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Le secteur de transport par bus à Rabat sera confié à un opérateur privé à partir de septembre prochain. L’appel d’offres sera lancé au plus tard en février. La liquidation de Stareo, qui a lancé un plan de départ volontaire, est imminente. L’objectif est de résoudre l’épineux dossier du transport public dans la capitale et ses environs.

Le transport public est l’un des dossiers épineux à Rabat depuis de longues années. La capitale souffre d’un manque criant d’autobus. Alors que les besoins s’élèvent à 600 bus dans l’agglomération (Rabat et les deux cités avoisinantes), le nombre de véhicules qui y circulent est de moins de 300. Les habitants ne savent pas, en effet, à quel saint se vouer. Plusieurs citoyens se rabattent sur le transport informel. Les différentes formules mises en place au cours des dernières années pour améliorer la situation n’ont pas permis de donner les résultats escomptés.

La situation est critique depuis la fin du contrat des sociétés de transport et l'avènement de Stareo en 2009. La concession du secteur à une entreprise privée (Veolia) n’a pas abouti à la résolution des problèmes comme espéré. Après le départ de cet opérateur privé, le groupement Al Assima entendait dépasser les dysfonctionnements dans la gestion de ce secteur dans la capitale et ses environs. Sauf que la concrétisation de cet objectif est restée lettre morte. La situation n’a nullement changé aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.

En cette année 2017, l’espoir est de pouvoir entamer la résolution de ce problème à travers la concession du secteur à un opérateur privé. Un cahier des prescriptions spéciales sera finalisé par un bureau d’étude suisse vers la fin de ce mois de janvier. L’appel d’offres devra être lancé au plus tard en février, selon le maire de la capitale Mohamed Sadiki. «Nous ne sommes pas satisfaits de notre société Stareo qui est à 96% détenue par la commune après le retrait de Veolia. On est en train de chercher un opérateur qui va nous accompagner», précise-t-il aux Inspirations ÉCO. L’objectif fixé est que le nouvel opérateur soit opérationnel en septembre ou octobre de cette année. En parallèle, les problèmes sociaux au niveau de Stareo devront être résolus. Lancé il y a deux mois, un plan de départ volontaire vise quelque 1.000 employés de la société sur un total de 3.000. Mais, jusque-là, ce plan ne suscite pas un vif intérêt de la part du personnel. Moins d’une centaine de personnes s’est manifestée. «Pourtant, les conditions sont encourageantes. Le montant proposé dépasse les indemnités en cas de licenciement abusif», indique Mohamed Sadiki.

Le président du Conseil de la ville de Rabat déplore la situation actuelle de Stareo : «Au départ, on a laissé rentrer tous les salariés qui travaillaient dans les anciennes sociétés alors que ce n’était pas justifié. Il faut dire qu’on n’avait pas mis en place des règles claires en la matière. L’occasion a été saisie pour bourrer la société de faux employés». La liquidation de Stareo est imminente car son rachat «n’intéresserait aucun investisseur», selon le maire. La commune urbaine déclare ainsi forfait. Elle ne pourrait pas gérer le secteur qui est très capitalistique et nécessite de grands investissements, comme le souligne Sadiki. Le ministère de l’Intérieur est appelé à combler le vide y compris les problèmes de Stareo. D’ailleurs, ce département s’est chargé de payer la facture de l’opération de départ volontaire des employés de cette société. La problématique du transport sera-t-elle résolue avec l’entrée du futur opérateur ? C’est en tout cas l’espoir affiché aussi bien par les responsables locaux que les habitants. Les erreurs de l’expérience précédente avec Veolia doivent être évitées.

À long terme, on s’assigne pour objectif d’avoir un seul opérateur pour les bus et le tramway dans la capitale. L’usager peut ainsi voyager avec un seul billet au sein de l’agglomération. Les différents modes de transport doivent, en effet, être complémentaires. Le tramway, à lui seul, n’a pas permis de combler le vide en matière de transport public au sein de l’agglomération. Les extensions des lignes qui ont déjà été étudiées, il y a plus de deux ans, nécessitent de grands investissements. Le manque de financement constitue un problème de taille pour mettre en œuvre les extensions des lignes du tramway au niveau de Rabat et de Salé. L’investissement global pour les extensions du tramway est estimé à 6 milliards de dirhams alors que jusque-là seulement deux milliards de dirhams ont été débloqués, selon le maire de Rabat. Mohamed Sadiki souligne qu’en l’absence du budget nécessaire, on a dû se contenter de deux extensions intermédiaires grâce, entre autres, au financement du Fonds d'accompagnement des réformes de transport et du ministère de l’Intérieur.

Au niveau de Salé, l’extension de la ligne n’arrive pas jusqu’à l’université. Du côté de Rabat, la ligne n’atteint pas Hay El Fath alors qu’il s’agit d’un quartier très peuplé. La ligne 1 devrait être étendue du côté de Rabat. Elle arrive aux universités, mais devra continuer jusqu’à la nouvelle gare du TGV à Hay Ryad et la nouvelle gare routière (en dépassant l’avenue Annakhil). Pour le moment, Temara n’est pas concernée par les extensions du tramway alors qu’il s’agit d’une demande incessante des élus de cette ville.