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Les Cahiers des ÉCO

Le 4e Forum Afrique Développement a réuni 2.000 participants à Casablanca. Ce rendez-vous, désormais annuel, s’impose comme une plateforme de concrétisation de business entre les acteurs économiques du continent, mais aussi comme un cadre de réflexion pour soutenir l’action des gouvernements.

La 4e édition du Forum Afrique Développement a tenu toutes ses promesses. Cet événement, de deux jours, tenu les 25 et 26 février à Casablanca, a mobilisé quelque 2.000 opérateurs venus d’une vingtaine de pays africains et d’ailleurs pour parler business. À en croire les chiffres fournis par les organisateurs, quelque 4.800 rendez-vous B to B ont eu lieu durant cette manifestation qui a désormais atteint sa phase de maturité. «L’agroalimentaire, les BTP et Génie civil, et le Commerce et distribution, ont été les secteurs qui ont compté le plus de demandes de partenariat entre acteurs économiques présents à cette édition du forum», indique le comité d’organisation dans un communiqué final publié à l’issue de la manifestation. Les panels assurés par de hautes personnalités publiques et des acteurs économiques de premier plan dans leurs domaines respectifs, se sont intéressés à des thématiques en vogue sur le continent.

Des paroles aux actes
Il était question de «transformation agricole» pour, non seulement atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais aussi le développement économique. L’électrification des pays africains, dont le taux tourne encore autour de 20%, a également été une des questions clés soulevées lors de cette rencontre. Et sur ce volet, il faut reconnaître que les idées et les fonds ne manquent pas pour faire du continent une région éclairée. «L’un des principaux défis est de passer des déclarations de bonnes intentions à la concrétisation des projets. En Afrique, on parle beaucoup, mais on concrétise peu», a asséné, en substance l’économiste Alassane Ba, du Fonds Africa50, initié par la Banque africaine de développement (BAD).

Entrepreneuriat
L’autre thématique phare, discutée lors de cette 4e édition, concerne l’entrepreneuriat des jeunes africains. À ce propos, la présence à cet événement du Tycoon nigérian, et non moins patron de la banque UBA, Tony Elumelu, a été interprétée comme un signal fort pour un partenariat Sud-Sud naissant afin de régler les problèmes liés au soutien des projets portés par les jeunes. Les différentes expériences proposées lors des débats permettront, à coup sûr, de donner plus de visibilité aux sphères décisionnelles dans leur lutte pour l’émergence africaine. En effet, à l’instar des éditions précédentes, l’ensemble des recommandations seront retranscrites dans un 4e «Livre Blanc», destiné aux décideurs publics et gouvernementaux. 

Mathieu Mboumba Nziengui
Ministre de l’Agriculture et de l’entrepreneuriat agricole du Gabon

La promotion d’une agriculture familiale et durable sur le continent africain est liée à l’électrification du monde rural.

Salahedine Mezouar
Ministre des Affaires étrangères et de la coopération

Pour nous, le partenariat Sud-Sud n’est pas un slogan. C’est une nécessité. Ce discours n’exclut personne. Ce que nous proposons, c’est de sortir de l’Afro-pessimisme vers un cadre de coopération et de partage pour construire notre avenir commun.

Tony Elumelu
Président de Heirs Holdings, UBA Plc et Transcorp Plc

Nous avons besoin d'investissements et nous avons besoin de développement en Afrique. J’ai décidé que je devais être ici pour participer à une telle initiative de mouvement vers l'avant. Je l'appelle l’Africapitalisme.

Jean-Louis Borloo
Président de la Fondation : «Énergies pour l’Afrique»

Dans l’histoire des hommes, il y a des moments, des rencontres et des occasions et ce forum en est une. La tenue de ce forum est absolument décisive ; il se situe à mi-chemin entre la COP21 et la COP22.


 

AZUR S.A. du Cameroun en tête des «Trophées de la Coopération Sud-Sud»

C’est devenu un des moments forts du Forum Afrique Développement. La cérémonie de remise des «Trophées de la Coopération Sud-Sud» est, en effet, très attendue lors de chaque édition. Cette année, le premier prix a été décerné à AZUR S.A., société de savonnerie et d’huile de cuisine raffinée, basée au Cameroun. Les deuxième et troisième prix ont été remportés, respectivement, par Teyliom Properties Sénégal, société spécialisée dans la promotion et la gestion immobilière au Sénégal et par Onetech Group Tunisie, entreprise spécialisée dans la câblerie, la mécatronique et les télécoms en Tunisie. Présidente du jury des «Trophées de la Coopération Sud-Sud», Ouided Bouchamaoui, patronne de l’Union tunisienne du commerce, de l’industrie et de l’artisanat), a déclaré : «Le monde a son Davos, l’Afrique a son Forum international Afrique Développement. Il faudra désormais compter avec ce Forum devenu un rendez-vous incontournable pour l’ensemble des opérateurs africains». En plus de Ouided Bouchamaoui, le jury était constitué des présidents de patronats africains.


 

Mohamed El Kettani
PDG d’Attijariwafa bank

«Lancer une banque maroco-algérienne»

Les Inspirations ÉCO : Le Groupe Attijariwafa bank se positionne-t-il désormais comme acteur majeur de la croissance en Afrique?
Mohamed El Kettani : Nous essayons modestement de contribuer, au même titre que d’autres groupes, à construire et à édifier de nouveaux modèles de croissance économique pour le continent. Cette croissance vise à fixer une partie de la chaîne de valeur ajoutée au niveau du continent. Le modèle de l’exportation brute des matières premières a démontré ses limites et est révolu. Il ne permet pas à l’Afrique de se développer et d’inclure ses populations dans sa croissance économique. Dans son discours fondateur à Abidjan, le souverain avait dit que «l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique». Le continent doit compter sur ses potentialités, investir dans l’industrialisation et valoriser ses matières premières. C’est ainsi que nous créerons des emplois et parviendrons à une croissance durable.

Comment Attifariwafa bank entend-elle poursuivre son développement en Afrique?
En l’espace de 8 ans, nous avons acquis 13 banques dans 13 pays africains. Je crois que ce qui a été fait jusque-là est relativement positif. Nous avons pu transformer ces banques et les mettre à niveau dans le cadre de la gouvernance du groupe. Plus encore, nous leur avons alloué les ressources nécessaires pour investir davantage dans la bancarisation. Chaque année, nous avons des programmes d’extension de notre réseau afin d’être très proches des classes moyennes, des TPE et PME africaines. Car, jusqu’à présent, les banques internationales qui se sont installées en Afrique ne se sont intéressées qu’aux grandes entreprises et aux multinationales. Les TPE et PME étaient le «parent pauvre» de ce système. Attijariwafa bank est en train de dupliquer et de développer, dans ses pays d’implantation, le modèle que nous avons réussi au Maroc. Ceci fait que chaque année, nous doublons notre réseau bancaire dans un certain nombre de pays. Avec 3.400 agences sur le continent, nous sommes le premier réseau bancaire en densité et en proximité.

Quelles sont les futures acquisitions prévues par le groupe?
Pour l’avenir, d’autres acquisitions sont prévues. Nous avons couvert toute l’Afrique francophone en dehors de l’Algérie. Nous avons soumis une demande d’agrément en Algérie depuis quelques années, et nous espérons une réponse positive des autorités algériennes pour construire une banque maroco-algérienne dans l’intérêt des deux pays. Par ailleurs, nous nous intéressons à la partie anglophone de l’Afrique. 


 

Zahra Maafiri
DG Maroc Export

«Valoriser le label Made in Africa»

Les Inspirations ÉCO : Les objectifs du Forum en termes de mise en relation entre hommes d’affaires du continent sont-ils atteints?
Zahra Maafiri : L’objectif en termes de B to B était de faire mieux que l’année dernière, mais au seul niveau des inscriptions, ce but a été atteint et dépassé. L’année dernière, quelque 4.500 rencontres B to B ont été réalisées. Cette année, nous en avons fait plus (4.800, ndlr). Ce forum a tout son intérêt pour les opérateurs économiques. En Afrique, 433 salons professionnels sont organisés par an, contre 8.900 salons en Amérique du Nord, plus de 2.700 en Europe et 1.900 salons en Asie. C’est dire que nous devons encourager ces événements pour permettre aux hommes d’affaires de se rencontrer. De même, des infrastructures de centres d’exposition sont à construire et des programmations sous-régionales, régionales et continentales sont à harmoniser. Cela nous permettra de valoriser le label «Made in Africa» et de l’asseoir davantage dans le monde.

Quels secteurs étaient les plus représentés lors des B to B?
L’agriculture, la pêche, l’industrie, les services, le conseil sont les secteurs les plus représentés. Nous notons l’engouement des entreprises africaines qui sont venues en force. Notre objectif est de parvenir à un développement du tissu industriel de nos économies respectives. L’ambition de Maroc Export est d’accompagner des projets entre les entrepreneurs marocains et africains sur le continent.

Vous profitez de ce Forum pour tenir une nouvelle réunion des OPC. Quels en sont les objectifs?
Cette 4e édition du Forum est l’occasion de tenir une nouvelle rencontre des organismes de promotion du commerce (OPC) africains. Deux pays font leur entrée dans ce réseau, à savoir l’Île Maurice et le Zimbabwe. J’ai l’insigne honneur de représenter le Maroc et de siéger au comité consultatif du Centre de commerce international basé à Genève. Nous y parlons au nom de tous les OPC africains. Cette réunion à Casablanca dans le cadre du forum est donc consacrée aux résultats de l’étude menée par ce centre. C’est aussi l’opportunité de parler de la préparation de la 11e conférence des OPC qui sera organisée à Marrakech en novembre prochain. Nous espérons l’implication de tous les OPC africains dans cette grande manifestation. 

Une délégation d’hommes d’affaires marocains opérant au Gabon s’est réunie avec le premier ministre gabonais. Plusieurs sujets ont été évoqués, dont celui sur les dettes du gouvernement gabonais envers les entreprises marocaines. Estimée à plus de 480 MDH, Libreville promet de régler cette ardoise dans les plus brefs délais.

Après des décennies d'une coopération économique couronnée de succès, le Maroc et le Gabon sont sur le point de passer à la vitesse supérieure. Au regard de la nouvelle dynamique qui anime les flux d’investissements directs étrangers (IDE) du royaume au niveau continental, principalement avec les économies africaines les plus compatibles commercialement parlant, une délégation d’hommes d’affaires marocains investissant au Gabon, menée par Ali Bojji, ambassadeur du Maroc, s’est réunie, le 17 février à Libreville, avec le Premier ministre gabonais, Daniel Ona Ondo. Le but des échanges était, d’un côté, de faire valoir le rôle important que jouent les investisseurs marocain en faveur de l’effervescence économique et commerciale du pays ainsi que l’impact de leur contribution dans le produit intérieur brut (PIB) gabonais. De l’autre, il s'agissait d'exposer les différents obstacles au développement des investissements et les solutions pour y remédier.

Remboursement
D’emblée, deux points fondamentaux ont été désignés comme nécessitant une refonte pratique et urgente: les créances de l’État relatives au remboursement de la TVA, et la rigidité douanière qui entrave la croissance des échanges. Deux problèmes que le chef de gouvernement gabonais a promis de résoudre en mobilisant les ressources nécessaires, avec l’élaboration d'une stratégie de mise à niveau des liens économiques en étroite collaboration avec les hommes d’affaires marocains. L’État gabonais doit, en effet, aux entreprises marocaines près de 29 milliards de FCFA (soit plus de 480 MDH). Une dette que le gouvernement de Daniel Ona Ondo se dit prêt à épurer dans les plus brefs délais.

4 500 emplois directs
Christian Magnagna, ministre gabonais du Budget et des comptes publics, a confié à cet effet que 96% du total de la dette intérieure de l’État avait été remboursée fin 2015. Il s’agit, selon le responsable gouvernemental, de la preuve du dynamisme dont le gouvernement fait preuve afin d’honorer ses engagements.

Par ailleurs, Madeleine Berre, ex-présidente du syndicat patronal gabonais et actuelle ministre du Commerce, du tourisme et des petites et moyennes entreprises (PME), n’a montré aucune ambiguïté concernant la nécessité de mettre en place une zone de «favorisation» des échanges entre les deux pays. Une zone qui pourrait bien évoluer en espace de libre-échange multisectoriel au sein duquel investisseurs marocains et gabonais pourraient enfin commercer à plein régime. Les entreprises marocaines présentes au Gabon pèsent pour 270 milliards de FCFA et contribuent à concurrence de 40 milliards en termes de recettes fiscales. 4.500 emplois directs et 2.500 autres indirects ont été créés grâce à ces investissements.

Daniel Ona Ondo
Premier ministre du Gabon

Nos efforts d’apurement de la dette intérieure, déjà entamés en 2014, vont se poursuivre car ils sont essentiels à la sauvegarde de la croissance et à l’amélioration de l’environnement des affaires.

Christian Magnagna
Ministre gabonais du Budget et des comptes publics

L’apurement de nos dettes envers les entreprises marocaines présentes au Gabon est prévu pour 2016. En 2015, nous avons réglé notre dette intérieure à hauteur de 124 milliards de FCFA.

Madeleine Berre
Ministre du Commerce, du tourisme et des PME

Tous les écueils bloquant la collaboration maroco-gabonaise dans le domaine du commerce doivent être déverrouillés. Il faut donner du sens à notre coopération.

L’absence d’un pavillon national dans le transport maritime sape les ambitions africaines du Maroc. Les exportateurs du royaume sont à la merci des grands armateurs internationaux et font face à des allongements considérables des délais de livraison de leurs produits à destination du continent. Explications.

La disparition de la flotte nationale continue de coûter cher à l’économie marocaine. Non seulement le pays engloutit plus de 22 MMDH chaque année auprès des armateurs internationaux pour le transport maritime, mais les exportateurs nationaux souffrent aussi, depuis 2013, de l’absence de navires battant pavillon marocain. La situation est telle qu’elle risque de constituer un véritable frein aux échanges entre le Maroc et les pays d’Afrique subsaharienne et, plus globalement, à la stratégie africaine du royaume.

Long détour
Tenez-vous bien: un exportateur marocain désireux d’expédier une cargaison à destination d’Abidjan par exemple, ne peut que se résigner face au long trajet que sa marchandise doit suivre. De Casablanca, le chargement est soit acheminé jusqu’à Tanger Med avant de redescendre vers les côtes africaines, soit il est remonté jusqu’en Europe du Sud, voire même vers les lointains ports de Rotterdam et d’Hambourg, avant de reprendre la direction de l’Afrique. Conséquence, une perte de temps énorme, un rallongement considérable des délais d’acheminement, en plus du renchérissement des coûts de la logistique. Avec ce gros détour, l’Afrique subsaharienne n’est plus à trois jours de mer, mais plutôt à des semaines de trajet.

Schémas logistiques
Cette situation s’explique en grande partie par l’absence de bateaux marocains opérant exclusivement sur l’axe Maroc-Afrique (hormis une seule compagnie maroco-nigériane). Autre raison, les grands armateurs internationaux que sont Maersk, MSC, CMA-CGM ou encore Grimaldi ne considèrent pas encore le Maroc comme un «hub» maritime à destination du continent. Malgré les résultats encourageants affichés par le port de transbordement Tanger Med, la plupart de ces compagnies de transport maritime préfèrent jeter l’ancre à partir de plateformes européennes, comme le port fluvial d’Angers, en France. «Tanger Med est parfois boycotté par certains armateurs du fait des alliances qui existent entre eux. CMA-CGM, qui est allié aux Chinois, ne privilégie pas ce port où opère APM Terminals, filiale de son concurrent Maersk», explique le professeur Najib Cherfaoui, expert maritime (voir interview). Cette réalité fait dire à El Mostafa Fakhir, du Comité central des armateurs marocains (CCAM) que «les exportateurs marocains sont victimes des schémas logistiques des armateurs étrangers».

Et la stratégie maritime ?
Dans ce contexte, la relance du pavillon national apparaît comme la solution la plus logique pour mettre fin à cette coûteuse dépendance. Hélas, sur ce point, les choses traînent depuis des années. Le ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique, qui planche sur une stratégie maritime, tarde à apporter une réponse définitive. Lors d’une récente interview aux ÉCO, Aziz Rabbah assurait que la stratégie est fin prête et que ses grandes lignes seront bientôt présentées. 

Aziz Rabbah,
ministre de l’Équipement, du transport et de la logistique.

La stratégie maritime est bouclée. Nous allons organiser incessamment un grand séminaire de restitution.

El Mostafa Fakhir,
du Comité central des armateurs marocains (CCAM).

Les exportateurs marocains sont victimes des schémas logistiques des armateurs étrangers.

Abdelaziz Mantrach,
président de la Commission logistique de l’ASMEX.

Pour que les armateurs fassent de Casablanca un hub maritime, il faudrait atteindre un volume important de produits à exporter, ce qui n’est pas encore le cas.


 

Rien de concret pour le navire de l’ASMEX

«La création d’une compagnie marocaine est toujours d'actualité, mais il n’y a rien de concret pour le moment». Tel est le point sur la situation fait par le président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), concernant le projet de lancement d’une nouvelle compagnie maritime nationale. Contacté par «Les Inspirations Éco», Hassan Sentissi reconnaît que ce projet ne peut pas se concrétiser «du jour au lendemain». Alors que les opérateurs plaident pour une garantie financière de l’État, les banques semblent avoir peur de se lancer dans ce secteur très capitalistique qui «leur» a déjà englouti des montants considérables. Il faut se rappeler à l’époque qu’une soixantaine de navires avaient été financés par les banques de la place avant que tous finissent par couler avec le pavillon national.

L’entreprise marocaine vient de livrer un premier lot de 73 camions sur un total de 800 unités, dans le cadre de la première phase du projet de renouvellement du parc des gros porteurs du Sénégal. Ce projet d’acquisition de 3.000 camions d’ici 2020 est estimé à plus de 4 MMDH.

Riad Motors voit l’avenir en rose au Sénégal. La société marocaine vient de livrer un premier lot de 73 camions. La cérémonie de remise des gros porteurs a eu lieu samedi 6 février à Dakar, en présence du président sénégalais Macky Sall. En tout, Riad Motors devra livrer pas moins de 3.000 camions aux professionnels sénégalais durant les quatre prochaines années. Ce projet entre dans le cadre d’un renouvellement du parc automobile, avec l’acquisition de 3.000 gros porteurs, d’ici 2020, pour un montant global de 250 milliards de francs CFA, soit plus de 4 MMDH. Soulignant que ce programme permettra d'améliorer les conditions de vie des professionnels du secteur du transport, le président Macky Sall a salué, lors de son discours, la qualité de la coopération du Sénégal avec le Maroc.

Usine de montage
L’État sénégalais entend renouveler 49% du total d’un parc de 15.141 camions. 25% des 12.001 tracteurs routiers et 23% des 13.474 remorques et semi-remorques seront également concernés par ce plan de renouvellement. Pour accompagner ce projet, Macky Sall annonce l’installation d’une usine de montage de camions au Sénégal et huit points de service après-vente sur le trajet Dakar-Bamako pour l’entretien des nouveaux camions. Pour rendre le transport de marchandises au Sénégal assez compétitif, Macky Sall a mis en exergue les efforts de la société Riad Motors qui a travaillé d'arrache-pied pour l'aboutissement du projet. Selon lui, «c’est un acte fort qui matérialise le partenariat entre le royaume du Maroc et les pays africains, et ce, conformément à la volonté du roi Mohammed VI».

Expérience marocaine
Le directeur du Transport routier et de la sécurité routière du ministère marocain de l'Équipement, du transport et la logistique, Brahim Baamal, a souligné que le Maroc a mis en place une stratégie visant à améliorer la compétitivité des professionnels du transport routier. «L’accent a été mis sur l'expérience du royaume en matière du renouvellement du parc des véhicules poids lourds», précise Brahim Baamal, en présence de l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Taleb Barrada.

Macky Sall
Président du Sénégal

C’est un acte fort qui matérialise le partenariat entre le royaume du Maroc et les pays africains, et ce, conformément à la volonté du roi Mohammed VI.

Michel Riad Sahyoun
Président de Riad Motors

Riad Motors a privilégié le Sénégal pour démarrer le programme de renouvellement du parc de gros porteurs. Nous avons accompagné les responsables sénégalais dans l’organisation de la coopérative et de la recherche de financement.


 

Le Plus de Maroc Export

L’Afrique présente un large éventail d’opportunités dans plusieurs secteurs: agroalimentaire, infrastructures, énergies, formation, etc. Les entreprises marocaines, eu égard à leurs expertises et expériences dans ces domaines, ont beaucoup de débouchés à exploiter pour favoriser leur développement sur le continent. Maroc Export les accompagne afin d'augmenter leurs chances de mieux répondre aux appels d'offres. Les forums d'échanges d'expertises, à l'instar du Forum du Bénin, l'internationalisation du Salon de l'eau et l'internationalisation d'Elec Expo, en collaboration avec l'Amepa, la Fenelec et l'Ofec, sont autant d'actions à intensifier pour augmenter les chances des entreprises nationales de nouer des liens pour se voir confier des projets d'envergure. Maroc Export profite également des différentes rencontres pour organiser des rencontres B to B, en plus des missions d’affaires.

Avec une capacité de production annuelle d'1 million de tonnes d’engrais, ce nouveau complexe est entièrement dédié au continent africain.

Le roi Mohammed VI a inauguré,  lundi 2 février à Jorf Lasfar, le complexe intégré de production d’engrais «Africa Fertilizer Complex» (AFC). D’une capacité de production d’un million de tonnes par an, cette nouvelle usine est entièrement dédiée à l’Afrique. Opérationnel depuis un mois, ce complexe est censé concrétiser les engagements du royaume dans sa contribution à l’émergence d’une agriculture africaine. Ce grand projet a nécessité un investissement de 5,3MMDH et permet la création de 380 emplois permanents. Il est constitué d’une unité de production d’engrais d'1 million de tonnes par an, d’une unité d’acide phosphorique de 450.000 tonnes par an et une autre de production d’acide sulfurique d'1,4 million de tonnes par an. Ces 3 unités sont accompagnées d’une centrale thermoélectrique de 62MW, en plus de plateformes de stockage en engrais d’une capacité de 200.000 tonnes, soit plus de 2 mois d’autonomie. «AFC est totalement intégré dans la plateforme industrielle Jorf Lasfar qui lui garantit l’ensemble des matières premières (phosphate, soufre, ammoniac) et des utilités (électricité, eaux, vapeur). La plateforme lui assure aussi la manutention et l’export de produits finis», ajoute  OCP group.

D’autres unités à venir
L’entrée en service de ce complexe dédié au continent est très symbolique et tombe certainement au bon moment, à l’heure où l’agriculture est (re)devenue la priorité pour de nombreux États. En effet, l’Afrique recèle 60% des terres arables du monde et 80% de ces surfaces ne sont pas encore exploitées. Depuis Jorf Lasfar, l’OCP pourra désormais commercialiser chaque année au moins 1 million de tonnes d’engrais pour les industriels et les agriculteurs africains. En décembre 2014, lors de la conférence Sud-Sud ministérielle sur l’agriculture, organisée par le Maroc et la FOA à Marrakech (cf:www.leseco.ma), le PDG de l’OCP, Mostafa Terrab, déclarait : «Une révolution verte est non seulement possible, mais nécessaire afin de nourrir l’Afrique et le monde. Il faut créer des capacités de production». À l’époque, le patron de l’OCP avait rappelé que 4 nouvelles unités de production d’engrais étaient en phase de réalisation, dont 2 qui seront bientôt prêtes. «L’Africa Fertilizer Complex» en faisait partie, en attendant les autres unités, dont celles prévues dans le cadre de l’accord signé en mars 2014 entre le Maroc et le Gabon, pour un montant de 2,3 milliards de dollars. Leur entrée en service est prévue pour 2018.

Chiffres clés

5,3MMDH
Montant global de l’investissement.

380
emplois créés.

1,35
Pendant sa phase de construction, le projet a nécessité 1,35 million jours/hommes de travail dont 86% de Marocains.

1
L’unité de production d’engrais a une capacité d’un million de tonnes par an.

450.000
capacité de production de l’unité d’acide phosphorique par an.

1,4
Capacité de production d’acide sulfurique d’1,4 million de tonnes par an.

62 MW
Une centrale thermoélectrique de 62 MW a été construite.

200.000
La capacité de stockage en engrais est de 200.000 tonnes, soit plus de 2 mois d’autonomie 0% d’émanation de poussière dans l’unité phosphorique.


 

Des innovations pour le respect de l’environnement

Le projet «Africa Fertilizer Complex» a été réalisé en capitalisant sur l’expérience acquise par le groupe OCP dans les domaines de la technologie et de la préservation de l’environnement. Au niveau du leader mondial des engrais, on avance ainsi que «plusieurs innovations ont été intégrées» dans ce nouveau complexe de production d’engrais dédié au continent. Par exemple, avec les technologies utilisées, il est possible de récupérer du fluor au niveau de l’unité phosphorique. Le groupe informe également qu’«une technologie adoptée pour la première fois à OCP vient en remplacement du refroidissement conventionnel à l’eau de mer». Elle permet d’assurer le refroidissement à l’eau douce, en boucle fermée et d'éviter l’utilisation d’eau de mer en circuit ouvert. En outre, les activités de ce complexe se font en parallèle avec une réduction de la teneur en SO2, une importante quantité d’énergie récupérée, sans parler du traitement des eaux usées. À ce propos, une nouvelle unité de traitement des eaux sanitaires d’une capacité de 45 m3/ jour a été construite «pour se conformer aux standards internationaux».

Africa Art Lines, un fonds de mobilité, destiné à soutenir la création artistique en Afrique, à travers un financement total ou partiel des frais de voyage, a été lancé, lors d'une conférence de presse, organisée mardi soir à Casablanca, en présence de plusieurs personnalités.

Initiative de l'Association Afrikayna, Africa Art Lines est un fonds permettant aux artistes et aux opérateurs culturels porteurs de projets artistiques entre le Maroc et les pays d'Afrique de bénéficier de bourses pour leurs voyages. Ouverte aux artistes et aux opérateurs vivant et travaillant à l'intérieur du continent et aux projets en lien avec le Maroc, cette initiative ambitionne d'identifier et d'accompagner les artistes et les porteurs de projets artistiques et culturels interafricains et de garantir une meilleure présence d'artistes marocains sur le continent.

Il s'agit aussi d'accueillir au Maroc des artistes et des projets d'Afrique, d'encourager les projets de création communs entre le Maroc et les autres pays du continent, de participer au développement du marché artistique en Afrique et de transmettre, à travers les arts, les valeurs de la diversité et du dialogue interculturel.

Le continent était fortement représenté aux travaux de la 46e Assemblée annuelle du Forum économique mondial, qui se sont tenus à Davos-Klosters, en Suisse, du 20 au 23 janvier. L’occasion pour les différentes délégations de faire la promotion des potentialités de leurs pays respectifs autour de différents sujets qui constituent les principaux défis actuels du continent.

C’est le cas de le dire, le Davos est désormais devenu un des rendez-vous annuels où l’Afrique fait particulièrement parler d’elle. L’édition 2016 n’a pas dérogé à la tradition avec la présence d’importantes délégations qui ont fait le déplacement avec une dizaine de chefs d’États et de gouvernements et autant de ministres et de représentants du secteur privé ainsi que de la société civile. Avec la présence de plus de 40 chefs d'États et de gouvernements, des sommités mondiales, ainsi que 2.500 décideurs du monde des affaires et d’éminents spécialistes des questions de développement, l’occasion était des plus opportunes pour évoquer, une fois encore, les grands défis du continent mais aussi pour promouvoir les perspectives économiques de la nouvelle Afrique. Les travaux de l’édition 2016 de Davos ont été consacrés à «la maîtrise de la quatrième révolution industrielle», un thème qui met l'accent sur de grands enjeux mondiaux comme la sécurité, le changement climatique, la croissance mondiale et les prix des matières premières. Au-delà des échanges, par rapport aux défis multiples de l’économie mondiale de l’heure, le continent a été au centre de plusieurs panels d’échanges et de débats qui ont réuni d’éminentes personnalités qui ont fait part de leur expertise en matière de solutions aux crises qui plombent actuellement le développement de l’Afrique.

L’émergence en ligne de mire
Le Davos 2016 intervient dans une conjoncture économique mondiale toujours morose, mais, pour les pays du continent, les perspectives sont des plus reluisantes. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que plusieurs pays étaient représentés au plus haut niveau par leurs chefs d’États ou de gouvernements partis faire la promotion des potentialités d’investissement dans le sillage de la dynamique économique que connaît le continent. Le Davos a été l’occasion de mettre en avant plusieurs stratégies de développement, mises en œuvre par différents pays (Rwanda, Gabon, Côte-D’Ivoire, Sénégal, Tanzanie, Guinée, Éthiopie) et qui sont porteurs d’opportunités pour les investisseurs. Les différents dirigeants présents se sont faits le porte-voix de l’Afrique qui avance dans le sillage d’une véritable transformation économique sur laquelle s’appuie, désormais, le continent pour prendre en charge son propre développement. Du reste, sur plusieurs sujets connexes, notamment, la sécurité tant des personnes que des investissements, les dirigeants africains ont mis le paquet pour mettre en exergue l’approche dynamique des pays du continent pour faire face aux défis qu’engendrent les mutations mondiales actuelles.

Nouveau Pacte pour l’électricité
L’un des faits marquants de ce Davos a été incontestablement, le plaidoyer fait par la BAD en faveur de l’électrification du continent. Le nouveau président du groupe de la BAD, Akinwumi Adesina, a saisi l’occasion pour dévoiler les grands axes du «New Deal pour l'énergie en Afrique», un partenariat révolutionnaire pour éclairer l'Afrique et l'électrifier d'ici à 2025. Selon la banque panafricaine, ce New Deal pour l'énergie en Afrique entend accélérer les investissements dans le secteur de l'énergie, en vue de parvenir à l'accès universel à l'électricité sur le continent, d'ici 2025. Il privilégie une approche globale du secteur énergétique, notamment du réseau de production, de transport et de distribution, ainsi que des solutions décentralisées et des solutions de cuisson moins polluantes. Il faut dire que le potentiel du continent en la matière est immense.

En plus des 300 gigawatts d’énergie potentielle, provenant du charbon, et des 400 gigawatts qu’il est possible de tirer du gaz, l’Afrique compte exploiter 10 térawatts d’énergie solaire potentielle, 350 gigawatts d’hydroélectricité, 110 gigawatts d’énergie éolienne ainsi que sur 15 gigawatts d’énergie géothermique. C’est pour cette raison que «Le Nouveau Pacte» a été structuré autour de quatre objectifs, qui sont très ambitieux : augmenter la production du réseau par l’ajout de 160 GWH de nouvelles capacités, d’ici 2025, soit en doublant presque les capacités actuelles ; augmenter la transmission du réseau et les connexions au réseau pour créer 130 millions de nouvelles connexions, d’ici 2025, soit 160 pour cent de plus qu'aujourd'hui ; augmenter la production hors réseau pour ajouter 75 millions de connexions d’ici 2025, soit près de 20 fois plus qu'aujourd'hui et enfin augmenter l’accès à l’énergie propre pour la préparation des repas dans environ 130 millions de foyers. Pour ce qui est du financement, le pacte cherchera à lever des fonds, en Afrique et ailleurs, auprès des secteurs publics et privés pour un besoin de 60 à 90 milliards de dollars US par an, par rapport aux 22 milliards de dollars US, investis dans le secteur en 2014.

Selon la feuille de route de la BAD, ces fonds proviendront de diverses sources. Il s’agit d’abord, de la contribution d’institutions financières multilatérales et bilatérales afin de parvenir à tripler les investissements dans le secteur de l’énergie tous les ans. En second lieu, les gouvernements eux-mêmes auront un rôle à jouer. Si l’Afrique faisait passer ses dépenses annuelles en énergie de 0,4 à 3,4% du PIB, le problème pourrait être entièrement résolu. Selon Akinwumi Adesina, une autre solution pour le financement serait de mettre un terme aux subventions en faveur de produits tels que le kérosène et le diesel. Enfin, le secteur privé est très disposé à intervenir de façon significative. Il faudra modifier la réglementation pour attirer davantage de capitaux privés dans le secteur, mais nous avons observé, à de nombreuses reprises, l’importance des flux de capitaux lorsque les réglementations sont convenablement structurées.

Le Nouveau Pacte est également pratique, car il créera le cadre adéquat de politique énergétique, en termes de législation, de réglementation et de gouvernance. Il renforcera les capacités des entreprises nationales de services énergétiques, il augmentera considérablement le nombre de projets énergétiques susceptibles d’être financés ainsi que leurs sources de financement, et il transformera le secteur dans l’ensemble du pays par vagues successives de revirements. Le pacte sera neutre en termes de ressources énergétiques, c’est-à-dire que les énergies renouvelables seront utilisées autant que les énergies non renouvelables, et il le sera aussi en termes de technologie.

La Banque africaine de développement va non seulement gérer le Nouveau Pacte, mais aussi investir 12 milliards de dollars US dans le financement de l’énergie, au cours des cinq prochaines années, alors que les autres acteurs financiers, impliqués dans le processus, fourniront, quant à eux, jusqu'à quatre fois cette somme. La nouvelle stratégie de la BAD, en matière d’énergie pour le continent, constitue un exemple des nouvelles stratégies, mises en place, par les pays du continent dans divers domaines, afin de tirer pleinement profit de la dynamique de croissance actuelle que connaît l’Afrique, un continent que désormais tous les avis convergent à reconnaître qu’il est le continent de l’avenir. La démonstration grande nature a été faite à Davos qui s’affirme de plus en plus comme une véritable tribune de promotion pour l’Afrique. 


 

Le secteur privé prêt à investir

En plus des différentes délégations officielles présentes au Davos, plusieurs représentants du secteur privé et de la société civile africaine étaient également de la partie. Le 46e Davos a ainsi enregistré la présence de l’ancien secrétaire général de l’ONU, le Ghanéen Koffi Annan, qui dirige désormais l’African Progress Panel (APP) ainsi que le milliardaire nigérian Tony O. Elumelu, membre du Conseil de l’énergie durable pour tous, (un partenariat entre les Nations Unies et la Banque mondiale), également co-fondateur et président de l’Africa Energy Leaders Group. Le philantrophe africian qui a dernièrement défrayé la chronique à travers la création d’un fonds africian destiné à soutenir la création des PME par les jeunes entrepreneurs s’est particulièrement distingué en se faisant le porte-parole des investisseurs africains. Le président de United Bank of Africa a plaidé en faveur de l’urgence de conduire des réformes adéquates afin d’encourager l’investissement privé sur le continent. «Après des décennies de discours sur les délestages et autres déficits énergétiques, le discours se transforme en indignation ; l’indignation qu’un secteur aussi vital et lucratif, et à l’impact aussi significatif pour nos économies africaines, attire si peu d’investissements», a lancé celui qui montre l’exemple par les actes. L’une de ses sociétés, Transcorp Plc, a investi en effet dans la plus importante centrale électrique du Nigéria, qui représente à ce jour 18% de la capacité installée du pays. «En même temps que je soutiens le développement des énergies propres, j’affirme que l’Afrique ne peut se permettre d’attendre la maturité de ces sources d’énergie si elle veut accélérer son développement», a estimé Tony O. Elumelu.

Le Maroc et le Tchad viennent de signer un protocole d’accord dans le secteur de la santé. Les deux pays vont ainsi renforcer leur coopération dans divers secteurs allant de la formation à l’équipement des hôpitaux. Le document balise aussi le chemin pour les évacuations sanitaires de patients tchadiens vers le Maroc.

L’avenir s’annonce prometteur dans les relations entre le Maroc et le Tchad. Le séjour dans le royaume, du 12 au 15 janvier, d’une délégation conduite par le ministre tchadien de la Santé, Assane Ngueadoum, a permis de fixer le cadre de coopération dans le domaine médical entre Rabat et Ndjamena. En effet, le ministre tchadien a signé avec son homologue marocain, El Houssaine Louardi, un protocole d’accord qui balise le chemin aux intervenants du secteur. Le document prévoit «une coopération dans les domaines de la formation des cadres et des professionnels de la santé, des médicaments et produits pharmaceutiques et de la santé de la reproduction et la planification familiale». En d’autres termes, le Maroc met à disposition du Tchad son expertise et ses avancées dans le domaine de la santé. Des étudiants et professionnels tchadiens de la santé pourront davantage venir poursuivre leur formation dans les établissements sanitaires du royaume.

Expertise
En dehors de ce volet formation, le protocole d'accord, finalisé conjointement par les deux parties mentionne également la coopération dans l’organisation et la gestion hospitalière. La lutte contre le cancer et l’échange d'expériences et d'expertises ainsi que l'assistance technique figurent aussi parmi les axes évoqués. Un autre point renferme aussi une importance non négligeable pour le secteur privé médical marocain. En effet, le protocole d’accord n’omet pas de parler «d’évacuations sanitaires», c'est-à-dire que les patients qui ne peuvent être soignés au Tchad pour des raisons diverses pourront être évacués vers les hôpitaux et cliniques privées du Maroc. Ce dernier point constitue une avancée importante dans la coopération entre les deux pays.

Maroc vs Tunisie ?
Jusque-là, la Tunisie figurait parmi les destinations de choix pour les Tchadiens désireux de se soigner à l’étranger. Un partenariat assez profond semblait lier le gouvernement tchadien aux acteurs médicaux tunisiens, mais avec les lendemains difficiles que traverse ce pays depuis le début du «Printemps arabe» et surtout suite à des disfonctionnements survenus dans le cadre de ce partenariat, le Tchad essaie de diversifier ses choix. Le pays essaie de se doter de structures sanitaires dignes de ce nom, tout en se tournant vers le Maroc.

«Clinique Jerrada» en avant
L’amélioration du plateau médical dans le royaume et la stabilité du pays en font désormais un concurrent sérieux pour ses voisins maghrébins. En outre, l’ouverture de 2 vols hebdomadaires entre Casablanca et N’djamena a été un facteur déterminant. Il est désormais plus facile de rallier la capitale économique du Maroc à partir de N’Djamena que de trouver une liaison directe à destination de Tunis. En tout cas, du côté des structures médicales privées, on s’active pour se mettre en pôle position. C’est notamment le cas de la «Clinique Jerrada», sise au quartier Oasis de Casablanca, qui aurait pris les devants bien avant la signature du protocole d’accord entre les deux pays. Quoiqu’il en soit, pour les patients, c’est surtout la compétitivité des prix et la qualité des prestations qui feront la différence.   

El Houssaine Louardi,  
Ministre de la Santé

«Je réitère l'engagement du royaume du Maroc à appuyer la République du Tchad en matière de santé. Nous avons la ferme volonté d'étudier toute nouvelle proposition concernant un domaine d'intervention non inclu dans ce protocole d'accord.»

Assane Ngueadoum,   
Ministre tchadien de la Santé publique

«Le Royaume du Maroc dispose d'une expertise avérée dans le domaine de la santé, notamment en matière de formation, de la santé de reproduction, des médicaments et pharmaceutique. Ma visite dans le royaume vise à tirer profit de cette expérience dans le cadre de la coopération sud-sud.»

Après une année 2015 fructueuse, marquée par la consolidation des relations politiques et économiques entre le Maroc et ses partenaires subsahariens, le défi qui se pose, à l’entame de 2016 est de rester sur la même dynamique, voire de faire mieux. Voici quelques chantiers qui aideraient à fluidifier davantage ce partenariat sud-sud.

L’année 2016 devrait être une année d’accélération pour l’Afrique. C’est ce qui ressort des dernières estimations du Fond monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Une bonne nouvelle quand on se souvient qu’il y a quelques mois, ces institutions avaient abaissé leurs prévisions en les portant respectivement de 5% et 4,6% en 2014 à 3,8% et 3,7% en 2015, ce qui représente le taux de croissance le plus faible pour le continent depuis 2009. Si pour expliquer ce ralentissement, les spécialistes évoquent certains facteurs exogènes comme le ralentissement de l'économie chinoise qui, il faut le rappeler, influe fortement sur celle de l'Afrique subsaharienne et le durcissement des conditions financières au niveau mondial, tous s’accordent à désigner la chute brutale des cours du pétrole et des autres matières premières comme cause première de cette baisse de performance des économies africaines. Un phénomène qui touche au premier chef les grands producteurs de pétrole (Angola, République du Congo, Guinée équatoriale et Nigéria) et de minerais (Botswana et Mauritanie).

Cette baisse comme le souligne Africa's Pulse, une publication semestrielle de la Banque mondiale, qui analyse les perspectives économiques de l'Afrique subsaharienne, a elle-même été accentuée par l'insuffisance de la production d'électricité dans de nombreux pays africains. Le rapport note cependant que certains pays vont à l’encontre de cette tendance et continuent d’enregistrer une croissance robuste. C’est le cas de la Côte d’Ivoire, de l'Éthiopie, du Mozambique, du Rwanda et de la Tanzanie. Ces pays devraient maintenir en effet une croissance annuelle d'au moins 7% de 2015 à 2017 grâce aux investissements dans de grands projets d’infrastructure dans les secteurs de l’énergie, du transport et des industries extractives et à la hausse de la consommation des ménages.

Toujours selon Africa's Pulse, l'activité économique de la région devrait de manière générale connaître une accélération, notamment avec la remontée progressive des cours des matières premières, l’adoption de politiques budgétaires moins restrictives et les efforts des gouvernements pour produire davantage d'électricité. Un rebond de croissance qui selon la Banque mondiale devrait atteindre 4,4% cette année puis 4,8% en 2017. Toutefois, ces prévisions optimistes ne vont pas sans recommandations. Ainsi, Selon Africa's Pulse, les gouvernements devront investir dans de nouvelles capacités de production électrique, mieux gérer les sécheresses et leurs conséquences sur l’hydroélectricité, moderniser les entreprises publiques de distribution et inciter davantage les entreprises privées à investir pour permettre au secteur électrique d’être plus résilient aux chocs. Les États peuvent également accroître leurs recettes fiscales, améliorer le consentement à l’impôt et parallèlement améliorer l’efficacité de leurs dépenses afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires.

Afrique du Nord la croissance reste modeste
Selon les dernières estimations du FMI, la région ne devrait pas enregistrer une croissance de plus de 4% cette année. Ces prévisions qui prennent en compte les vastes régions MENAP (Middle East, North Africa, Afghanistan and Pakistan) se fondent entre autres sur la chute des cours du pétrole et la forte dépense publique qui touche les pays du CCG (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis), ainsi que l’Algérie, sans oublier les conflits qui frappent durement les économies libyenne, yéménite, iraquienne et syrienne. En 2015, seuls l’Égypte et le Maroc ont pu connaître une croissance économique plus solide affichant respectivement des taux de 3,8 et de 4,7%. L’économie égyptienne doit sa performance aux réformes entreprises par le pays surtout en matière sécuritaire. Quant au Maroc, en plus des efforts consentis pour contenir le déficit budgétaire en dessous de 4,3%, il a été en proportion le pays qui a bénéficié le plus de la baisse du prix des énergie telles que le pétrole, ce qui lui a permis de réaliser un gain de recettes extérieures de près de 6% du PIB. Ceci dit, les économies des deux pays ne devraient pas passer la barre des 4% cette année et sont respectivement attendues à 4% et 3,7% selon le FMI. Une règle qui devrait par ailleurs, à quelques exceptions près, s’appliquer aux autres pays proches du Maroc, ce que confirment les estimations du FMI, qui table sur une croissance de 3% en Tunisie, 3,9% en Algérie et 4,2% en Mauritanie.

Afrique subsaharienne la Zone CFA mène les débats
En dépit du ralentissement observé dans les principales économies de la région en 2015, son produit intérieur brut (PIB) devrait repartir à la hausse en 2016 et 2017, avec une croissance moyenne de 4,6% et 5% respectivement. Cette progression sera tirée par la demande intérieure, elle-même portée par la poursuite des investissements d’infrastructure et la consommation des ménages, laquelle bénéficie de la baisse des prix pétroliers. Elle sera également soutenue par la demande extérieure en raison de l’amélioration des perspectives de croissance dans les pays à revenus élevés. Toutefois, si cette situation profitera aux grands exportateurs de pétrole tels que le Nigeria et l’Angola, ceux-ci afficheront respectivement une croissance modeste de 4,6% et 3,3%. Dans les prévisions de la Banque mondiale en ce début d’année, c’est plutôt la zone FCFA qui devrait rafler la mise avec 5,7% de taux de croissance, un chiffre qui toujours selon l’institution de Bretton Woods pourrait même progresser pour avoisiner les 6% en 2017.

Dans cette dynamique la Côte d’Ivoire devrait arriver en tête avec une croissance de 8,4% selon le FMI et 9,8% selon les autorités ivoiriennes. C’est par ailleurs, l’une des perspectives qui fondent le budget prévisionnel du pays, lequel s’élève en 2016 à 5.813 milliards de francs CFA. Seconde économie de la zone CFA, le Sénégal devrait lui aussi connaître une accélération qui portera sa croissance économique à 6% selon une perspective de l’instrument de soutien au Plan Sénégal émergent (PSE) et partagée par le FMI. Cependant, du côté de l’Afrique centrale, en République démocratique du Congo (RDC), locomotive de la zone CFA dans cette sous-région, l’incertitude plane toujours quant à la tendance que prendra la croissance économique du pays.

À ce propos, il faut rappeler que Kinshasa avait dans le courant du mois de novembre revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2015 annonçant le chiffre de 7,7% au lieu des 8,4% prévus auparavant. Raison évoquée, le ralentissement du niveau de la production locale et la baisse des prix des matières premières que la RDC exporte, dont le cuivre et le cobalt. Il convient cependant de noter qu'au Congo comme dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne tels que le Niger, la Zambie, l’Ouganda, la République Centrafricaine et le Bénin, ces projections positives sont effectuées sous réserve des risques liés au déroulement des élections comme dans d’autres pays dont entre autres le Nigeria, le Mali, la Somalie ou le Kenya, en proie à la menace terroriste.

Après une année 2015 fructueuse, marquée par la consolidation des relations politiques et économiques entre le Maroc et ses partenaires subsahariens, le défi qui se pose, à l’entame de 2016 est de rester sur la même dynamique, voire de faire mieux. Voici quelques chantiers qui aideraient à fluidifier davantage ce partenariat sud-sud.

ENFIN L’AFRIQUE ANGLOPHONE ?
On ne cessera de le répéter, l’Afrique anglophone reste encore un mystère pour la plupart des opérateurs marocains. Hormis les quelques missions de prospections menées dans certains pays comme le Kenya ou encore l’avancée récente de la BMCE Bank of Africa en Afrique de l’Est, il est encore très rare d’entendre l’implantation d’une entreprise marocaine dans les pays s’exprimant dans la langue de Shakespeare sur le continent. L’acquisition récente, par Saham, de deux compagnies d’assurances au Nigéria est très encourageante et constitue un bel exemple pour les autres capitaines de l’économie nationale. Par ailleurs, il est grand temps pour ceux qui l’ignorent encore de comprendre que la culture des affaires et les besoins de ces pays diffèrent souvent de ceux de leurs homologues francophones. La pénétration de ces marchés suppose non seulement une meilleure connaissance, mais surtout une adaptation de l’offre par rapport à leurs attentes. Enfin, notez que très souvent, ces pays sont en avance sur le Maroc dans plusieurs secteurs et ne souffrent pas toujours des mêmes maux que les pays francophones.

ENCOURAGER LES JOINT-VENTURES
Si les relations Maroc-Afrique subsaharienne sont placées sous le signe de la coopération sud-sud, force est de constater que dans le cadre de ce partenariat, les investissements vont dans un seul sens. Les entreprises marocaines se lancent à la conquête des marchés du sud, mais venir investir au Maroc n’est pas encore un réflexe pour les hommes d’affaires de ces pays. Cette réalité se traduit par le déséquilibre de la balance commerciale en faveur du royaume. De nombreuses voix appellent à rectifier le tir en favorisant les investissements subsahariens au Maroc. Si, du côté marocain, on se presse de répondre que le marché est ouvert à tous les investisseurs, un intense travail doit être mené afin de venir à bout de la frilosité des entreprises subsahariennes et de prolonger leurs activités au Maroc. Ainsi, encourager les acteurs économiques à créer des joint-ventures ici et là-bas en constituerait une première étape. Cela passe nécessairement par une multiplication des occasions de rencontres et d’apprentissage entre ces acteurs afin de créer une plus grande complicité entre eux.

CONNECTIVITÉ, EN ATTENDANT LE HUB DU SAHARA
La connectivité logistique, notamment les transports routier et maritime peuvent encore être renforcés. Hormis le Sénégal, pays avec lequel les liaisons terrestres semblent assez denses, les transporteurs ne semblent pas très enclins à pénétrer les autres destinations. Les risques sécuritaires, mais surtout l’état des routes dans certains pays ne sont pas de nature à encourager ces aventures. Après l’annonce en février dernier de la création d’une compagnie maritime maroco-nigériane desservant les capitales ouest-africaines, les professionnels du transport devraient davantage investir ce segment afin de soutenir les exportations dans les deux sens. Sur ce point, la plateforme de commercialisation des produits agricoles annoncée en Côte d’Ivoire dans le cadre de la coopération avec le Maroc, est très attendue pour faciliter l’écoulement de la production. En outre, la vision royale de faire des régions du sud un hub à destination du sud du Sahara augure des lendemains meilleurs pour le développement du transport et de la logistique entre le Maroc et le reste du continent.

FACILITER LE FINANCEMENT
Afin de concrétiser les actions de promotion menées par le département de l’Industrie et du commerce extérieur, il serait opportun de penser à la création d’une banque de soutien aux activités d’import-export. Bien que les banques marocaines soient bien implantées sur le continent, cet outil de financement s’avère nécessaire, histoire de répondre aux besoins spécifiques des exportateurs et surtout de soutenir les candidatures d’entreprises marocaines dans la réalisation de projets dont le montage financier s’avère parfois complexe. «Il y a un déficit d’exploitation marocaine en Afrique. Chaque année, on enregistre environ 50 milliards de dollars d’investissements sur le continent et le plus souvent ce sont des entreprises venues d’ailleurs qui empochent le plus gros de cette somme», rappelait récemment le vice-président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), Mohamed Hmidouche et non moins ancien haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD).

PORTE D’ENTRÉE POUR L’ASIE
L’expansion du Maroc en Afrique ne peut uniquement se faire avec les entreprises marocaines. Cette réalité a été comprise très tôt avec la création de Casablanca Finance City (CFC) qui accueille les sièges régionaux des multinationales étrangères en route pour l’Afrique. Les résultats encourageants réalisés par CFC devraient inciter à poursuivre la dynamique d’attraction des grandes entreprises vers le royaume. En plus des grands groupes européens et américains, l’intérêt nouveau et croissant des pays du Golfe pour l’Afrique devrait davantage encourager les entreprises marocaines, notamment les banques à multiplier les partenariats avec ces opérateurs souvent dotés d’une assise financière solide. L’Asie n’est pas en reste. Hormis les puissances traditionnellement présentes en Afrique comme la Chine, le Japon, de nouveaux acteurs y annoncent leur intention de se lancer dans une aventure africaine. C’est notamment le cas du Kazakhstan qui entend se lancer dans les secteurs énergétiques et miniers. Pour tous ces pays, le Maroc peut constituer un «hub» de premier choix, notamment pour l’Afrique francophone.

CONCRÉTISER LES ACCORDS
Après la dernière tournée royale en mai et juin 2015 dans quatre pays subsahariens, qui a été l’occasion pour le Maroc de signer des dizaines de nouveaux accords bilatéraux et de conventions incluant le public et le privé, l’heure est à la concrétisation de ces partenariats. Si les deals entre les entreprises ont plus de chance de se matérialiser sur le terrain, il n’en est pas toujours de même pour ceux liant les gouvernements respectifs. En raison des lenteurs administratives, ici ou ailleurs, certains accords mettent parfois des années avant d’entrer en vigueur. Les accords de non double imposition signés par le Maroc avec de nombreux pays du continent en sont un exemple éloquent. À l’heure actuelle, c'est à peine si deux d’entre eux (Sénégal, Côte d’Ivoire) sont entrés en vigueur. Aussi bien à la cellule de suivi des accords signés lors des visites royales du ministère des Affaires étrangères qu’à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’accent devrait être mis à ce niveau. La récente création de groupes d’impulsions économiques (GIE), qui doivent en principe tenir des réunions trimestrielles, devrait, d’autre part contribuer à un règlement plus efficace de cette question.

DES TARIFS PLUS ABORDABLES
Qui dit connectivité pense nécessairement aux coûts du transport. Et sur ce point, il faut avouer que la baisse des prix des billets d’avion reste encore l’une des sempiternelles réclamations des opérateurs économiques marocains intéressés par l’Afrique. La question est soulevée presque dans la plupart des forums et rencontres en rapport avec le business marocain en Afrique. Les PME en sont les principales victimes car elles n’ont pas autant de force de frappe que les grandes entreprises. Comparés aux tarifs des vols à destination des autres continents, les billets vendus pour l’Afrique paraissent exorbitants. À la RAM, on explique cette situation par les nombreuses taxes appliquées par ces pays. Espérons qu’avec l’ouverture prochaine d'une ligne à partir de Dakhla, celle-ci permettra de réduire la cherté des billets. Lors d’un entretien aux ÉCO, le ministre de l’Équipement, du transport et de la logistique, Aziz Rabbah, promettait que le hub de Dakhla allait contribuer à baisser les prix du transport aérien entre le Maroc et l’Afrique.

Le ministère burkinabè de l'Économie, des finances et du développement a indiqué que les mouvements sociaux constituent des facteurs de risques entravant la croissance économique du pays. Le Burkina Faso a perdu plus de 218 milliards de F CFA (1 DH = 60 F CFA) du fait des mouvements sociaux de 2016-2018, a rappelé le ministère, précisant que ce département, à lui seul, a versé plus de 55 milliards de F CFA comme primes à ses agents en 2017. En 2016, les agents ont touché un salaire de 23,851 milliards de F CFA contre un fonds commun de 26,967 milliards de F CFA, selon la même source.

Ces dernières années, les relations économiques entre le Maroc et ses partenaires d’Afrique subsaharienne se sont développées à un rythme fulgurant. Il ne se passe une semaine sans qu’un grand groupe, voire une PME marocaine n’annonce l’acquisition d’une société, ou l’ouverture d’une filiale en Afrique subsaharienne, en plus des marchés que les entreprises du royaume ne cessent de remporter. Cette dynamique est le fruit d’une orientation «business» que le royaume a radieusement concrétisée sur le terrain, dans un contexte d’absence du Maroc dans les instances décisionnelles africaines sur le plan politique. Mais, à force de développer ses liens économiques avec les pays d’Afrique subsaharienne, le Maroc a fini par trouver la voie qui mène vers son retour dans l’Union africaine (anciennement, OUA) qu'il avait quittée en 1984. La demande de (ré) intégration du Maroc au sein de l’institution panafricaine a incontestablement été le fait marquant des 7 premiers mois de l’année 2016. Ce processus de retour devra être entériné par la Commission de l’UA avant janvier 2017, date du prochain sommet semestriel de la plus haute instance panafricaine. Cette perspective annonce une rentrée riche après les vacances d’été. Entre-temps, le «Cahier Afrique», qui accompagne, semaine après semaine, la fascinante évolution des relations entre le Maroc arbre et ses racines africaines, se permet une pause d’un mois avant de reprendre sa parution dès la première semaine de septembre. En espérant vous revenir en plus grande forme, toute l’équipe vous souhaite de très bonnes vacances !

Le 27e sommet de l’Union Africaine qui vient de se tenir à Kigali, au Rwanda, entrera probablement dans les annales. En plus d’avoir été marqué par l’annonce du Maroc de son ambition de revenir au sein de l’institution panafricaine, ce rendez-vous a retenu l’attention grâce au lancement du passeport africain. Il s’agit d’un grand événement dans un continent à travers lequel il est très difficile de se déplacer si on est… africain. La détention de ce nouveau document de voyage dispensera ainsi les citoyens africains des formalités de visas entre pays d’un même continent. À l’instar de l’Union européenne, l’Afrique entre à son tour dans une nouvelle ère, celle de la libre-circulation des personnes. Le lancement de ce passeport, célébré en grande pompe par les dirigeants africains, doit toutefois être validé par les institutions de chaque pays. En un mot, un long processus de ratification doit être activité dans les 54 États membres de l’Union. Espérons qu’à l’instar de nombreux autres projets lancés grandes pompes mais qui dorment encore dans les tiroirs, celui-ci puisse bénéficier d’un «traitement de faveur», voire d’un coup d’accélérateur afin qu’il se concrétise rapidement sur le terrain. En tout cas, ils sont des centaines de millions d’Africains à l’attendre avec impatience, tant il pourra révolutionner leur quotidien. Après l’avoir lancé, les pays signataires doivent faire preuve de sérieux et tenir à leurs engagements vis-à-vis du reste du continent. À quelques mois du lancement de la zone de libre-échange continentale, le passeport africain constitue un premier test pour les dirigeants africains.

Depuis dimanche dernier, Kigali est la capitale de l’Afrique, et ce, jusqu’au 18 juillet courant. En effet, la principale ville du Rwanda accueille le 27e sommet semestriel des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Union Africaine (UA). Comme toujours, il sera encore une fois question de sécurité, notamment avec l’embrasement de la situation dans le plus jeune État du continent, le Sud-Soudan. D’ailleurs, ce sujet s’est invité dès l’entame des travaux, obligeant la présidente de l’UA à condamner la reprise des hostilités dans la capitale Juba, entre partisans du chef de l’État soudanais et ceux de son vice-président. Mais cette année, même si la thématique principale est dédiée aux femmes, l’attention des observateurs est retenue par la probable annonce du lancement du passeport africain. Si l’on se tient aux promesses des responsables continent, ce sésame devrait être lancé à l’issue de ce Sommet. Sur un autre volet, il s’agira de la énième rencontre qui se tiendra sans le Maroc, depuis sa sortie de l’instance panafricaine en 1984. Même si le royaume y dépêche régulièrement son chef de la diplomatie pour défendre «en coulisses» ses positions, il n’est pas question, pour le royaume de réintégrer l’UA tant que celle-ci reconnait la pseudo république sahraouie (RASD). À défaut, le Maroc peut se contenter de réussir en catimini à fédérer plus d’États africains à sa cause, comme il vient de le faire avec la Zambie, qui a annoncé, à la veille de ce Sommet, le retrait de sa reconnaissance de la «RASD». 

L’édition 2016 de l’«Indice de performance logistique», publié fin juin par la Banque mondiale, ne manque pas de surprises. Vu du Maroc, les opérateurs et professionnels du secteur du transport-logistique ont encore du mal à croire que le royaume ne figure même pas dans le top 10 africain, en plus de reculer de 24 places par rapport au classement de l’année dernière. Misant à fond sur la bonne qualité de ses infrastructures et sur sa situation géographique, le Maroc a été dépassé sur d’autres critères non moins essentiels. D’ailleurs, c’est à juste titre que la Banque mondiale rappelle que «de nombreux facteurs déterminent la performance logistique d’un pays, comme les infrastructures, les réglementations, les politiques, la géographie et l’économie politique». Alors que la famille marocaine du transport-logistique se met déjà à l’œuvre pour rectifier le tir dès la prochaine édition de ce classement, permettons-nous de tresser des lauriers à certains pays africains. C’est notamment le cas de ces économies enclavées ou ne disposant pas de façades maritimes telles que le Botswana (4e africain, 57e mondial), l’Ouganda (5e et 58e), le Rwanda (7e et 62e) et le Burkina Faso (10e et 81e). Ces quatre pays figurent pourtant parmi les 10 États africains les mieux classés sur l’Indice de performance logistique 2016. Ils nous apprennent en effet que l’enclavement n’est plus un obstacle à la bonne performance des activités logistiques. Après les infrastructures, il suffit d’avoir de la vision et d’optimiser la contribution des différents services qui interviennent dans ce secteur pour fluidifier les opérations.

À l’heure où le continent amorce son décollage économique et attire les investisseurs de tous bords, on est très surpris de voir que les investissements directs étrangers (IDE) peinent à décoller. Le montant des IDE reçus ces dernières années, se situe toujours à moins de 60 milliards de dollars, soit une part minime par rapport aux performances enregistrées dans les autres régions du monde. En 2015, la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que l’Afrique a attiré un flux de 54 milliards de dollars d’IDE. Même si l’organisme onusien parle d’une baisse curieuse de 7%, ce montant reste quasiment inchangé par rapport aux chiffres de 2014 et 2015 fournis par la même source. Pour les économies africaines, la question qui s’impose est de savoir pourquoi le flux des IDE stagne alors que les grands projets et autres stratégies de développement économique se multiplient partout sur le continent. Est-ce l’environnement des affaires qui est toujours défavorable ou est-ce que les investisseurs préfèrent miser ailleurs que sur les économies africaines ? Bien évidemment, ce sont les deux cas à la fois ! D’où l’urgence, encore une fois, pour les pays du continent d’accélérer l’assainissement de leur environnement des affaires pour les investisseurs étrangers que pour les investisseurs africains. Car aujourd’hui, à l’échange du commerce intra-africain, encourager l’investissement intra-africain doit être une priorité pour les États du continent.  

Après avoir pris part au dernier Forum MEDays en novembre 2015 à Tanger, le président du Rwanda, Paul Kagame, est de nouveau au Maroc. Cette fois, il répond à l’invitation du roi Mohammed VI, dans le cadre d’une visite officielle de 2 jours. L’homme fort de Kigali, comme certains aiment à l’appeler, n’est pas n’importe qui en Afrique. En plus d’avoir réussi à faire oublier le génocide rwandais de 1994, il a pu mettre son pays sur la voie du développement économique, en faisant de ce petit État de la région des Grands Lacs, une nation enviée à travers le continent. À titre d’exemple, beaucoup d’observateurs se plaisent à rappeler que Kigali est l’une des capitales les plus propres d’Afrique. Celui qui connaît l’urbanisation galopante des grandes villes africaines, saura de quoi on parle. De temps en temps, certains échos font murmurer également que le Rwanda est le pays le mieux gouverné du continent. Mais le coup de génie de Paul Kagame ne date pas d’aujourd’hui. Il est le chef d’État qui a réussi, en 2008, à faire basculer son pays de l’afrique francophone à l'anglophone, en adoptant l’anglais comme langue officielle, au détriment du français. C’est donc un président d’un pays africain anglophone qui rend visite au Maroc. Ce fait rare est plutôt rassurant, car auprès de l’Union africaine (le Maroc n’en fait plus partie), nos frères anglophones, menés par l’Afrique du Sud, sont toujours les premiers à s’opposer au royaume. Sur le plan économique aussi, l’Afrique anglophone reste encore difficile à pénétrer par les entreprises marocaines. Pour venir à bout de ses réfractaires, il est intéressant de nouer des amitiés avec des poids lourds comme Kagame !

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