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Les autorités sanitaires françaises ont placé les cabines de bronzage dans leur viseur et demandé aux pouvoirs publics de les fermer, pointant le risque "avéré" de cancer.

"On recommande l'arrêt de l'activité liée au bronzage artificiel, et aussi l'arrêt de la vente d'appareils délivrant des UV à visée esthétique, notamment aux particuliers", a expliqué à l'AFP Olivier Merckel, un des responsables de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui avait déjà alerté sur ce dossier en 2014.

"On ne peut plus attendre", a souligné Merckel. "Les données scientifiques s'accumulent, il n'y a plus de doute, on a des preuves solides, le risque de cancer est avéré, on a des données chiffrées sur les risques pour les jeunes, pour toute la population, maintenant on recommande une action des pouvoirs publics".

En France, cette interdiction est demandée depuis 2015 par les dermatologues, l'Académie de médecine et même les sénateurs, mais sans être suivie à ce jour par le gouvernement, qui s'est contenté de durcir leur réglementation.

Le Centre international de recherche sur le cancer a déclaré "cancérogènes certains" les rayonnements artificiels depuis 2009.

"Les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l'âge de 35 ans augmentent de 59% le risque de développer un mélanome cutané. En France, il a été estimé que 43% des mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation de ces cabines avant l'âge de 30 ans", souligne l'Anses.

Olivier Merckel a rappelé que la réglementation interdisait la pratique du bronzage en cabines aux mineurs, "or les contrôles montrent qu'il y a encore une fraction non négligeable des moins de 18 ans qui le pratique".

Selon un calcul récent publié par l'agence, en France en 2015, chez les adultes de plus de 30 ans, 10.340 cas de mélanomes pouvaient être attribués à l'exposition solaire et 382 cas à l'exposition aux appareils de bronzage (1,5% des cas de mélanomes chez les hommes et 4,6% chez les femmes).

Outre le risque de cancer, les rayonnements artificiels non seulement "ne préparent pas la peau" au bronzage, "ne protègent pas des coups de soleil", "ne permettent pas un apport significatif de vitamine D", mais provoquent un vieillissement de la peau, "quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu'avec le soleil".

Le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine maintient pour sa part, dans un communiqué mercredi, que "le bronzage raisonné n'est pas dangereux et participe au bien-être des Français".

Le syndicat estime que "sur le territoire national, existent 350 centres spécialisés du type Point Soleil disposant en moyenne de 6 appareils et 4.500 instituts de beauté qui mettent à la disposition de leur clientèle un ou deux appareils", soit "10.500 emplois indirects" qui seraient "détruits si le gouvernement devait suivre les recommandations ineptes de l'Anses".

Credit Agricole Fellah Trade 201/ 2019

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