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«Transport vert et inclusif» est le thème de la 9e édition du Forum international du transport (ITF) qui se tient à Leipzig, en Allemagne, du 18 au 20 mai. Le Maroc, membre permanent de l’institution depuis 2015, est représenté par une délégation marocaine menée par Aziz Rabbah, ministre de l’Équipement, du transport et de la logistique. 

Un fonds de transition climatique en faveur des pays en développement
Le Maroc, qui accueille la 22e Conférence des parties de la conférence sur le climat en novembre prochain, semble être le candidat idéal pour représenter les pays en développement dans le cadre de l’ITF. Le royaume y est d’ailleurs le seul représentant permanent parmi les pays africains et arabes. Dans ce sens, le ministre a insisté, dans le cadre des différentes sessions ministérielles tenues avec les membres du forum, sur le fait que les actes du forum doivent inclure la préparation par le Maroc de la COP 22 en complément des efforts fournis dans le cadre de la COP 21 à Paris, ainsi que le rôle des pays en développement dans la réussite d’une transition climatique. Rabbah a également appelé le FIT à œuvrer pour la mise en place d’un fonds de transition financé par les pays émetteurs de gaz à effets de serre au profit des pays en développement afin qu’ils puissent mettre en place des moyens de transport verts et inclusifs. Le ministre insiste en particulier sur la question du transport inclusif: «Il s’agit d’un véritable thème critique, surtout pour les pays en développement, y compris en Afrique, dans les pays arabes et en Amérique latine. Nous devons nous interroger sur la manière de développer les services et les outils qui peuvent répondre à tous les besoins, autant aux passagers qu’aux marchandises», précise Aziz Rabbah.

Nouvelles technologies : la commande publique en locomotive
À l’occasion de la conférence ministérielle réunissant l’ensemble des pays membres du FIT, et consacrée à la question de l’intermodalité des transports et à l’innovation, le ministre a souligné que «la commande publique doit s’inscrire comme moteur pour les nouvelles technologies de transport, y compris pour la voiture électrique». L’investissement dans ces nouveaux modes devrait d’abord s’imposer chez les départements de l’État avant de l’être chez les individus. En parallèle, la délégation marocaine a tenu un ensemble de rencontres bilatérales, notamment avec les ministres chefs de délégations du Canada, de Suède, d'Afrique du Sud, de Corée du Sud, de Pologne, de Nouvelle-Zélande, d'Allemagne, d'Argentine et de Suisse. Aussi Rabbah a-t-elle eu des entretiens avec le secrétaire général du FIT, le président du groupe Bombardier, le vice-président d’Alstom et l’envoyé spécial de l’ONU au transport et président de la Fédération internationale de l’automobile.

RAM : vers un parc de 100 appareils
Le nouveau contrat-programme État-RAM s’annonce prometteur. L’objectif de diversification des destinations en encourageant les liaisons horizontales (Asie, Amérique latine, Afrique) exige de la part de la compagnie nationale, aux yeux de Aziz Rabbah, la mise en œuvre d’alliances et de partenariats solides avec de grandes compagnies aériennes de par le monde. L’objectif étant de partager les réseaux afin de mieux connecter ces destinations. «Pour nouer des alliances, nous devons répondre à des exigences de qualité, de sécurité et de produit», précise Rabbah. Cela se traduira par la nécessité de renforcer la compétitive et la capacité de RAM qui devra renforcer son parc pour aller vers «75 voire même 100 appareils».

Bientôt 3 hubs de fret aérien
Le ministère s’apprête à présenter une nouvelle étude sur le fret aérien. Celle-ci vient compléter la stratégie Ajwaa et la stratégie logistique développée par le département. Selon le ministère, cette étude témoigne de la nécessité de trois hubs de fret aérien pour répondre aux besoins de trafic. Le premier sera naturellement aménagé dans la région de Casablanca, le ministère semble encore hésiter entre un site à Benslimane ou à Nouaceur. Le deuxième hub devrait pour sa part être installé à Tanger et un troisième à Agadir. Le ministère compte faire jouer l’intermodalité avec des hubs de fret aérien connectés aux hubs maritimes. Un autre hub aérien pour voyageurs devrait également voir le jour à Dakhla et permettra d’offrir à l’Afrique de l’Ouest et à l’Afrique centrale un véritable carrefour logistique complet incluant même des services de shopping et de santé.

Recentrer l’État sur sa fonction régalienne
«Je suis convaincu que l’on devra s’inscrire dans une nouvelle génération de réformes dans le domaine des transports», lance le ministre du Transport. Une déclaration qui pourrait surprendre, de la part d’un ministre en fin de mandat. En tout cas, pour celui-ci, il est grand temps que l’État se recentre sur son rôle régalien, se cantonnant à la définition des stratégies et des plans sectoriels et à la réglementation. Une vision valable autant pour le secteur ferroviaire que pour celui portuaire (ou autre). Dans le domaine portuaire, par exemple, Rabbah encourage la mise en place de sociétés de management des ports auxquels seront rattachés les concessionnaires. Dans ce sens, le ministère a lancé une étude pour une nouvelle réforme portuaire qui ambitionne d’aboutir à ce schéma. Ce dernier permettra de désigner une société de gestion pour un ou plusieurs ports intégrant des partenaires nationaux et internationaux.

Réviser l’espace aérien
La stratégie Ajwaa portant sur le transport aérien, et qui s'articule autour de 8 axes, consiste en une réforme réglementaire et institutionnelle. Le ministère a récemment mis en place un projet de loi adopté par le Parlement portant sur le Code de l’aviation civile. Celui-ci accorde plus de visibilité dans le processus de prise de décision, renforce la sécurité aérienne et œuvre pour une amélioration de la qualité des services. Pour le ministre, le nouveau code donne surtout «la possibilité de réviser l’espace aérien». L’ambition ici est de développer substantiellement cet espace qui devrait être multiplié par deux durant les années à venir. «Il s’agit aussi d’optimiser les lignes, ce qui aura certainement des impacts positifs sur l’ensemble du secteur et son écosystème», explique le ministre.


 

Aziz Rabbah
Ministre de l’Équipement, du transport et de la logistique

Stratégie portuaire : «Notre gouvernement s’attaque aux dossiers brûlants»

Les Inspirations ÉCO : La réforme du transport s’est vraisemblablement avérée plus compliquée que prévu. Pourquoi la stratégie sur le transport interurbain bloque-t-elle toujours ?   
Aziz Rabbah :   Le domaine de transport est l’un des domaines les plus complexes et difficiles à gérer. Ce que nous avons voulu faire au départ, c’est s’attaquer au lot dans sa globalité. Il s’est avéré que ce n’est pas évident et nous avons donc choisi de segmenter notre approche. Nous avons avancé sur l’ensemble des volets, que ce soit le transport touristique, les marchandises, le rural ou encore le transport de personnel et le transport scolaire. Reste donc la réforme du transport interurbain des voyageurs, qui est encore plus complexe. Notre diagnostic du secteur démontre que 30% des lignes présentent des litiges très complexes devant les tribunaux et que 70% des agréments sont sous-loués. Résultat : nous nous retrouvons devant un système qui est très complexe à gérer.

Comment comptez-vous donc gérer cette équation ?
Nous voulons aller vers plus de professionnalisme en encourageant l’exploitation de ces autocars par des personnes morales et en allant vers une contractualisation de la relation entre l’agréé et l’exploitant. Il s’agit aussi d’aller vers la mise à niveau des entreprises, y compris en vue d’un renouvellement du parc d’autocars en optant pour une nouvelle génération de véhicules, qui respectent l’environnement et la qualité. Nous voulons privilégier la préférence nationale en optant pour des autocars fabriqués au Maroc (ndlr : Durant sa récente visite royale en Chine, le Maroc a signé un contrat d’investissement pour encourager la fabrication d’autocars au Maroc). Nous allons aussi accompagner les petites entreprises surtout celles qui exploitent de courts trajets en vue d’instaurer un système de navettes connectant les villes limitrophes. Précisions ici que les futures naissances seront basées sur des appels d'offres.

Votre gouvernement a décidé de s’attaquer à la problématique des surestaries. Ne pensez-vous pas qu’il s’agira d’un chantier compliqué à gérer ?
C’est un gouvernement qui s'attaque aux dossiers brûlants et je ne vous cache pas qu’il y a des gens qui profitent des surestaries et qui ne voudraient pas voir cette réforme aboutir. Nous voulons casser ce statu quo. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette même démarche que nous avons décidé de labelliser les agents maritimes en introduisant des systèmes de qualité que nous allons imposer à tous les agents qui travaillent dans les ports. C’est tout à fait normal qu’un pays, qui est en train d’investir des dizaines de milliards de DH en infrastructures, exige de ses acteurs, qu’ils soient publics ou privés, de travailler dans des conditions de droits et de devoirs clarifiés.

Quel est le mode opératoire que vous privilégiez pour contrecarrer ce statu quo ?
Notre stratégie portuaire s’inscrit clairement dans cette démarche. Le fait même de multiplier par trois la capacité portuaire permettra d’avoir un service portuaire fluide et de meilleure qualité. Nous aurons donc des capacités portuaires plus robustes intégrant plus de profondeur, des services améliorés, un meilleur choix des concessionnaires, ce qui contribuera à l’amélioration de l’activité portuaire dans son ensemble. Nous devons mettre en place des cadres d’accompagnement pour ne pas dire de contrôle. Nous avons donc préparé une loi sur la police portuaire qui nous permettra de garantir un meilleur service, de veiller sur la fluidité dans les ports, de s’assurer du respect des normes et des procédures. Nous ne pouvons plus accepter que l’on ait des conteneurs abandonnés indéfiniment dans nos ports. Il y aura bien évidemment une durée de grâce acceptable, mais au-delà, cela posera un problème d’occupation du domaine public et nous serons intransigeants sur les dérapages en la matière.

Vous avez également lancé des mesures d’urgence pour endiguer le phénomène. Quel sera l’apport et le coût de ces mesures ?
En effet, sur le court terme, nous avons identifié quelques axes d’amélioration. Il y a d’abord un premier axe qui n’est pas visible, mais qui est très important, à savoir la coordination entre les différents intervenants. La multiplication des intervenants crée aujourd’hui des différends qui peuvent retarder le service. Sur ce plan, tout le monde s’est mis d’accord sur la nécessité de coordonner les actions et nous avons décidé de créer ce que l’on appelle des commissions portuaires. Nous avons également décidé d’améliorer l’infrastructure en investissant dans le prolongement des digues et des quais, le doublement du pipeline à Mohammédia et le renforcement des silos pour les céréales tout en renforçant l’évacuation de cette denrée via le ferroviaire. Nous avons également décidé d’améliorer nos machines, en utilisant des outils qui manient plus de volumes. Ces améliorations nous coûterons dans les alentours de 300 MDH mais ça va nous permettre de réduire le coût des surestaries de manière considérable.

Justement, à combien estimez-vous le coût des surestaries pour l’économie nationale aujourd’hui ?
Ce coût est aujourd’hui estimé à 300 MDH annuellement, mais cette question mérite plus d’approfondissement car il ne s’agit là que du coût visible calculé par l’Office des changes basé sur ce que l’on paye directement lorsqu’on est en retard. Il existe plusieurs coûts invisibles qui tiennent notamment du retard dans les ports et de ses incidences pour l’activité économique et pour toute la chaîne. Il s’agit également de l’occupation de l’espace qui suppose une moindre maniabilité et par conséquent un service moins performant. Nous travaillons aujourd’hui sur l’évaluation de ces coûts invisibles.  

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