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Vont-ils paralyser la France ? Les "gilets jaunes" appellent à bloquer routes et points stratégiques samedi à travers le pays lors d'une "mobilisation générale" citoyenne contre la hausse des prix des carburants, qui inquiète le gouvernement.

Après les nombreuses manifestations d'opposition qui ont marqué son mandat, Emmanuel Macron fait face, ce samedi, à une nouvelle fronde populaire avec le mouvement des "gilets jaunes", des automobilistes mécontents de la hausse des taxes sur les carburants et qui promettent de "bloquer" la France. Environ 1.500 actions sont attendues, selon une source policière, visant à perturber ou bloquer routes, aéroports, dépôts de carburants... Une "opération escargot" est prévue sur le périphérique parisien avant de rejoindre le palais présidentiel.

Les "gilets jaunes", nom donné en raison des vestes fluorescentes que chaque automobiliste est obligé en France de détenir dans sa voiture afin de le rendre visible en cas d'accident, entendent ainsi protester contre la hausse du prix des carburants, mais également contre la politique "injuste" du gouvernement qui grèverait le pouvoir d'achat, selon eux.

L'ampleur que prendra la contestation reste cependant inconnue, le mouvement étant largement spontané. "C'est apolitique, asyndical, c'est un ras-le-bol général du peuple!", résumait vendredi Kévin Dujardin, 27 ans, gilet jaune haranguant des camarades de lutte sur un parking de Calais (nord), en préparation des actions de samedi.

"Ce qui est difficile, c'est qu'on n'a pas une organisation syndicale - qui a l'habitude de faire une manifestation - qui l'organise", a souligné dès mardi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Visiblement fébrile, le gouvernement a ces derniers jours multiplié caresses et menaces. "On peut manifester" mais bloquer un pays n'est "pas acceptable", a ainsi répété vendredi le Premier ministre Edouard Philippe.

 

Ce dernier mouvement de contestation intervient après une année difficile pour le président, avec des manifestations qui se sont multipliées contre son vaste programme de "transformation" de la France, sans cependant réussir à stopper la locomotive réformatrice. La nouvelle colère populaire s'ajoute de plus à une popularité en berne, sous les 30%, soit la plus basse depuis l'élection de Macron en 2017.

Les "gilets jaunes" sont en revanche, eux, soutenus par 73% des Français, selon le sondeur Elabe. "54% des électeurs de Macron soutiennent ou ont de la sympathie pour ce mouvement. Ce n'est pas anodin", souligne de plus Vincent Thibault, chargé d'études senior à l'institut.

"C'est d'ores et déjà un succès en termes d'opinion", en conclut Jérôme Sainte-Marie, président de PollingVox, autre institut d'enquête d'opinion.

"C'est une jacquerie plus dangereuse que les précédentes car elle a une capacité de diffusion aux quatre cinquièmes de la société: tous ceux qui prennent leurs voitures et qui ont des revenus modestes", avertit le politologue.

"Emmanuel Macron est en grande difficulté face à ce peuple central, ce Français moyen, qui n'a pas l'impression d'être aimé par Macron: il incarne une forme d'élite parisienne, sociale et intellectuelle", explique l'expert.

"L'image de président des riches, c'est encore très présent. Il a du mal a s'en défaire", résume Vincent Thibault.

Fédérant mécontentements et frustrations, le mouvement des "gilets jaunes" est également "la conséquence d'accusations, l'accumulation incessante de petites phrases, comme quand il avait parlé des +gens qui ne sont rien+", juge Sainte-Marie en référence à une des saillies dont le président Macron est coutumier. "Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", avait-il dit en juillet 2017, suscitant un vif émoi.

La hausse du prix de l'essence n'est ainsi qu'un "élément déclencheur", note Vincent Thibault. "Le mécontement est plus général", juge-t-il.

"L'impopularité d'Emmanuel Macron prend une forme de plus en plus acrimonieuse. Il y a un terreau favorable et un combustible", prévient Sainte-Marie.

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