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Pedro Bofill. Président du club des amis du Maroc en Espagne. Ex-parlementaire et eurodéputé

Ex-parlementaire et eurodéputé, le socialiste Pedro Bofill estime que le Maroc et l’Espagne sont engagés définitivement sur le chemin de l’entente et de la coopération.

Quel bilan faites-vous des activités du club fondé en 2015 ?
Depuis la création de cet espace en 2015, nous nous sommes investis dans une mission de faire la lumière sur les progrès réalisés par le Maroc et de rapprocher les Espagnols de ce Maroc qui change. Dans cette perspective, nous avons réalisé une série de rencontres et de conférences sur le règne du roi Mohammed VI et ses retombées sur le développement du Maroc. Durant trois jours, ce séminaire qui a eu lieu au Congrès des députés était le seul événement organisé autour des relations bilatérales, impulsé par la société civile et accueilli par le parlement espagnol. Ce détail, à priori anodin, est d’une grande symbolique. De même, nous avons organisé à la Faculté de journalisme de Madrid un séminaire sur les droits de la femme marocaine et les avancées réalisées dans le Code de la famille. Ces réformes sont par exemple méconnues du grand public espagnol. À cela s’ajoutent aussi des débats sur des livres retraçant l’histoire commune des deux pays. Ce lien historique doit être récupéré et mis en valeur pour atteindre cette entente entre nos deux pays.

Comment peut-on définir aujourd'hui les relations maroco-espagnoles ?
Les liens entre le Maroc et l’Espagne ont évolué vers un modèle de relations chaleureuses et positives. Les deux pays ont œuvré conjointement pour assécher les sources d'un manque de confiance, qui a, fort malheureusement, caractérisé les relations entre les deux pays autrefois. Nul ne conteste le fait que les deux voisins soient destinés à s’entendre et les deux peuples ne seront que bénéficiaires de cette collaboration mutuelle. Et c’est là où le rôle des dirigeants politiques et des rois intervient pour fluidifier ces liens et œuvrer de manière à ce que nos deux peuples tirent bénéfice de cette stabilité et l'inscrivent dans la durée car historiquement, quand le ciel est dégagé entre Rabat et Madrid et que les relations sont stables, cela donne lieu à de fructueux bénéfices pour les deux nations et enclenche un cercle vertueux.

Comme c’est le cas avec l’essor des relations économiques et commerciales entre les deux pays...
Je crois que les deux paramètres, économiques et politiques s’inter-alimentent. Regardons de près l’exemple de l’Union européenne. Grâce au volet économique et commercial, l’Europe a pu avancer et consolider ses atouts, ce qui a fini par tirer tous les composants, humain, économique, social, culturel, etc, vers le haut. Le résultat est là : les peuples européens sont plus proches et le progrès économique et la prospérité ont fini par se produire et impacter la vie des citoyens de l’espace communautaire. Dans le cas du Maroc et de l’Espagne, l’économie a joué un rôle important dans ce rapprochement en contribuant à ce que les relations deviennent plus étroites et que les liens se resserrent davantage. Tout cela trouve son explication dans la confiance, le socle de toute relation car quand deux pays, deux gouvernements et deux peuples se font confiance, la relation devient fluide et moins belliqueuse. Cela n’empêche pas que des incidents de parcours puissent surgir mais ils sont surmontables.

Il semble toutefois que la société civile soit imperméable à ce rapprochement ?
Je crois que dans le cas des deux pays, le Maroc a désormais bonne presse auprès de la société espagnole. Et je fais une mention spéciale ici au travail mené par notre club. Pour le moment, nos activités ciblent les dirigeants et responsables de la société parce que des fois, il est primordial de creuser très profondément pour atteindre la surface. De même, le temps est une donne importante dans ce genre de processus où il faut s’armer de patience pour atteindre les objectifs tracés. Toutefois, je peux témoigner qu’il existe à présent une meilleure vision du Maroc en Espagne. De son côté, le Maroc se déleste, petit à petit, de cette excessive présence française, se diversifie et a retrouvé un grand soutien auprès de son ami l’Espagne. Je tiens à relever aussi que le souverain Mohammed VI mène un grand chantier, non seulement en direction du nord mais aussi du sud qui n’est autre que l’Afrique. Et l’évolution des arrivées des touristes espagnols au Maroc est une autre preuve de cette volonté de découvrir, sous un autre angle, ce voisin.

Rabat a l’impression cependant que la société civile mésestime la valeur des réformes menées par le Maroc...
J’estime que le vrai hic est la méconnaissance de l’autre. Vouloir que les pays avancent avec la même vitesse et sur le même chemin est une erreur monumentale. Chaque pays prend le temps qu’il lui faut et régule sa vitesse, selon ses paramètres internes, pour tracer son chemin. C’est l’idée que nous transmettons à travers notre action au sein du club. Une chose est sûre toutefois : Le Maroc est un pays démocratique, le seul en Afrique du Nord. Il faut que les résultats de la Constitution du 2011 aillent à une vitesse qui permette à la société marocaine de les assimiler sinon l’échec sera garanti. C’est pour cette raison que je mets en garde contre les généralités. Il ne faut pas tomber dans l’erreur commise par notre pays, quand nous avons élaboré, en 1882 la Constitution la plus avancée au monde mais dont la mise en œuvre s’est soldée par un cuisant échec car nous n’étions pas prêts et les conditions n’étaient pas encore réunies. Pour cela, nous devrons soutenir le Maroc et le laisser tracer son propre chemin à son propre rythme. 

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