et africains, selon la même source.

Créée en 2011, l'OMA vise à renforcer les relations culturelles et la coopération entre les pays du continent et ce, à travers le développement de partenariats entre le Maroc et l'Afrique subsaharienne.

La saison finale de la série événement Game of Thrones s’avère être une grosse déception pour les fans, l’épisode 5, diffusé dimanche, semble avoir porté le coup de grâce au club des fans mécontents de l’orientation donnée à la série. Tout comme  l’épisode 3, avec sa fameuse bataille de Winterfell avait suscité de vives critiques. Une opération militaire catastrophique, un dénouement improbable, sans compter un décor de nuit carrément opaque, selon de nombreux téléspectateurs.  

Une pétition a été lancée sur la plateforme Change, demandant à la chaîne HBO de tout simplement retourner la série, mais cette fois avec "des auteurs compétents" !

" David Benioff et D.B. Weiss se sont révélés être des scénaristes terriblement incompétents quand ils n'ont pas de matière de base (les romans) sur laquelle s'appuyer. La série mérite une dernière saison qui ait du sens", explique l'auteur de la pétition, déjà signée par plus de 800 000 personnes ! 

 

 

Le baiser qui a fait jazzer les réseaux sociaux est celui échangé entre les deux actrices principales du film marocain « Adam » de Maryam Touzani : Lubna Azebal et Nissrin Erradi. Les actrices sont sur le tapis rouge, l’émotion est forte, les photographes n’ont de yeux que pour elles.  Photocall oblige, les poses sont les bienvenues et, soudain, Lubna Azebal Nissrin Erradi. Surprise, cette dernière s’exécute. « C’était d’une belle spontanéité. Loubna est comme cela. Elle vit le moment présent et justement, à ce moment là,s elle avait envie de m’embrasser pour sceller cette amitié et cette admiration entre nous », confie Nissrin Erradi qui joue Samia, une mère célibataire, dans le film marocain en compétition à Un Certain Regard.

Lubna Azebal, quant à elle, s’excuse auprès des fans de l’actrice marocaine et auprès du peuple marocain en ce « mois de Ramadan. « C’était un baiser naif, un baiser entre sœurs de cœur. Je ne voulais pas choquer, je n’ai pas réfléchi », commente celle qui a campé le rôle de Warda, une veuve qui recueille de la rue Samia, enceinte jusqu’au cou.

Ni coming out donc, ni provocation, expliquent les deux artistes qui font le buzz depuis hier. 

Le succès monumental de Bohemian Rhapsody fait du biopic un genre particulièrement à la mode, on va surement voir ces prochaines années l’émergence de différents projets du genre. Ce mois de mai connait donc la sortie de celui sur le père de la fantasy moderne, l’auteur du Hobbit et du Seigneur des anneaux, il s’agit de Tolkien, réalisé par le finlandais Dome Karukoski avec Nicolas Hoult dans le rôle-titre.

Tolkien, apparemment premier volet d’une suite de films, revient  principalement sur la jeunesse de JRR Tolkien, suivant tous les codes d’une biographie portée à l’écran, mais les héritiers de Tolkienayant refusé de contribuer au film, et  par manque d’éléments biographiques, on entre rapidement dans du « remplissage » par des éléments de fiction purs et simple qui durent tout au long du film.

On suit donc la jeunesse du futur écrivain, orphelin de père, puis de mère, pris en charge par une riche anglaise,  et qui  tente de trouver sa place dans une société avec laquelle, de par son introversion, profondément en décalage. Le film revient sur sa rencontre avec trois amis de lycée avec lesquels il fonde une société secrète, mais également son lien avec Edith Bratt, qui deviendra sa femme, avec des flash-back  permanents sur son expérience dans les tranchées lors de la première guerre mondiale.

 

Dome Karukoski essaie, sans grande subtilité, de lier les différents épisodes de la jeunesse de Tolkien à des éléments de son œuvre, en effet, les fans de l’univers de la Terre du Milieu reconnaîtront dans la société secrète du boys club, que  Tolkien fonde avec ses amis le groupe de hobbits de la Communauté de l’Anneau, sa relation avec Edith rappelle dans plusieurs aspects le couple Aragorn/Arwen  dans Le Seigneur des anneaux, le professeur de philologie Joseph Wright est une figure de Gandalf… J.R.R. Tolkien  a en effet participé à la bataille de la Somme, mais son implication a été exagérée dans le film dans le but de faire le rapport avec les batailles épiques de son œuvre.

Cela fait que beaucoup d’éléments importants restent tout de même flous, comme la manière dont lui est venue l’idée du Seigneur des anneaux, ou encore sa passion pour les langues, traités de manière assez superficielle ; alors que Tolkien était avant tout un linguiste. La réalisation est bien faite, notamment les scènes qui se déroulent pendant la guerre, mais elle se heurte à un contenu dispensable : les fans inconditionnels de Tolkien n’y trouveront pas leur compte, si ce n’est une biographie très romancée, voire « fantaisiste » et les néophytes ne saisiront pas les références qui « sauvent » un peu le film. Tolkien n’est pas un mauvais film, mais il ne sera sans doute pas une référence sur le père de la fantasy moderne.

 

 

 

Le dernier opus de Quentin Tarantino présenté à la Croisette, mardi soir, est très attendu. Celui qui fête les 25 ans de sa Palme d’or avec Pulp Fiction, dévoile "Once Upon a Time in …Hollywood », un rêve éveillé sur le cinéma américain d’antan porté par deux acteurs fantastiques : Leonardo DiCaprio et Brad Pitt.

L’esthétique et l’humour du génie Tarantino a encore frappé. Avec Once Upon a Time in…Hollywood , il plonge dans le Hollywood de 1969 où une star de cinéma campé brillament par Leonardo DiCaprio et sa doublure, vivent de près ou de loin (on ne le sait pas au début du film) le meurtre de l’actrice Sharon Tate par la secte de Charles Manson.

Un film rythmé et au style incroyable porté par des acteurs incroyables. Leonardo DiCaprio livre une prestation époustouflante. Écorché vif, il joue l’acteur de western has been qui se voit proposer des rôles loin de ses succès d’antan. A la vie comme sur un plateau de tournage, Rick Dalton ne vit que pour le cinéma. Dirigé par un Tarantino explosif, Leonardo DiCaprio est bluffant en cow-boy émotif qui s’essaye à autre chose. Face à lui, un Brad Pitt tout en retenu , qui manquait au cinéma. Le duo est brillant, et de toute beauté. Surtout lorsque l’on nous sert des petites surprises tout au long du film comme AL Pacino ou encore Luke Perry décédé récemment. Margot Robie est d’une grâce rare dans le rôle de l’ex femme de Roman Planski.

Avant la projection dédiée à la presse, le réalisateur demande à ne pas spoiler l’histoire. "J'aime le cinéma. Vous aimez le cinéma. C'est le voyage que l'on fait en découvrant une histoire pour la première fois. Je suis ravi d'être à Cannes pour partager Once Upon a Time... In Hollywood avec le public du festival. Les acteurs et l’équipe ont travaillé très dur pour créer quelque chose d’original, et je demande simplement que tout le monde évite de révéler quoi que ce soit qui priverait les futurs spectateurs de vivre la même expérience en découvrant le film. Merci », confie –t-il.

L’on comprend mieux à la fin du film lorsque l’on se rend compte que non seulement, Tarantino est un génie de l’image et de la mise en scène, mais il est surtout un sacré conteur d’histoire. Sortie en août. 

La ville de Meknès abritera du 14 au 21 juin prochain la première édition du Festival international du film arabe (Fifam). 

‘’Le Fifam sera fondé sur le concept d’ouverture sur les productions cinématographiques arabes de qualité, dans toutes les formes de créativité cinématographique, tant au niveau du scénario, que des personnages, de l’image et de la réalisation, loin de tout esprit commercial’’, indique l’acteur et réalisateur Driss Roukhe, qui est aussi directeur du festival.

Au programme de cette première édition : des projections, des hommages, des ateliers, des master-classes, des conférences-discussions, mais surtout des cérémonies de remises de prix. Ainsi, cinq prix seront attribués : Le prix du meilleur acteur, de la meilleure actrice, de la meilleure réalisation, du meilleur scénario et du meilleur long métrage.

Le festival accueillera 15 pays arabes cette année, avec à l’honneur le cinéma égyptien : ce mythique cinéma qui a longtemps dominé les écrans du monde arabe tant par la qualité que par la quantité de sa production.

Visant à créer un débat ‘’pointu et sérieux’’ sur le cinéma et sur l’importance de la culture en général tout en mettant en lumière des questions socioculturelles propres au citoyen arabe, ce nouveau rendez-vous cinématographique est à l'initiative de l’association Meknès Azzaytoune Alkobra, une organisation qui contribue à ancrer une culture cinématographique dans la région en encourageant des événements artistiques et culturels.

Avec «Douleur et gloire», Pedro Almodovar signe le film le plus personnel de sa filmographie. Gracieux et subtil, le 21e film du génie espagnol lui permettra peut-être de décrocher sa première Palme d’or, samedi 25 mai.

À la fin de la projection, la standing ovation dure plusieurs minutes mais la projection presse du lendemain matin est plus mitigée. Est-ce le meilleur film d’Almodovar ou le moins réussi ? Il faut dire que cette fluidité de la mise en scène et la simplicité du récit laissent perplexe. Comment un réalisateur aussi talentueux pourrait-il se contenter de nous livrer un film aussi…banal ? Mais ce n’est pas vrai. Il faut lire entre les lignes et se laisser porter par cette leçon de cinéma. Dans «Douleur et gloire», Almodovar livre un film sans fioriture où son personnage principal, Salvador Salva campé par l’excellent Antonio Banderas est en panne d’inspiration. Un passage à vide créatif qui s’accompagne d’une dépression et de douleurs multiples au corps. Quand la cinémathèque décide de repasser son premier chef-d’oeuvre, le réalisateur renoue avec son acteur fétiche à qui il n’a pas parlé depuis 30 ans. Quand le passé resurgit de plein fouet, l’enfance du réalisateur laisse transparaître de nombreuses choses sur son état mental et physique.

Un film personnel
Almodovar se dévoile comme rarement dans ce film. Si ces chef-d’oeuvres sont souvent personnels, celui-ci est presque autobiographique même s’il révèle que «oui et non» le film est autobiographique. Le réalisateur de «Tout sur ma mère», «Volver», «Étreintes brisées», «La Piel que habito» raconte la pauvreté, les premiers désirs, les peurs, les doutes, les amours brisés. «J’avais besoin de porter un regard très introspectif, y compris sur la partie la plus sombre de moi-même et de mélanger ça avec les souvenirs les plus lumineux de mon enfance», confie le réalisateur en conférence de presse. Entre le présent et le passé, l’on découvre un réalisateur qui met en scène sa vie tout en y perdant le contrôle. En reprenant contact avec son acteur fétiche, il s’essaie à la drogue pour comprendre l’addiction. Fiction ou réalité ? Almodovar brouille les pistes avec brio avec une mise en scène magistrale, une photographie brillante, des acteurs surdoués. Banderas en Almodovar tout en retenue est à couper le souffle, Asier Etxeandia en Banderas puisque l’on suppose que cette amitié houleuse entre les deux personnages fait référence à la relation entre Banderas et Almodovar. Ce qui donne une dimension encore plus émotionnelle au film. Asier Etxeandia est tout simplement bluffant et charismatique et n’est jamais happé par la grande prestation d’Antonio Banderas. En parallèle à ce quotidien dans la douleur et la gloire ou dans la douleur de la gloire, les flashbacks toujours très justes de l’enfance de Salva nous plongent dans une belle mélancolie. Penelope Cruz qui joue la mère du personnage principale jeune est d’une belle justesse, égale à elle-même en muse invétérée d’Almodovar. Un exercice de style qui donne une incroyable fluidité au récit d’un réalisateur qui a le don de conter les histoires.

Douleur et amour
Migraines, lombalgies, acouphène, dépression, addiction, entre autres, sont les maux dont souffrent Salva qui est obligé de poser un coussin sur le sol avant d’y poser un genou. «Il y a du réel et de la fiction, rassurez- vous, Antonio et moi, nous ne souffrons pas autant. Il ne faut pas faire une lecture latérale du film», rassure le réalisateur espagnol ému de l’accueil du film à Cannes qu’il considère comme son festival porte bonheur. «Je me sens franco-espagnol tant la Franca m’a apporté son lot de bonheur», continue le réalisateur reconnaissant dont les seules addictions dans la vie sont : dormir 8h et faire des films. Ces acteurs, émus, sont ravis de travailler avec lui. Antonio Banderas versera quelques larmes en conférence de presse, conscient que son acolyte et ami de longue date, vient de lui offrir le rôle de sa vie. «Les addictions changent dans la vie. Après avoir eu des problèmes de coeur, j’ai décidé de me recentrer dans la vie. Je pense que le film m’a aidé. Pedro a trouvé que quelque chose avait changé en moi. J’ai utilisé cela pour le film», confie l’acteur qui repartira sûrement avec un prix d’interprétation si le film ne rafle pas la Palme d’or ou un autre prix. Plus que l’addiction et la gloire, le film parle subtilement du pouvoir de réconciliation, le besoin de boucler les boucles de la vie. Fermer les parenthèses. Un film de toute beauté.

L’Institut français du Maroc propose d’organiser le Festival International d’Improvisation du Maroc, à Kénitra le 17 mai et à Casablanca le 18 mai. Une rencontre qui réunira 4 équipes d’improvisation : Paris, Angers, Chambéry et Rabat.

Le Festival International d’Improvisation du Maroc fait sa tournée ! Après avoir séduit Rabat ce 16 mai, il embarque à Kénitra et Casablanca les 17 et 18 mai. La Compagnie d’improvisation Rbatia (CIR), ligue professionnelle d’improvisation théâtrale du Maroc est née en 2016 de la volonté commune d’un groupe de férus d’improvisation théâtrale organisé en troupe active, sérieuse et ouverte. Son objectif est de promouvoir cette discipline au Maroc. Depuis deux saisons, outre l’animation de cours d’improvisation hebdomadaires ouverts au public, des interventions artistiques et du coaching auprès des entreprises, des associations et des écoles supérieures, la CIR a présenté plusieurs spectacles d’improvisation à son public au Maroc et à l’étranger (au moins un par mois). Aujourd’hui, la CIR est à sa troisième saison culturelle 2018/2019 et organisera au Maroc vers la fin de cette saison culturelle un tournoi international d’improvisation théâtrale. La troupe se compose de 7 comédiens : Adil Lfal, Nezha Alaoui, Ahmed El Falah, Maha Mahfoudi, Mokhtar Chemaou, Pauline Grégoire et Rime Ait El Haj. Improvisateur né, ce jouteur a suivi une formation de 3 ans en théâtre avant de se convertir au théâtre d’improvisation. Après une année de formation intensive et plusieurs stages et masterclass, il a co-fondé la Compagnie d’improvisation Rbatia avec quelques acolytes. Il revêt depuis les casquettes de jouteur, coach et arbitre au gré des spectacles.

En parallèle, Adil Lfal est entrepreneur dans le monde du textile depuis 2011. Après 5 ans de formation théâtrale, Ahmed El Falah a suivi pendant une année une formation intensive en improvisation théâtrale. Il a ensuite cofondé la Compagnie d’improvisation Rbatia en tant que jouteur, coach et arbitre. Il a notamment reçu plusieurs fois l’étoile de meilleur joueur à l’international. Ahmed est auto-entrepreneur dans le monde de la communication. Issue du théâtre classique, Rim Ait El Haj a derrière elle une dizaine d’années de formation en la matière et compte à son actif plusieurs dizaines de représentations théâtrales dans des registres différents. Elle s’épanouit désormais aussi en tant que jouteuse et nous fait voyager dans ses univers variés allant du contemporain au classique et du potache au dramatique sans limiter les nuances du possible.

Dans son autre vie active, Rime, ex-journaliste, travaille dans la régulation audiovisuelle. Comédien prometteur, Mokhtar Chemaou s’est lancé corps et âme dans l’improvisation théâtrale il y a de cela deux années. Depuis, il enchaîne les spectacles, matchs et tournées. Sa générosité sur scène en fait un élément clé de la construction, que ce soit en service ou en lead. Mokhtar est par ailleurs ingénieur de formation chargé de projets de développement dans le secteur public. Licorne à ses heures perdues, Maha Mahfoudi est une comédienne qui rayonne par sa bonne humeur et son humour enfantin. 

Elle découvre l’improvisation théâtrale à une époque où sa timidité et sa phobie de prendre la parole en public l’empêchaient de s’épanouir. L’univers de Maha se trouve dans une autre galaxie bourrée de barbe à papa où habite un fl orilège de personnages hauts en couleurs. Maha est par ailleurs une institutrice en maternelle. Dramaturge, metteure en scène et co-fondatrice de la Compagnie d’improvisation Rbatia, Nezha Alaoui est aussi une championne de la construction d’histoire. Cette comédienne émérite a le don de faire le trait d’union entre les personnages et les univers. Son jeu d’acteur qui engage son corps et sa voix est aussi à souligner. Elle manie le verbe à la perfection, ce qui en fait une jouteuse polyvalente. Dans une autre vie, Nezha dirige son cabinet d’architecture depuis 2014. Quand à Pauline Grégoire, elle s’est prise d’une passion foudroyante pour l’improvisation et ne cesse de développer et de perfectionner son catalogue de personnages hauts en couleur et en teneur. Force de proposition, elle bouillonne d’idées, ce qui la rend indispensable autant sur scène que lors des caucus. Engagée, militante, Pauline s’est consacrée au travail associatif, elle fait aujourd’hui partie d’une grande ONG internationale oeuvrant pour les droits de l’homme. Une compagnie vitaminée à découvrir…

Maryam Touzani vient de présenter «Adam» à la sélection «Un certain regard», devant un public conquis qui l’ovationnera pendant plusieurs minutes. 
Porté par Nisrin Erradi et Lubna Azabal, le film marocain est un beau regard sur la maternité. Bouleversant.
 
Dans les ruelles bruyantes et oppressantes de la médina de Casablanca, Samia erre telle une âme en peine, un sac à la main, à la recherche d’un emploi ou d'un endroit où crécher.
 
Les portes se ferment, les gens sont méfiants. «Je sais tout faire, je peux vous aider, m’occuper de vous», promet la jeune fille perdue. Il faut dire qu’elle est enceinte. Une femme qui porte un «bâtard» n’est sûrement pas la bienvenue.
 
Pour son premier film, Maryam Touzani nous fait entrer dans le vif du sujet dès le premier plan. La détresse d’une femme qui vit en marge d’une société fermée aux mères célibataires, dures avec les femmes libres.
 
Samia rencontre Abla, une veuve qui fait des pâtisseries depuis chez elle pour faire vivre sa fille de huit ans. Quand l'une est sur le point de connaître le vide de la perte de l'être aimé, l'autre l'a déjà vécu. Toutes les deux de manière différente. Telles deux pommes tombées d'un arbre, elles joueront un rôle dans la vie de l'une et de l'autre de façon irrévocable.
 
Le film de Maryam Touzani est un doux regard sur la maternité. Abla a une fille de 8 ans qui illumine sa vie brisée par la mort de son mari. Femme à la carapace apparente, elle se cache derrière un masque pour continuer à se battre pour sa fille.
 
Pas question de sombrer dans la tristesse de la perte de l’être aimé, elle comble son manque par le travail et son rôle de mère à en oublier sa féminité. face à elle, Samia qui souhaite l'aider fait irruption dans sa vie. Abla ne sait pas accepter l’aide d’autrui, elle la refuse. Elle a sûrement peur de se voir soulager d’un poids dont elle a besoin pour continuer à tenir, pour continuer à se voiler la face. Elle fait des pâtisseries et les vend mais ce n’est pas assez. Samia est une cuisinière hors pair. Elle l’aidera à augmenter le chiffre d’affaires. Les deux femmes deviennent inséparables.
 
Lubna Azabal est magistrale dans ce rôle. On oublie son accent français qui aurait pu casser le rythme du film et nous faire perdre pied. Elle joue une femme de la médina. Mais non ! Elle nous fait oublier tout cela avec un jeu juste et passionné, celui de cette mère meurtrie par la mort accidentelle de l’amour de sa vie. Dans toute cette première partie, Samia est le roc, le support de cette femme qui l’accueille chez elle. Elle lui donne la force de trouver son pouvoir de séduction, de reprendre goût à la vie pour ensuite lui demander de l’aide.
 
Puisque Samia a décidé de donner son bébé à l’adoption. Elle ne le gardera pas. «Ce n’est pas juste. Il n’a rien fait, rien demandé. C’est de ma faute. Il n’a pas à subir le rejet de la société toute sa vie». Des répliques choc qui remettent les choses dans leur contexte.
 
Maryam Touzani semble avoir mis toute sa féminité et sa maternité dans un premier film débordant d’humanité. Les silences en disent beaucoup, la musique s’invite quand il le faut, le film respire et laisser respirer puisque la réalisatrice se focalise sur ses très beaux personnages.
 
Bien réalisé, bien ficelé, il part d’une histoire simple, peut-être même classique. Une femme qui ment à sa famille qui la pense en ville en train de faire fortune alors qu’elle se cache pour accoucher et donner l’enfant avant de regagner son village. La photographie est belle, la réalisatrice aime filmer ses actrices, deux actrices de grand talent. Nisrin Erradi signe un de ses plus beaux rôles en mère courage qui tente de minimiser son acte jusqu’au moment où elle rencontre Adam.
 
D’une émotion juste, le film traite d’un sujet délicat sans presque nous y préparer. On rit parfois, on pleure beaucoup, on danse sur du Warda, on assiste aux destins de ces deux femmes qui essayent de se réparer mais à la sortie du film, le public est poursuivi par ces images d'un bébé qui n'a pas demandé à venir au monde.
 
«Adam» est un constat triste sur une réalité bien marocaine, bien arabe, même universelle. Des bébés abandonnés pour leur offrir une vie meilleure par des mères meurtries à jamais.
 
Une fresque sociale qui a touché une salle comble jusqu'à offrir à l'équipe du film une standing ovation de plusieurs minutes. Un film qui ne laissera sûrement pas Nadine Labaki, la présidente du jury, de marbre...
 

Avec «Les Misérables» , Ladj Li entre dans la cour des grands. Avec son premier long métrage, il signe le premier choc de la compétition. Un film sur la banlieue passionné et sincère. Détails.

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux «Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes. C’est le réalisateur français, Ladj Li, natif du 93 qui épie les faits et gestes de ces personnages avec beaucoup de bienveillance. Celui qui assume un titre connu grâce à Victor Hugo sans pour autant proposer une adaptation, en avait déjà fait un court métrage.

Aujourd’hui, il assume le long métrage et a bien raison. Le résultat est un réel électrochoc. Avec des airs de «la Haine» de Mathieu Kassovitz, prix de la mise en scène à Cannes en 1995, un film qui a inspiré Ladj Li a crée son collectif Kourtrajmé à 17 ans, avec le soutien de Romain Gavras et Toumani Sangaré, afin de favoriser la réalisation de films, que les envies de cinéma sont nées. Mais le réalisateur ne prend pas le point de vue des banlieusards. Il s’intéresse au point de vue des policiers. Sans jamais juger, le réalisateur français observe avec un oeil connaisseur parce que la banlieue, il l’a connait par coeur. C’est sa maison et il l’a raconte avec des acteurs et non acteurs de talent comme Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga. On se revoit la responsabilité, on n’assume pas les erreurs en faisant les cosettes parfois et cela a souvent des répercussions désastreuses voire tragiques. A la fois polar et chronique sous des airs de documentaire, le film est un thriller politique. Ladj Li réussi à expliquer la banlieue parisienne même à ceux qui semblent la connaitre et à pointer du doigt la guerre urbaine que vit la France. Une urgence et une énergie fiévreuse pour montrer ô combien la police et les forces de l’ordre peuvent être brutales avec la banlieue et les banlieusards. Un film coup de poing qui ne ressortir pas bredouille de la compétition. Il est d’ailleurs sûrement déjà la Palme d’or de cette 72e édition.

 

La boucle de Game of Thrones est à présent bouclée. Le dernier épisode de la huitième et ultime saison de la série culte a été diffusé, laissant un goût d'inachevé à bon nombre de fans du GOT. 

Déjà, la qualité de la saison a été très critiquée depuis le début de sa diffusion. Une pétition a même été mise en ligne pour que la saison soit réécrite par des scénaristes plus « compétents », cumulant des millions de signatures à travers le monde.

Dans la même lignée, l’épisode final de la série, diffusé dans la nuit du dimanche à lundi, a provoqué une vague de réactions négatives dans les réseaux sociaux, par des fans estimant qu’il s’agit d’une fin indigne de près de 10 ans d’une passionnante série. 

Dans cet épisode, Daenerys Targaryen règne sur King’s Landing après l’avoir prise avec le feu et le sang. Plusieurs supporteurs de la nouvelle reine lui ont tourné le dos en raison de ses actions inhumaines. Parmi eux, Tyrion Lannister, qui a quitté son poste de Main de la Reine, et Jon Snow, qui finit par la tuer. 

Le conseil regroupant les dirigeants de toutes les grandes maisons de Westeros s’est par la suite réuni et a convenu que Bran Stark serait le nouveau roi. Une fin que les fans n’ont pas tout à fait saisi, beaucoup ayant crié au scandale et au bâclage.

Ce mercredi 15 mai, la Semaine de la critique de Cannes ouvrait avec un film marocain. Il s'agit du premier long métrage de Alaa Eddine Aljem, «Miracle du Saint Inconnu». Une fresque poétique et intelligente, ancrée dans une réalité purement marocaine, tout en étant connectée à une réalité universelle: le poids des croyances. Découverte d'un film, mais surtout d'un réalisateur qui sait mettre en image sa mélancolie décalée.

Dans l’espace Miramar de la Semaine de la critique, ils étaient nombreux ce mercredi à se bousculer pour découvrir le premier film -marocain- présenté lors de cette audacieuse sélection: «Miracle du Saint Inconnu», de Alaa Eddine Aljem. La file d’attente est longue, la salle est comble. Il y a trop de curieux pour le nombre de places. La pression monte et l’équipe du film fait son entrée sous le regard attendri des équipes du Centre cinématographique marocain, de l’équipe du Festival international du film de Marrakech et des acteurs, réalisateurs et professionnels marocains ayant fait le déplacement pour soutenir la production nationale, à l’instar de Sarim Fassi Fihri, Mélita Toscan du Plantier, Ali Hajji, Christoph Terhechte, Rasha Salti, Narjiss Nejjar ou encore les productrices Lamia Chraibi et Rachida Saadi. Un comité de soutien qui n’a pas été déçu. 
 
L’absurde est marocain
 
 Dès le premier plan, le public sait qu’il va passer un beau moment. L’image est belle, le film se distingue déjà par sa qualité esthétique. Les plans larges savent capter la beauté d’un désert que le réalisateur aime filmer. Il avait déjà exploré cette belle immensité dans son court métrage «Les poissons du désert». Mais Younes Bouab, qui joue «le scientifique» du village, ne se sent pas comme un poisson dans l’eau, bien au contraire. On le sent perdu, guetté par une menace imminente. C’est peu dire puisque la caméra le suit enterrant son butin dans une colline perdue avant de se faire arrêter par la police. Quelque temps plus tard, il est de sortie et souhaite récupérer son argent. Il se rend compte qu’un lieu saint bien gardé a été construit à l'endroit même. Le sac d’argent est devenu un lieu sacré, qui génère de l’argent et qui est à l’origine d’une micro-société composée de croyants absolus, de réfractaires, de soumis, d’outsiders aussi drôles et surréalistes les uns que les autres. Le rapport à la croyance est soulevé sans jugement ni parti pris. Qu’il y ait véritablement un saint ou non, la foi permet des miracles parfois; ce qui semble importer, c’est cette force d’y croire. 
 
Des acteurs d’une belle justesse 
 
Dans la simplicité et l’élégance, Alaa Eddine Aljem dirige ses acteurs comme un metteur en scène de théâtre ou un chorégraphe. Les gestes sont étudiés, les mouvements travaillés, les scènes pourraient faire l’objet d’une exposition photo. Le minimalisme prévaut: pas de place au bavardage, les dialogues sont toujours à leur place, et les mots sont précieux. À décor minimum, textes percutants et impact maximum! La salle rit à différents moments. On ne sait pas pourquoi mais on est pris par cette énergie surréaliste que les différents duos d’acteur ont la force de créer par des croyances, aussi différentes soient-elles. Younes Bouab et Salah Bensalah en bandits perdus, aux airs de Dalton, à la recherche du butin perdu, sont convaincants et touchants en fidèles du Saint de l’Argent. On ne croit pas une seconde en leur capital méchanceté, surtout quand le personnage campé par Salah Bensalah, qui vient de tuer un chien pour mener à bien sa mission, est soulagé d’apprendre que la bête a survécu! Celui qui préfère tuer les humains plutôt que les animaux arrache des fous rires à la salle, hypnotisée par ces deux acteurs plein de charisme. Autre duo aussi drôle qu’improbable: le couple de saints guérisseurs formé par Anas El Baz, le nouveau médecin du village à l’affût de «vrais» patients, et Hassan Badida, infirmier de ce dispensaire depuis «trop longtemps» qui se saoule aux antiseptiques. Autre binôme qui apporte une dimension plus émotionnelle: celui formé par le père et le fils, qui prônent le Saint de l’Agriculture, Essamak Bouchaib et Mohamed Naimane. Persuadé que la pluie finira par sauver la terre aride, le père ne veut pas voir son fils quitter le village comme les autres. Un film choral intelligent sublimé par des petits rôles croustillants comme le pèlerin campé par Rachid Eladouni, le coiffeur décalé ou encore le gardien fou. En somme, «Miracle du Saint Inconnu» est une belle fable marocaine moderne, aux airs de western d’auteur, où la poésie se mêle avec brio à la triste réalité, sans une once de misérabilisme. Le tout, au moyen d’une photographie soignée et d’une mise en scène qui sublime des comédiens de talent et étoffe leurs relations presque décousues. Seul bémol: une fin un peu trop facile pour un film aussi bien ficelé, une fin peut-être pas aussi forte que le début du film. Peu importe. Ceci est le début de l’histoire d’un Alaa Eddine Aljem à suivre de très près.

Alors que ‘’Avengers : Endgame’’ est en passe de réussir un exploit historique en devenant le blockbuster le plus rentable de l’histoire -juste après Avatar-, une autre production créée la surprise en détrônant le dernier Marvel aux Etats-Unis.

En tête des ventes depuis sa sortie il y a trois semaines, le film se voit voler la première place par ‘’John Wick Parabellus’’, le troisième opus de la saga d’action où Keanu Reeves incarne un ancien tueur à gages traqué par des meurtriers.

Pour son premier weekend sur le grand écran américain, le film a engrangé 57 millions de dollars ! Un record pour la saga, dont les précédents volets avaient respectivement récolté 14 et 30 millions de dollars lors de leurs premiers weekend en salle.

L'année 2019 est marquée par une nouvelle dynamique sur le plan de l'animation culturelle grâce à la création de dix nouvelles salles de théâtre dans l'ensemble des régions du Royaume, a souligné le ministre de la Culture et de la communication, Mohamed Laaraj, lors d’une soirée organisée par l'Institut supérieur d'art dramatique et d'animation culturelle (ISADAC) ce mardi à Rabat à l’occasion de la Journée nationale du Théâtre.

En vue d’insuffler une nouvelle dynamique à l’activité théâtrale, le ministère de la Culture oeuvre sur une série de mesures, notamment la création de dix structures dédiées à l’art dramatique dans toutes les régions du Royaume, d’ici la fin de l’année 2019, et le lancement de projets pour la construction de six autres salles de théâtre en 2020.

Le ministre a, par ailleurs, estimé que la célébration de la Journée nationale du théâtre constitue une une occasion d'évaluer la situation du théâtre au Maroc et de s'attarder sur les acquis, les défis et les contraintes que connaît le théâtre marocain.Dix nouveaux théâtres dans le Royaume d'ici fin 2019


Le chanteur néerlandais Duncan Laurence a remporté ce samedi soir la 64e édition du concours de l’Eurovision 2019 avec sa chanson 'Arcade'. Les Pays-Bas étaient donnés favoris par les bookmakers, avec une ballade épurée, inspirée de la disparition d’un être cher, qui tranchait avec l’ambiance festive et rutilante qui régnait à Tel-Aviv, en Israël, où avait lieu la finale du concours. Il s’agit de la première victoire des Pays-Bas à l’Eurovision depuis 44 ans.

L'Italie arrive en deuxième position avec 465 points, suivie par la Russie à 369 points. Quant à Bilal Hassani, il obtient 105 points et se place en 14ème position. 

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