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19-11-2019 10:04

19-11-2019

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Les Cahiers des ÉCO

Le sommet de l’Union africaine a commencé, dimanche à Addis-Abeba, les travaux de sa 32ème session ordinaire avec la participation du Maroc.

 

Le Chef du gouvernement, Saâd Dine El Otmani, préside la délégation marocaine à ce Sommet, qui est composée du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita et du ministre délégué chargé de la Coopération africaine, Mohcine Jazouli.

 

Outre des chefs d’Etat et de gouvernement africains, cette session est marquée par la participation des secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue Arabe.

 

Ce Sommet sera marquée par le lancement du thème de l’année 2019 de l'Union africaine: «Année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées: Vers des solutions durables aux déplacements forcés en Afrique».

Le président sénégalais Macky Sall a déclaré, samedi à Dakar, que les relations "spéciales" ont été tissées entre le Maroc et le Sénégal et se sont "poursuivies et consolidées".

 

"Des relations spéciales ont été tissées entre le Royaume du Maroc et le Sénégal, bien avant notre indépendance et se sont poursuivies et consolidées", a souligné président, à l’occasion d’une réception organisée à la résidence de Cheikh Mohammad Al Madani Tall, serviteur de la hadra omarienne, à la veille de la cérémonie officielle de la 39è édition de la "Ziara annuelle" des Tijanes omariens du Sénégal, organisée sous le Haut patronage du roi Mohammed VI.

Une  délégation marocaine, conduite par M. Ahmed Kostass, directeur des Affaires islamiques au ministère des Habous et des affaires islamiques, et composée également de l'ambassadeur du Maroc au Sénégal, Taleb Barrada,et d’Abdellatif Begdouri Achqari, représentant de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains et Abdelmajid Mouhib, président du conseil local des ouléma d’El Jadida.

Cette ziyara, constitue l'un des plus importants rassemblements de la communauté Tijane à Dakar, est dédiée à la célébration de la mémoire du Khalife de la Zaouiya Tijane Omarienne, Seydou Nouru Tall, descendant d'une famille de grands érudits qui ont consacré leur vie à la diffusion des valeurs authentiques de l'Islam.

La Tariqa omaria est l'une des plus grandes confréries au Sénégal, berceau d'un Islam soufi aux diverses confluences et aux liens communs ancestraux avec les écoles soufies du Maroc, qui ont rayonné sur l'ensemble du continent des siècles durant.

La famille des Tijanes Omariens compte de nombreux disciples au Mali, au Niger, au Burkina Faso, en Mauritanie, en Guinée et en Gambie.

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Fakih Mohamed, a révélé que la 32ème session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine (UA) donnera des détails sur le passeport, qu'il a décrit comme "le rêve tant attendu".

 

"Lors de la conférence qui se tiendra en février prochain à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, des détails seront présentés sur la conception, la production et la délivrance du passeport africain."

 

Il a ajouté que cette initiative consituerait le "rêve tant attendu" de la "liberté totale de circulation sur le continent africain".

 

Le passeport unique a pour objectif de faciliter la circulation des Africains entre les pays africains, de stimuler la croissance économique et de promouvoir les échanges commerciaux.

 

Cette évolution fait suite à l'annonce par l'Union africaine d'une initiative de "marché aérien unifié" visant à créer un marché commun des biens et des services.

 

Le site Web "Quartz" indique que si les chefs d’État ratifiaient les détails de cette initiative en février, cela ouvrirait la voie à la création du passeport.

 

Il a ajouté que le passeport africain serait dans l'intérêt des citoyens des pays dotés de passeports "faibles", tels que le sud du Soudan et le Burundi.

 

Les voyageurs du sud du Soudan et du Burundi ont besoin de visas pour visiter respectivement 48 et 47 pays africains.

 

La mesure dans laquelle les pays africains acceptent cette démarche est inconnue, les experts en immigration continuant de discuter des points positifs et des défis, en particulier de l’impact d’un tel passeport sur la sécurité des États.

Nabyl Lakhdar, Directeur général de l’Administration des douanes et des impôts indirects (ADII)

Pour le directeur général de la Douane marocaine, aussi bien la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) qu’une probable adhésion du Maroc à la CEDEAO seront bénéfiques pour le royaume. Pour Nabyl Lakhdar, il ne faudrait pas s’attendre à une baisse des recettes douanières mais plutôt à une hausse des exportations marocaines. Interview exclusive.

Les Inspirations ÉCO : Quelle appréciation globale faites-vous de l’activité douanière en Afrique ?
Nabyl Lakhdar : C’est une excellente question qui mérite d’être évoquée pour plusieurs raisons : la première est que les tous les pays africains, Maroc compris, ont besoin de recettes car ce sont des pays en développement. Nous avons besoin de budgets pour investir dans les infrastructures et l’État a besoin de faire du rattrapage. Il faut que nos États soient capables de collecter des recettes. Tous nos pays sont confrontés aux mêmes défis : contrebande, informel, les gens qui ne paient leurs impôts, etc. On a donc nécessairement besoin de deux administrations fortes, professionnelles et modernisées, à savoir la Douane et les services des impôts. Les Douanes africaines sont confrontées à un manque de moyens et de ressources. Par contre, sur les ressources humaines, le niveau des gens est impressionnant, il est excellent. Surtout le plan technique et de la vision.

Sont-elles au même niveau que les autres douanes à travers le monde ?
Nous nous retrouvons régulièrement à l’Organisation mondiale des douanes et celle-ci émet des normes, ce qui fait que toutes les douanes du monde travaillent sur les mêmes projets. Par exemple, sur l’analyse de risques et les procédures douanières, c’est la même chose partout. Vous trouverez que la douane américaine y travaille au même niveau qu’une douane d’un pays en développement. On peut retrouver une différence de taille et de dimension, mais les méthodes sont les mêmes.

Que faut-il pour rendre les douanes africaines plus performantes ?
La feuille de route est très claire. Nous avons deux grands sujets : la maîtrise du contrôle et la facilitation. Notre souci est de savoir comment accélérer le passage des marchandises en douane, c'est-à-dire l’import-export, tout en améliorant le contrôle. En tant que douane, on nous demande quatre choses. La première, c’est d’être rapide sur les délais car les gens ne veulent pas que leurs marchandises restent dans les aéroports et les ports. La deuxième, c’est que les formalités douanières soient simples. Troisièmement, on attend de nous de la transparence, notamment dans l’exigence des documents. Enfin, on nous demande de plus en plus du conseil car les formalités au plan mondial deviennent de plus en plus complexes en raison de l’accélération et du changement des méthodes et de comportement. Les choses vont tellement vite qu’il faut, en continue, se mettre à jour dans notre domaine.

Comment l’ADII se prépare à l’entrée en vigueur de la ZLEC ?
Nous sommes sereins par rapport à la ZLEC. Nous avons travaillé sur les différents sujets qui nous concernent et continuons de le faire. Trois points nous concernent : la nomenclature, les règles d’origine et le tarif extérieur commun (TEC). Ce qui nous inquiète à propos de la ZLEC, c’est plutôt son interaction avec les autres accords que nous entretenons avec des pays partenaires. Par exemple, avec la Tunisie, nous avons trois cadres de partenariats : bilatéral, les Accords d’Agadir et la Ligue arabe. Il est déjà difficile pour les opérateurs de se retrouver avec ces trois cadres alors que dire si la ZLEC venait à s’y ajouter ? Cela complexifie les choses, d’autant plus que ce sont les mêmes sujets qui sont discutés aussi bien dans la ZLEC, la CEDEAO, l’union douanière arabe, etc. La même situation est de mise en ce qui concerne les codes douaniers : nous avons le code douanier marocain, arabe, bientôt celui de la CEDEAO et la ZLEC. Donc, il faut vraiment trouver le plus petit dénominateur commun sur lequel nous travaillerons une fois pour toute.

C'est-à-dire… ?
Je pense qu’une optimisation s’impose. En tant que techniciens, nous travaillons à les simplifier afin qu’une fois que l’opérateur fera face à tous ces accords, il puisse se retrouver facilement et que les opérations se fassent avec simplicité.

Pensez-vous que la ZLEC sera une bonne chose pour l’économie marocaine ?
Oui, la ZLEC sera fatalement une bonne chose pour l’économie marocaine car nous serons en zone de libre-échange à l’échelle africaine. Je vous explique, au moins en ce qui concerne les recettes : aujourd’hui, le Maroc importe globalement pour 435 MMDH de marchandises et à peine 100 MMDH sont taxables. Tout le reste rentre sans payer de droits d’importation. Sur ces 100 MMDH taxables, ce qui est importé des pays africains reste minime et la plupart des produits sont déjà compris dans les 345 MMDH déjà exonérés de taxes. Donc l’impact de la ZLEC sur les recettes douanières marocaines sera minime.

Pas d’impact négatif sur les recettes, mais pourra-t-elle accélérer le commerce avec le reste de l’Afrique ?
En effet, il sera intéressant, avec la ZLEC, de substituer des produits importés de l’Union européenne par exemple par des produits africains. Le Maroc pourra ainsi faire de la diversification et par conséquent avoir des prix plus compétitifs et plus de choix. Ce sera donc très bénéfique pour notre balance commerciale et diminuera la sortie de devises. Enfin, je préfère, en tant que Marocain et Africain contribuer à favoriser le commerce intra-africain qu’avec d’autres continents.

En même temps, c’est une bonne affaire pour les exportations marocaines…
La ZLEC pourra renforcer les exportations marocaines, qui sont déjà en hausse ces dernières années sur le continent. Nous avons une meilleure connaissance des marchés africains, par conséquent ces exportations pourront s’accélérer, sachant que les relais des opérateurs économiques marocains sont déjà présents dans la plupart des pays. J’entends par là les banques, les assurances, Royal Air Maroc, etc. Toutefois, nous devons veiller à ce que les échanges avec l’Afrique soient effectivement «gagnant-gagnant» car tout partenariat déséquilibré ne sera pas durable et j’invite aussi les opérateurs marocains à s’inspirer de leurs collègues africains car ils savent être résiliant et créatifs dans des conditions pas toujours favorables.

Quels autres conseils donneriez-vous aux opérateurs économiques marocains pour mieux profiter de la ZLEC et de la CEDEAO ?
Vous savez, l’opérateur économique est par nature quelqu’un de rationnel. Son objectif est de gagner de l’argent, donc il a juste besoin d’une chose : avoir de la visibilité. Que s’il exporte, sa marchandise ne soit pas bloquée dans tel ou tel port par la douane. Je n’ai donc pas de conseils à leur donner. Ils ont besoin de visibilité et c’est cette visibilité que nous essayons de leur offrir.

Est-ce que les retombées attendues de la ZLEC seront les mêmes qu’avec la CEDEAO ?
Je pense que les retombées seront également bénéfiques avec la CEDEAO. Aussi bien la ZLEC que la CEDEAO sont bénéfiques pour le Maroc de façon générale. Il y aura sûrement des secteurs qui ne seront pas favorisés, mais si on fait la différence, ce sera globalement positif.

Mais est-ce que les produits africains parviennent à s’exporter facilement vers le Maroc ?
Lorsque vous importez des produits et que vous respectez les process, ils rentrent facilement au Maroc. Quand vous importez de la nourriture et que vous disposez des certificats nécessaires, elle rentre facilement. Dans le cas contraire, c'est-à-dire que si ces produits ne disposent pas des certificats des pays d’origine, ils ne doivent pas et ne pourront pas entrer. Franchement, le Maroc est plutôt un «trop bon élève» en ce qui concerne les règles du commerce. Nous n’avons pas de barrières non tarifaires à appliquer systématiquement.

Des efforts sont-ils faits pour améliorer les opérations au poste frontalier de Guerguerate, point essentiel dans les échanges avec l’Afrique subsaharienne ?
Guerguerate est un point particulier. Ce poste a été informatisé récemment et le processus de rodage est en cours. Nous le mettons à niveau. Les gens ne sont pas tout à fait habitués à ce type d’opérations et de procédures. Nous avons reçu les commerçants de Guerguerate récemment et nous espérons une amélioration très prochainement. 

La banque panafricaine présente dans une trentaine de pays du continent n’entend pas se positionner sur le marché marocain où l’un de ses actionnaires, Qatar National Bank, détient des participations. 

Pas d’implantation prévue au Maroc pour Ecobank. Dans une déclaration aux «Inspirations ÉCO» à Abuja, en marge de l’assemblée générale 2018 d’Afreximbank (www.leseco.ma), le président directeur général d’Ecobank, Ade Ayeyemi, a exclu toute éventualité pour son groupe de s’installer au Maroc. «Nous ne pouvons pas être partout. Notre stratégie actuelle est de consolider nos positions dans les pays où nous sommes déjà installés», a-t-il indiqué en réponse à une question des «Inspirations ÉCO» sur les chances de voir cette banque panafricaine débarquer dans le royaume. Pour Ayeyemi, le marché marocain déjà quadrillé par les grands acteurs locaux et continentaux que sont Attijariwafa bank, BMCE Bank of Africa et Banque Centrale Populaire ne fait pas partie des priorités du moment. En plus, «je dirais que nous sommes présents en Afrique du Nord à travers notre actionnaire Qatar National Bank (QNB) car cette banque est bien présente dans cette région septentrionale du continent. Donc Ecobank est présente en Afrique du Nord à travers QNB», ajoute-t-il pour écarter toute probabilité d’ouvrir une filiale sur cette partie de l’Afrique.

Pas peur de la concurrence marocaine
Ecobank qui est la 7e plus grande banque africaine avec des fonds propres évalués à 3,01 milliards de dollars en 2017 par le classement annuel du magazine «The Banker» dit aussi ne pas redouter la concurrence des groupes bancaires marocains en Afrique subsaharienne. «Nous n’avons peur de personne», a répété son patron en faisant référence aux banques marocaines. «Ecobank est une banque qui est aussi bien capable d’opérer dans des environnements stables comme Dakar qu’instables comme Bangui. Nous sommes la seule banque parmi toutes celles que vous évoquez qui soit actuellement présente dans un environnement aussi difficile que celui de Bangui. Aucune des autres banques dont vous parlez n’est à ce jour sur le terrain en Centrafrique pour essayer de trouver des solutions aux populations sur place, contrairement à Ecobank», a-t-il poursuivi non sans afficher une mine teintée de fierté et de fougue.

14 millions de clients
Basée à Lomé, au Togo, Ecobank est considérée comme l’une des plus performantes banques du continent. En 2017, elle a affiché des bénéfices de 182 millions de dollars après avoir subi une perte sèche de 39 millions de dollars un an plus tôt. La banque aux couleurs bleues fondée en 1985 est aujourd’hui présente dans quelque 33 pays africains et revendique plus de 14 millions de clients à fin 2017.


Ade Ayeyemi
Président-directeur général d’Ecobank

 Pourquoi Ecobank ne vient-elle pas s’installer au Maroc ?
Nous ne pouvons pas être partout. Notre stratégie actuelle est de consolider nos positions dans les pays où nous sommes déjà installés. Cela dit, je considère que nous sommes des partenaires avec les banques marocaines dans la mesure où nous œuvrons ensemble pour faire accéder les populations africaines aux services bancaires.

Quels  types de partenariats ?
Je dirais que nous sommes présents en Afrique du Nord à travers notre actionnaire Qatar National Bank (QNB) car cette banque est bien présente dans cette région septentrionale du continent. Donc Ecobank est présente en Afrique du Nord à travers QNB.

Avez-vous peur de la concurrence des banques marocaines sur le continent ?
Nous n’avons peur de personne et je n’ai pas l’air de quelqu’un qui a peur non plus. Je suis issu de ce continent et j’y suis né. Nous menons nos activités depuis plus de trente ans. Ecobank est une banque qui est tout aussi capable d’opérer dans des environnements stables comme Dakar qu’instables comme Bangui. Nous sommes la seule banque parmi toutes celles que vous évoquez qui soit actuellement présente dans un environnement aussi difficile que celui de Bangui. Aucune des autres banques dont vous parlez n’est à ce jour sur le terrain en Centrafrique pour essayer de trouver des solutions aux populations sur place, contrairement à Ecobank.

Selon le rapport 2018 sur le commerce intra-africain établi par Afreximbank, le Maroc se classe à la 11e place. Le royaume exporte principalement des engrais, des produits halieutiques et des équipements électriques. Le classement est largement dominé par l’Afrique anglophone.

On le sait, les pays africains ne commercent que très peu entre eux. En 2017, le commerce intra-africain, bien qu’ayant progressé de 5,6%, en s’établissant à 128,25 milliards de dollars, est retombé sous la barre des 15% du volume total des échanges commerciaux de l’Afrique avec le reste du monde. Ces derniers ont bondi de 10,6% pour se chiffrer à 907,63 milliards de dollars, grâce essentiellement à la reprise des exportations d’hydrocarbures, qui en représentent 45% du volume, sans parler de l’omniprésence de la Chine, principal partenaire commercial du continent. Telles sont les grandes tendances du rapport sur le commerce africain publié en marge de l’assemblée générale 2018 d’Afreximbank à Abuja. Ce document de référence s’attarde aussi, comme chaque année, sur les principaux acteurs du commerce intra-africain, c'est-à-dire les pays africains qui échangent le plus avec leurs voisins du continent. La banque, qui en dresse le top 10, estime que le tableau reste inchangé par rapport à l’année précédente.

Top 10
L’Afrique du Sud reste ainsi en tête de ce classement, presque comme toujours, suivie de la Namibie et du Nigéria. À eux trois, ces pays anglophones, qui comptent parmi eux la première puissance économique du continent et le pays le plus peuplé d’Afrique, réalisent 35% du commerce intra-africain. Soit autant que les 10 autres pays qui les suivent et qui sont : la Zambie, la Côte d’Ivoire, l’Eswatini (ex Swaziland), le Botswana, le Zimbabwe, la République Démocratique du Congo, le Mozambique, le Kenya, le Maroc et le Ghana. Les principaux produits échangés entre pays africains sont : hydrocarbures, équipements, véhicules, machines électriques, minerais, produits plastiques, fer et acier, métaux précieux, sucre et manufactures, huiles essentielles et produits cosmétiques, en plus des engrais fertilisants pour l’agriculture.

Le Maroc 11e continental
D’ailleurs en parlant des engrais, ils font partie des principaux produits exportés par le Maroc vers d’autres pays africains, en plus des produits halieutiques, et des équipements électriques. La Côte d’Ivoire progressivement comme une destination de choix des exportations marocaines, puisque chez ce nouveau partenaire économique ouest-africain, 7,5% du total des importations proviennent du Maroc. Ce qui contribue à placer le royaume à la 11e place continental parmi les pays actifs dans le commerce intra-africain. Il est à parier que dans un premier temps, une éventuelle adhésion marocaine à la CEDEAO pourrait contribuer à renforcer sa part dans le commerce intra-africain, sans parler, dans une deuxième phase, de la concrétisation de la ZLEC, dont l’objectif est de supprimer les barrières tarifaires dans le commerce entre pays africains.     l

Plus de 60 pays seront à Abuja du 11 au 14 juillet pour les Assemblées générales annuelles 2018 et le 25e anniversaire de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Au Menu, la zone de libre-échange continentale.

Des présidents, des dirigeants d’affaires et des entrepreneurs provenant de plus de 60 pays seront à Abuja du 11 au 14 juillet pour les Assemblées générales annuelles 2018 et le 25e anniversaire de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). L’événement, qui se déroulera au Transcorp Hilton, aura pour thème : «Rendre hommage au passé. Forger l’avenir». La zone de libre-échange continentale (ZLEC) y sera largement discutée. Deux mille cinq cent participants, notamment des chercheurs, des financiers et des banquiers importants se réuniront pour discuter de questions liées au commerce intra-africain et à l’Accord de libre-échange continental africain. Le président Muhammadu Buhari du Nigeria, principal organisateur de l’événement comptera parmi les six chefs d’État attendus. Seront également présents Aliko Dangote, président et directeur général du Groupe Dangote, Kemi Adeosun, ministre des Finances du Nigeria et bien d’autres personnalités africaines et internationales.

Le Maroc, nouvel actionnaire
Pour rappel, le Maroc a officialisé, en février 2017, son adhésion en tant que pays membre d’Afreximbank. Contrairement aux grands groupes nigérians par exemple, les entreprises marocaines mais aussi le gouvernement n’ont pas encore profité des largesses de l’institution financière basée au Caire, en Égypte. Lors des 24e assemblées générales annuelles d’Afreximbank à Kigali, du 27 juin au 1er juillet 2017, des responsables de l’institution déclaraient aux  Inspirations ÉCO  que la banque avait un «intérêt grandissant» dans la coopération avec le royaume. Ils nous annonçaient en effet que les contacts étaient plus étroits avec le secteur privé marocain, tout en n'excluant pas de conclure des partenariats de financements avec le gouvernement ou les entreprises marocaines. Il est à noter qu’après avoir promulgué en 2011 une loi portant approbation du principe de l'adhésion du royaume à la convention portant création de la Banque africaine pour l'import-export, le Maroc a déposé, en septembre 2013 les instruments de ratification de la convention avant d’adhérer en février à Afreximbank.

Partenariat avec Attijariwafa bank
À ce jour, Attijariwafa bank (AWB) est la seule banque marocaine ayant entretenu un partenariat avec Afreximbank. Ce partenariat avait été signé en février 2017 en Égypte.  Il s’agit de la signature d'un mémorandum d'entente pour renforcer la coopération en Afrique. En vertu de ce mémorandum, signé par le PDG d'Attijariwafa bank, Mohamed El-Kettani et le président d'Afreximbank, Benedict Oramah en marge de la conférence «Afrique 2017», les deux banques s'engagent à coopérer dans le domaine de l'autofinancement et la trésorerie à fournir la liquidité financière nécessaire dans le cadre de la stratégie Afrique de la banque concernant les dépôts et le financement des opérations commerciales et à faciliter l'identification, la préparation et le cofinancement des projets. Les deux institutions vont également oeuvrer à renforcer le financement conjoint des opérations commerciales et à échanger les expériences et expertises. Ainsi, AWB s'engage à représenter Afreximbank grâce à sa présence dans 15 pays africains.

Le rapport présenté par le président de la Commission de l’UA est favorable au Maroc et illustre, encore une fois, le retour gagnant de royaume au sein de l’instance panafricaine.

Plus de peur que de mal. Le rapport du président de la Commission de l’UA s’est finalement révélé favorable au Maroc. Présenté le 1er juillet en Mauritanie lors du 31e Sommet de l’Union africaine, le document propose d’appuyer le processus de négociations dans le cadre de l’ONU, au lieu d’imposer une initiative parallèle africaine. C’est donc un développement très favorable pour le Maroc qui ne reconnaît que le processus des Nations Unies, actuellement piloté par l’ancien président allemand Horst Köhler. À Nouakchott, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, se contente d’appeler à la mise en place d’un mécanisme africain qui, tout au plus, aurait pour tâche d’appuyer le processus onusien. Ce mécanisme africain serait porté par les dirigeants de l’UA et les chefs d’État du continent. Moussa Faki Mahamat souligne «la nécessité pour l’UA d’inscrire sa démarche dans le cadre d’un appui renforcé aux efforts des Nations Unies, pour accroître leur chance d’aboutissement. En d’autres termes, il ne s’agirait pas pour l’UA de développer un processus parallèle à celui des Nations Unies». En outre, le Conseil de paix et sécurité de l’UA (CPS) ne devrait plus avoir voix au chapitre sur cette question, qui serait désormais du seul ressort de la Conférence des chefs d’État.

Le rapport, et après ?
Pour l’UA, cette nouvelle position est probablement le seul moyen de faciliter les négociations en cours sur le dossier du Sahara. L’instance continentale espère ainsi faire évoluer ce dossier qui, selon le président de la commission, «n’a que trop duré». Selon le rapport, «cette situation est entrée dans une phase où, au-delà de ses effets négatifs bien connus au niveau de la région (…), menace aussi le fonctionnement de l’UA et fait obstacle à la mise en œuvre de son agenda. Un tel état de fait ne peut être toléré». Il reste donc à savoir si cette position favorable au Maroc sera acceptée ou non par les différentes parties impliquées. En tout cas, pour l’UA, c’est un pas en avant considérable, sachant que l’organisation panafricaine est habituellement connue pour avoir des positions aux antipodes des intérêts marocains. Il faut aussi le dire haut et fort, cette évolution de la position de l’UA n’est que le fruit du retour du Maroc à l’UA. En effet depuis qu’il a regagné l’instance continentale, le royaume, désormais associé à toute initiative interne concernant le Sahara, parvient très subtilement à faire pencher la balance en sa faveur. 

Les travaux du 31e Sommet de l’UA ont démarré ce 25 juin à Nouakchott et seront bouclés le 2 juillet par la Conférence des chefs d’État. Durant ce conclave des dirigeants africains, le président de la Commission de l’UA présentera son très attendu rapport sur le Sahara.

C’est une semaine qui s’annonce chaude dans la caniculaire capitale mauritanienne. Ouverts hier, les travaux du 31e Sommet de l’UA connaîtront leur point d’orgue dimanche et lundi prochains, avec la rencontre des chefs d’État et de gouvernement. Pour le Maroc, c’est un nouveau rendez-vous plein d’enjeux, puisqu’il y est prévu -sauf surprise de dernière minute- la présentation d’un rapport sur le Sahara par le président de la Commission de l’UA. Faisant suite à la résolution 653 du Sommet de juillet 2017 à Addis-Abeba, le plus haut fonctionnaire de l’UA devrait fournir un rapport détaillé sur la situation au Sahara et, plus encore, proposer des pistes de solutions africaines à ce conflit. C’est dans cette optique que Moussa Faki Mahamat a multiplié, ces dernières semaines, les «visites de consultations». Après Rabat en début juin, il s’est rendu la semaine dernière dans les camps du Polisario. À Nouakchott, le président de la Commission de l’UA est attendu pour présenter les résultats de son travail le 1er juillet, lors d’une session à huis clos du sommet des dirigeants africains. Ces derniers l’avaient chargé de préparer ce rapport il y a tout juste un an.

Positions…inutiles?
En attendant, tous s’interrogent sur le contenu du texte que Moussa Faki Mahamat est censé lire devant les chefs d’État. Logiquement, deux voies s’offrent à la Commission de l’UA sur la question du Sahara. La première consiste à encourager les efforts menés par l’envoyé personnel du SG des Nations Unies, Horst Köhler et, par conséquent, soutenir le processus onusien. La seconde serait d’essayer de donner un rôle plus déterminant à l’UA, en appelant à impliquer davantage l’institution panafricaine qui, rappelons-le, dispose elle aussi de son propre envoyé spécial en la personne de Joaquim Chissano, l'ancien président du Mozambique. «L’UA est consciente qu’elle n’a ni les moyens politiques, ni matériels pour imposer son processus de règlement; elle essaie donc d’appuyer le processus de l’ONU tout en s’imposant comme un acteur incontournable pour trouver une solution à cette épineuse question», analyse le professeur Khalid Chegraoui, de l’Institut des études africaines de Rabat. Ce dernier ne s’attend donc pas à «quelque chose de révolutionnaire» dans ce rapport, même s’il tient à observer qu’il serait intéressant de voir si la position de la Commission de l’UA, qui a pratiquement toujours pris le contre-pied du Maroc, sera plus conciliante ou non à l’égard du royaume. Enfin, bien au-delà des positions de l’UA, l’autre grande interrogation est, en réalité, de savoir si ce rapport aura une quelconque utilité, sachant que le Maroc ne reconnaît que le processus onusien pour le règlement du dossier du Sahara. Wait and see! 


Khalid Chegraoui
Professeur à l’Institut des études africaines de Rabat

Les Inspirations Éco: Que faut-il attendre du rapport de l’UA sur le Sahara?
Khalid Chegraoui: Je ne pense pas qu’il y aura quelque chose de révolutionnaire dans ce rapport, mais tout dépend du résultat des négociations. Habituellement -avant le retour du Maroc à l’UA- la commission était toujours hostile aux positions du royaume; on verra cette fois-ci ce qu’il en sera.

Concrètement, l’UA peut-elle faire quelque chose sur ce dossier?
L’UA est consciente qu’elle n’a ni les moyens politiques, ni matériels d’imposer son processus de règlement; elle essaie donc d’appuyer le processus de l’ONU tout en s’imposant comme un acteur incontournable pour trouver une solution à cette épineuse question. L’UA a tout intérêt à appuyer l’ONU, seule à être capable de déployer les moyens nécessaires pour mener des négociations entre les parties prenantes sur ce dossier.

Quelle suite peut-on donner à ce rapport de l’UA?
À mon sens, le Maroc et la Commission de l’UA doivent se rapprocher davantage et changer de perception. Le Maroc ne peut pas continuer à nier tout rôle à la commission, et cette dernière doit elle aussi évoluer dans sa matière d'appréhender ce conflit. L’UA doit prendre en considération les implications sécuritaires de ce conflit, ainsi que les évolutions qu’il a connues. Tous les acteurs internationaux considèrent que le plan d’autonomie proposé par le Maroc est une base sérieuse et crédible pour mener des négociations. Pourquoi l’UA n’essaierait pas elle aussi de revoir sa copie ?  

Le séjour au Maroc, début juin, du président de la Commission de l’UA a été l’occasion d’évoquer les moyens de «relance de l’Union du Maghreb arabe».

«La flamme de l’UMA s’est éteinte parce que la foi dans un destin commun a disparu». Le 30 janvier 2017 à Addis-Abeba, juste après le retour du Maroc à l’Union africaine, c’est en ces termes que le roi Mohammed VI regrettait l’enlisement de l’Union du Maghreb arabe. Pourtant, l’instance panafricaine semble croire encore à cette organisation moribonde. C’est du moins ce qu’on lit dans le compte-rendu de la visite effectuée au Maroc, les 5 et 6 juin, par le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. En effet, à en croire le communiqué publié par ses services au terme de son séjour dans le royaume, le plus haut fonctionnaire de l’organisation continentale rapporte avoir discuté avec le souverain et le gouvernement, des moyens de relance de l’UMA, entre autres dossiers d’envergure. «Les échanges avec le roi Mohammed VI et les autres responsables marocains ont été l’occasion de faire le point sur les efforts d’intégration tant continentale, à travers notamment la Zone continentale africaine de libre-échange et d’autres projets connexes, que régionale, à travers la relance de l’Union du Maghreb arabe». La note de l’UA ne précise toutefois pas si l’initiative d’évoquer la question de l’UMA émane du Maroc ou du président de la Commission.

Désunion
En tout cas, du côté du royaume, l’UMA semble enterrée, si l’on se base sur le constat fait par le roi Mohammed VI lors de son discours de janvier 2017 à Addis-Abeba, et quelques mois plus tard, en novembre, à Abidjan, lors du 5e Sommet euro-africain. Dans la capitale ivoirienne, le souverain avait notamment regretté les failles notées dans la lutte contre l’immigration clandestine, en raison de l’inexistence réelle de l’UMA. D’ailleurs, la «mort clinique» de l’organisation d’intégration maghrébine a été une fois de plus illustrée par la course des pays du Maghreb à rejoindre d’autres communautés économiques régionales, à l’instar de la CEDEAO. C’est notamment le cas du Maroc, de la Mauritanie et de la Tunisie qui demandent, chacun selon son cas, une admission plus ou moins complète au sein de l’espace économique ouest-africain.

L'UMA indispensable à la ZLEC ?
Si au Maghreb, on ne croit plus à l’UMA, à l’UA, on compte sur les communautés économiques régionales (CER) pour concrétiser une bonne partie des grands chantiers de l’Agenda 2063. C’est notamment le cas de l’accord sur la zone de libre-échange continentale (ZLEC) signé en mars dernier à Kigali par 44 pays africains. Depuis, 4 pays l’ont définitivement ratifié, mais la ZLEC ne saurait réellement être mise en œuvre, selon les prévisions de l’UA, sans l’implication efficace des CER. Si, au Maghreb, l’UMA est dans l’incapacité d’assurer la coordination, alors le train risque d’accuser du retard dans cette zone considérée comme la moins intégrée au monde! 


31e sommet de l’UA: la question du Sahara s’invite encore

Le 31e Sommet de l’Union africaine, prévu les 1er et 2 juillet prochains à Nouakchott, s’annonce tendu, du moins sur un point inscrit au projet d’ordre du jour. En effet, il est prévu que le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, présente son rapport sur la question du Sahara. Cette lecture de la situation sur le conflit est prévue lors d’une session à huis clos, selon le programme provisoire rendu public par l’UA. Ce rapport risque certainement de faire grincer des dents du côté du royaume, sachant que pour le Maroc, cette question relève exclusivement du Conseil de sécurité des Nations-Unies, dont le SG a récemment présenté son rapport annuel. Pour l’UA, il s’agira surtout de proposer une feuille de route afin de trouver une solution au conflit du Sahara soit en appui aux initiatives onusiennes, soit à travers sa propre voie.

Le gouvernement ivoirien se dit «satisfait» de l’avancée des travaux menés par Marchica Med pour la dépollution et l’aménagement de la baie de Cocody, à Abidjan.

Pas de grande annonce, mais des assurances. Voila en somme ce qu’il faut retenir de la conférence de presse de «bilan de mi-parcours» animée ce vendredi 8 juin à Rabat par le top management de Marchica Med et des responsables du gouvernement ivoirien. Trois ans après la signature des conventions liant les deux parties, une délégation ivoirienne était en visite au Maroc pour faire le point sur l’état d’avancement des travaux. «Nous sommes satisfaits de l’évolution de ce projet», lance d’emblée Patrick Archi, ministre, secrétaire général de la présidence de Côte d’Ivoire. De quoi motiver ses partenaires marocains qui assurent de leur côté que ce projet d’envergure est sur de bons rails. Toutefois, il aura connu et continue de connaître plusieurs évolutions. En plus des détails techniques et d'un changement de structures, le coût financier devrait désormais s’établir au bas mot à 700 millions de dollars, contre 450 auparavant.

Financement assuré
«Cette hausse s’explique en partie par notre décision, en cours de route, d’ajouter un pont à haubans en plus d’autres ouvrages plus valeureux», rassure Patrick Archi. Pour les deux partenaires, cette augmentation du budget n’aurait pas une grande incidence car «l’ensemble des questions financières et techniques sont réglées». Autrement dit, les bailleurs de fonds, notamment arabes, se sont mobilisés en force, grâce à l’action diplomatique du Maroc, pour soutenir ce projet phare, censé relifter le visage de la capitale économique ivoirienne. Sur place, les ouvriers sont à pied d’œuvre pour achever les différentes composantes du projet. Lors de leur face-à-face avec la presse, les responsables marocains et ivoiriens n’ont pas été clairs sur l’état d’avancement global des travaux. À peine sait-on que «la phase de réalisation de la marina et des promenades a atteint un taux de réalisation de 33%. Son achèvement est prévu avant fin 2018», répond Pierre Dimba, directeur général de l'Agence de gestion des routes (AGEROUTE) de Côte d’Ivoire, qui en assure la maîtrise d’ouvrage. Tous répètent en chœur que les délais seront respectés, à savoir la fin des travaux avant fin 2020. À partir de ce moment-là, la baie de Cocody connaîtra une nouvelle vie, enrichie par la valorisation de son espace. Celle-ci devrait se concrétiser par l’arrivée des investisseurs pour y ouvrir des hôtels, restaurants et autres projets socio-économiques. Le compte à rebours est lancé!


Patrick Archi
Ministre, secrétaire général de la Présidence de Côte d’Ivoire

Nous sommes satisfaits de l’avancement des travaux à mi-parcours. Les acteurs auxquels nous avons confié ce projet sont compétents. La diplomatie marocaine s’est fortement mobilisée pour la levée de fonds auprès des pays arabes».

Anne Désirée Ouloto
Ministre de la Salubrité, de l’environnement et du développement durable de Côte d’Ivoire

Nous sommes très vigilants concernant les aspects relatifs à l’environnement. Nous tenons à ce que tout ce qui est relatif à l’environnement soit respecté durant toutes les phases de réalisation de ce projet».

Said Zarrou
Président du directoire de Marchica Med

Le projet de valorisation de la baie de Cocody constitue un modèle de coopération Sud-Sud exemplaire qui a eu un franc succès, à la faveur des liens solides d'amitié et de fraternité unissant les deux pays».


Canal des Pangalanes: les études finalisées

En plus de la baie de Cocody, Marchica Med est engagé sur un autre projet, cette fois-ci à Madagascar. Il s’agit de l’aménagement du canal des Pangalanes (ww.leseco.ma). À en croire le patron de Marchica Med, Said Zarrou, la phase d'étude est déjà bouclée. «Tout est prêt, mais un projet comme celui-là doit être présenté aux deux chefs d’État. Nous attendons l’occasion de le faire», a-t-il répondu à une question des Inspirations Éco, lors de la conférence de presse animée ce vendredi 8 juin à Rabat. Pour l’heure, aucun autre détail n’est disponible sur le projet concernant ce canal de 700 km, qui devrait à terme être long de 1.200 km.

Le Maroc ne fait toujours pas partie du Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA) près de cinq mois après son lancement. Pour la compagnie nationale, cet open sky est une aubaine mais aussi une vraie source de concurrence. Décryptage d’un dilemme.

Prudence ou désintérêt ? Le Maroc tarde toujours à rejoindre le Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA), près de cinq mois après son lancement. Et pourtant, le royaume, dont la compagnie nationale, Royal Air Maroc (RAM) est l’un des acteurs majeurs du ciel africain, a tout intérêt à rejoindre la vingtaine de pays qui ont dit «oui» à l’open sky continental. En tout cas, ces derniers viennent de se réunir à Lomé afin de dégager la piste pour un décollage réussi du MUTAA. Au terme de sa rencontre dans la capitale togolaise, le 28 mai dernier, le groupe de travail ministériel des pays signataires s’est s'engagé «à mettre en œuvre intégralement la décision de création du marché unique de transport aérien en Afrique» en harmonisant «tous les accords bilatéraux des services aériens pour assurer la levée de toutes les restrictions qui ne permettent pas de se conformer à la décision de Yamoussoukro». Cette décision de Yamoussoukro adoptée le 14 novembre 1999 ouvre la voie à la 5e liberté au profit des compagnies aériennes africaines. Autrement dit, ces transporteurs peuvent desservir des destinations africaines à partir d’aéroports autres que leurs hubs.

Du pain béni pour RAM
Du côté des officiels du royaume, aucun intérêt pour le MUTAA n’est détectable à ce jour. S’agirait-il d’une manière de bien cerner les contours de ce nouveau marché avant de se jeter à l’eau sachant que ce projet était bien avancé avant le retour du Maroc au sein de l’instance panafricaine ? Une chose est sûre, chez les pays africains disposant de grandes compagnies, on presse le pas pour la concrétisation effective du MUTAA. C’est notamment le cas de l’Éthiopie, de l’Égypte ou encore de l’Afrique du Sud qui y voit une véritable aubaine pour perpétuer leur domination sur le ciel africain. Pour RAM, dont le tiers des activités est porté par l’Afrique, l’open sky africain serait également du pain béni. La compagnie nationale qui dessert déjà une trentaine de destinations africaines pourrait considérablement améliorer ses performances grâce aux extensions offertes par la 5e liberté. À coup sûr, elle y gagnera pour beaucoup en termes de hausse de trafic et de nombre de passagers transportés sur l’Afrique. Cela d’autant plus que RAM fait partie des rares compagnies aériennes africaines à disposer d’une flotte (une cinquantaine d’avions) assez importante pour se déployer partout sur le continent.

Concurrence
Toutefois, il faut aussi souligner que si le Maroc rejoint le MUTAA, l’ensemble des compagnies des pays signataires auront droit d’atterrir sur les aéroports du royaume, ce qui constituera une concurrence redoutable à même de grignoter des parts de marché à RAM, sachant qu’elle opère actuellement sans concurrent sur l’écrasante majorité de ses lignes africaines. D’où le dilemme qui pousse encore à bien étudier les conséquences éventuelles d’une entrée dans le MUTAA.


MUTAA : trois nouvelles arrivées

Trois nouveaux pays ont rejoint le Marché unique du transport aérien en Afrique. Il s’agit de la Gambie, de la Centrafrique et du Tchad, portant ainsi à 26 le nombre d’États ayant adhéré à l’open sky africain. Lors de la rencontre de Lomé, un appel a été lancé «à tous les autres pays africains qui n'ont pas encore souscrit à l'engagement solennel et sont encouragés à le faire». Présent à Lomé lors de ces travaux, au côté du chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a insisté sur la nécessité d’atteindre une taille critique de pays signataire du MUTAA. Selon l’UA, ce marché aérien africain permettra d’améliorer les niveaux du service aérien, de renforcer la concurrence entre les itinéraires afin de rendre les tarifs plus compétitifs. L’objectif est également de stimuler le volume des trafics supplémentaires, favoriser le commerce intra-africain et les investissements. Côté emploi, le MUTAA devrait permettre de créer 300.000 emplois directs et 2 millions indirects, selon la Commission de l'UA.

Après son élection triomphale à la tête du patronat marocain, Salaheddine Mezouar est attendu sur plusieurs fronts. Et l’Afrique en est un ! Si les questions relatives à la présence marocaine sur le continent n’ont été que très peu abordées lors de la campagne pour la présidence de la CGEM, elles vont malgré tout s’imposer dans l’agenda du nouveau patron des patrons. En effet, plus que jamais, l’Afrique est «la» priorité des priorités dans les relations extérieures du Maroc. La CGEM qui est embarquée dans le vaisseau de la diplomatie économique royale sera appelée à pleinement jouer sa partition habituelle : concrétiser sur le terrain les accords et multitudes de partenariats signés lors des visites du roi au sud du Sahara. D’ailleurs, le duo victorieux, Mezouar-Mekouar semble l’avoir compris depuis longtemps. Lors de sa campagne, il promettait de «consolider, de développer et de renforcer la synergie mise en place sur le continent africain et les initiatives d’investissements». Entres promesses et dossiers hérités de l’équipe sortante, voici les grands chantiers africains de Mezouar.

Les promesses Co-investissement : rassurer sur le Maroc
«Élargir le co-investissement dans les deux sens : du Maroc vers l’Afrique subsaharienne et inversement de l’Afrique subsaharienne vers le Maroc. Aussi, il faut ouvrir de nouveaux horizons et des possibilités pour donner l’opportunité à des investisseurs subsahariens d’investir au Maroc». C’est en ces termes que le second du tout nouveau président de la CGEM répondait à nos questions sur leur stratégie africaine. Convaincre les grands groupes du continent de venir se frotter au marché marocain ne sera certainement pas une mince affaire. La nouvelle présidence de la CGEM promet d’y arriver à travers «la mise en place de davantage de forums et de rencontres de travail B to B», entre autres actions. Il faudrait donc arriver au bout des réticences du peu d’investisseurs africains suffisamment forts et capables de résister à la férocité de la réalité du business au Maroc, qu’ils ont déjà du mal à décoder. En dehors de la prise de participations dans le capital de fleurons marocains, il serait judicieux de mettre en avant l’option des joint-ventures pour donner plus de chances de réussites à d’éventuelles tentatives de positionnement de groupes africains sur le sol marocain.

Embarquer les PME
Faut-il le rappeler : la présence marocaine sur le continent ne profite essentiellement qu’aux grands groupes. Les PME ont encore du mal à faire partie de l’aventure malgré les nombreuses missions d’affaires menées à leur profit. L’absence de maîtrise des marchés africains et la faible offre exportable en sont les principales raisons. Aujourd’hui, il est question pour les nouveaux responsables de la CGEM d’«inciter les grandes entreprises qui investissent en Afrique à faire appel à davantage de PME marocaines qui opèrent dans la chaîne de valeurs des grandes entreprises». Toutefois, cet accompagnement risque de se heurter aux ambitions des pays africains de faire émerger leurs propres tissus de PME, sans parler dans certains cas de la fameuse préférence nationale. Il urge alors de se lancer dans de bons partenariats mutuellement profitables entre PME marocaines et celles du continent afin de favoriser leur co-émergence et leur compétitivité.

Un Club Afrique à la CGEM
C’est l’une des principales annonces du binôme Mezouar-Mekouar : la création d’un club Afrique à la CGEM. Objectif : encourager et promouvoir la politique africaine du patronat marocain. Sa composition et ses contours restent à définir ainsi que le calendrier de sa mise en marche. In fine, son objectif devrait être de renforcer les investissements dans les deux sens. Il est à noter que la CGEM compte déjà une commission Sud-Sud Afrique en charge de rythmer la démarche africaine du patronat marocain. Par ailleurs, dans le programme Afrique de l’actuelle dirigeante de la CGEM figure en bonne place l’idée de créer un outil institutionnel permettant aux étudiants marocains d’aller en Afrique pour des échanges universitaires où des expériences professionnelles «et ceci afin de créer des liens solides et une connaissance de l’Afrique qui puissent se traduire par des investissements». 


Les dossiers à suivre

En dehors de ses promesses, le nouveau président hérite de grands dossiers à cheval entre le politique et l’économique. Parmi eux, se trouve la candidature du Maroc à la CEDEAO, l’éventuelle adhésion à l’OHADA sans parler de l’ouverture sur l’Afrique australe.

CEDEAO
Mezouar peut-il être utile pour  le Maroc ?
Plaider en faveur de l’adhésion du Maroc à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Mezouar sait déjà le faire. En effet, c’est durant son mandat à la tête du ministère des Affaires étrangères que le royaume a manifesté publiquement son désir d’entrer dans l’espace communautaire ouest-africain. En tant que chef de la diplomatie, Mezouar a été envoyé pour convaincre les chefs d’État de cette sous-région du bien-fondé de la candidature marocaine. Autant dire qu’il est un fin connaisseur de ce dossier. Aujourd’hui, dans ses nouveaux habits de chef de file du patronat marocain, Mezouar sera certainement appelé à faire avancer le dossier marocain au niveau des présidents des pays membres de la CEDEAO, mais surtout de convaincre ses homologues locaux du secteur privé, principaux opposants à l’entrée du Maroc qu’il considère comme une menace à leur tissu économique. Il est à noter qu’après l’accord de principe formulé à Monrovia en juin 2017 à l’adhésion du Maroc, suivi, six mois plus tard à Abuja, de la mise en place d’un comité de 5 pays chargé d’en examiner «les répercussions», les questions se multiplient sur l’entrée probable du royaume dans la CEDEAO. Le prochain sommet des chefs d’État des pays membres, le 53e du genre, est prévu au Togo durant l’été prochain. D’ici là, le lobbying…patronal doit se poursuivre.

OHADA
Pousser Rabat à dire «oui»
Contrairement à la CEDEAO, sollicitée par le Maroc, l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) multiplie les opérations de charme pour compter le royaume parmi ses membres. Cette démarche est vue d’un bon œil au niveau du patronat car une probable adhésion du Maroc ne serait que bénéfique pour les entreprises marocaines implantées sur le continent. Elle leur simplifierait la vie en alignant le droit marocain des affaires sur celui de 17 autres pays de différentes régions d’Afrique. Sauf que sur ce dossier, la CGEM n’aurait probablement pas à convaincre les pays membres de l’OHADA mais plutôt les autorités politiques marocaines. Le principal écueil à l’entrée du Maroc porte en effet sur l’épineuse question de la perte de souveraineté sur certains aspects législatifs qu’entraîne une adhésion à l’OHADA. Par exemple, le Parlement du royaume devra impérativement céder l’adoption des textes régissant les activités économiques au Conseil des ministres de l’OHADA. De même, le Maroc aura à se plier à la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’OHADA, la seule institution habilitée à interpréter et à appliquer en dernier ressort les textes de l’organisation. En tout cas, le Secrétaire permanent de l’OHADA, Dorothé Cossi Sossa n’attend qu’«une décision politique» de la part de Rabat afin d’officialiser cette adhésion. Un coup de pouce de la CGEM ne serait que le bienvenu !

Afrique Australe
Accélérer le rapprochement…
Depuis la rencontre, fin novembre 2017 à Abidjan, entre le roi Mohammed VI et l’ex-président sud-africain, Jacob Zuma, beaucoup y voyaient le début d’une nouvelle page annonciatrice d’un climat plus apaisé entre le royaume et cette partie du continent qui demeure, à ce jour, le plus grand soutien du Polisario en Afrique. En dehors de l’Afrique du Sud, qui est en train de se doter d’une nouvelle ligne de conduite sur le plan diplomatique, l’Angola pourrait devenir le nouvel ami du Maroc. Dans ce sens, une visite dans le royaume du nouveau président angolais, João Lourenço n’est pas à exclure ainsi qu’un déplacement du souverain dans ce pays pétrolier. Non loin de l’Angola, au Zimbabwe, un probable rapprochement avec le Maroc peut également être envisagé, surtout depuis le départ du pouvoir de Robert Mugabe, fin 2017. La CGEM aura certainement un rôle majeur à jouer en activant notamment les leviers de la diplomatie économique. À ce propos, BMCE Bank of Africa promet de poser pied en Afrique du Sud durant l’année en cours alors que la conclusion du rachat par le sud-africain Sanlam de l’assureur marocain Saham pourrait donner une nouvelle orientation aux relations entre Rabat et Pretoria.

Le laboratoire marocain décroche le certificat GMP (Good Manufacturing Practices) qui lui permet d’exporter ses médicaments vers la Russie. C’est inédit en Afrique où les produits Galenica sont déjà commercialisés dans une vingtaine de pays.

C’est une première au Maroc et en Afrique : les laboratoires Galenica viennent d’obtenir le certificat GMP (Good Manufacturing Practices, bonnes pratiques) de la Fédération de Russie. Ce fameux sésame permet ainsi à Galenica de pouvoir exporter ses médicaments vers la Russie mais aussi vers les autres pays membres de l'Union économique eurasiatique (Arménie, Kazakhstan, Kirghizistan et Biélorussie). La cérémonie de remise du certificat a eu lieu ce vendredi 18 mai à Casablanca en présence du secrétaire général du ministère de la Santé, Hicham Nejmi; du consul général de la Russie à Casablanca, Andrei Tsybenko et du chef de la mission économique russe au Maroc, Artem Tsinamdzgvrishvili. «Ce certificat GMP confirme que notre laboratoire répond à toutes les normes et standards internationaux de production de médicaments», se félicite Abdelghani El Guermaï, patron des Laboratoires Galenica. Pour sa part, le secrétaire général du ministère de la Santé y voit «un témoignage de la qualité de l’industrie pharmaceutique marocaine». Côté russe, Artem Tsinamdzgvrishvili note que le moment est venu pour Galenica, «qui est bien connu en Europe et en Afrique, de s’ouvrir les portes de la Russie, ce qui constitue un progrès très important».

Homologation
Concrètement, l’obtention du GMP permet à Galenica d’exporter certains de ses produits vers le marché russe, mais il lui faudra d’abord homologuer chacun des médicaments à y commercialiser. «Nous avons déjà commencé ce travail et avons conclu des contrats de représentation avec des sociétés russes qui vont s’occuper de l’enregistrement de nos produits en Russie», assure Abdelghani El Guermaï. Ce processus pourrait prendre plusieurs mois avant de rendre effectives les premières exportations. À ce jour, fait-on savoir auprès de Galenica, ce sont les antibiotiques, ainsi que les récents médicaments contre l’hépatite B et C qui sont les plus demandés. Ces derniers, déjà commercialisés par Galenica au Maroc et sur le continent, coûtent «70 fois moins chers qu’en Europe», selon Abdelghani El Guermaï.

Galenica, 40 ans déjà !
Pour le top management de Galenica, l’obtention du certificat GMP de la Russie intervient à quelques semaines de la célébration du 40e anniversaire de ce laboratoire marocain, dont les produits sont exportés aussi bien en Europe que dans le monde arabe. En Afrique, c’est également le cas vers une vingtaine de pays. «Sur le continent, nous procédons aussi à du transfert de technologie. Pour nous, c’est une façon de soutenir le partenariat Sud-Sud gagnant-gagnant», se félicite Abdelghani El Guermaï, non moins fondateur de Galenica et de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP).

Alors que le Ghana et le Kenya viennent de donner l’exemple en ratifiant les premiers l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) appelle les pays africains à prendre des mesures audacieuses pour sa concrétisation.

La Conférence des ministres de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) de l’ONU, qui se réunit à Addis Abeba, insiste sur la possibilité que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) devienne un outil puissant pour stimuler l’industrialisation, la diversification économique et le développement. Cet événement sur 4 jours (11-15 mai) a pour but de faire progresser cette initiative ambitieuse visant à former un marché commun régional qui, selon la CEA, pourrait faire passer le commerce intra-africain de 16% à 52% d’ici à 2022. Selon Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA, pour concrétiser l’ambition de la ZLEC et atteindre ses objectifs de développement, le continent devait prendre des «mesures audacieuses» sur plusieurs fronts. «Nous devons exploiter la dynamique qui existe aujourd’hui afin de mettre en œuvre l’accord et réaliser son potentiel de manière à ce qu’il profite à l’Africain moyen», a-t-elle affirmé lors de la 51e séance de la Conférence des ministres.

«Trous» dans les budgets nationaux
La secrétaire exécutive a également précisé que l’action la plus importante et la plus urgente consistait à créer «l’espace fiscal» permettant de favoriser les investissements publics et privés, tout en assurant une diversification économique en vue de créer des emplois. Elle a également fait part de ses inquiétudes sur le fait que la ZLEC pourrait causer des pertes de recettes douanières conduisant à des «trous» dans les budgets nationaux mais ses répercussions sur les taxes appliquées aux biens importés et exportés seront «faibles et progressives», selon la secrétaire exécutive qui a expliqué que «Les revenus supplémentaires liés à la croissance générée par la ZLEC pourraient l’emporter sur les pertes de recettes douanières». Elle a exhorté les gouvernements africains à revoir de manière plus large les politiques macroéconomiques, en particulier les mesures fiscales afin de s’assurer qu’elles permettent de tirer le meilleur profit de la ZLEC. «Nous devons accroître les recettes fiscales, améliorer l’efficacité de la gestion des dépenses publiques, lutter contre les flux financiers illicites et développer les financements privés pour les projets publics», a ajouté Vera Songwe.

Kenya et Ghana ratifient
Cette année, la conférence intervient peu de temps après la ratification de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine par 44 pays, tandis que 50 pays au total ont signé soit l’accord, soit la déclaration de Kigali marquant leur engagement vis-à-vis du projet panafricain visionnaire. Le jeudi 11 mai, le Kenya et le Ghana ont remis à la Commission de l’Union africaine les documents ratifiant le libre-échange continental, devenant ainsi les deux premiers pays à franchir le pas. Outre les réunions ministérielles, des sessions d’experts et des événements parallèles permettront de débattre du thème de la conférence : «Créer un espace fiscal pour la création d’emplois et la diversification économique». Ils souligneront l’importance des mesures fiscales pour tirer pleinement profit de la ZLEC tout en renforçant la viabilité budgétaire en Afrique. 


Série de conférences à Addis-Abeba

Les autres sujets abordés durant cette rencontre annuelle sont le rôle de l’agriculture dans la croissance économique, le financement des infrastructures, la lutte contre les flux financiers illicites et la recherche d’une stratégie intégrée pour le Sahel. D’autre part, à l’occasion de cet événement seront lancés le 5e Rapport sur la gouvernance en Afrique, le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous et le Rapport sur l’évaluation de l’intégration régionale 2018. La Conférence Adebayo Adedeji annuelle de la CEA (baptisée ainsi en l’honneur du secrétaire exécutif de la CEA resté le plus longtemps à ce poste, décédé en avril) devait être donnée par le professeur Mary Teuw Niane, ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. Elle rendra également hommage au professeur Calestous Juma, défenseur renommé de l’utilisation de l’innovation et de la technologie au profit du développement de l’Afrique, décédé le mois dernier.

La rencontre organisée ce week-end à Dakhla est un pas de plus dans la vulgarisation de la pratique de l’intelligence économique par les pays africains.

Dakhla a été la capitale africaine le temps d’un week-end. Les 4 et 5 mai courant, la perle du sud marocain a accueilli une rencontre africaine autour du thème : «L'intelligence économique en Afrique, expériences nationales et partenariats africains». Cet événement est un pas de plus vers la vulgarisation de la pratique des activités liées à l’intelligence économique sur le continent. Il faut même dire que celles-ci s’y pratiquent mais moins par les Africains eux-mêmes. C’est ainsi que l’une des principales recommandations de cette rencontre porte sur la nécessité de «promouvoir des partenariats innovants en matière d’intelligence économique». Pour ce faire, les pays africains sont appelés à coopérer davantage dans ce domaine ô combien sensible et stratégique ! À ce jour, un manque de coopération inter-africaine fait défaut, en plus de l’absence d'un modèle unifiant les pays africains autour d'une vision commune.

Unir les efforts
Dans leurs recommandations, les participants issus d’une vingtaine de pays ont insisté sur le fait que «l’adoption des pratiques de l’intelligence économique est devenue pour l’Afrique une condition incontournable pour accompagner son projet ambitieux de construction d’un continent uni et fort». Ce choix impose une politique de veille stratégique collective portée par la promotion des bonnes pratiques pour assurer la sécurité économique globale, ajoutent les participants. De même, ils ont rappelé que ce forum organisé à Dakhla est de nature à promouvoir les pratiques de l’intelligence économique en Afrique. C’est en effet une véritable opportunité que de diffuser la connaissance scientifique relative à l’intelligence économique et à la veille stratégique en Afrique auprès des entreprises, des administrations, des universités et des centres de recherches, laquelle permet en outre de développer les échanges et partager les savoirs et les savoir-faire entre les associations membres du forum. Organisé par l'Association d'études et de recherches pour le développement en partenariat avec l'Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et le Groupe OCP, la rencontre africaine de Dakhla est présentée comme une opportunité pour créer des synergies à l’échelle africaine. Elle constitue le point de départ pour une nouvelle économie de l’Afrique favorisant la création d’une élite africaine capable de jeter les bases d'un développement durable et inclusif de leur continent.


Mohamed Hajoui
Secrétaire général du gouvernement

L’intelligence économique revêt aujourd’hui une nécessité absolue devenue stratégique. Le continent africain est plus que jamais appelé à adopter une politique volontariste commune en matière d’intelligence économique étant donné que l’Afrique fait face à de multiples défis liés à la compétitivité économique et à la complexité des marchés».

Othman El Ferdaous
Secrétaire d'État chargé de l'investissement

La stratégie économique du Maroc consiste à construire un corridor économique du nord jusqu’au sud en vue de connecter l’Europe occidentale avec le Golfe de Guinée à travers le Maroc et un gazoduc reliant le Maroc et le Nigeria».

Driss Guerraoui
Président de l’Université ouverte de Dakhla

L’intelligence économique est devenue pour l’Afrique une condition incontournable pour accompagner son projet ambitieux portant sur la construction d’une nouvelle Afrique unie et forte. Le continent africain doit disposer d’un système de veille stratégique collectif porté par la promotion de bonnes pratiques en la matière afin d'assurer sa sécurité économique globale».


Création d’un Forum des associations africaines d'intelligence économique

Une convention de partenariat instituant la création du Forum des associations africaines d'intelligence économique (FAAIE) a été signée à Dakhla en marge de la rencontre sur l’intelligence économique. Elle vise à développer des partenariats entre les pays du continent en matière d’intelligence économique et de veille stratégique. En vertu de cet accord, les parties signataires envisagent de favoriser le transfert de bonnes pratiques entre les pays africains dans le domaine de l’intelligence économique et de la veille stratégique. Cette convention a été signée par le Think tank Vigilances, intelligence et prospective (Côte d'Ivoire), le Centre africain de veille stratégique (République du Congo), l’Association marocaine d’intelligence économique, le Réseau nigérien d'intelligence économique, l’association SOPEL International (Sénégal), l’Association tchadienne d’intelligence économique, l’Association tunisienne d’intelligence économique et l'Association d'études et de recherches pour le développement (Maroc).

 

Brahim Benjelloun Touimi, Administrateur-directeur général exécutif  du groupe BMCE Bank Of Africa

Expansion de BMCE Bank of Africa (BBOA) sur le continent, contribution des activités africaines dans les résultats du groupe, mais aussi les nouveautés du prix africain de l'entrepreneuriat: Brahim Benjelloun Touimi, fait le point. Dans cette interview, l'administrateur-directeur général exécutif de BBOA évoque également les perspectives d'évolution du capital-investissement sur le continent.

Les Inspirations ÉCO : BMCE Bank of Africa s'annonce en Afrique du Sud en 2018. Comment évolue votre plan de développement en Afrique australe ?
Brahim Benjelloun Touimi : Le dossier de l'expansion du groupe est conduit et suivi personnellement par le président Othman Benjelloun. Le développement à l'international du groupe BBOA se déroule selon un processus raisonné qui tient compte, à l'issue d'examens approfondis, des opportunités et également des contraintes internes et externes; notamment en termes d'investissements et fonds propres réglementaires requis, ainsi que des paramètres des pays concernés. Il requiert, par ailleurs, une série de diligences dont celles auprès des autorités de tutelle pour leur «imprimatur». En fait, il faut envisager le développement du groupe sur le long terme. Le président Benjelloun a coutume de dire à ses interlocuteurs: «que cela prenne dix, vingt ou trente ans, j'ambitionne que la présence du groupe BMCE Bank of Africa puisse être élargie à l'ensemble du continent». En fait, Bank of Africa est «la banque de l'Afrique», des africains d'Afrique et de par le monde.

Vous attendez-vous à une hausse de la contribution des activités africaines dans les résultats de votre groupe ?
L'Afrique représente au terme de 2017, environ un tiers (32%) du résultat net part du groupe (RNPG) de BMCE Bank of Africa, en plus des 7% issus des activités menées à l'international (hors Maroc et Afrique). On peut même considérer que l'Afrique se hisse à 39% de ce résultat, car nos activités internationales sont prioritairement au service de l'Afrique dont le Maroc est partie intégrante. En tant que l'un parmi les sept groupes panafricains considérés comme tels par le FMI, il affiche la part d'Afrique la plus élevée des 3 banques marocaines «africanistes», que ce soit en termes d'actifs, de PNB (produit net bancaire) ou de RNPG. La part de l'Afrique est prévue de continuer à croître dans nos indicateurs, car, je le souligne: chez BMCE Bank of Africa, l'international est prioritairement au service de l'Afrique.

Vous avez pris part à la 15e conférence africaine des capital-investisseurs à Marrakech. Quel est l'objectif d'une banque comme la vôtre dans cet environnement ?
BMCE Bank of Africa participe à cet événement car l'objectif est de promouvoir, chaque fois que possible et conformément aux orientations présidentielles, tout ce qui met en valeur notre continent et ses incommensurables potentialités. En plus, cette 15e édition met en exergue le Maroc en s'y déroulant. À travers notre participation, nous essayons également de contribuer à promouvoir un métier exceptionnel, qu'est le Private Equity (PE). Il vient compléter l'activité classique du banquier et investit dans des entreprises de taille modeste qui n'ont pas toujours un accès aisé à la dette. Les investisseurs de PE les accompagnent au-delà de l'aspect financier, dans leurs développements en termes de gouvernance, des RH -recrutements et rétention des talents- ainsi que de stratégie, marketing, commercial ou de structuration. Cette implication étroite des investisseurs auprès des promoteurs et de leurs dirigeants, donne aux entreprises investies, davantage de performance, leur ouvre d'incomparables réseaux et garantit alors la soutenabilité de leur développement.

Comment le Maroc peut-t-il contribuer à l'émergence du capital-investissement sur le continent ?
Le Maroc est une porte d'entrée vers l'Afrique et une économie qui investit dans le continent. Il est naturel alors que le Private Equity puisse représenter un des instruments de la stratégie de développement de notre économie et des économies africaines. La pratique -en fait la culture- de Private Equity mérite d'être davantage disséminée à travers le continent, pour permettre l'éclosion de projets toujours plus nombreux et l'élargissement de la base d'investisseurs en PE qui «miseraient» alors sur des entreprises inscrivant leur stratégie d'implantation dans les écosystèmes des différentes filières industrielles ou de services, celles-là mêmes qui œuvreront à faire du Maroc une plateforme d'échanges et d'investissement vers l'Afrique notamment.

Dans ce sens, quelle contribution attendre pour la future cité Mohammed VI Tanger-Tech ?
Cette cité est prévue, dans les dix à douze ans à venir, de représenter, sur 2.150 hectares prévus à terme, une plateforme de production et d'exportation pour les investisseurs chinois. Mais pas seulement: elle le sera également pour tous ceux qui, précisément, rejoignent l'une ou l'autre des composantes des écosystèmes industriels et de services dont je parlais à l'instant. C'est ce genre de pari que les investisseurs nationaux et internationaux doivent prendre, à bon escient, d'autant plus opportunément que le Maroc est depuis 2018, à la suite d'accords intergouvernementaux, inscrit sur l'itinéraire de la «route de la soie». Il y a désormais, un «soutènement institutionnel chinois» pour diriger les entreprises chinoises vers notre pays; notamment en termes de financements. Hormis Tanger, d'autres plateformes pourront,elles aussi, favoriser cette dynamique d'investissement où le Private Equity a toute sa place. Voilà pourquoi nous croyons que l'avenir du Private Equity est prometteur aussi bien dans notre pays que dans le reste de l'Afrique.

Pourquoi avez-vous réaménagé le prix de l'Africa Entrepreneurship Award décerné par la BMCE Bank of Africa ?
Le prix a été réaménagé en deux grandes catégories: la première se nomme désormais «Innovation». Elle rassemble les trois précédentes, à savoir «l'éducation», «l'environnement» ainsi que «le domaine inexploré». La seconde nouvelle catégorie est dédiée à «l'entrepreneuriat sportif». Cette catégorie a été érigée pour donner la possibilité aux jeunes de tout le continent résidant ou de la diaspora, de développer le business dans des domaines qui n'auraient pas forcément requis, au départ, des capacités intellectuelles élaborées. Il s'agit donc de réconcilier ou, en tous cas, de faire concourir dans deux catégories différentes, des projets relatifs à «the Brain and the Body of Africa»- BBOA- Vous savez: le sport, en fait l'économie du sport, est, en soi, un éco-système. Il requiert, pour son développement, les mêmes valeurs que pour d'autres domaines d'entrepreneuriat: le labeur, l'esprit d'initiative et d'équipe, la persévérance et la résilience... Nous sommes fiers de la physionomie des premières candidatures reçues pour la quatrième édition de notre African Entrepreneurship Award- Je rappelle que les trois premières éditions de ce prix avaient attiré, en cumulé, plus 12.500 candidats provenant de 132 pays, dont 54 africains et permit la distribution de trois millions de dollars à 33 heureux élus !

 

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