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Abdelkader Amara : Ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement

Une fois n'est pas coutume, Amara parle politique. Discret, l'homme n'a jamais donné son avis sur le sujet en dehors du cadre du secrétariat général de son parti, mais les Inspirations ÉCO a profité de l’interview bilan publiée dans l’édition du mardi 15 mars 2015 (cf :www.leseco.ma) pour parler des législatives du 7 octobre. D'ici là, l'usure du pouvoir aura laissé quelques traces indélébiles chez le parti qui dirige une coalition gouvernementale essoufflée. 

Les Inspirations ÉCO : Abdelilah Benkirane a récemment déclaré que la majorité gouvernementale était chancelante. Que vous inspire cette sortie du chef de gouvernement ?
Abdelkader Amara : Si l'on appréhende cela de manière objectif, je peux dire que la majorité a tenu bon et elle tient encore. À quelques mois des élections du 7 octobre, la coalition est là, les projets sont discutés, débattus et approuvés. Bien sûr qu'il y a des petits couacs, je trouve cela normal car il ne faut jamais oublier qu'une coalition est le reflet d'un paysage politique, et je pense que nous aurons toujours, dans les années à venir, à vivre de cette façon avec des coalitions de trois partis ou plus. En effet, le mode de scrutin est déterminant dans ce sens. Et en plus, le paysage politique est éclaté. Ceci dit, globalement, le bilan de ce gouvernement est positif.

Salaheddine Mezouar, chef du RNI et membre du gouvernement, a toutefois critiqué le PJD, le qualifiant de parti qui cherche la domination...
Il y a eu, après, le communiqué du bureau politique du RNI, un communiqué qui temporisait les propos de son secrétaire général. Je trouve que ces propos sont complètement inappropriés. Je pense qu'il faut à l'avenir éviter ce genre de sorties à dimension forte et qui créent une incompréhension de la part des citoyens.

Cette peur du PJD part du principe que le parti accède aux hautes fonctions de l’État afin uniquement de réaliser des scores électoraux...
Je ne pense pas qu'on en soit là. Qu'on le veuille ou non, ce qui est vrai c’est que le PJD est un parti qui dérange certaines formations se projetant déjà dans l'après-7 octobre. Il se trouve que certains partis politiques sont moins forts, voire même faibles, et vivent des situations catastrophiques sur le plan de leur gestion interne. Il est normal que le PJD cherche, comme n'importe quelle autre formation, à occuper le terrain et avoir le maximum de sièges sans perdre de vue cette déontologie, qui doit guider tout le monde.

Le PJD n’a pas non plus ménagé ce parti fort qu’est le PAM, qui s'érige en vraie compétiteur. N'est-ce pas ?
Que le PAM soit un parti fort, j'en doute. C'est un parti qui existe. Le PJD a été contre l'utilisation de moyens peu orthodoxes pour avoir une place sur l'échiquier politique, mais aujourd'hui les choses se clarifient puisqu'il s'agit en définitive du verdict des urnes que tout un chacun devrait respecter. Ceci dit, le PJD est là pour gérer la chose publique avec ses partenaires dans le cadre d'une coalition. Notre référentiel, on ne le nie pas comme d'ailleurs les autres partis.

Si vous deviez classer les facteurs de force du PJD, que placeriez-vous en priorité: le charisme de Abdelilah Benkirane ou la gestion interne et le soubassement islamique ?
Je dirais d'abord la démocratie interne, qui est très importante. Même si vous aviez un référentiel fort et que vous soyez bien ancré en proximité. C'est cette démocratie interne qui a permis à Benkirane de devenir secrétaire général, et qui aligne le PJD sur les grands partis étrangers. Secundo, nous sommes un parti militant. D'ailleurs, vous remarquerez que la «décadence» d'un certain nombre de partis est due à cette fibre militantiste qui est en train de s'effriter. Au PJD, vous ne trouverez pas un candidat aux législatives ou aux communales qui paie pour mener sa campagne. Tertio, dans la phase que nous vivons maintenant, il y a la personne de Abdelilah Benkirane, qui a une forte personnalité et une qualité exceptionnelle pour communiquer et atteindre le citoyen lambda, chose que les leaders politiques ne font pas. Il assume ses erreurs comme il revendique ses succès. Autre chose, je suis membre du secrétariat général du parti et je n'ai aucune garantie que je serais candidat aux prochaines élections. Idem pour tous les membres du parti.

Comment le parti vit-il la crise du Conseil de la ville de Rabat ?
Jusqu'à maintenant, il n'y a aucune preuve à propos du maire de la ville. Or, ce qui s'est passé est simplement scandaleux pour le Conseil de la capitale. Quand on est en démocratie, il faut apprendre à perdre et, s'il y a des reproches, il faut les faire dans les règles de l'art, pas en «saccageant» les travaux du Conseil car, lorsqu'on est à court d'arguments, on bascule dans la violence. À supposer que les allégations soient avérées, où sont passés le secret médical et la protection des données personnelles? C'est-à-dire que le dossier médical de tout un chacun peut demain être étalé sur la place publique. Vous savez, d'ici le 7 octobre, on en verra de toutes les couleurs, comme d'ailleurs au tout début lorsque le PJD est arrivé au gouvernement.

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