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Le chef de gouvernement s’apprête à livrer le bilan du gouvernement à mi-mandat au Parlement conformément à l’article 101 de la Constitution. De nombreux défis restent à relever : l’élaboration d’un nouveau modèle de développement, le renforcement du taux de croissance, l’amélioration du climat des affaires, le renforcement de la protection sociale, la promotion de l’emploi...

Cela fait deux ans que le gouvernement a été investi après avoir obtenu la confiance de la Chambre des représentants (le 26 avril 2017). On s’attend à des discussions houleuses au sein de l’institution législative sur le bilan d’étape de la part non seulement de l’opposition, qui n’a pas cessé de sortir l’artillerie lourde contre le gouvernement mais aussi de la majorité qui est secouée de plein fouet par des guéguerres intestines. El Othmani sera certainement interpellé sur la question de la cohésion de la coalition gouvernementale, qui a été mise à rude épreuve à plusieurs reprises.

À cet égard, le chef de l’Exécutif a tenu récemment à souligner que les différends au sein de la majorité n’impacte pas l’action gouvernementale qu’il qualifie de «satisfaisante». Une réponse loin de convaincre ses détracteurs qui pointent du doigt la déperdition du temps politique. En tête des reproches figure aussi la lenteur dans la réactivité face aux mouvements sociaux qui ont rythmé ces deux dernières années et à certains dossiers d’une actualité brûlante. Le gouvernement qui a opté pour la continuité dans sa déclaration devant les parlementaires est attendu de pied ferme sur plusieurs dossiers à commencer par le renouvellement du modèle de développement qui figure parmi les engagements gouvernementaux. Jusque-là, le débat public autour de cette question stratégique pour le royaume n’est pas encore sur les bons rails mis à part quelques initiatives isolées. L’accélération de la cadence de cette grande réforme s’impose pour hisser le taux de croissance qui demeure encore très faible. Le gouvernement table sur une croissance de 3,2% uniquement alors que les engagements gouvernementaux sont de 4,5% et 5,5%. Si rien n’est fait, on s’acheminera vers la reproduction du même scénario du gouvernement de Benkirane qui avait promis de porter le taux de croissance à 5,5% en 2016 mais sans pour autant que cet engagement soit concrétisé. Il faut dire que le taux de croissance au Maroc demeure toujours fortement tributaire de la clémence du ciel. Le Maroc n’a pas encore réussi à gagner le pari de l’accélération de l’amélioration des activités non agricoles. Leur progression demeure lente : 2,9% en 2018, 3,4% en 2019 et 3,8% en 2020, selon la Banque centrale. Les taux de croissance enregistrés au cours des dernières années ne permettront pas de régler les problèmes du pays.

Le gouvernement est ainsi appelé à élaborer une vision claire basée sur des priorités pour booster l’économie et le secteur privé. À cet égard, il reste encore de grands efforts à déployer pour améliorer le climat des affaires et lever les contraintes au développement du secteur privé. Une stratégie nationale pluriannuelle est en vue pour que le Maroc puisse rejoindre le top 50 au classement du Doing Business en 2021. Il faut encore gagner 10 places en deux ans pour concrétiser cet objectif gouvernemental qui nécessite l’accélération des réformes dont certaines ont été déjà engagées (la réforme des délais de paiement, la nouvelle législation des CRI…). Au niveau de la création d’emploi, le taux de chômage reste élevé même s’il a enregistré une légère baisse entre 2017 et 2018 de 10,2% à 9,8%. Le gouvernement s’engage à porter ce taux à 8,5% à l’horizon 2021 alors que le précédent Exécutif a promis de le réduire à 8% en 2016 sans pouvoir atteindre cet objectif. Une nouvelle stratégie de promotion de l’emploi a été lancée l’année dernière mais des doutes planent sur la concrétisation de son plan d’action dont les objectifs sont jugés utopiques par rapport à la situation du marché de travail et aux contraintes économiques. Le chef du gouvernement devra présenter un bilan d’étape détaillé de l’état d’avancement de la mise en oeuvre de ce plan. Sur le volet social, le gouvernement par la voix de ses différents ministres ne cessent d’énumérer nombre de mesures prises, comme le renforcement du programme Tayssir, l’octroi de la bourse pour la première fois aux étudiants de la formation professionnelle titulaire d’un baccalauréat ainsi que l’élargissement de la bourse de l’enseignement supérieur, l’augmentation des budgets des secteurs de l’enseignement et de la santé…Mais les défi s restent on ne peut plus grands en matière de lutte contre les disparités sociales à commencer par la protection sociale dont le bilan reste en dessous des aspirations.

Pour mettre fin aux multiples dysfonctionnements qui émaillent le secteur et privent des millions de citoyens de protection sociale, le gouvernement entend mettre en place un système unifié et intégré de la protection sociale. Une initiative louable qui devrait être concrétisée avant la fin du mandat gouvernemental. Ce dossier est fortement lié à celui de la réforme des retraites qui est l’une des priorités annoncées par El Othmani au lendemain de sa nomination. Le chef de l’Exécutif défend la réforme décriée par les syndicats et mise en place au forceps par son prédécesseur tout en s’engageant à continuer sur la même lancée pour asseoir la réforme globale conformément aux recommandations de la Commission nationale des retraites. L’ouverture de ce dossier ne sera pas de tout repos pour El Othmani qui aspire à signer un accord avec les partenaires sociaux et économiques sur l’amélioration des revenus avant la fête du travail. Les centrales syndicales les plus représentatives ne comptent pas lâcher du lest sur nombre de dossiers comme la garantie des libertés syndicales, la création d’un nouveau grade, l’alignement du SMAG sur le SMIG…À cela s’ajoute le volet législatif qui constitue la pomme de discorde entre l’Exécutif et le patronat, qui va faire l’objet d’un bras de fer serré entre les différentes parties. Il s’agit entre autres du projet de loi sur les syndicats que le chef du gouvernement est visiblement déterminé à mettre sur les rails en dépit de la réticence de certaines centrales syndicales. Il s’est engagé aussi à réformer le Code du travail, une doléance insistante du patronat et redouté par les syndicats. En ce qui concerne la décompensation qui risque d’attiser les tensions même au sein de la majorité gouvernementale, la déclaration gouvernementale prévoit la mise en oeuvre d’une réforme progressive accompagnée des mesures nécessaires pour sauvegarder le pouvoir d’achat des citoyens. Il faudra attendre la mise en place du registre national unifié avant de trancher.

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