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Depuis son entrée sur le marché marocain, Uber bouscule doucement, mais sûrement, les habitudes de transport. Alors que le bras de fer entre les autorités et l’application se poursuit, la question de la régulation se pose avec acuité. Certaines études avancent qu’un blocage serait contre-productif et qu’une nouvelle réglementation des transports s’impose.

L’«uberisation» des transports inquiète. Après les taxis, d’autres modes de transports et services logistiques sont en train d’opter pour ce modèle d’intermédiation dématérialisée s’inscrivant en dehors de la réglementation traditionnelle. Si devant la fronde des professionnels, certains pays ont décidé d’interdire ou du moins de limiter ces applications, d’autres choisissent le chemin de la régulation. Au Maroc, l’entrée en service d’applications comme Uber n’a pas eu le même impact que dans d’autres pays européens. D’abord, parce que la cible ne semble pas être la même. L’utilisation d’Uber au Maroc ne semble pas intéresser, pour l’instant, le grand public, et le prix du voyage n’est pas encore vraiment compétitif pour venir embêter les services de taxis traditionnels.

En outre, l’activité d’Uber a encouragé plusieurs chauffeurs à opter pour d’autres services et applications du même genre. Le bras de fer entre les autorités marocaines et Uber, enclenché dès le début d’activité de l’application dans la métropole, se poursuit aujourd’hui devant la justice. Mais faut-il vraiment interdire Uber ? La question a été traitée dans le cadre du dernier Forum international du transport (ITF), tenu à Leipzig (Allemagne). Une étude a été préparée par les experts de ce forum rattaché administrativement à l’OCDE, et dont le Maroc est membre permanent depuis 2015. «Il ne s’agit pas de défendre les intérêts d’une quelconque partie, mais nous voulons traiter objectivement une question qui est, de plus en plus, inévitable pour les politiques de transport de nos pays membres», explique José Viegas, secrétaire général du Forum international du transport.

L’interdiction, contre-productive
Il ressort de ce rapport que la réaction consistant à interdire ces applications d’intermédiation ou à les faire entrer systématiquement dans le champ d’application des règles du marché du transport de personnes contre rémunération, serait «contre-productive». Le forum avance surtout les avantages fournis par ces modes de transport aux citoyens, en termes d’accessibilité aux services de transport. «Il faut souligner l’importance capitale des données que ce genre d’application peut fournir aux décideurs», explique Philippe Crist, expert en mobilité urbaine au sein de l’ITF.

Pour les experts de l’organisation, les systèmes d’information, mis en place par ce genre d’application, permettent de réunir des données sensibles sur la réalité du transport. C’est ainsi que la Big Data, réunie par ces services, permet de fournir des données précises sur les pratiques des conducteurs, la circulation, la clientèle etc. Autant d’informations dont les politiques ont besoin en vue d’adapter leurs décisions aux réalités du transport.

Par ailleurs, «les applications de transport de personnes améliorent la répartition des capacités disponibles, ce qui est bénéfique pour les consommateurs, les professionnels, les villes et l’environnement», souligne l’ITF dans son rapport. En revanche, de l’aveu même de ses rédacteurs, l’étude ne traite pas des impacts sociaux que ce genre d’applications peut avoir sur certaines professions, comme celle des taximen, tout en soulignant que ces questions mériteraient d’être traitées au cas par cas par les différents régulateurs nationaux.

La régulation, inévitable
En attendant, l’ITF estime que «la réglementation du transport de personnes contre rémunération doit devenir plus souple pour permettre l’innovation, tout en veillant à assurer la sécurité publique, la protection des consommateurs et des chauffeurs ainsi qu’en renforçant la discipline fiscale». Pour le ministre de l’Équipement et du transport, Aziz Rabbah, «Il n’y a pas de modèle standard, il existe différentes pratiques de régulation et il faudra choisir celui qui s’adaptera le mieux à la réalité marocaine». Le ministre assure que son département prendra en considération l’aspect social, la demande de la population, le pouvoir d’achat et la dynamique que connaît le pays en termes d’utilisation des nouvelles technologies. «Nous n’avons aucun intérêt à maintenir le statu quo. Cette démarche sera même au détriment des professionnels et aura un impact négatif sur notre développement», souligne Aziz Rabbah.


 

Aziz Rabbah
Ministre de l’Équipement, du transport et de la logistique

«Fini la logique atomique du transport !»

Qu’on le veuille ou non, le transport se développera de manière extraordinaire. Il faut s’attendre à des nouvelles technologies, à des surprises dans de nouveaux modes de transport, des technologies, des alliances, des regroupements etc. Le fait de laisser le statu quo ne profite pas au développement du Maroc. De la même manière que nous travaillons sur le développement des infrastructures, nous devons nous consacrer au développement des services et des outils. Sinon, cela nous sera imposé dans quelques années et nous ne serions pas prêts. L’un des changements que nous privilégions aujourd’hui est de sortir de la logique atomique du transport et d’aller vers une logique de réseau.
C’est quelque chose qui s’imposera de plus en plus. Nous ne sommes plus dans une logique atomique, avec un taxi, un autocar, ou une compagnie maritime qui agissent en solo. La tendance aujourd’hui est au réseautage, aux alliances, aux regroupements et au développement des systèmes d’informations et de coopération. Cela permettra d’abord d’avoir un meilleur marché et de meilleures opportunités. Deuxièmement, cela nous permet d’optimiser les coûts. Enfin, cela permet de créer des forces plus compétitives.

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