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Le chef de gouvernement désigné est appelé à accélérer la cadence de la formation du gouvernement. Cinq partis politiques pourraient constituer la prochaine majorité gouvernementale: le PJD, le RNI et les trois partis de la Koutla. Le MP semble être écarté des scénarios élaborés. Mais rien n’est encore tranché.

Presque deux mois après les élections législatives, le chef de gouvernement désigné peine encore à former sa majorité. S’agit-il d’une crise politique? On n’en est pas encore là, selon les observateurs qui estiment que jusqu’à présent, c’est juste une crise ayant trait à la formation du gouvernement. Mais «si le blocage persiste, le Maroc serait bel et bien dans une crise politique», souligne le politologue et professeur universitaire Ahmed El Bouz.

Du côté du Parti de la justice et du développement, on tient à préciser que sur le plan constitutionnel, aucun délai n’est fixé pour la formation du gouvernement. «On ne peut pas parler de retard. Il est on ne peut plus normal que les négociations prennent du temps, comme en Espagne ou encore en Belgique», précise aux Inspirations ÉCO Abdelali Hamieddine, membre du secrétariat général du parti de la lampe. Il dresse trois scénarios possibles. Le premier porte sur la formation d’un gouvernement composé de quatre partis politique: le PJD et les trois partis de la Koutla (l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme). Le deuxième inclura, outre ces formations politiques, le Rassemblement national des indépendants. Abdelilah Benkirane a, d’ailleurs, eu mardi dernier, une réunion avec le président du parti de la colombe, Aziz Akhannouch, pour trancher la participation des bleus au gouvernement.  

Concessions
Il faut dire que le PJD, qui tient au parti de la balance en tant qu’allié au futur Exécutif, s’attend à ce que le RNI révise sa position vis-à-vis du PI. Les héritiers de Allal El Fassi sont aussi appelés à tempérer leurs propos à l’égard du RNI. Ils n’ont pas hésité, ces derniers temps, à sortir l’artillerie lourde contre les bleus par voie de presse. «Il faut faciliter à Benkirane la mission de formation de gouvernement. On doit calmer les esprits des uns et des autres», affirme un dirigeant du PPS. En cas d’échec de formation du gouvernement, Abdelilah Benkirane devra l’annoncer officiellement. Aussi, le Parlement sera-t-il dissolu et des élections anticipées devront être organisées. Cependant, ce scénario est très coûteux et pourra ne pas aboutir aux résultats escomptés. Politiciens et observateurs écartent pour le moment ce scénario dit «catastrophique».

Ils sont nombreux à s’attendre à la formation d’un gouvernement avec cinq partis politiques: le PJD, le RNI et les trois partis de la Koutla. Une source au sein du PPS est convaincue que le RNI fera partie du prochain gouvernement. Le Mouvement populaire se retrouverait, ainsi, éjecté de la majorité gouvernementale alors que les harakis espéraient leur retour au sein du gouvernement. Il faut dire que le MP n’a pas tranché officiellement, au moment opportun, la question de sa participation au gouvernement. Les amis de Mohand Laenser aspirent toujours à éviter les rangs de l’opposition. Selon une source proche des instances décisionnelles du parti de l’épi, le chef de file du MP attend toujours une proposition de la part du chef de gouvernement désigné. Les harakis reprochent à Abdelilah Benkirane de ne pas favoriser dans les négociations les composantes de la majorité sortante. «Benkirane devait attendre le congrès du RNI au lieu d’aller se jeter dans les bras de l’opposition.

Le MP est pour la reconduction des alliés sortants», ajoute notre source harakie. Tous les scénarios restent envisageables. D’aucuns pensent que Benkirane gagnerait à constituer une majorité solide aussi bien sur le plan arithmétique qu’au niveau de la cohésion de ses composantes. En cas de formation du gouvernement avec les partis de la Koutla, la majorité gouvernementale sera de l’ordre de 51,39% (203 sièges). Avec le RNI, ce chiffre sera porté à 60,75%. Par ailleurs, la présidence du Parlement sera un point crucial lors des négociations finales. Il s’agit d’un poste très convoité par tous les alliés potentiels. La bataille devrait être particulièrement rude entre le RNI et l’USFP. Visiblement, le PJD, qui a traversé au cours des dernières semaines une zone de fortes turbulences, pourrait faire des concessions sur ce poste stratégique bien que le parti de la lampe ait espéré initialement détenir le perchoir de la chambre basse en raison du nombre de sièges obtenus. 


Ahmed El Bouz
Politologue

Les Inspirations ÉCO :  Quels sont les scénarios possibles pour la formation du gouvernement ?
Ahmed El Bouz : Le scénario le plus plausible est celui de la formation d’un gouvernement présidé par Abdelilah Benkirane. Je pense que les spéculations, notamment sur la désignation d’un autre membre du PJD pour la formation du gouvernement, sont à écarter. D’ailleurs, ces spéculations font partie des négociations pour faire pression sur Benkirane. Le chef de gouvernement désigné sera appelé à faire des concessions. En cas d'échec à former le gouvernement, les autres scénarios risquent d’être coûteux.

À votre avis, quels   partis composeront le prochain gouvernement ?
Cinq partis politiques pourraient constituer le prochain gouvernement: le PJD, le RNI, le PI, l’USFP et le PPS. On n’est pas encore sûr que le RNI ait brandi le veto contre le Parti de l’Istiqlal. Cette information a circulé à travers le PJD et l’Istiqlal. Il faut dire que la question de la formation du gouvernement n’est pas d’ordre numérique; elle est plutôt politique. Je pense que Benkirane n’est pas prêt à laisser passer l’occasion pour le PJD d’être une deuxième fois à la tête du gouvernement.

Tout porte à croire que le nombre des portefeuilles ministériels ne sera pas révisé à la baisse. Qu’en pensez-vous ?
Effectivement. Ce ne sera pas un gouvernement ramassé. Deux grands facteurs sont déterminants dans la formation du gouvernement au Maroc. Le premier a vocation à satisfaire les ambitions des partis politiques alliés et le deuxième concerne la recherche, par chaque parti politique, de la satisfaction des convoitises personnelles internes.

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