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Les Cahiers des ÉCO

Le Forum africain des infrastructures se tient depuis hier à Marrakech et discute des enjeux du secteur des infrastructures sur le continent. Pour la Banque mondiale, le modèle des partenariats public-privé (PPP) est à bout de souffle, il faut le réadapter.

La problématique des infrastructures en Afrique se discute à Marrakech. Le Forum africain des infrastructures (FAI), qui en est à sa 9e édition, s’est ouvert hier dans la ville ocre, en présence de près de 200 participants venus d’une vingtaine de pays du continent. «L’Afrique face à ses défis d’infrastructures», tel est le thème de ce rendez-vous annuel marqué cette année par la présence de personnalités telles que le chef des négociateurs de la COP22, Aziz Mekouar, ainsi que de responsables gouvernementaux de plusieurs pays subsahariens. Lors du premier jour de cet événement organisé par I-conférences, il a beaucoup été question des obstacles qui freinent le développement des infrastructures sur le continent. «La couverture du continent en infrastructures, la capacité des institutions locales, la problématique du financement et la durabilité des infrastructures sont les quatre principaux défis auxquels l’Afrique fait face aujourd’hui», observe Ibou Diouf, responsable du Programme de politiques de transport en Afrique à la Banque mondiale.

Le PPP s’essouffle
Sur le volet du financement, l’inquiétude commence à gagner certains observateurs, malgré la multiplication des fonds dédiés aux infrastructures africaines. Les besoins africains pour financer leurs infrastructures sont estimés à près de 100 milliards de dollars par an. Ces derniers temps, le concept de partenariats public-privé (PPP) semblait séduire plusieurs États, mais au niveau de la Banque mondiale, on estime que «le modèle des PPP commence à s’essouffler car il n’est pas toujours rentable», notamment pour les entreprises du secteur privé. Face à cette équation, de nouveaux mécanismes s’imposent afin de maintenir la dynamique d’émergence d’infrastructures de qualité sur le continent. Le forum, qui se poursuit ce mardi, essaiera justement d’apporter des réponses à ce problème. Quoiqu’il en soit, les États africains sont encore une fois appelés à accélérer la dynamique de l’intégration régionale. «Il existe un potentiel pour bâtir des économies fortes et renforcer les échanges entre les différentes régions du continent. Aujourd’hui, l’Afrique ne peut réussir son intégration à l’économie mondiale qu’à travers des infrastructures interrégionales», a insisté un intervenant lors du FAI 2016.

Le BTP marocain en action
Pour sa part, le négociateur en chef à la COP22, Aziz Mekouar, est revenu sur les acquis de cet événement abrité par le Maroc. Le diplomate marocain estime que la COP22 a été un succès. Il est désormais attendu que les entreprises qui opèrent dans le BTP prennent davantage en compte l’aspect «durabilité et respect de l’environnement» dans les projets et chantiers d’infrastructures. À ce propos, Khalid Cherkaoui, le secrétaire général du ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique, a mis en avant l’expertise marocaine qui peut, selon lui, contribuer au développement des infrastructures dans les pays d’Afrique subsaharienne. «Dans le domaine des infrastructures, le Maroc dispose de champions nationaux capables d’accompagner l’émergence des infrastructures en Afrique», a-t-il déclaré, non sans rappeler les réalisations importantes réussies par le royaume dans la modernisation de ses infrastructures. D’ailleurs, le FAI est l’occasion rêvée pour le secteur national des BTP de vendre son expertise aux donneurs d’ordres africains. En marge des débats scientifiques, le FAI offre aux participants un espace d’expositions où plusieurs grandes entreprises présentent leurs produits et leur savoir-faire.

Le 18 novembre, le roi Mohammed VI a repris son périple en Afrique de l'est, interrompu le temps de la COP 22. Ainsi, le souverain s'est rendu en Éthiopie, pays qui abrite le siège de l'Union africaine et que le royaume réintégrera après 32 ans d'absence. Plusieurs conventions ont été signées, donnant une nouvelle impulsion aux relations entre les deux pays.

Coup de pouce aux relations commerciales
Le Maroc et l'Éthiopie ont signé, samedi dernier à Addis Abeba, diverses conventions ayant trait au domaine fiscal et aux investissements. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, ces accords confirment la volonté des deux pays de hisser leurs relations économiques et commerciales, balisent le terrain aux investisseurs des deux pays, notamment en évitant la double imposition et l’évasion fiscale.  Boussaid a par ailleurs souligné que cette coopération s'inscrit dans le cadre de la promotion du partenariat Sud/Sud pronée par le royaume et offre de réelles opportunités aux investisseurs marocains, notamment dans les secteurs agricoles et des services.

Collaboration pour la production d’engrais phosphatés
Au lendemain du 1er Sommet africain de l’action en marge de la COP22, le Maroc et l’Éthiopie ont signé un accord stratégique pour le développement conjoint d'une plateforme industrielle intégrée de production d'engrais phosphatés en Éthiopie. Un accord stratégique en raison du caractère ultramoderne du projet ainsi que des besoins qu’il vise à satisfaire. En effet, cette plateforme industrielle, qui sera située à Dire Dawa, intégrera 2 unités de production d'ammoniac, une unité de production de NPS, deux unités de production d'urée de capacités annuelles respectives d’1 million de tonnes, d’1,5 million de tonnes et d'1 million de tonnes, une unité de blending et d'emballage, une station de pompage et de traitement d’eau, une centrale électrique pour assurer les besoins en énergie et un quai au port de Djibouti pour le stockage de l’acide phosphorique. Par ailleurs, cette installation ultramoderne est destinée à la production d'engrais personnalisés et adaptés aux besoins des cultures locales et des sols, assurant ainsi un approvisionnement fiable et abordable en nutriments de plantes pour les agriculteurs éthiopiens. Il convient de souligner que cette plateforme sera la plus grande d’Afrique, après celle de Jorf Lasfar, pour un investissement total d'environ 2,5 milliards de dollars dans la première phase et qu'un investissement additionnel d'1,3 milliard de dollars est prévu d'ici à 2025.

Des fleurs éthiopiennes pour Holmarcom
Le Groupe Holmarcom a signé un mémorandum d’entente avec la Commission éthiopienne pour l’investissement et BMCE Bank of Africa, portant sur la création en Éthiopie d’une unité industrielle pour la valorisation des fleurs locales, via la production d’huiles essentielles et d’eaux florales destinées à l’export. Il faut souligner que L’Éthiopie est en effet un important producteur d’horticulture et le 4e exportateur de roses dans le monde avec des produits qui sont exportés en l’état, principalement vers l’Europe. Par ailleurs, cet accord tripartite entre dans le cadre des activités agro-industrielles d'Holmarcom, notamment la valorisation de plantes et constitue pour le groupe une manière de capitaliser sur son expérience pour investir en Éthiopie dans la transformation des fleurs.

Agriculture : le Maroc apporte son expertise
Le Maroc et l’Éthiopie ont signé un accord de coopération dans le domaine agricole en vue de favoriser l’échange d’expertises entre les deux pays, a indiqué, samedi à Addis-Abeba, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime. Cette convention, permettra aux deux pays de relever les défis qui se posent en matière agricole, notamment à travers l’intensification de la production agricole et animalière. Par ailleurs, le ministre a noté que les domaines de coopération concerneront les infrastructures hydro-agricoles, la valorisation des produits, la formation et la recherche.

l’Alliance entre BCP-Commercial Bank of Ethiopia
Dans le cadre de la visite royale en Éthiopie, la BCP et la Commercial Bank of Ethiopia, première banque d'Éthiopie, ont signé un accord de partenariat visant à accompagner le développement des échanges extérieurs entre les deux pays. Cet accord est également élargi aux pays de présence des deux banques. On rappellera à ce sujet, que le Groupe Banque centrale populaire (BCP) est présent dans 12 pays africains avec la couverture de l'ensemble des pays de l'UEOMA. La Banque commerciale d'Éthiopie (CBE) est la plus grande banque commerciale en Éthiopie. En juin 2015, elle avait environ 303,6 milliards de Birr en actifs et détenait environ 67% des dépôts et environ 53% de tous les prêts bancaires dans le pays. La banque compte environ 22.908 employés, dont le siège social, et plus de 1.000 succursales, lesquelles sont situées dans les principales villes et villes régionales.

La zone verte est une véritable ruche bourdonnante. Elle accueille, outre le secteur privé et les institutions nationales, la société civile, qui fait la promotion de plusieurs actions en matière de lutte contre les changements climatiques. C’est le cas du projet : «Initiatives climat, Afrique francophone», qui est financé par la coopération suisse.

La société civile africaine se mobilise dans le combat planétaire contre les changements climatiques. En Afrique, elle est très active sauf que sa voix n’est pas très audible. Pour faire connaître les actions portées par les associations et les collectivités territoriales en Afrique, un projet intitulé : «Initiatives climat, Afrique francophone» a vu le jour. L’idée portée par deux experts dans le développement durable,  Meriem Houzir et Benoît Théau, a été soutenue par plusieurs partenaires dont la coopération suisse qui finance ledit projet d'un budget total de 300.000 euros à hauteur de 50% ainsi que l’Organisation internationale de la francophonie. Le projet est composé de plusieurs volets. Il s’agit, en premier lieu, d’un recueil d'initiatives positives en matière de lutte contre les changements climatiques. Tous les secteurs sont concernés : les énergies alternatives, l’agriculture durable, la foresterie, la gestion durable des terres, les océans, le littoral, la transformation des produits halieutiques…

100 initiatives
Un appel à projets a été lancé dans l’ensemble des pays francophones du continent en s’appuyant sur les différents réseaux des partenaires de la coopération internationale qui accompagnent les acteurs locaux dans la lutte contre les changements climatiques. Un site internet a été mis en place (www.initiativesclimat.org).  Jusque-là, quelque 100 initiatives africaines de 19 pays ont été recensées, lesquelles sont portées par trois types d’acteurs : les collectivités territoriales, les jeunes et femmes entrepreneurs verts et les acteurs de la société civile. Pour valoriser ces initiatives, un jury international a sélectionné trente nominés de différents pays et 10 lauréats qui recevront des trophées.

Réseau africain
Le projet a porté aussi sur le renforcement des compétences en Afrique. En effet, les acteurs territoriaux œuvrent sur le terrain mais ne parviennent pas souvent à la valorisation de leurs projets en les inscrivant dans le cadre des engagements nationaux et internationaux. Ainsi, les participants ont été accompagnés dans la formulation de leurs projets avant leur publication en ligne. En vue d’approfondir le contenu des réalisations mises en œuvre, des reportages vidéo ont été réalisés sur les actions les plus exemplaires dans différents pays comme le Cameroun, la Guinée, Madagascar, le Maroc et la Tunisie. Pour couronner le processus, la participation des porteurs de projets dans la COP22 s’avérait nécessaire pour pouvoir faire entendre leur voix dans le sommet planétaire climatique. Une quarantaine d’Africains ont fait le déplacement dans la cité ocre pour créer un réseau tourné vers l’action en matière de lutte contre les changements climatiques. 


Renforcer les échanges
Le projet se déroule dans un espace géographique spécifique : l’Afrique francophone. Il vise à contribuer, de façon positive, à la prise de conscience sur les enjeux des changements climatiques et leurs impacts sur le développement humain. L’objectif est de renforcer les échanges entre les différents acteurs du territoire. Concrètement, l’idée est de faire connaître des projets en matière de changement climatique en vue de leur transfert dans d’autres pays. Il est aussi question de valoriser les actions les plus exemplaires en relation avec le climat et de favoriser une meilleure connaissance des porteurs de projets entre eux. Des rencontres sont tenues à Marrakech par les initiateurs des initiatives climat en vue de favoriser l’échange entre acteurs de la coopération internationale, les opérateurs et les acteurs du terrain. De cette manière, les projets peuvent être dupliqués dans beaucoup de pays.


Meriem Houzir : Consultante en développement durable et coopération internationale

«Les pays du Sud doivent développer des projets»

Les pays du continent sont appelés à renforcer leurs compétences en matière de développement de projets verts. C’est ce que  souligne  Meriem Houzir, consultante en développement durable et coopération internationale, qui est l’initiatrice du projet «Initiatives climat, Afrique francophone».

Les Inspirations ÉCO : Quelles sont les raisons du lancement du projet «Initiatives climat, Afrique francophone» dédié à l’Afrique francophone ?
Meriem Houzir  : Les conférences internationales sur le climat sont axées sur les négociations et l’engagement de la communauté internationale pour la mise en œuvre de mesures d’actions pour lutter contre les changements climatiques. Parallèlement aux négociations portées par les chefs d’États et les officiels, un rôle important est déjà porté par d’autres acteurs qui ne font pas, certes, partie des négociations mais qui mettent en œuvre les actions décidées par les négociations. En suivant les conférences sur le climat, on s’est rendu compte que beaucoup d’initiatives sont portées par les acteurs de la société civile, de jeunes entrepreneurs et des collectivités territoriales, notamment dans les pays du Sud alors que personne n’en parle. Au lieu de verser dans la logique catastrophique, nous sommes plutôt dans une attitude positive vu que beaucoup d’actions sont initiées et qu’il faut juste les recenser, les valoriser, les faire connaître et les partager au niveau international. L’objectif est de faire remonter ces réponses aux décideurs politiques et aux négociateurs au niveau international. C’est de cette manière qu’est né le projet «Initiatives climat, Afrique francophone». Il faut dire que dans les conférences internationales, les acteurs des pays du Nord sont fortement représentés alors que la représentativité des pays du Sud, notamment l’Afrique, est faible en matière de diplomatie parallèle en raison de la faiblesse des moyens ainsi que la barrière de la langue pour les pays francophones.

En tant qu’experte, quelles sont vos attentes vis-à-vis de la COP22 ?
Je pense que l’on arrivera à Marrakech à concrétiser quelques mécanismes de mise en œuvre de l’Accord de Paris. Deux questions s’avèrent de la plus haute importance. La première est celle des financements. Il faut tracer une feuille de route de mobilisation de la communauté internationale pour débloquer les financements et mettre en place des outils pour que les acteurs qui sont sur le terrain puissent en bénéficier. De bonnes intentions sont émises, mais c’est le processus de concrétisation qui est déterminant. Même si je suis optimiste, je reste sceptique. Tout dépend des négociateurs des pays du Sud qui sont appelés à s’imposer et essayer de débloquer de véritables mécanismes accessibles à tous. Par ailleurs, la question de l’atténuation est très importante. Les pays du Sud sont les principales victimes des émissions de gaz à effet de serre sans en être responsables. Les attentes portent sur la valorisation de l’axe «adaptation» dans les financements pour renforcer les capacités des pays à faire face aux changements climatiques. Or l’adaptation n’est pas une priorité pour les pays du Nord.

Quelles sont, selon vous, les contraintes à dépasser et les secteurs prioritaires ?
Trois secteurs sont prioritaires. Il s’agit en premier lieu de la question de l’accès à l’énergie notamment en Afrique. L’enjeu est de taille. Les énergies renouvelables sont une vraie réponse pour améliorer l’accès à l’énergie et par conséquent promouvoir le développement sans impacter l’environnement. L’accès aux énergies vertes nécessite de grands investissements pour rattraper le retard accusé depuis des années. L’agriculture est aussi un secteur prioritaire. Le premier enjeu en Afrique a trait à la sécurité alimentaire, d’autant plus que le secteur dans la plupart des pays s’appuie sur la pluie. Il faut mettre en place des systèmes d’irrigation intelligente à travers notamment le goutte-à-goutte. Un intérêt particulier doit aussi être accordé aux forêts pour lutter contre la désertification et améliorer la qualité de vie en replantant les terrains arides.

Le financement ne peut pas à lui seul résoudre la problématique dans les pays en voie de développement...
Pour atteindre les objectifs escomptés, il faut une réelle volonté politique portée au plus haut sommet des pays. Si tous les décideurs politiques érigent les changements climatiques en priorité tout en étant convaincus qu’il s’agit d’une réponse à la lutte contre la pauvreté et au développement, on dépasserait la question des financements. Il faut que les pays du Sud apprennent à développer des projets et à créer des sources de financements par eux-mêmes. Cela suppose une prise de conscience, une sensibilisation et un portage politique ainsi que la mobilisation des moyens et le renforcement des capacités humaines.  

Vous portez un intérêt particulier à la jeunesse. Comment inclure les jeunes dans les changements climatiques ?
Toutes les décisions politiques d’aujourd’hui auront un effet sur les jeunes qui ont un rôle très important en termes de plaidoyer et d’actions. C’est aux jeunes d’interpeller les décideurs et les négociateurs sur l’urgence de la lutte contre les changements climatiques et d’apporter des solutions efficaces en matière d’innovation et de créativité pour relever les enjeux.   

La visite d’amitié et de travail au Sénégal du roi Mohammed VI, accompagné de son altesse royale, le prince Moulay Rachid, et du prince Moulay Ismaïl, a déjà porté ses fruits. En effet, les deux pays ont signé hier, lundi 7 novembre, deux grands accords économiques importants. Il s’agit notamment du partenariat pour l’accompagnement de la petite agriculture et du milieu rural au Sénégal.

Dans le cadre du raffermissement des relations anciennes et privilégiées d’amitié cordiale et de coopération multiforme entre le Sénégal et le Maroc, le roi Mohammed VI effectue sa troisième visite officielle au pays de la Teranga. Au menu de la visite du roi, la signature de deux grands accords économiques importants et la réception solennelle de douze embarcations pneumatiques offertes par le ministre de l’Agriculture et de la pêche du royaume du Maroc à la base navale «Amiral Faye Gassama». Dans une dynamique de donner un nouvel élan de partenariat entre les deux pays, il est prévu que le président Sall et le roi Mohammed VI abordent d’autres sujets d’intérêt commun pour booster la coopération entre les deux pays. Hier, lundi au palais présidentiel à Dakar, les deux chefs d’État ont présidé la cérémonie de lancement d’un partenariat pour l'accompagnement de la petite agriculture et du milieu rural au Sénégal. Au début de cette cérémonie, le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, a présenté devant les deux chefs d’Etat les grandes lignes de ce programme de partenariat élaboré conformément aux Hautes instructions royales pour faire bénéficier l’Etat sénégalais de l’expertise acquise par le Maroc en matière de développement de la petite agriculture, notamment dans le cadre du Plan Maroc Vert.

Ce partenariat s'inscrit dans le cadre d'une coopération agricole déjà très active entre le Maroc et le Sénégal, a souligné Akhannouch, notant que l'expérience déjà acquise dans ce cadre et les nombreux échanges existants, que ce soit en matière de formation, de transferts de technologie ou d'appui financier, assureront le succès de ce nouveau partenariat ambitieux. Le partenariat pour l'accompagnement de la petite agriculture et du milieu rural au Sénégal repose ainsi sur l'approche conjointe de quatre acteurs clés à savoir la Fondation Mohammed VI pour le Développement Durable, le Groupe Crédit Agricole du Maroc, le Groupe Banque Centrale Populaire, et le ministère de l'Agriculture et de la pêche Maritime, a fait observer Akhannouch. «La Fondation Mohammed VI pour le Développement Durable apportera son expertise en matière de développement social et solidaire, ainsi qu'un apport financier de 1 million d'euros sous forme de don pour la création d'un fonds de garantie avec le soutien du ministère de l’Economie, des finances et du Plan de la République du Sénégal, dédié aux prêts qui seront attribués aux petites exploitations agricoles par Atlantic Microfinance for Africa (AMIFA), filiale du Groupe Banque Centrale Populaire», a indiqué le ministre.

Le Groupe Crédit Agricole du Maroc mettra à disposition son expertise en matière d'ingénierie de financement, tout en ayant une contribution financière directe à hauteur de 1,5 million d'euros au dispositif, a affirmé Akhannouch, soulignant que le Groupe Banque Centrale Populaire via l'AMIFA, déjà implantée au Sénégal, apportera une contribution financière additionnelle de 1,5 million d'euros, outre l'accès à ses réseaux et l'utilisation de son back office. «Le ministère de l'Agriculture et de la pêche Maritime, enfin, apportera son expérience issue du Plan Maroc Vert, en matière de gestion des projets et de cadrage stratégique, a-t-il ajouté, notant que les 3 millions d'euros prévus dans le dispositif adossés au fonds de garantie financé par la Fondation Mohammed VI pour le Développement Durable, permettront un effet de levier pour une disponibilité immédiate de 10 millions d'euros de crédits à distribuer. «Cela permettra de toucher directement près de 7.000 petits agriculteurs et près de 70.000 cumulés d'ici 5 ans», a précisé Akhannouch.

Par la suite, SM le Roi et le Chef de l’Etat sénégalais ont présidé la cérémonie de signature de deux conventions relatives à la mise en œuvre du programme de partenariat agricole maroco-sénégalais. Il s’agit d’une convention de partenariat pour la mise en place d’un dispositif de financement pour l’accompagnement de la petite agriculture et du milieu rural, signée, côté sénégalais, par le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Bâ, et le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, Papa Abdoulaye Seck. Côté marocain, cette convention a été signée par Aziz Akhannouch, le président délégué de la Fondation Mohammed VI pour le développement durable, Mostafa Terrab, le président du directoire de la Banque Centrale Populaire, Mohamed Benchaaboun, et le président du directoire du Crédit agricole du Maroc, Tariq Sijilmassi.

La seconde convention est un mémorandum d’entente pour la mise en œuvre d’un plan d’aménagement de la pêche au poulpe entre le gouvernement du Royaume du Maroc et le gouvernement de la République du Sénégal. Elle a été signée par le ministre sénégalais de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Gueye, et Aziz Akhannouch. Ces accords qui confortent la centaine d’autres conventions liant les deux pays dans différents domaines et enrichissent le cadre juridique, très denses, de la coopération maroco-sénégalaise, s'inscrivent en droite ligne de l'orientation royale tendant à renforcer le partenariat Sud/Sud. À l’issue de cette cérémonie, la ministre sénégalaise du Tourisme et des transports aériens, Maimouna Ndoye Seck, a donné lecture d’un communiqué des ministères des affaires étrangères du royaume du Maroc et de la république du Sénégal sur l’accélération des discussions en vue d’un partenariat entre Royal Air Maroc et Air Sénégal S.A, au bénéfice des deux compagnies. 

Les échanges commerciaux entre le royaume et le continent ont progressé de manière favorable entre 2005 et 2015. En 2015, l’Afrique subsaharienne a absorbé plus de la moitié de ces flux.

Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique connaissent une nette augmentation, en particulier avec les pays au sud du sahara. C’est ce qui ressort du projet de loi de finance 2017. Selon le rapport économique et financier dudit projet les échanges commerciaux du Maroc avec les pays d’Afrique ont affiché, au titre de la période 2005-2015, une progression de 11%, en moyenne annuelle pour se situer à près de 40 milliards de dirhams (MMDH) en 2015, représentant environ 7% de la valeur totale des échanges extérieurs du Maroc, contre 5% en 2005.

Cette évolution s’explique par la forte hausse des échanges avec l’Afrique subsaharienne (+30%), s’établissant à 20,4 MMDH et par la baisse des échanges avec l’Afrique du Nord (-11%), atteignant 19,5 MMDH, précise le rapport économique et financier, publié sur le site du ministère de l’Économie et des finances. En effet, le rapport indique que l’Afrique subsaharienne a absorbé, en 2015, plus de la moitié des échanges avec le continent africain ajoutant que la part de cette région a atteint 51% après 42% en 2014, dépassant ainsi l’Afrique du Nord (49% après 58%). En matière de flux d’investissements directs marocains vers l’Afrique, ils sont destinés, essentiellement, à l’Afrique subsaharienne, avec une part de 85% entre 2003 et 2015, soit l’équivalent de 47% des flux sortants globaux, note la même source. Sur la même période allant de 2003 à 2015, le rapprochement entre commerce et IDE du Maroc dans la région, met également en relief trois groupes de pays. Ainsi, les pays d’Afrique subsaharienne, importants aussi bien dans les échanges commerciaux du Maroc qu’en tant que récipiendaires de ses IDE, se limitent à trois pays, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire et, dans une moindre mesure, le Gabon, fait savoir le rapport, ajoutant que les pays, comme le Mali et le Burkina Faso, sont importants en tant que destinations des IDE sortants du Maroc et moyennement présents dans son commerce extérieur avec les pays de la région. À l’inverse, des pays comme le Nigeria, la Mauritanie, le Ghana et la Guinée, réalisent une valeur importante des échanges avec le Maroc, mais reçoivent peu ou pas de flux d’IDE.

Selon ce rapport, les investissements directs du Maroc sont présents dans une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne. Ainsi, le Mali représente le premier récipiendaire des IDE marocains dans la région, avec une part de 23,3% des flux entre 2003 et 2015, devant la Côte d’Ivoire (18,4%), le Burkina-Faso (12,9%), le Sénégal (12,3%) et le Gabon (10,3%). S’agissant des pays de l’Afrique du Nord, le rapport fait savoir que les produits énergétiques restent dominants dans les importations en provenance d’Algérie, avec une part d’environ 97% des échanges globaux en 2015. En revanche, les exportations marocaines vers ces pays, qui ont atteint 1,9 milliard DH en 2015, s’avèrent plus diversifiées.

Le MEF indique par ailleurs que les échanges avec l’Égypte se sont, pour leur part, améliorés de 9% en 2015 pour s’établir à 6,2 milliards DH, suite à une forte hausse des exportations de +121% atteignant ainsi 2,5 milliards DH, et ce, malgré un repli des importations de -18% qui se sont établies à 3,8 milliards DH. S’inscrivant dans la même tendance, les échanges avec la Tunisie ont augmenté de 11%, en 2015 pour atteindre 2,9 milliards DH, ajoute le rapport. Il précise, à ce propos, que les exportations ont rebondi de 20% en 2015 pour s’établir à 1,1 milliard DH, tandis que les importations ont progressé de 7% pour se situer à 1,8 milliard DH en 2015. Une évolution qui, s’est traduite, selon le MEF, par une atténuation du déficit bilatéral avec le Pays du jasmin.

Transport aérien, tourisme, infrastructures et énergie. Tels sont les secteurs dans lesquels le Maroc et la Tanzanie lancent leur coopération économique. Des accords vont être signés dans ce sens, à l’occasion de la visite officielle du roi Mohammed VI dans ce pays.

Après le Rwanda, le roi Mohammed VI séjourne, depuis ce dimanche 23 octobre, à Dar es Salam, capitale de la Tanzanie. Ce pays constitue la deuxième étape de la tournée royale en Afrique de l’Est. Dans la capitale tanzanienne, la délégation marocaine ouvre un nouveau chapitre dans ses relations avec les pays de cette sous-région réputée pour son dynamisme économique. Sur le plan politique, les discussions avec les autorités tanzaniennes ont essentiellement pour objectif d’infléchir la position de ce pays sur la question du Sahara. Dar es Salam est certes l’un des rares États africains à reconnaître encore la RASD, mais son gouvernement dit soutenir le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA). «En tant que membre de l’UA, nous accueillons favorablement le retour du Maroc, et la Tanzanie soutiendra certainement ce retour», indique son ministre des Affaires étrangères, Augustine Mahiga.

Forum maroco-tanzanien
Au niveau économique, les deux pays vont tenter de baliser le chemin pour le début d’une nouvelle ère d’échanges commerciaux et d’investissements réciproques. À cet égard, le chef de la diplomatie tanzanienne a indiqué qu’au cours de cette visite royale, plusieurs accords de coopération devront être signés entre les deux pays dans certains domaines. Il s’agit notamment du transport aérien, du tourisme, des infrastructures et de l’énergie. Actuellement, le volume des échanges entre Rabat et Dar es Salam atteint à peine 6 millions de dollars.

Pour le booster, la CGEM et son équivalente tanzanienne ont tenu samedi 22 octobre, à la veille de la visite royale dans ce pays, la toute première édition du Forum maroco-tanzanien pour le commerce et l’investissement. Les débats ont porté sur la promotion des échanges commerciaux et de l’investissement entre les deux pays.

Cette importante rencontre a été marquée par la participation de la vice-présidente de la Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, de plusieurs hauts responsables gouvernementaux locaux, du directeur exécutif de la Fondation tanzanienne du secteur privé (TPSF), de la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), et de nombreux opérateurs économiques des deux pays. À cette occasion, la partie tanzanienne a mis en avant les atouts du pays, ainsi que l’amélioration de son climat des affaires. Pour sa part, la CGEM a appelé à lever les mesures non tarifaires, à simplifier les procédures, et à l’établissement d’une desserte aérienne directe entre les deux pays.  

Le roi Mohammed VI entame aujourd’hui son périple en Afrique de l’Est. Zoom sur les principaux enjeux de l’ouverture du Maroc sur cette partie du continent réputée pour son dynamisme économique.

Après l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le Maroc s’apprête à ouvrir un nouveau front sur le continent. Le royaume met en effet le cap sur l’Afrique orientale anglophone. Une tournée royale historique est programmée dans quelques pays de cette partie du continent. Le roi Mohammed VI entame aujourd’hui son périple, en commençant par le Rwanda, dans le cadre d’une visite de trois jours, pour se rendre après en Tanzanie et éventuellement en Éthiopie. «Dans ce contexte de retour du Maroc au sein de l’Union africaine, il y a certes un enjeu politique, mais le principal objectif du royaume serait de sortir du pré-carré franco-français, afin d’aller vers d’autres espaces économiques», commente Alioune Gueye, PDG d’Afrique Challenge (voir interview ci-contre).

Accords bilatéraux
À l’instar des différents voyages du souverain, ces visites seront certainement l’occasion de baliser et d’orienter le cadre de coopération entre le Maroc et ses nouveaux partenaires. Ainsi, une série d’accords bilatéraux multisectoriels pourraient être signés, notamment dans le domaine des investissements. Les entreprises marocaines, qui peinent encore à percer profondément ces marchés, auront enfin l’occasion de s’y positionner. Le secteur bancaire, les assurances, l’agro-alimentaire, ainsi que l’immobilier et l’industrie pharmaceutique n’attendent que le terrain soit préparé sur le plan politique pour se mettre en branle dans ces marchés réputés dynamiques. À ce jour, en dehors du groupe Saham et de BMCE Bank of Africa, rares sont les grands groupes marocains qui ont osé l’Afrique orientale anglophone. La barrière linguistique et le frein politique expliquent certes leur frilosité à l’égard de cette partie du continent, mais, la percée marocaine en Afrique subsaharienne ne datant que d’une décennie, il était logique que le secteur privé du royaume marque d’abord son territoire en Afrique de l’Ouest voisine, avant de se déployer ailleurs. Aujourd’hui, ce moment tant attendu semble arriver.

Joker agricole
Cependant, et contrairement à l’Afrique occidentale francophone, les pays anglophones du continent disposent d’un tissu économique plus structuré et plus mature. La marge de manœuvre des entreprises marocaines n’y sera certainement pas aussi large. Y gagner des marchés d’envergure requiert également plus de persévérance qu’ailleurs. Malgré tout, le Maroc ne manque pas d’atouts dans cette région, surtout dans le secteur agricole. Dans le cadre de son expansion au Sud du Sahara, OCP prévoit d’implanter deux filiales en Éthiopie et en Tanzanie. Au regard de l’importance de l’agriculture dans les économies de ces pays, l’avenir s’y annonce fertile, au moins pour le géant marocain des phosphates. 


Abdellatif Jouahri
Gouverneur de Bank Al-Maghrib

Les banques marocaines sont déjà présentes en Afrique de l’Est. Nous les encourageons à poursuivre les implantations dans cette région.

Ayman Cheikh Lahlou
DG de Cooper Pharma et président de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP)

Cooper Pharma réalise actuellement une unité de fabrication de médicaments au Rwanda. Celle-ci est destinée à toute la région est-africaine. Le Rwanda est un pays qui mérite d’être visité par les investisseurs marocains.


Afrique de l’Est : Moteur de la croissance africaine
L’Afrique orientale compte en tout 13 pays, dont 6 (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud et Tanzanie) sont regroupés au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). Cet espace économique qui compte plus de 135,4 millions d’habitants est l’une des régions d’Afrique les plus dynamiques sur le plan économique. Ses pays membres disposent d’un potentiel agricole important. Selon la Banque africaine de développement (BAD), «la croissance [y] a été constamment plus forte que dans les autres régions, en dépit de quelques chocs propres à cette partie du continent, notamment des problèmes d’insécurité et des variations périodiques des conditions météorologiques». La croissance moyenne en Afrique de l’Est en 2015 est estimée à 6,3%, malgré une légère baisse par rapport aux 6,5% enregistrés en 2014.

Driss Ouaouicha : Président de l’Université Al Akhawayn

Dans cet entretien, le président de l’Université Al Akhawayn, revient sur la place de l’Afrique dans les programmes d’enseignement de son établissement. Driss Ouaouicha indique également mettre le cap sur le continent pour y attirer le maximum d’étudiants.

Les Inspirations ÉCO : Pourquoi l’Université Al Akhawayn s’intéresse-t-elle à l’Afrique ?
Driss Ouaouicha : L’intérêt de l’Université Al Akhawayn (AUI) pour l’Afrique existe depuis longtemps. Cela s’inscrit dans notre perspective d’«université internationale». Comme vous le savez, l’AUI est née internationale. Elle est née maroco-saudienne-américaine en 1995. Al Akhawayn (les deux frères, en arabe) désigne les rois du Maroc et d’Arabie Saoudite de l’époque, à savoir Hassan II et Abdallah Bin Abdelaziz. Ils ont décidé d’introduire le système d’enseignement anglo-saxon, notamment américain. L’université est toujours ouverte sur l’international, surtout sur l’Amérique, l’Europe et l’Asie. La grande majorité de nos partenaires sont Américains. Certes nous n’avons que quelques partenariats avec des institutions africaines, mais nous avons eu plusieurs étudiants originaires d’une dizaine de pays africains.

Comment votre université attire-t-elle les étudiants africains ?
Ces dernières années, nous avons mis l’accent sur le développement des relations Sud-Sud. Nous avons ainsi mené trois campagnes de recrutement d’étudiants dans les pays amis du Maroc. Nous prenons part aux caravanes organisées sur le continent par le «Forum de l’étudiant». L’année dernière, j’ai, moi-même, participé à un salon des étudiants à Dakar. Dorénavant, le recrutement d’étudiants africains est érigé parmi nos priorités dans notre politique d’ouverture internationale. Près de 12% de notre effectif d’étudiants sont constitués d’étrangers qui viennent passer un semestre avec nous. L’objectif est de relever ce chiffre à 20% dans les quatre prochaines années.

Avez-vous des activités et des programmes consacrés à l’Afrique ?
L’AUI ne se contente pas seulement d’attirer les étudiants africains, elle a aussi lancé des programmes d’enseignement consacrés à l’Afrique. Nous proposons à nos étudiants la possibilité de se spécialiser dans les études africaines. En outre, nous avons organisé à l’université deux grandes activités portant sur la géopolitique marocaine en Afrique, et une Journée de l’Afrique «Africa day». L’année dernière, nous avons signé une convention avec l’Université international du Grand Bassam (IUGB). Celle-ci porte sur un programme d’échanges de professeurs et d’étudiants, mais aussi sur le lancement d’un NBA commun entre nos deux établissements. Nous préparons actuellement son lancement.

L’AUI dispense son enseignement en anglais. Avez-vous des contacts avec l’Afrique anglophone ?
Nous menons un programme dénommé «Africa city», en partenariat surtout avec nos collègues sud-africains. Depuis quelques années, nous organisons des rencontres académiques maroco-sud-africaines. Ces occasions nous ont permis de réfléchir sur d’importantes questions contemporaines. Par ailleurs, nous avons organisé une compétition académique et sportive entre nos étudiants et ceux Africains, boursiers de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI). Depuis plusieurs années, nous accueillons ces étudiants dans le cadre de visites touristiques organisées par l’AMCI.

Est-ce que les diplômes d’Al Akhawayn sont reconnus sur le plan international ?
D’abord au niveau national, nos diplômes sont officiellement reconnus et considérés comme sérieux. Sur le plan international, il y a une équivalence de facto avec les diplômes américains. Nos diplômés n’ont jamais été confrontés à des refus aux États-Unis. Plus encore, nos étudiants américains peuvent transférer certains de leurs cours dans les universités de leurs pays. Concernant l’accréditation américaine, nous travaillons sur ce projet depuis 8 ans. Nous avons des programmes d’ingénierie accrédités par des organisations américaines reconnues. L’université travaille aussi avec la plus ancienne organisation américaine d’accréditation basée à Boston. Nous espérons obtenir leur accréditation en mars prochain, à l’issue de leur dernière visite dans notre établissement.


Quel est le coût des études à Al Akhawayn pour les étrangers ?
Les frais de scolarité sont d’environ 9.000 dollars par an pour les étudiants étrangers. Ce montant atteint 12.000 dollars s’ils sont hébergés dans le campus universitaire. Les étudiants étrangers sont prioritaires en termes de logements dans le campus.

Quels retours avez-vous de vos lauréats après leur départ de l’université ?
Nous avons récemment commandité une étude sur nos lauréats. Et les résultats montrent que 91,5% d’entre eux travaillent. 3,5% ne travaillent pas parce qu’ils n’en veulent pas (notamment des lauréates qui préfèrent se consacrer à leur famille, etc.). Seuls 5% ont déclaré chercher du travail. 11% de nos lauréates sont des entrepreneurs, ainsi que 14% des lauréats. Autre motif de satisfaction, 95% de nos anciens étudiants affirment recommander l’université à un membre de leur famille. Je pense que c’est un indicateur fiable sur la qualité de l’enseignement que nous dispensons.

À Marrakech ce 30 septembre, 27 pays du continent se sont mis d’accord pour former une «Coalition en faveur de l’adaptation de l’agriculture africaine». Ce bloc a été constitué en vue des négociations de la COP22 afin de permettre au secteur agricole africain de bénéficier de plus de fonds pour faire face au changement climatique.

«L’union fait la force», dit l’adage. Et les responsables africains en charge de l’Agriculture l’ont bien compris. À Marrakech ce 30 septembre, 27 pays du continent se sont mis d’accord pour former une «Coalition en faveur de l’adaptation de l’agriculture africaine». Ce bloc a été constitué en vue des négociations de la COP22, qui doit se tenir dans la même ville à partir du 7 novembre. Ces États issus des différents espaces régionaux de l’Afrique s’engagent ainsi, à travers cette Déclaration de Marrakech, à «positionner l'agriculture au centre des négociations climat». Leur champ d'application sera encadré par l’initiative marocaine «Triple A» en faveur de l’adaptation de l'agriculture africaine. Celle-ci est structurée autour de deux volets.

100 milliards de dollars
Le premier consiste à porter la voix de l’Afrique aux cœurs des enjeux des COP afin de parvenir à une répartition équitable des fonds destinés aux problèmes causés par le changement climatique. Le second volet vise, quant à lui, à promouvoir et à favoriser la mise en œuvre de projets concrets et innovants en matière de gestion des sols, de maîtrise de l’eau agricole, ainsi que de la gestion des risques climatiques. En plus clair, le «Triple A» est censé attirer le maximum de fonds possibles en faveur de l’agriculture africaine, tout en encourageant la concrétisation de projets agricoles respectueux de l’environnement et résistant au changement climatique. Cet engouement est motivé par l’engagement des pays développés de consacrer au moins 100 milliards de dollars aux pays en développement pour faire face aux problèmes liés aux évolutions climatiques.

4% des fonds publics
Cette promesse faite à Paris lors de la COP21 sera au cœur des préoccupations africaines lors de la COP22. Et à ce propos, la partie s’annonce serrée et exige une forte solidarité entre États africains. Cela d’autant plus que le continent ne bénéficie que de 5% des fonds climat, que les projets d'adaptation ne captent que 20% des fonds publics climat et que l'agriculture ne reçoit que 4% de ces fonds. La mobilisation et le lobbying doivent alors être de mise. «Si nous, Africains, n’initions pas le mouvement, personne ne le fera à notre place», a alerté le ministre marocain de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, dont le leadership continental dans le secteur agricole se fait de plus en plus sentir.


Aziz Akhannouch
Ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime

Une grande partie des 100 milliards de dollars promis à partir de 2020 pour faire face au changement climatique doit revenir à l’agriculture africaine».

Mamadou Sangafowa Coulibaly
Ministre ivoirien de l’Agriculture et du développement rural

L’initiative Triple A offre à l’Afrique un cadre opérationnel pour respecter ses engagements pris à Paris lors de la COP21. Le Triple A est une solution à la lutte contre le changement climatique».

Mostafa Terrab
Président du Groupe OCP

On ne peut pas adopter des engrais en Europe pour l’Afrique. Il faut que ces engrais soient fabriqués en Afrique, au plus près de l’agriculture africaine».


«#WEAAARE» pour promouvoir le «Triple A»
Pour mieux vulgariser l’initiative «Triple A», une campagne de communication intitulée «#WEAAARE» a été mise en place. Elle vient d’être lancée à l’occasion de la rencontre de Marrakech. «#WEAAARE» sensibilise la société civile et mobilise la communauté internationale en faveur de l’initiative AAA à l’approche de la COP22. Ce hashtag est désormais accessible aux décideurs, aux personnalités comme au grand public au niveau international. Tous pourront voir leur soutien mis en avant lors de la COP22 sur un «mur des soutiens». Cette campagne sera portée par un dispositif publicitaire digital à l’international, et enrichi d’une visibilité en presse et affichage sur le continent africain. Un film sera également sur le web et mettra en scène des «Agrimakers», ces agriculteurs africains innovants, qui contribuent à développer le potentiel agricole du continent.

Saham Finances à Maurice, Nexans Maroc et Pharma5 en Côte d’Ivoire. Ces trois implantations annoncées au cours de la même semaine renseignent fort sur la détermination des entreprises marocaines à poursuivre leur expansion sur le continent.

L’Afrique est plus que jamais dans le viseur des entreprises marocaines! Durant la semaine écoulée, au moins trois grands groupes du royaume ont concrétisé leur expansion sur le marché subsaharien. La première nouvelle est venue de Saham Finances. Le leader panafricain de l’assurance (hors Afrique du Sud) a annoncé, lundi 19 septembre, avoir acquis 100% du capital de la compagnie mauricienne Sun Insurance Co Ltd. Cette entrée sur le marché insulaire de l’Océan Indien constitue, pour le groupe Saham, une «continuité» de son plan d’expansion et permet «de consolider son développement en Afrique et notamment, en Afrique de l’Est à travers le Kenya, le Rwanda et Madagascar», indique Saham Finances dans son communiqué. Le marché mauricien de l’assurance se compose de 25 compagnies d’assurances dont 14 en Non-vie, 7 en Vie et 4 Mixtes. L’activité assurance représente un total de primes de 700 millions de dollars, avec des perspectives de croissance prometteuses.

Nexans Côte d’Ivoire
Après Saham, c’était au tour de la filiale marocaine du français Nexans de passer à l’acte en Côte d’Ivoire. Le 22 septembre dans la capitale ivoirienne, Nexans Maroc, spécialisé dans les métiers de l’électricité et de l’énergie, célébrait en grande pompe le lancement de Nexans Côte d’Ivoire. La réalisation de cette usine de fabrication de câbles et d’équipements électriques a nécessité un investissement de 12 millions d’euros, indique le groupe. Elle est le fruit d’un partenariat entre Nexans et le groupe industriel Envol. Ce dernier est censé apporter «sa connaissance du marché et son réseau de distribution acquis à travers ses activités dans différents secteurs et dans différents pays de l’Afrique de l’Ouest dont la Côte d’Ivoire». Avec cette implantation, Nexans, déjà présent au Sénégal, au Ghana et au Nigeria, élargit ainsi sa présence dans la sous-région ouest-africaine.

Pharma5 aussi
Dans le secteur de l’industrie pharmaceutique marocaine, on est tout aussi soucieux d’exporter le savoir-faire au Sud du Sahara. Cette fois, c’est au tour du laboratoire Pharma5 d’annoncer la couleur. Le groupe présidé par Abdellah Lahlou Filali entend en effet produire des médicaments en Côte d’Ivoire dès les prochaines années. La visite au Maroc de la ministre ivoirienne de la Santé et de l'hygiène publique, Raymonde Goudou-Coffie, a été l’occasion de signer un accord de partenariat pour la construction, par Pharma5, d’une unité de production de médicaments près d’Abidjan. L’usine nécessitera un investissement initial de 100 MDH et devrait s’étendre sur 5.000 m². Elle sera essentiellement dédiée à la production de médicaments, notamment un générique anti-hépatite C, répondant aux normes internationales. «Le partenariat Sud-Sud prôné par le Maroc permet aux acteurs économiques africains de développer leurs échanges et de partager leurs expériences pour assurer le développent du continent et l’amélioration des conditions de vie des populations», a commenté la ministre ivoirienne de la Santé.  


Raymond Fahrat
Directeur général de SAHAM Finances

Notre volonté est de jouer un rôle structurant sur le marché mauricien pour devenir un acteur de référence et ainsi hisser l’offre aux standards internationaux».

Abdellah Lahlou-Filali
Président des laboratoires Pharma5

Ce nouvel investissement de Pharma5 va contribuer à satisfaire les besoins en médicaments de la Côte d’Ivoire et de la sous-région ouest-africaine, selon les normes internationales et avec des coûts à la portée des citoyens africains».

Karim Bennis
Administrateur-directeur général de Nexans Maroc.

L’accompagnement de nos clients est notre principale mission. Nous n’offrons pas uniquement des câbles et des équipements électriques mais plutôt un service 360°, allant du conseil dans le choix des produits jusqu’au service après-vente».

Abdeslam Seddiki : Ministre de l’Emploi et des affaires sociales

Le ministre de l’Emploi et des affaires sociales, Abdeslam Seddiki, a fait le déplacement sur Marrakech pour présider les travaux des mutualistes membres de l’Union africaine de la mutualité (UAM). Dans cette interview, il parle des enjeux de la mutualité au Maroc et sur le continent et évoque la situation des travailleurs subsahariens dans le royaume.

Les Inspirations ÉCO : Quelles convergences sont possibles entre le Maroc et les pays africains dans le domaine de la mutualité ?
Abdeslam Seddiki : Le Maroc est un pays africain qui entretient de bonnes relations avec ses partenaires sur le continent. Comme vous l’avez constaté, de nombreux pays ont été représentés à Marrakech lors du symposium international sur le «tiers payant». Cela traduit cette nouvelle orientation du Maroc, qui continue à procéder à un échange d’expériences avec ses partenaires sur le continent. Je tiens d’ailleurs à préciser que nous ne nous positionnons pas comme des donneurs de leçons, mais nous sommes dans une logique où nous nous inspirons aussi des expériences des pays africains dans le domaine de la mutualité.

Quels sont les problèmes rencontrés des deux côtés, notamment en termes de couverture maladie ?
Nos problèmes sont presque communs, mais à des degrés divers. Le secteur de la santé est capital pour tous les pays africains, y compris le Maroc. Les dépenses en matière de santé sont considérables et ne sont pas à la portée des populations vulnérables. Il va donc falloir faire preuve d’imagination afin de trouver les moyens idoines pour assurer les soins médicaux. Et dans ce sens, le «tiers payant» figure parmi les pistes envisagées car il permet aux patients de se faire soigner en ne payant que des montants dérisoires. Je pense que cela est important pour améliorer le système de santé public dans nos pays.

Lors du dernier discours royal, à l’occasion de la Révolution du roi et du peuple, il a beaucoup été question des Subsahariens au Maroc. Sur la question du travail, comment évolue leur situation ?
C’est un dossier qui évolue dans le bon sens. Pratiquement toutes les personnes dont la situation est régulière sur le plan administratif jouissent des mêmes droits que les travailleurs marocains. Quand je parle de droits, je fais allusion aux droits sociaux, d’accès au travail, aux soins, à l’éducation, etc. Je ne peux pas dire que les choses sont parfaites, mais la volonté y est. Et nous sommes disposés à surmonter les problèmes éventuels qui se posent à nous.

À quels types de difficultés globalement sont-ils confrontés ?
Les problèmes du travailleur d’origine subsaharienne sont les mêmes que celui marocain. Je comprends malgré tout que certains travailleurs étrangers soient confrontés à des situations difficiles, mais le Maroc assume sa responsabilité en tant que terre d’accueil et affiche sa solidarité avec nos frères africains.

Presque tous sont obligés de passer par l’ANAPEC pour avoir un contrat de travail légal. C’est un grand obstacle à leur accès au marché du travail…
Je crois que ce problème est réglé. Les agences de l’ANAPEC reçoivent et offrent les mêmes services aux demandeurs d’emplois marocains qu’aux étrangers légalement établis au Maroc. Nous avons même inauguré à l’agence d’Agdal à Rabat un service dédié aux travailleurs étrangers, en compagnie de mon collègue gouvernemental en charge de la migration.

Est-ce que tous les ressortissants subsahariens pourront désormais avoir un contrat de travail sans pour autant passer par l’ANAPEC ?
Oui, ils pourront désormais l’avoir sans passer par l’ANAPEC. C’est une évolution positive pour leur faciliter l’intégration et l’insertion dans la vie socio-économique marocaine. 


Une vieille revendication satisfaite ?
Au Maroc, en raison des dispositions réglementaires, seuls les ressortissants d'une poignée de pays, avec lesquels le Maroc a signé des conventions d'établissement, peuvent avoir accès à un emploi sans trop de contraintes. En effet, hormis les expatriés de certains pays du Maghreb comme la Tunisie et l'Algérie ou de rares pays subsahariens comme le Sénégal, tous les autres postulants étrangers à un poste de travail doivent impérativement avoir l'aval du ministère de l'Emploi (La loi n° 65.99 relative au Code du travail). Même si un ressortissant étranger réussit à décrocher un CDI (contrat à durée indéterminé), son employeur doit chaque année renouveler ce contrat via l'ANAPEC (Agence nationale de promotion de l'emploi des cadres). En cas de refus, ledit travailleur perd tous ses droits (pas d'indemnités de licenciement, etc.) et se retrouve dans l'irrégularité, car l'autorisation de l'ANAPEC est indispensable pour renouveler la fameuse carte de séjour auprès de la police. Conséquence, le travailleur étranger est maintenu dans une fragilité permanente qui l'expose à une rupture de son contrat à tout moment. «Le respect et l'application des conventions internationales pour la protection des droits des travailleurs migrants et de leur famille» est une vieille revendication des associations de défense des droits des immigrés.

Banque Atlantique poursuit sa montée en puissance dans les résultats du groupe marocain Banque Centrale Populaire (BCP). Durant le premier semestre 2016, la filiale subsaharienne a porté à 13% sa contribution au PNB de sa maison mère, contre 12% un an auparavant.

L’Afrique continue de sourire aux banques marocaines. Lors de la présentation des résultats semestriels de la BCP mardi dernier, le top management du groupe s’est félicité de la hausse de la contribution de Banque Atlantique (ABI) dans les performances de sa maison mère. Selon les chiffres communiqués par la banque marocaine, sa filiale subsaharienne, essentiellement implantée dans les pays d’Afrique francophone, rehausse à 13% sa contribution au PNB de la BCP, contre 12% un an auparavant. Cette progression est facilitée par la bonne tenue des activités de l’ABI. En effet, la holding a réalisé entre juin 2015 et juin 2016, une augmentation de 10% de son produit net bancaire (PNB). Ces performances s’expliquent par «une nette appréciation de son activité de collecte des dépôts et de distribution de crédits qui évoluent respectivement de 15% et 24% sur une année glissante», indique le groupe.

Nouvel actionnaire
Sur le plan stratégique, la BCP informe que sa filiale africaine poursuit son développement sur le continent. «Le premier semestre 2016 a ainsi connu l’ouverture d’une première succursale de la Banque Atlantique en Guinée-Bissau, ce qui permet d’étendre la présence du groupe à l’ensemble des pays de la zone UEMOA», note un communiqué du groupe. Mais l’une des principales annonces concerne l’ouverture du capital d’ABI à Development Partners International (DPI), pour une contribution de 120 millions de dollars. Les parts cédées émanent des autres actionnaires constituant le tour de table.

Micro-finance
Sur un autre volet, en rapport avec ses activités de micro-finance, le groupe indique que sa filiale Atlantic Microfinance for Africa (AMIFA) «est engagée dans un programme ambitieux d’extension et prévoit la création de trois nouvelles filiales d’ici la fin de l’année, pour porter sa couverture à cinq pays d’Afrique». Le Sénégal, la Guinée et le Gabon sont en ligne de mire. Les dépôts d’agrément ont déjà été effectués dans ces pays et des réponses imminentes sont attendues de la part des autorités guinéennes. Depuis environ 7 mois, des filiales d’AMIFA opèrent en Côte d’Ivoire et au Mali. Ces deux structures disposent de 9 points de vente et emploient quelque 60 personnes. Depuis leur lancement, elles ont octroyé 8 milliards de franc CFA de crédits et collecté 7,8 milliards de franc CFA.

«Meilleure banque»
Par ailleurs, durant le premier semestre 2016, le groupe BCP s'est félicité de l’organisation de la 3e édition du forum «B to B in Africa» qui a réuni plus d’une centaine d’entreprises marocaines dans trois pays: la Côte d’Ivoire, le Gabon et Sénégal. Enfin, ABI a remporté, au cours de la même période, le «Trophée de la meilleure banque d’Afrique de l’Ouest», décerné à l’occasion de la 10e édition des African Banker Awards qui s’est tenue en mai à Lusaka, en Zambie. 


Le plus de Maroc Export
L’Afrique présente un large éventail d’opportunités dans plusieurs secteurs: l'agroalimentaire, les infrastructures, l'énergie, la formation, etc. Les entreprises marocaines, eu égard à leurs expertise et expériences dans ces domaines, ont beaucoup de débouchés à exploiter pour favoriser leur développement sur le continent. Maroc Export les accompagne afin d'augmenter leurs chances de mieux répondre aux appels d'offres. Les forums d'échanges d'expertises, à l'instar du Forum du Bénin, l'internationalisation du Salon de l'eau et l'internationalisation d'Elec Expo, en collaboration avec l'AMEPA, la FENELEC et l'OFEC sont autant d'actions à intensifier pour augmenter les chances des entreprises nationales de nouer des liens pour se voir confier des projets d'envergure. Maroc Export profite également des différentes rencontres pour organiser des missions B to B.

Le royaume vient de ratifier quelques 24 accords et conventions de coopération signés avec des pays d’Afrique subsaharienne. Plusieurs secteurs, notamment économiques, sont concernés.

Le Maroc envoie un signal fort à ses partenaires du continent. Le royaume vient en effet de ratifier plus d’une vingtaine d’accords, de conventions et de mémorandums d’entente signés ces dernières années avec des pays d’Afrique subsaharienne. Ces ratifications ont été publiées dans les bulletins officiels de juin et d’août derniers, suite à leur approbation par l’ensemble des institutions exécutives et législatives marocaines. En tout, pas moins de 24 partenariats bilatéraux signés avec 7 pays du continent sont concernés. Il s’agit du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Ghana, de la Guinée Bissau, de la République de Guinée et du Sénégal. Les domaines concernés sont, entre autres, la sécurité, la promotion et la protection des investissements, l’assistance mutuelle administrative ainsi que la justice ou encore les transports aérien et maritime.

Application
La plupart de ces partenariats bilatéraux ont été signés lors des tournées royales annuelles sur le continent, entre 2013 et 2015. Il est à noter que certains de ces documents étaient déjà entrés en vigueur de façon «provisoire» au lendemain de leur signature par les gouvernements du Maroc et des pays concernés. C’est par exemple le cas des accords conclus avec le Gabon. Cette «entrée en vigueur provisoire» sera définitive une fois que les institutions compétentes des deux pays signataires auront fini de les approuver. À l’opposé, une bonne partie de ces documents prévoient dans leurs clauses que l’application ne peut être effective qu’en respectant les procédures nationales régissant l’entrée en vigueur des accords. C’est le cas de partenariats signés avec la Guinée. De même, chacun des deux pays doit les ratifier avant leur entrée en vigueur.

Impulsion
À l’heure actuelle, le Maroc semble avoir fait le premier pas dans la ratification des accords. Cette avance s’explique, en partie, par l’intérêt pour le royaume d’accélérer l’expansion de son secteur économique en Afrique subsaharienne. D’ailleurs, cela explique la mise en place en 2015 de groupes d’impulsion économique (GIE) entre le Maroc et certains de ses partenaires du sud. Ces GIE constitués des institutionnels et des hommes d’affaires sont censés œuvrer à la concrétisation rapide des accords signés. Des rencontres se tiennent périodiquement entre ses membres pour faire le point sur l’avancée des projets en cours. 

Intelcia, acteur majeur des métiers de l’externalisation, a annoncé son arrivée au Sénégal. Le groupe dirigé par Karim Bernoussi, se lance dans un marché de plus en plus prisé par les multinationales du secteur, ainsi que par les entreprises locales.

Déjà présent au Cameroun et en France, le groupe marocain dirigé par Karim Bernoussi, Intelcia, met le cap sur Dakar. Son président a fait savoir que le bureau de Dakar, qui devrait démarrer ses activités avant la fin de l’année, sera le premier d’Intelcia en Afrique de l’Ouest et son second au sud du Sahara. Environ 600 collaborateurs devraient rejoindre le bureau dakarois. Intelcia entend étoffer son offre francophone et de développer une plateforme offshore, aux côtés de ses centres onshore (France) et nearshore (Maroc) spécialiste de la relation-client.

Concurrence ?
Toutefois, Intelcia devra faire face à une forte concurrence du secteur sénégalais de centre d’appels. Dakar, capitale sénégalaise, connaît une concentration des filiales de groupes internationaux sur la relation-client en Afrique francophone. Il s’agit de PCCI Group (co-fondé par l’entrepreneur sénégalais Yérim Sow) et l’américain IBEX Global. Pour ce qui est des entreprises locales, il faut noter la présence sur le marché de «Call Me» du conglomérat Groupe Chaka. Le Sénégal est l’un des pays africains les mieux placés pour tirer profit de la révolution numérique en cours sur le continent. Le pays présente des avantages de création de richesses et générateur d’emplois.

33 entreprises
Selon l’Agence de promotion des investissements et grands travaux (APIX), sur la période allant de 2001-2007, le secteur des centres d’appels compte près de 33 entreprises qui emploient environ 4.000 personnes pour un investissement avoisinant les 20,7 milliards de F CFA. L’APIX a relevé que «le Sénégal offre des prestations moins chères, en raison de l’abondance d’une main-d’œuvre bon marché et de bonne qualité. Aussi, sur le plan local, des entreprises sénégalaises tendent vers cette option d’externalisation de leurs services client».

600 salariés
En 2015, le chiffre d’affaires d’Intelcia, rappelons-le, a atteint 69 millions d’euros (réalisé à 59% au Maroc et à 41% en France), contre 64 millions d’euros en 2014. Dans une note, le groupe a relevé que 600 salariés devraient être installés dans le bureau de Dakar. 


 

Le plus de Maroc Export
L’Afrique présente un large éventail d’opportunités dans plusieurs secteurs: l'agroalimentaire, les infrastructures, l'énergie, la formation, etc. Les entreprises marocaines, eu égard à leurs expertises et expériences dans ces domaines, ont beaucoup de débouchés à exploiter pour favoriser leur développement sur le continent. Maroc Export les accompagne afin d'augmenter leurs chances de mieux répondre aux appels d'offres. Les forums d'échanges d'expertises, à l'instar du Forum du Bénin, l'internationalisation du Salon de l'eau et l'internationalisation d'Elec Expo, en collaboration avec l'AMEPA, la FENELEC et l'OFEC sont autant d'actions à intensifier pour augmenter les chances des entreprises nationales de nouer des liens pour se voir confier des projets d'envergure. Maroc Export profite également des différentes rencontres pour organiser des missions B to B.

Après sa première participation en 2015, le Maroc est de nouveau au rendez-vous de la Foire de l’Indépendance du Bénin. Une superficie de 300 m² a été réservée à la délégation multisectorielle marocaine.

Maroc Export organise, pour la deuxième édition consécutive, la participation du Maroc à la 9e édition de la Foire de l’Indépendance du Bénin (FIB). Cette foire commerciale se tient à Cotonou, du 18 juillet au 7 août. À cet effet, Maroc Export indique avoir «réservé une superficie de 300 m² pour l’exposition du potentiel export marocain représenté par différents secteurs d’activité». Ces secteurs sont le textile, les BTP et matériaux de construction, les NTIC, en plus de la pharmaceutique, des banques et services financiers, ainsi que de la chimie et parachimie, l’énergie renouvelable, l'électricité et l'automobile. Selon le Centre marocain de promotion des exportations, «l’exposition sera ouverte à la vente directe».

936 contacts
Cette manifestation, l’une des plus importantes sur le plan commercial, sera rythmée par des conférences thématiques quotidiennes ciblées, des journées de promotion des produits et l’organisation de la 4e édition de la journée de la CEDEAO. Selon Maroc Export, lors de l’édition précédente, durant laquelle le royaume était pays à l’honneur, «936 contacts prometteurs ont été réalisés par les entreprises marocaines». Ceux-ci ont donné lieu à des commandes d’essais se chiffrant à plusieurs milliers de dir-hams. «Le choix de l’organisation de ce type de foires s’explique, d’une part, par la stratégie d’accompagnement des écosystèmes déjà constitués à l’international, mais également par la volonté de partager avec les partenaires subsahariens cette vision marocaine en matière d’industrialisation et d’accélération de croissance, pour faire émerger des écosystèmes régionaux et panafricains», explique Maroc Export dans un communiqué.

Projets structurants
En dehors de cette foire, et sur un plan bilatéral, le Maroc et le Bénin sont liés par plus de 7 accords commerciaux. Le Bénin importe du Maroc, principalement, la viande, le poisson, les préparations de produits de la mer, le papier, les équipements électriques et électroniques, le sel et le ciment. Le Bénin a engagé un montant de 2,8 milliards de dollars pour la réalisation de projets structurants de partenariats public-privé entre 2014 et 2018, notamment le programme de construction d'infrastructures énergétiques, de restructuration et d'extension du réseau de distribution de l'énergie, le programme de développement des aménagements hydro-agricoles au Bénin, le programme de viabilisation de zones franches et sites industriels. Les cultures industrielles (coton, noix de cajou) et les ressources fiscales, tirées de l’intense activité de son port à Cotonou, sont les principales bases économiques du pays. Le port représente 90% des échanges avec l’étranger et plus de 60% du PIB du pays. Il dessert le Niger, le Mali et le Burkina Faso. 


 

Le Plus de Maroc Export
L’Afrique présente un large éventail d’opportunités dans plusieurs secteurs: l'agroalimentaire, les infrastructures, l'énergie, la formation, etc. Les entreprises marocaines, eu égard à leurs expertise et expériences dans ces domaines, ont beaucoup de débouchés à exploiter pour favoriser leur développement sur le continent. Maroc Export les accompagne afin d'augmenter leurs chances de mieux répondre aux appels d'offres. Les forums d'échanges d'expertises, à l'instar du Forum du Bénin, l'internationalisation du Salon de l'eau et l'internationalisation d'Elec Expo, en collaboration avec l'AMEPA, la FENELEC et l'OFEC sont autant d'actions à intensifier pour augmenter les chances des entreprises nationales de nouer des liens pour se voir confier des projets d'envergure. Maroc Export profite également des différentes rencontres pour organiser des missions B to B.

Cent jours après l’investiture du nouveau président centrafricain, le pays essaie de se redresser sur le plan économique, malgré la recrudescence d'actes de violences dans certaines régions.

Après la pluie, le beau temps» ! Cet adage pourrait-il s’appliquer à la République Centrafricaine? Depuis l’élection, le 12 février dernier, de Faustin-Archange Touadéra à la magistrature suprême du pays, la Centrafrique essaie de retrouver les chemins du développement. Ce 9 juillet, le nouveau président fêtait ses 100 jours passés à la tête du pays, suite à son investiture le 30 mars. À cette occasion, Faustin-Archange Touadéra a fait un bilan de ses trois premiers mois en tant que successeur de Mme Samba-Panza, qui a assuré la transition pendant deux années, suite au déclenchement de la guerre civile en 2013. L’actuel président élu au second tour avec 62,7% des voix a ainsi fait le point sur les actions accomplies par son équipe, «pour asseoir les fondements de l’État et de la démocratie durant les cent premiers jours de son mandat».

Le Maroc répond présent
Lors de son adresse, le président centrafricain s’est ainsi félicité d’avoir pu «renouer le contact avec la communauté internationale et replacer notre pays dans le concert des Nations», a-t-il lancé à ses compatriotes. Le royaume figure parmi les premiers États avec lesquels la Centrafrique a rouvert le canal de la coopération. «Nous avons négocié et obtenu la réouverture des coopérations bilatérales avec l’Égypte, le Maroc et la Chine», a indiqué le chef de l’État centrafricain. Sur le plan économique, le président a listé les réalisations accomplies dans plusieurs secteurs, en rappelant que «l’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs constituent des axes importants de son quinquennat, tant les méfaits de la corruption rampante sur l’économie et les finances publiques ne sont plus à démontrer». En effet, à l’instar de la situation sécuritaire qui reste encore à améliorer, comme l’a reconnu le président dans son discours, d’importants efforts sont nécessaires pour assurer la relance de l’économie locale.

Investissements volatils
Pour sa part, Coface estime que la croissance devrait rebondir en 2016 dans un contexte de reprise graduelle des activités commerciales. L’activité devrait être principalement portée par la production agricole, qui contribue à plus de la moitié du PIB et emploie près de 75% de la population. Le secteur minier devrait également contribuer à la reprise de l’activité suite à la levée partielle en juin 2015 de l’embargo contre le pays. La suspension des sanctions devrait permettre à la République centrafricaine de commercialiser du diamant, tout en écoulant les stocks existants, estimés à 70.000 carats. Par ailleurs, la demande interne devrait demeurer atone compte tenu de l’exil de près d’un quart de la population
(1 million de personnes ont quitté le pays et ne sont pas encore revenues). Malgré les aides d’urgence octroyées par l’UE et le FMI, le pays peine toujours à se redresser et les investissements devraient rester très volatils en 2016.  


 

Fiche pays
République Centrafricaine

Taille
4,701 millions de consommateurs

Monnaie
Franc CFA

PIB/Hbt
1,731 milliard de dollars

Croissance
5,7% (2016p.)

Région économique
CEMAC/CEEAC

Note Coface
D

Doing business 2015
185e/189


 

Reprise économique progressive
Dans un contexte de détérioration du solde public, notamment la chute des recettes budgétaires, le gouvernement devrait continuer de compter sur le financement externe, compte tenu de sa capacité de financement réduite et d'une insécurité persistante, qui devraient toujours entraver la collecte des recettes. L'UE est l'un des principaux bailleurs de fonds du pays, ayant fourni un montant d’aide estimé à 360 millions de dollars depuis que le conflit a éclaté en 2013 dont 10 millions attribués aux aides humanitaires. Sur le plan économique, la reprise devrait être progressive et les exportations de bois, de café et de coton (principales richesses agricoles du pays) devraient continuer à pâtir, mais moins que les années précédentes, de l'insécurité et des perturbations qui touchent le secteur des transports et de la logistique.

En Côte d’Ivoire et au Gabon, les filiales d’Attijariwafa bank accompagnent l’éducation et l’entrepreneuriat des jeunes. À Abidjan, le groupe a financé un internat alors que sa filiale gabonaise vient de signer un protocole pour aider les jeunes à développer leurs projets.

Attijariwafa bank active le levier du mécénat en Afrique subsaharienne. Après avoir financé la construction de l’internat de la classe préparatoire du Lycée Français Blaise Pascal d’Abidjan, le groupe marocain se lance dans le soutien des jeunes entrepreneurs au Gabon. Cette action est assurée par sa filiale locale, l’Union gabonaise de banque (UGB) qui vient de signer avec l’ONG JA Gabon «une convention de partenariat afin de soutenir l’apprentissage de l’entrepreneuriat auprès de la jeunesse gabonaise et aider les jeunes entrepreneurs à développer leur projet». À travers ce partenariat, l’UGB va octroyer des crédits à des taux bonifiés de 5% aux meilleurs projets sélectionnés par la commission d’attribution mixte (UGB /JA Gabon). En plus de ce «taux exceptionnel sur le marché» gabonais, l’UGB proposera également aux entreprises en création dans le cadre de JA Gabon des ouvertures de comptes avec une exonération totale des frais la première année, indique un communiqué du groupe Attijariwafa bank.

«Les choses bougent»
Selon la même source, ce protocole d’accord «scelle et pérennise» une relation entamée il y a longtemps entre le groupe Attijariwafa bank et Junior Achievement au Maroc. «Cette fois, UGB va financer à hauteur de 30 millions de FCFA le programme Young Enterprise Project destiné aux étudiants ainsi que Startup Programme destiné aux entrepreneurs en incubation à JA», poursuit le communiqué. «Enfin, on sent que les choses bougent et que des mécanismes se mettent en place pour aider les jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat», se réjouit un entrepreneur en herbe. Avant le Gabon, Attijariwafa bank avait procédé, toujours dans le cadre de ses activités sur le plan social, au financement de la construction de l’internat de la classe préparatoire du Lycée Français Blaise Pascal d’Abidjan.

Insertion professionnelle
Cet internat, constitué de douze chambres «vise à offrir de meilleures conditions de vie universitaire aux étudiants et favoriser à terme leur insertion professionnelle dans le tissu économique et social ivoirien», fait-on savoir du côté d’Abidjan. Il est à noter que la construction de l’internat a été réalisée presque un an jour pour jour après la signature de la convention entre le PDG d’Attijariwafa bank, Mohamed El Kettani et Jean François Chauveau, président de l’Association gestionnaire Blaise Pascal (AGBP) lors de la visite de travail et d’amitié en Côte d’Ivoire du roi Mohammed VI en juin 2015. 


 

Daouda Coulibaly,
DG de la Société ivoirienne de Banque (SIB)

Dans le cadre de sa mission visant à promouvoir et à valoriser le savoir en vue de l’épanouissement des jeunes, la Fondation Attijariwafa bank au Maroc mène des actions d’envergure en faveur des écoles primaires et secondaires mais aussi à destination des classes préparatoires et des universités».

Jean François Chauveau,
Président de l’Association gestionnaire Blaise Pascal (AGBP)

L’objectif de cette convention signée entre le groupe Attijariwafa bank via sa filiale ivoirienne la Société ivoirienne de banque (SIB) et l’INP Grenoble est de donner la chance au maximum d’étudiants ivoiriens d’avoir accès à la formation dispensée dans les écoles d’ingénieurs de Grenoble».

Abdelaziz Yaaqoubi,
DG de l’Union gabonaise de banque (UGB)

La société gabonaise en pleine mutation bénéficie d’une véritable dynamique entrepreneuriale sans précédent et nous estimons que c’est un devoir pour nous d’accompagner cette nouvelle génération».


 

Le plus de Maroc Export
L’Afrique présente un large éventail d’opportunités dans plusieurs secteurs : l'agroalimentaire, les infrastructures, l'énergie, la formation, etc. Les entreprises marocaines, eu égard à leur expertise et expériences dans ces domaines ont beaucoup de débouchés à exploiter pour favoriser leur développement sur le continent. Maroc Export les accompagne afin d'augmenter leurs chances de mieux répondre aux appels d'offres. Les forums d'échanges d'expertises, à l'instar du Forum du Bénin, l'internationalisation du Salon de l'eau et l'internationalisation d'Elec Expo, en collaboration avec l'Amepa, la Fenelec et l'OFEC sont autant d'actions à intensifier pour augmenter les chances des entreprises nationales de nouer des liens pour se voir confier des projets d'envergure. Maroc Export profite également des différentes rencontres pour organiser des missions B to B.

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