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L’assemblée générale de la FRMF était attendue de pieds fermes par les observateurs, notamment dans son bilan financier suite à une cascade d’échecs.

Il y a trois mois, la sélection béninoise battait, contre toute attente,  son homologue marocaine et lui coupait le chemin vers le sacre africain pourtant promis aux Marocains. La fédération du Bénin, rappelons-le, gérée avec un budget de 300.000 $ contre l’incomparable budget de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) qui dépasse 826,4 MDH (82 milliards de centimes) ! C’est dire qu’en football, l’argent ne fait pas le bonheur, sinon l’Arabie Saoudite aurait été championne du monde.

Les recettes, stand-by
Contrairement aux attentes et autres promesses, les produits de la FRMF totalisant 826,4 MDH reposent toujours sur les deniers publics puisque l’essentiel de son budget (86%) est apporté par des établissements publics tels que Bank Al-Maghrib, la CDG, l’OCP, l’ONMT et le ministère de la Jeunesse et des sports. Ceux-là mêmes qui soutenaient la FRMF depuis l’ère Fassi Fihri sur instructions royales en plus de la SNRT qui verse annuellement 105 MDH et Maroc Telecom avec 25,5 MDH. Pour cette dernière, ce qui a changé ce sont les 5 MDH additionnels du «naming» pour dénommer le championnat national «Botola Maroc Telecom». En revanche, la FRMF a ramené le groupe Akwa à 7,5 MDH/an en plus d’un montant de 7,1 MDH dont on ignore l’origine (autres partenaires) ! Les qualifications de l’équipe nationale à la Coupe du monde et à la CAN ont rapporté respectivement 30,8 MDH et 13 MDH. Le public marocain a mis dans les caisses de la FRMF la somme de 24,1 MDH au titre de la billetterie des matchs internationaux.

Les charges, un délire !
De facto, l’on constate que les charges ont consommé la totalité des produits pourtant surdimensionnés. Ainsi, le total des dépenses est exactement le même que les recettes (à 98.000 DH près), soit un montant global de 826,3 MDH. 43% de ce chiffre est alloué aux clubs au titre de droits TV et diverses primes de championnat, de la Coupe du trône et des participations continentales, ce qui reste un chiffre raisonnable.

En revanche, les équipes nationales ont «bouffé» 241,7 MDH, soit 29% du budget, ce qui est énorme au regard des résultats médiocres escomptés dans la quasi-totalité des catégories. Si on prend à cet égard rien que le poste voyages et hébergement, on constate une générosité exagérée puisque l’on en a consommé plus de 65 MDH, confiés en quasi-totalité à une seule agence de voyages qui bénéficie des marchés de gré à gré! Autre exemple d’absence d’optimisation des coûts, le recours à un cabinet d’audit international afin de nous confirmer que le directeur technique n’a pas atteint ses objectifs. Ce constat pourtant visible à l’œil nu a coûté plus de 2,25 MDH. Enfin, les rassemblements des équipes nationales et les primes de stage y afférents totalisent 53 MDH. C’est à croire que l’on ne budgétise pas les différents segments de dépenses. Ce train de vie est porteur de gros risques. Et si un jour les établissements publics étaient sommés de lever le pied ?