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13-11-2019 09:27

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Le processus de formation du gouvernement devra s’accélérer après que le parti de l’Istiqlal ait été écarté de la course. La tendance au sein du PJD est celle de la reconduction de la majorité sortante. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’architecture gouvernementale après l’offre faite par Benkirane au RNI.

Le suspense perdure sur la formation du gouvernement. Le président du parti de la colombe devra discuter l’offre qui lui a été faite hier par Benkirane avec ses partenaires, le Mouvement populaire et l’Union constitutionnelle, avant de se prononcer. C’est ce qu’a souligné Aziz Akhannouch à la presse à l’issue de sa rencontre avec le chef de gouvernement désigné, sans donner plus de détail. Près de trois mois après les élections législatives, l’espoir du parti de la lampe est de constituer le plus tôt possible l’équipe gouvernementale, d’autant plus que le principal point de blocage n’est plus.

Les concessions du chef de file des héritiers de Allal El Fassi n’ont, visiblement, pas été suffisantes pour permettre à l’Istiqlal d’entrer au gouvernement. Certes, le communiqué du secrétariat général du Parti de la justice et du développement diffusé mardi soir, à l’issue du conclave des leaders du parti, n’écarte pas explicitement le parti de l’Istiqlal du processus des négociations pour la constitution de la future équipe gouvernementale. Cependant, il est clair qu’il le met implicitement hors jeu. Une décision prévisible depuis quelques jours déjà, au vu des derniers développements. La tendance est celle de la constitution d’un gouvernement composé des alliés gouvernementaux sortants: le PJD, le RNI, le MP et le PPS. C’était d’ailleurs la demande initiale du parti de la colombe et du Mouvement populaire.

Pour le parti de l’épi, on ne change pas une équipe qui gagne. Contacté par les Inspirations ÉCO, le secrétaire général du MP, Mohand Laenser, qui n’a pas hésité, au cours des derniers jours, à sortir l’artillerie lourde contre Chabat, réitère la nécessité de former une équipe gouvernementale équilibrée avec, principalement, les alliés sortants. Et Benkirane semble désormais verser dans le même sens. Laenser a d’ailleurs déclaré à la presse, mercredi à l'issue des consultations qu'il a tenues à Rabat avec Benkirane, que ce dernier lui a proposé un scénario de formation du nouveau gouvernement sur la base de la majorité en vigueur avant les élections du 7 octobre 2016. Et même s’il juge cette offre «acceptable en principe», Laenser a néanmoins souligné que «les choses peuvent évoluer sur la base de cette idée si l'on tient compte de la majorité numérique à laquelle une telle alliance aboutirait». Pour lui, il s’agit de «voir si cette majorité est confortable ou pas».

Concessions
La coalition gouvernementale sortante devrait ainsi être reconduite, sauf désapprobation du RNI, selon un dirigeant du PJD. Les quatre partis politiques disposent de 201 sièges au sein de la chambre basse, soit un pourcentage de 50,88% de la totalité des députés. En ajoutant les parlementaires de l’UC, ce chiffre s'élève à 53,16%. Les députés de l’Istiqlal, qui a opté pour les rangs de la majorité même en étant hors du gouvernement, portent ce taux à 64,81%. Il s’agira d’une majorité confortable qui faciliterait la mission du gouvernement au Parlement lors de l’adoption des projets de loi. Mais il faut dire que la coalition gouvernementale ne pourra pas compter sur le soutien inconditionnel et durable d’un parti politique qui n’est pas représenté au sein du gouvernement, surtout que le 17e Congrès de l’Istiqlal se tiendra bientôt, et rien ne garantit que les héritiers de Allal El Fassi ne changeront pas de position. Quid du parti de la rose, qui a été contacté par Benkirane, sans que celui-ci fasse pour autant montre d'une position tranchée? Des voix au sein du PJD seraient contre l’alliance avec ce parti qui n’a pas affiché une décision claire de sa participation au gouvernement alors qu’initialement, le parti de lampe aurait souhaité une coalition avec les partis de la Koutla, outre le Rassemblement national des indépendants.

Les prochains jours s’annoncent décisifs et devraient aboutir à l’annonce tant attendue du gouvernement. Après l’accord au forceps sur les composantes de l’Exécutif, les tractations ayant trait à l’architecture du gouvernement et aux portefeuilles ministériels ne seront pas non plus de tout repos pour Benkirane, qui doit à la fois satisfaire les attentes de ses alliés et des militants du PJD. Le RNI entend garder le pôle économique pour continuer la politique entreprise en la matière au cours des trois dernières années. Certaines voix au sein du PJD appellent à ne pas lâcher du lest sur cette question pour ne pas cantonner la gestion gouvernementale du parti au volet purement social, surtout si la présidence de la Chambre des représentants est cédée au RNI. Très convoité, le perchoir de la chambre basse est un élément-clé dans les négociations pour la formation de la majorité gouvernementale. Le Rassemblement national des indépendants espère garder ce poste stratégique. Ceci dit, tout dépendra des négociations qui s’annoncent rudes en raison des ambitions de chaque formation politique.

Le parti de la lampe, qui n’a jamais présidé la Chambre des représentants, convoite aussi le perchoir. «En ayant 125 députés, le PJD, qui dépasse de loin (numériquement) les autres alliés est le plus méritant pour détenir la présidence de la Chambre des représentants. Peut-être que cette occasion ne se présentera pas une autre fois», confie un PJDiste. Rien n’est encore tranché en ce qui concerne cette question. Mais pour débloquer la situation, Benkirane serait prêt à faire des concessions sur ce point, afin de faire avancer les tractations qui sont au point mort depuis de longues semaines. L’accélération de la cadence s’impose, ainsi que le souligne le dernier communiqué du secrétariat général du PJD. Cette phase est on ne peut plus décisive.

En effet, la précieuse cohésion entre les composantes gouvernementales est tributaire des consensus auxquels parviendront les différents alliés qui doivent accorder leurs violons afin de jouer la même partition et éviter les tirs à la corde qui impactent l’efficacité de l’action gouvernementale, comme lors de la précédente expérience gouvernementale. Benkirane, qui n’est pas parvenu à maintenir sa promesse au PI, gagnerait à constituer une majorité solide aussi bien sur le plan arithmétique qu’au niveau de la cohésion de ses composantes.

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