A lire aussi

10-12-2019 11:11

COP25: Ouverture du Segment ministériel de haut niveau avec la participation du Maroc

Les travaux du Segment ministériel de haut niveau de la 25è Conférence des Nations Unies sur le…
Rejoignez nous sur :
Grand Angle

La progression du commerce extérieur marocain aurait été moins dynamique depuis le début des années 2000 en comparaison avec la décennie précédente. Dans ce contexte, l’émergence de nouveaux secteurs industriels exportateurs et le dynamisme du commerce des services permettent d’atténuer un tant soit peu les difficultés structurelles de la balance commerciale.

La dynamique de l’ouverture commerciale engagée par le Maroc depuis le début des années 2000 et manifestée notamment par la signature d’une série d’accords de libre-échange a manifestement eu un grand effet sur la structure des échanges extérieurs marocains. Selon une récente étude du Centre marocain de conjoncture (CMC) consacrée au diagnostic du commerce extérieur entre 2000 et 2016, l’on constate que le volume des échanges a maintenu un rythme d’expansion soutenu malgré les signes de ralentissement enregistrés ces dernières années. Pour une valeur globale atteignant 631 MMDH au terme de l’année 2016, les transactions totales sur les marchandises ont enregistré une hausse moyenne de 5,9% sur la période 2010-2016. Toutefois, la croissance du commerce dans l’absolu aurait été moins importante par rapport à la décennie précédente où elle s’est établie aux alentours de 8,3%. La croissance des échanges globaux aurait donc enregistré une décélération de 2,4 points par rapport à la décennie précédente. Cette baisse de régime sensible des échanges commerciaux tient en premier lieu au ralentissement de cadence au niveau des exportations avec la contraction de la croissance, l’affaiblissement de la demande et les changements profonds intervenus tant au niveau des facteurs de compétitivité qu’à celui des termes de l’échange. Elle tient également à la baisse du rythme d’accroissement des importations liée ces dernières années à la forte chute des prix de l’énergie et des matières premières. Autrement dit, le Maroc n’aurait pas forcément importé moins, il aurait surtout importé moins cher.

Bouée de sauvetage
Fait marquant de l’analyse du CMC: Le commerce des services commence à prendre une dimension importante dans les transactions courantes tant du point de vue du flux des échanges que du point de vue de son apport à l’équilibre des comptes extérieurs. L’émergence de nouvelles activités d’exportation relevant de la sphère des services au cours des dernières années, plus particulièrement les services aux entreprises, les services de transport et communications ainsi que les services liées aux activités du tourisme renforce de plus en plus le mouvement de restructuration des exportations et les flux financiers qu’elles génèrent. Les recettes au titre des transactions sur les services ont atteint au terme de l’année 2015 le montant global de 143 MMDH, en hausse de 36% depuis le début de la décennie. Le solde des flux financiers correspondant aux transactions sur les services a en effet dégagé en 2015 un excédent atteignant 66 MMDH, représentant 43% du déficit des transactions sur les marchandises. «L’intégration du commerce des services dans la balance commerciale permet ainsi d’atténuer de façon substantielle le déficit structurel du commerce des marchandises en élevant le taux de couverture d’une dizaine de points en moyenne par rapport au niveau correspondant aux transactions portant uniquement sur les marchandises», explique le CMC dans son analyse.

L’export s’industrialise
Parallèlement, le Maroc a renforcé la compétitivité de ses exportations. La consolidation du volume des échanges commerciaux tient en grande partie au développement soutenu des exportations. La décennie 2000 devait s’achever sur un volume global des exportations des marchandises atteignant 150 MMDH, enregistrant ainsi une hausse moyenne de 6,6% par an sur la période 2000-2010. Cette performance devait se poursuivre au cours des années suivantes et même marquer une légère accélération avec un taux de progression des exportations se situant à 7% en moyenne annuelle sur la période 2010-2016. Ce dynamisme de l’export s’est accompagné de changements importants dans la structure des ventes par groupe de produits. On constate, en effet, que les produits d’alimentation et les produits bruts qui constituaient une bonne partie des recettes d’exportation au début de la décennie 2000 ont été largement déclassés par la progression soutenue des produits industriels. Les ventes sur les marchés extérieurs correspondant aux produits d’alimentation et aux produits bruts qui totalisent plus de 45% des recettes totales des exportations se sont réduites à moins de 30% actuellement. Parallèlement, les ventes à l’extérieur en demi-produits, en biens d’équipement et en biens de consommation ont progressé de façon notable pour atteindre 70% des recettes d’exportation, gagnant ainsi près de 8 points par rapport à leur part au début de la décennie 2000.


Le Maroc stagne sur ses parts de marchés à l’export

La concurrence est rude sur les marchés cibles des exportations marocaines. En effet, les parts de marchés du royaume à l’export n’ont pas enregistré de hausse significative depuis le début de la décennie. Les évaluations menées à ce sujet montrent que la part du Maroc est passée de 0,125% en 2010 à 0,145% en 2014 gagnant à peine 0,02 point en pourcentage depuis le début de la décennie. Le CMC relève que parallèlement, des pays concurrents comme la Turquie, l’Égypte ou le Chili ont enregistré des évolutions en termes de part de marché à l’export nettement plus importantes. Une quasi-stagnation qui s’explique par les évolutions contrastées des secteurs d’exportation. Alors que les secteurs traditionnels de l’agroalimentaire et du textile accusent un repli sensible, de nouveaux secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, ou encore la chimie affichent des progressions remarquables.

Les investissements publicitaires reprennent des couleurs à fin juillet 2017. Ils s’améliorent de 2,6% sur un an pour se situer à 3,4 MMDH. Comment évolue le marché publicitaire marocain ? Quels sont les médias en forme et ceux en berne ? Profil de ce marché en 2017.

Les investissements publicitaires reprennent leur trend haussier en 2017. À fin juillet dernier, le chiffre d’affaires du marché publicitaire a progressé de 2,6% contre une baisse de 3,3% à la même période en 2016, selon les données du Groupement des annonceurs marocains (GAM). 3,4 MMDH ont été dépensés sur ce marché. Ce léger redressement s’explique par la hausse des investissements publicitaires durant la période de ramadan et la bonne performance des segments de l’affichage (+12%) et de la radio (+10%). En revanche, la télévision et la presse entament le 4e trimestre 2017 sur un repli de 3% pour les deux médias. Cette configuration témoigne d'un marché à deux vitesses. D’un côté, une progression à deux chiffres pour l’affichage et la radio; de l’autre, la presse, la TV et le cinéma en repli.

Les investissements publicitaires reprennent leur trend haussier en 2017. À fin juillet dernier, le chiffre d’affaires du marché publicitaire a progressé de 2,6% contre une baisse de 3,3% à la même période en 2016, selon les données du Groupement des annonceurs marocains (GAM). 3,4 MMDH ont été dépensés sur ce marché. Ce léger redressement s’explique par la hausse des investissements publicitaires durant la période de ramadan et la bonne performance des segments de l’affichage (+12%) et de la radio (+10%). En revanche, la télévision et la presse entament le 4e trimestre 2017 sur un repli de 3% pour les deux médias. Cette configuration témoigne d'un marché à deux vitesses. D’un côté, une progression à deux chiffres pour l’affichage et la radio; de l’autre, la presse, la TV et le cinéma en repli.

Radio en forme, presse en berne
La télévision continue d’accaparer la majeure partie des investissements publicitaires. Avec 41% de part de marché (PDM), ce média domine ses concurrents. Les trois chaînes TV nationales ont drainé 1,4 MMDH d’investissements publicitaires. Une précision s’impose: 2M s’offre à elle seule 60% de ce chiffre d’affaires (CA). Contrairement à l’année précédente, durant laquelle les investissements sur la TV étaient en progression de 12%, on note cette année une baisse de 3% sur ce média. La presse n’est pas mieux lotie. Sa PDM continue de s’effriter pour se situer à 14%. 467 MDH ont été investis sur ce média, tous supports confondus. Notons tout de même que l’année 2017 a permis à la presse de réduire ses pertes. Le recul est de 3% jusqu’à juillet contre une fonte de 19% à la même période de l’année 2016. Le «Petit Poucet» du secteur des médias, le cinéma (1%), connaît également une année difficile. Les annonces diffusées avant le début des films avaient rencontré la faveur des annonceurs en 2016. Ceci s’est traduit par une progression de 73% l’année passée. L’actuel exercice est moins propice à ce média, expliqué par un repli de 8,5% du CA. Les investissements consacrés à ce média se chiffrent à 37 MDH. Du côté des médias en forme, la radio continue sa progression comme média ayant les faveurs des annonceurs. Sa PDM dépasse les 16% grâce aux 566 MDH d’investissements alloués aux stations privées et publiques. L’année 2017 présente un contexte favorable pour ce média qui réalise une progression de 10% contre une baisse de 5% par rapport à 2016. L’affichage continue de progresser au détriment de la presse, la TV et la radio. Avec ses 28% de PDM et des investissements frôlant le milliard de dirhams d’investissement, les panneaux d’affichage se dirigent vers une année de reprise contre une baisse de 15% l’année précédente.

L’effet «banques participatives»
La répartition des investissements par catégorie d’annonceurs indique la forte présence des secteurs Télécoms et Banque & finances. C’est ce qui ressort des données traitées par le cabinet IPSOS, partenaire de GAM pour l’analyse du marché publicitaire. Ces deux secteurs représentent 36% des investissements publicitaires à juillet 2017. Les investisseurs des trois opérateurs télécoms ont connu une légère progression de 2,8%. Le secteur bancaire fait mieux que le marché avec des investissements de 14,5%. Une progression expliquée par le lancement des campagnes de communication autour du lancement des banques participatives. Le secteur de l’alimentation arrive en troisième position avec 8,6% des investissements. Gros annonceur, ce secteur décroche pourtant avec une baisse de 1,6%. Les plus fortes hausses ont été constatées dans l’immobilier (+10%) et hygiène et beauté (+19%). Les secteurs qui ont misé sur des investissements publicitaires en cette période sont les services publics, l’enseignement et associations (+29%), l’énergie (+28%), l’automobile (+18%), le divertissement (+3%) et les boissons (+1%).


«On s’oriente vers une convergence TV-Digital»

Mounir Jazouli,
Président du Groupement des annonceurs marocains (GAM)

Les inspirations ÉCO : Jusqu’à fin juillet, le marché publicitaire a progressé de 2,6%. Peut-on parler de reprise ?
Mounir Jazouli : Oui, on peut parler d’une légère reprise du marché publicitaire, liée à une conjoncture économique favorable. Le marché est d’ailleurs un indicateur de la dynamique économique globale du pays. Nous l’avons bien constaté l’année dernière, celle-ci ayant été marquée par une conjoncture politique et économique difficile. Le marché avait connu une légère baisse de -0,71% en 2016. Aujourd’hui, la reprise économique a été ressentie sur le marché. Nos prévisions confirment cette reprise.

Quelles sont vos prévisions pour le reste de l’année 2017 ?  
Nous pouvons déjà affirmer que la reprise en août était plus significative qu’en juillet. Jusqu’au mois d’août, le marché global a progressé de 3,83%. Le troisième trimestre a connu des campagnes liées au retour des MRE. Le dernier trimestre connaît habituellement un pic d'investissements grâce à la communication de la rentrée, au moment où les annonceurs multiplient les actions. Nous devrions clôturer l’année sur une croissance de 2,2%, selon nos projections.

Le CA de la publicité sur la télévision est en baisse de 3%. Comment expliquer le repli ?
Il s’agit d’une légère baisse qui devient moins significative en août. Cette situation s’explique par la volonté des annonceurs de diversifier leurs actions de communication durant le mois de ramadan. Nous le remarquons: on s’oriente vers la convergence TV-Digital. Les annonceurs continuent à être présents massivement durant le mois sacré, tout en consacrant une partie du budget à d’autres canaux de communication, notamment le web. Nous avons d’ailleurs assisté à des actions de brand content ou à des web-séries sur Internet. C’est une tendance à observer pour les prochaines années: peut-être qu’il y aura un changement dans la politique de communication des annonceurs durant les prochains mois de ramadan.

Le taux de couverture des besoins de médicaments par la fabrication locale est en chute libre au Maroc. Décryptage d’une tendance lourde.

Le Maroc a importé pour 5,4 milliards de dirhams de médicaments et de produits de santé en 2016. Cette sortie de devise n’est pas compensée par les exportations. Même, si l’offre exportable marocaine en médicaments est en progression, elle n’arrive pas à compenser la hausse continue de la valeur des importations. Ainsi, le fossé de la balance commerciale pharmaceutique se creuse depuis 2007 (voir graphique n°2). Dès 2012, cette décélération a pris des proportions inquiétantes. «Dans ce secteur stratégique, l’enjeu de la souveraineté sanitaire dépasse les calculs économiques.

La trajectoire des importations nous mène vers une dépendance accrue à l’étranger», s’alarme une source au sein du secteur. Un indicateur confirme cette pente descendante : le Maroc couvre à peine 65% de ces besoins en médicaments. En 2010, ce taux était de 75%. Pour une partie du secteur, cette envolée des importations des médicaments est loin d’être facile à résorber. Des données structurelles expliquent cette tendance lourde. Du point de vue d’autres acteurs, cette situation est amplifiée par certaines pratiques visant à réduire la fabrication locale et favoriser les importations. Une tension existe entre ces deux volontés.

Stratégies opposées
L’importation des médicaments est strictement réglementée par la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP) au niveau du ministère de la Santé. Toute importation de médicament est soumise à une autorisation préalable. De nombreux rapports officiels alertent sur la hausse des importations. Le rapport de la mission parlementaire de 2009, le rapport du Conseil de la concurrence de 2011 et le rapport parlementaire de la Commission des affaires sociales de 2016 s’accordent sur le même constat : «la fabrication locale est pénalisée par les importations».

Le rapport de 2009 avait même proposé l’encouragement de la production locale avec un système de discrimination vis-à-vis des importations. «Nos importations en médicaments se composent de produits de haute technologie, assez complexes à produire localement. Notamment les hormones et les vaccins», explique Dr. Bouazza, directeur du médicament et de la pharmacie au ministère de la Santé. Ces produits pèsent lourds dans la balance commerciale. «Il s’agit surtout de traitements pour l’oncologie», commente un expert du secteur. Et d’ajouter : «avec l’action menée par la Fondation Lalla Salma, le Maroc a fait le choix d’acheter ces traitements coûteux et en donnait l’accès aux patients. C’est une bonne nouvelle pour les patients et une mauvaise nouvelle pour la balance commerciale. D’ailleurs, l’essentiel du chiffre d’affaires des multinationales comme Roche ou Novartis est réalisé grâce à ces traitements». Partout dans le monde, la «Big Pharma» table sur ces nouvelles molécules pour compenser la perte de chiffre d’affaires enregistrée sur les produits tombés dans le domaine public. La politique de ces industriels ne fait pas toujours l’unanimité. «La surenchère des prix de ces médicaments issus de la biotechnologie est inacceptable. Le prix de 500.000 DH, fixé par l’américain Gilead pour son traitement de l’hépatite, résume très bien cette politique de prix pénalisante pour les pays en développement», dénonce un autre expert du secteur, joint par Les Inspirations ÉCO. La perspective d’une production de ces traitements au niveau local par ces industriels n’est pas à l’ordre du jour. «Il faut se rendre à l’évidence, le poids du marché marocain demeure epsilon pour attirer un investissement pareil», affirme le directeur du médicament au ministère de la Santé. Des sources au sein du secteur pharmaceutique marocain affirment que la hausse continue des importations s’expliquerait aussi par des techniques utilisées pour réduire la production locale par des industriels internationaux installés au Maroc. «Plusieurs d’entre eux ont réduit leur activité ou ont cédé leur outil industriel, mais continue à disposer du statut d’établissement pharmaceutique», souligne un acteur du secteur. Ce précieux sésame permet l’importation de médicaments. «Des laboratoires internationaux utilisent ce statut pour continuer à importer indûment, pourtant leur production au Maroc est d’une très faible valeur ajoutée», constate cet expert.

Selon des sources du secteur, un lobbying a été mené en 2016 pour revoir l’article 74, alinéa 2 du Code du médicament et de la pharmacie, définissant le statut des établissements pharmaceutiques comme «disposant d’un site de fabrication». Le même forcing des multinationales du secteur s’est produit, lors des négociations des Écosystème des médicaments prévus par le Plan d’accélération industrielle (PAI), en 2015. «Cette révision n’est pas passée, mais on craint que ces acteurs reviennent à la charge une nouvelle fois», s’inquiète un acteur du secteur. Le PAI tente aujourd’hui d’inverser la tendance en relançant l’industriel local sur les chemins de la R&D. Le projet d’unité de production de vaccins dans le cadre d’un Partenariat public-privé lancé par l’Institut Pasteur devrait montrer la voie… 


L’industrie locale casse le monopole…

La production du générique du SSB 400 par Pharma 5 représente un cas unique où l’industrie locale a pu briser le monopole d’un géant international. L’industriel marocain a profité d’une faille juridique pour donner accès à ce traitement hors de prix. Ce feuilleton a tordu le cou à plusieurs idées reçues, notamment l’incapacité de l’industrie locale à produire des traitements dit «innovants». Résultat, un traitement de l’hépatite C qui coûtaient 800.000 DH est désormais disponible à 8.000 DH. 


«Notre politique est  transparente»

Dr. Omar Bouazza
Directeur du Médicament et de la pharmacie au ministère de la Santé

Notre objectif est de revenir à un niveau de couverture de nos besoins en médicaments de 75%.

Les Inspirations ÉCO: Les importations de médicaments progressent depuis dix ans. La souveraineté sanitaire du Maroc est-elle en danger?  
Omar Bouazza: Nous avons de la visibilité sur l’évolution de ces importations et nous suivons cette situation pour assurer la sécurité sanitaire des Marocains. C’est un enjeu fondamental au sein du ministère. Le Maroc, à travers sa politique de santé, vise à réduire ses importations en médicaments. Nous encourageons la fabrication locale et l’exportation de médicaments marocains vers l’Afrique pour contrebalancer l’importation. La sécurité du médicament est un domaine stratégique pour l’État. Assurer un niveau élevé de fabrication locale, ce n’est plus dépendre des bons vouloirs d’acteurs internationaux. Notre objectif est de revenir à un niveau de couverture de nos besoins en médicaments de 75%.

Le ministère délivre-t-il des dérogations pour importer des médicaments pourtant productibles au Maroc?
La règle en vigueur dans le département est stricte. L’AMM à l’importation n’est pas délivrée à tout va.  Nous veillons à n'importer que les médicaments qui ne sont pas productibles localement. Si des industriels nationaux souhaitent produire certains traitements importés, ils sont les bienvenus. Nous les encourageons. Maintenant, il y a une différence entre le déclarer et le produire réellement. Notre ligne est claire et transparente: nous encourageons fermement la fabrication locale. D’ailleurs, de nombreuses mesures prises vont dans ce sens.

Le Plan d’accélération industrielle prévoit l’encouragement de la fabrication locale. Où en est cette stratégie?
Les écosystèmes du médicament se compose de cinq volets: l’encouragement de la fabrication locale spécifique des bio-similaires et des dispositifs médicaux, ainsi que de la matière première. Le soutien à la R&D est également au menu. À travers ces écosystèmes, le gouvernement propose un soutien sous différentes formes pour les industriels souhaitant s’investir dans ce domaine. Ces mesures commencent à donner leurs fruits. Plusieurs industriels ont déjà déposé des demandes d’AMM pour des produits de bio-tech et des bio-similaires. Courant 2018, des médicaments seront fabriqués au Maroc. Concernant d’autres traitements, il faudra un minimum de trois ans pour pouvoir produire localement. Des investissements dans des projets d’essais cliniques seront également annoncés prochainement par des industriels internationaux.  

Le bilan des quatre premiers mois de l’action gouvernementale a été présenté lundi dernier. Le premier message véhiculé par les dirigeants de la coalition gouvernementale est celui de la cohésion de la majorité. Tout en se disant conscient de l’ampleur des défis et appelant à ne pas amplifier les divergences des points de vue entre les membres de sa coalition, le chef de l’Exécutif se veut rassurant quant au bilan des quatre premiers mois qu’il juge satisfaisant malgré les contraintes. Six points sont érigés en priorité.

Les six composantes du gouvernement de Saâd-Eddine El Othmani forment-elles une coalition homogène? Beaucoup d’informations ont circulé au cours des premiers mois de l’action gouvernementale sur les différends qui minent cette coalition en raison non seulement de la divergence des points de vue entre les membres de l’Exécutif mais aussi des tensions internes surtout au sein du parti de la justice et du développement ainsi que des désaccords de la majorité parlementaire. «Ce ne sont que des rumeurs», à en croire les dirigeants de la majorité qui tiennent à balayer d’un revers de la main ces critiques, lors de leur sortie médiatique lundi en fin d’après-midi sur le bilan des quatre mois de l’action gouvernementale. D’ailleurs, c’était le message principal que la coalition gouvernementale tenait à véhiculer à l’unisson, pour «dissiper tous les doutes». Pourtant, cette rencontre a été marquée par l’absence du secrétaire général du parti de la lampe dont l’ombre a toutefois marqué les discours. Les allusions de certains dirigeants de la majorité ont été à peine voilées. Sans citer nommément l’ancien chef de l’Exécutif, la plupart des chefs de file des formations de la majorité n’ont pas fait dans la dentelle en matière de comparaison entre la précédente gestion gouvernementale et l’actuelle. Ils ont même tenu à saluer «l’efficacité» de Saâd-Eddine El Othmani qui «joue son rôle de chef de gouvernement» contrairement à ce qui se dit.

La cohésion, élément-clé
Le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, est le premier à jeter des fleurs au chef du gouvernement «en raison de sa rapidité dans la prise des décisions». Le patron du parti de la colombe a même insisté sur la nouvelle approche basée sur la cohésion entre les départements ministériels et l’échange des points de vue autour des dossiers brûlants de l’heure, à l’instar de la commission ministérielle créée au lendemain du discours royal sur les défaillances de l’administration. «Nous travaillons au sein du gouvernement dans le total respect de cette institution. C’est le début d’une expérience et on est déterminé à aller de l’avant», relève-t-il. Même son de cloche auprès des secrétaires généraux du mouvement populaire, de l’Union socialiste des forces populaires et de l’Union constitutionnelle. Leur crédo affiché : la volonté «commune» de réussir, encore faut-il que les déclarations d’intention soient traduites sur le terrain en actions concrètes. Le plus important, de l’avis des dirigeants de la majorité, c’est que toutes les composantes de la coalition assument la responsabilité aussi bien des échecs que des réalisations contrairement «à ce qui se passait auparavant lorsqu’une seule partie s’attribuait les réussites». L’allusion au PJD et à son secrétaire général est on ne peut plus claire.

Des divergences «constructives» ?
El Othmani reconnaît que, certes, la majorité est parfois divisée sur certaines questions qu’elle essaie de régler grâce au dialogue, mais il tient, en même temps, à fustiger ceux qui misent sur l’explosion du gouvernement et «amplifient» les contradictions. «Les divergences des points de vue sont très normales sinon on serait un seul parti politique. Mais, nous nous basons toujours sur notre engagement et sur notre programme gouvernemental même si les discussions pourraient être parfois animées», précise-t-il tout en tenant à décocher ses flèches sur les détracteurs du gouvernement qui «spéculaient» sur sa fin proche et sur le limogeage ou la démission de certains de ses membres. El Othmani se veut rassurant et déterminé à aller de l’avant en «dépit des difficultés». Pour le dirigeant progressiste Abdelouahed Souhail, - qui représentait le secrétaire général du PPS absent en raison du décès de sa mère -, l’accélération de la cadence s’impose d’autant plus que la Constitution de 2011 a instauré de nouveaux droits et que le gouvernement est appelé à s’attaquer à de grandes problématiques persistantes. Les insuffisances sont, en effet, énormes, comme le souligne, pour sa part, Lachguer qui attire l’attention du gouvernement sur l’importance de relancer le dialogue social qui n’est pas encore à la hauteur des aspirations comme le gel des salaires depuis plus de cinq ans.

De grandes attentes
Beaucoup d’attentes sont nourries dans ce gouvernement, selon Mohand Laenser. Néanmoins, l’Exécutif arrivera-t-il à atteindre les objectifs escomptés et à concrétiser ses engagements ? En tout cas, sans la cohésion des groupes parlementaires en matière de soutien des choix gouvernementaux, ce ne sera pas une tâche aisée, d’après le chef de file des Harakis. Laenser estime, en effet, que toutes les composantes de la coalition tant l’équipe gouvernementale que les groupes parlementaires ainsi que les dirigeants des partis politiques doivent être mobilisés pour réussir le pari de la concrétisation des objectifs fixés pour l’actuel mandat. Le chef de l’Exécutif semble conscient que la mission n’est pas de tout repos et que les enjeux à relever sont de taille au vu des attentes tant sur le plan social qu’économique. Fidèle à son discours depuis sa nomination, El Othmani réitère, encore une fois, son engagement ayant trait à la politique de la main tendue à toutes les parties : parlementaires de la majorité, opposition, partenaires sociaux et économiques, société civile…Or, malgré la multiplication des promesses du chef du gouvernement, le scepticisme des différents partenaires demeure toujours affiché quant à sa véritable volonté de renforcer la concertation autour des dossiers épineux. Les centrales syndicales sont en tête des protestataires. Elles contestent le retard accusé dans la tenue du premier round du dialogue social qui est, pourtant, très attendu pour régler des questions clés en suspens depuis des années. En tout cas, le chef du gouvernement s’est engagé, encore une fois, à se réunir prochainement avec les syndicats et même avec l’opposition. L’objectif est de relever ensemble tous les défis. Plusieurs priorités sont définies avec une approche privilégiant la convergence des différents programmes des départements ministériels. C’est d’ailleurs la mission qui incombe à la commission interministérielle chargée d’assurer la coordination de l’action gouvernementale pour éviter la déperdition du temps et des efforts.

Le renforcement de la réforme institutionnelle
Le premier chantier érigé en priorité est celui du renforcement de la réforme des institutions notamment l’administration et la gouvernance. À ce titre, plusieurs textes ont été adoptés par le gouvernement dont celui relatif au Conseil national des droits de l’homme et le projet de loi relatif au transfert des attributions de l’Autorité gouvernementale chargée de la justice au procureur général du roi près la Cour de cassation, en sa qualité de président du parquet général. Au niveau de l’administration, l’heure est à la mobilisation pour renforcer son rendement et son efficacité et pallier tous les dysfonctionnements qui semblent éternels bien que des mesures aient été prises par les différents gouvernements. Des textes ont été adoptés pour simplifier les procédures administratives. Le gouvernement demeure très attendu sur le chantier de la lutte contre la corruption qui doit figurer en tête du peloton à travers des mesures concrètes. Jusque-là, en dépit des textes adoptés et des actions menées, la corruption reste parmi les fléaux les plus durs à combattre. Une grande volonté politique s’avère nécessaire pour ne pas se cantonner, comme à l’accoutumée, dans les déclarations d’intentions et la prise de mesurettes sans impact réel sur le phénomène qui gangrène plusieurs secteurs. Le renforcement de la régionalisation avancée est un autre dossier de la plus haute importance. Le gouvernement a accéléré la cadence d’adoption des décrets et il n’en reste que trois pour achever ce chantier législatif.

L’encouragement de l’investissement
Le deuxième point sur lequel insiste le chef du gouvernement est celui de l’encouragement de l’investissement et l’appui de la PME et la TPE. Le projet de loi de Finances de 2018, en cours de préparation, devrait traduire cette orientation. À cet égard, El Othmani promet des mesures «importantes et fortes». Le gouvernement entend aussi œuvrer pour le renforcement des programmes sectoriels. Plusieurs mesures sont citées dans le bilan d’étape du gouvernement dont l’adoption de 51 projets de conventions d’investissements pour un montant de 67 MMDH par la Commission nationale des investissements ainsi que le lancement de quelques projets industriels dont l’usine de Peugeot-Citroën à Kénitra…

La réforme de l’éducation
Le système d’éducation figure aussi parmi les priorités au vu des difficultés dont souffre le secteur et du niveau scolaire des élèves marocains jugé très faible. Il est grand temps d’accélérer la cadence en la matière. Le département de Hassad a entamé quelques mesures pour lutter contre certaines problématiques comme l’encombrement des classes, mais il s’avère nécessaire de redoubler les efforts, de l’avis d’El Othmani, pour pouvoir mettre en œuvre les objectifs de la vision 2015/ 2030 de l’enseignement aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif. L’enjeu n’est pas facile à relever à cause du cumul des retards et des énormes difficultés que connaît le secteur. L’espoir est que l’Exécutif pourra concrètement marquer de son empreinte la réforme tant attendue de l’enseignement à tous les niveaux. Sur le plan de l’enseignement supérieur, l’adaptation de la formation aux exigences du marché du travail est une exigence qu’il faudra concrétiser. Pour y arriver, le gouvernement encourage l’orientation vers la formation professionnelle comme en témoigne sa décision de faire bénéficier quelque 70.000 stagiaires de l’OFPPT de la bourse pour un coût estimé à 400 MDH.

Pallier les insuffisances de la santé
Le secteur de la santé est très critiqué en raison de ses insuffisances ainsi que des disparités spatiales en matière de ressources humaines spécialisées. Le gouvernement entend s’attaquer à ce serpent de mer en collaboration avec les collectivités territoriales pour que les services de soins de santé soient à la hauteur des attentes. La coopération s’impose, selon El Othmani, pour gagner ce pari et combler toutes les lacunes en la matière.

Nouvelle feuille de route pour l’emploi
Le gouvernement a lancé le chantier de l’actualisation de la stratégie nationale de l’emploi et a adopté une nouvelle feuille de route axée sur plusieurs volets dont les jeunes diplômés, les femmes, l’auto-emploi ainsi que le niveau territorial. Les programmes régionaux de l’emploi sont considérés comme un levier pour la lutte contre le chômage et la création du nombre escompté de postes d’emploi (au moins 200.000 par an).

La protection sociale : lutter contre les disparités
La réalisation du programme de la diminution des disparités spatiales et sociales en milieu rural est citée en exemple par le chef de gouvernement en matière de développement et de justice sociale. À cela s’ajoute le grand chantier de la généralisation de la couverture médicale et la protection sociale. El Othmani se veut confiant et insiste beaucoup sur les chantiers sociaux pour réussir les différents engagements du gouvernement.


Les chantiers d’avenir

Le bilan d’étape du gouvernement énumère plusieurs chantiers d’avenir. Il s’agit notamment d’entamer la mise en œuvre du Plan national de l’emploi, d’adopter des mesures au profit de l’entreprise et de l’investissement dans le budget de 2018, d’adopter la loi-cadre de l’enseignement et de la formation, de parachever la mise en œuvre de la régionalisation avancée et d’asseoir un système de contractualisation avec les régions, de suivre l’exécution du développement rural et lutter contre les disparités spatiales, de poursuivre le chantier de la réforme de l’administration et de la gouvernance et adopter la charte de la déconcentration administrative ainsi que les mécanismes de sa mise en œuvre. À cela s’ajoutent le suivi de l’exécution de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, la poursuite de la réforme du système de protection sociale en misant sur la convergence, la généralisation de la couverture médicale aux professions libérales et aux salariés indépendants, le lancement de la concertation autour de la réforme globale du système des retraites et l’élaboration de cette réforme ainsi que le lancement du projet de création de la Commission supérieure d’actualisation des législations.

La réforme de la retraite des parlementaires devrait être prochainement mise en œuvre après d’intenses débats entre les différentes parties prenantes. Le bureau de la Chambre des représentants a formulé ses propositions au ministère de l’Économie et des finances en vue de trouver une solution urgente. Rien n’est encore tranché bien que la piste de la réforme paramétrique soit privilégiée.

La réforme de la retraite des parlementaires devrait bientôt être mise sur les rails. Après des mois de réflexion et de discussions animées entre les différentes parties prenantes dont le bureau de la Chambre des représentants, le dossier est aujourd’hui entre les mains du ministère de l’Économie et des finances. Les négociations sont en cours pour trouver un terrain d’entente en vue de sauver la caisse qui est déficitaire et sauvegarder les acquis, selon un membre du bureau de la Chambre basse. C’est le président des représentants Habib El Malki qui est mandaté pour la gestion de cette affaire avec l’Exécutif.

Lors d’un point de presse qu’il a tenu après la clôture de la session printanière, El Malki a affiché le souhait que le département de Mohamed Boussaïd prenne en considération la situation de bon nombre d’ex-parlementaires qui ont passé cinq voire dix ans au Parlement et qui ne perçoivent pas aujourd’hui leurs pensions comme leurs prédécesseurs. Il s’agit de quelque 270 députés de la précédente législature dont une grande partie ne cesse de défendre son droit de percevoir une pension à l’instar de ce qui se faisait auparavant. Sauf que cette fois-ci, tous les indicateurs de la caisse de retraite des parlementaires gérée par la Caisse nationale de retraites et d’assurances (CNRA) sont dans le rouge. Une réforme s’impose donc pour assurer l’équilibre financier de ladite caisse. Les parlementaires «retraités» qui en bénéficient représentent en effet le double de ceux qui cotisent. Une situation qui n’existe nulle part ailleurs. Ce système est par conséquent déficitaire par nature et doit être revu dans sa globalité. Les députés de la neuvième législature qui n’ont pas été reconduits au Parlement appellent à une solution urgente. C’est le cas de l’ancienne parlementaire Nouzha Sekalli : «nous sommes non seulement privés arbitrairement de retraite mais aussi de débat pour trouver des solutions. Certains sont prêts à au moins récupérer leurs cotisations», laquelle se prononce pour la réforme et l’alignement de l’âge de la retraite des parlementaires à celui de la fonction publique tout en précisant que «certains sont en difficulté car ils ont planifié sur la base de cette retraite».

Aujourd’hui, l’idée est de permettre aux anciens députés qui ont achevé leurs mandats en 2016 de bénéficier, eux aussi, de la retraite à l’instar de leurs prédécesseurs tout en mettant en place une réforme globale qui sera appliquée aux parlementaires en exercice actuellement, selon un membre du bureau de la Chambre des représentants. La pension mensuelle pourrait être revue à la baisse, soit de 1.000 DH par mois pour chaque année de mandat à 800 DH. Actuellement, la retraite d’un parlementaire qui a passé cinq années dans l’institution législative est de 5.000 DH par mois. L’accélération de la cadence s’impose, selon plusieurs parlementaires. Tous les groupes au sein de la Chambre basse affichent visiblement leur ferme volonté de mettre en œuvre le plus tôt possible les mesures nécessaires qui s’imposent. Il apparaît clairement que la réforme paramétrique est l’unique solution qui pourra sauver la caisse. C’est d’ailleurs la solution qui aurait été retenue par la Chambre des représentants, d’après une source interne. L’âge de perception de la pension devra être relevé à 63 ans à l’instar de ce qui a été décidé pour la fonction publique.

Il faudra amender les dispositions juridiques actuelles permettant aux parlementaires de bénéficier de la retraite dès la fin de leur mandat. Une situation qui a suscité une large polémique d’autant plus que de plus en plus de jeunes députés accèdent à l’institution législative grâce au système du quota qui a été instauré depuis la précédente législature. Or, l’équilibre de la caisse ne pourra pas être assuré uniquement avec cet amendement en raison des multiples dysfonctionnements dont souffre le système, et rien n’est encore tranché officiellement. Par conséquent, il s’avère nécessaire de mettre en place d’autres mesures en s’inspirant de la réforme de la fonction publique. Il s’agit notamment de l’augmentation de la cotisation pour garantir la pérennité du régime. Actuellement, les parlementaires paient une cotisation mensuelle de 2.900 DH alors que le même montant est débloqué par l’État. «Une cotisation qui était raisonnable à une certaine époque et qui pourrait être révisée tout en gardant le même taux de 50% pour l’État et 50% pour les parlementaires», indique le parlementaire de la Fédération démocratique du travail, Abdelhamid Fatihi. Certains députés proposaient de porter cette cotisation à 4.000 DH. Mais cela reviendrait à une augmentation des charges de l’État, qui devrait relever le budget dédié à la retraite des parlementaires. À cet égard, quelques voix plaident même pour la suppression des cotisations de l’État. D’autres appellent à la mise en place d’un régime de retraite plutôt optionnel qu’obligatoire en laissant le choix aux parlementaires d’adhérer à ce régime ou d’y renoncer, surtout en cas de relèvement de l’âge de perception de la pension.

La Chambre des conseillers, dont certaines composantes affichent des réticences à l’égard de la mise en œuvre de cette réforme, est aussi concernée par ce dossier épineux. La Chambre haute est appelée à prendre le taureau par les cornes en s’inscrivant dans cette réforme, d’autant plus que la situation s’est aggravée avec la baisse du nombre de conseillers de 275 à 120 ainsi que l’augmentation du taux de renouvellement des députés et des conseillers lors des dernières élections. Ainsi, le ratio entre le nombre de cotisants et le nombre de pensionnés s’est fortement dégradé.  

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO