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21-05-2019 15:20

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Mohammed Alamouri. Président de la Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges Interproberries Maroc (IPBM).

Que représente la filière des fruits rouges en termes d’employabilité ?
La filière des fruits rouges est un secteur employeur par excellence. En effet, les fruits rouges ne peuvent être cueillis qu’à la main. C’est pourquoi, les besoins en termes de main d’oeuvre sont énormes avec bien sûr le respect des paramètres de qualité requis à l’international. En chiffres, on a besoin de 12 à 15 personnes pour cueillir 1 hectare de fraises. S’agissant de la framboise, la myrtille et le mure, les besoins oscillent entre 17 à 20 personnes pour la même superficie. À titre d’exemple, une culture de 100 ha de framboises, de myrtilles ou de mûres nécessitent 1.700 personnes. En procédant à une analyse comparative en termes d’employabilité, notamment avec les secteurs marqués une forte automatisation tel que les céréales, cette superficie a besoin seulement de deux personnes. Aujourd’hui, la superficie plantée en fruits rouges au Maroc est de l’ordre de 8.400 ha. À l’exception de la valorisation, la filière a généré à elle seule, en termes de production, plus de 10,5 millions journées de travail durant la période de récolte, en 2018. En résumé, la filière des fruits rouges est sur une bonne lancée.

Est-ce que les exigences sociales sont respectées dans les différentes exploitations et unités industrielles ?
Etant donné que la filière à une vocation exportatrice, ses emplois sont les plus déclarés à la CNSS. D’une façon permanente, les exploitations exportatrices et les unités industrielles sont auditées et contrôlées par nos partenaires et l’Inspection de travail. De surcroit, un médecin de travail est mobilisé au profit des ressources humaines en plus d’une infirmière alors que la quasi-totalité des exportations agricoles sont certifiées Eurepgap/Global Gap pour répondre aux exigences des clients et aux normes techniques des marchés et exigences sociales. Le règlement intérieur au sein des différentes exploitations contribue aussi au respect des droits de travail. Actuellement, les paiements ont dépassé le SMAG et le SMIG puisque les producteurs-exportateurs ont besoin de cette main d’oeuvre. Et malgré les différentes charges, les professionnels améliorent les conditions de travail pour préserver la main d’oeuvre qualifiée en raison du caractère périssable du produit et la concurrence accrue pour la sauvegarder.

Quelles sont les régions et les cultures qui emploient le plus au Maroc ?
Ce secteur en est à sa troisième décennie de développement, depuis sa naissance dans les périmètres du Loukkos et du Gharb avant son développement dans la région du Souss-Massa. C’est pourquoi, ce sont ces régions qui emploient le plus avec l’implantation de grandes firmes internationales qui y ont réalisé d’importants investissements. Le développement dans ces régions a été favorisé par la proximité de l’Europe, le climat favorable, la disponibilité de la main d’oeuvre qualifiée.

L’Espagne a recruté, cette année, plus de 20.000 saisonnières. Est-ce que cela pénalise la filière marocaine ?
Pas du tout car le ministère de l’Emploi a respecté ses engagements et a sauvegardé les emplois au niveau des principales régions productrices. Les saisonnières marocaines ont été essentiellement recrutées dans les régions de Beni Mellal, Oujda, Khemisset et Jerada... C’est la raison pour laquelle, on n’a pas senti de pénurie de main d’oeuvre dans notre filière

Comment s’est déroulé la campagne d’exportation, cette année ?
Elle a été principalement marquée par des aléas climatiques en début de campagne surtout les pluies survenues au nord du Royaume. Ensuite, la fi lière a été touchée par la sécheresse de décembre à mars, ce qui a provoqué des ajustements en termes de quantités exportées. Parallèlement, la vague de froid, mais aussi la sécheresse en février a freiné la commercialisation de la framboise avec un cumul de production et par conséquent une baisse de prix sur le marché. D’autres incidents ont également perturbé cette saison notamment le mauvais temps sur le détroit de Gibraltar début avril, ce qui pertubé la circulation des camions et a détruit des cargaisons. La grève des agents douaniers à Calais (France) a eu également un impact négatif. Face à cette situation, les professionnels espèrent que la campagne se redresse d’ici la fi n de la saison, notamment en avril et mai.

Enfin, où en est le contrat programme ?
En février 2018, on s’est érigé en fédération interprofessionnelle conformément aux dispositions de la loi n° 03-12 relative aux interprofessions agricoles et halieutiques. Le contrat programme avec l’État vise à planter 11.000 ha sur les trois prochaines années contre 8.400 ha déjà plantés. Cette feuille de route prévoit la création de centres techniques de recherches appliquée dans les trois régions productrices en plus de la mise en oeuvre de programme d’encadrement en faveur de petits producteurs pour créer des coopératives et les agréger en groupements exportateurs. À cela s’ajoute, le lancement de programme de formation continue. Il faudra ensuite financer les actions inscrites dans le cadre du contrat programme.

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