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Pere Carles. Président de Grup Carles et responsable du cluster du cuir d’Igualada (Espagne).

Les travaux du Parc industriel de Aïn Cheggag (PIAC) avancent à grands pas. Comment les opérateurs de la filière, particulièrement dans la région de Fès, s'y préparent-ils? Pere Carles, président de Grup Carles et responsable du cluster du cuir d’Igualada (Espagne), répond à nos questions. 

Comment voyez-vous l’évolution de la filière du cuir à Igualada ?
Jusqu'au milieu des années 1960, les entreprises de tannage d'Igualada étaient de petits producteurs qui produisaient 90% des semelles de chaussures en cuir utilisées en Espagne. À la fin des années 1960, avec l’augmentation des exportations de chaussures espagnoles dans la région d’Alicante ou des îles Baléares, les tanneurs d’Igualada ont décidé de diversifier leur production et d’abandonner un marché de mono-produit très concurrentiel. Avec l'entrée de l'Espagne dans le marché commun européen en 1992 et l'ouverture des marchés, de nouveaux produits en provenance de l'étranger, en particulier d'Italie, ont constitué un grave problème de concurrence pour les producteurs locaux, ce qui nous a poussés à chercher des solutions le plus rapidement possible. Il a donc été décidé de conférer une plus grande valeur ajoutée au cuir tanné d'Igualada en pariant sur des marchés de niche reposant sur des productions plus spécialisées et développées au fil du temps. Résultat, nous avons obtenu des produits de qualité, avec des couleurs et des spécifications techniques très concrètes. Par la suite, nous avons décidé d’accroître notre production pour répondre à la demande mondiale. Après 20 ans de travail sur le marché intérieur, 85% de notre production en cuir est aujourd'hui destinée à l’exportation.

Le Maroc -et plus précisément la ville de Fès- veut suivre l’exemple de la ville d’Igualada en matière de cuir, comptant mettre très prochainement en place un district dédié aux activités du cuir. D’après vous, de quoi a besoin Fès pour mener à bien ce projet ? 
En ce qui concerne les besoins de Fès au niveau de la filière de la tannerie, je dois vous dire que vous devez résoudre une question prépondérante. Il est nécessaire de prendre conscience des changements que connaîtra le secteur durant les prochaines années pour pouvoir s’adapter aux fluctuations du marché international. C’est précisément ce besoin de changement qui a été mis en avant durant les deux cycles de formation que nous avons réalisés, d’abord au niveau de Fès, puis au niveau de l’ensemble du pays en 2015 et 2016. C’est un point très important que les responsables marocains doivent mettre en avant car, si les acteurs du secteur ne pensent pas à la nécessité de changer presque tout le processus de fabrication, tous les projets qui seront réalisés risqueront d'échouer, et les fonds qui seront débloqués le seront inutilement.

En quoi consiste ce changement ? 
Le premier changement auquel le Maroc doit faire face concerne l'amélioration de la qualité de la matière première (peau) en assurant le contrôle sanitaire du bétail, le nettoyage des écuries et des éléments de transport. Il faut également assurer un bon dépouillement mécanique entraînant le minimum de dommage sur les peaux, une bonne conservation par le froid ou le salage des peaux. En effet, ce changement ne s'opérera qu'à travers une forte volonté de toutes les parties concernées (ministères, communes, éleveurs, abattoirs, commerçants de peaux, etc.) qui devront mettre en place un protocole de bonnes pratiques. Ce dernier constituera la base d'une amélioration de la qualité, d'une meilleure classification des peaux en vue d'une meilleur performance économique. Celle-ci induira le développement de la filière et permettra de faire un important retour sur investissement. Une fois que le besoin de changement aura été intégré, on comprendra mieux les avantages d’une concentration d’entreprises dans un parc industriel doté d’installations modernes et préparées afin de faciliter le développement du secteur dans des conditions optimales. Si le Maroc réussit à mettre en application l’ensemble de ces éléments, ce sera une véritable avancée pour le secteur. On pourra alors penser à un «cluster» du secteur de la peau, une première en Afrique. 

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