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Dans la production de médicaments, il faut dire que l’Hexagone fait grise mine. Pour tenter de relancer rapidement le secteur, le gouvernement se réunit aujourd’hui avec les entreprises pharmaceutiques.

C’est le premier marché économique mondial et pourtant dans une puissance économique comme la France, la production de médicaments marche à reculons. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les grandes entreprises du secteur semblent enregistrer de bons chiffres au moment où le domaine est en faible croissance.


Pour remédier à cette phase noire que connaît le pays en matière surtout de production de médicaments, des professionnels du secteur sont attendus ce mardi 10 juillet par le premier ministre Édouard Philippe à l’occasion du 8e Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), relaye le quotidien français La Croix. Déjà, hier, ils étaient une trentaine de PDG de groupes implantés en France à avoir dîné à l’Élysée en compagnie du président de la République, Emmanuel Macron. Le but étant, in fine, de mettre fin à cette pénurie.

Les taxes, un lourd fardeau

En France, elles sont plus de 3.000 entreprises des industries de la santé à employer quelque 55.000 personnes. Elles génèrent un chiffre d’affaires de 90 milliards d’euros, d’après la Féfis (l’organisation patronale représentant la profession, ndlr). L’industrie pharmaceutique est dans le même temps, le troisième secteur exportateur, talonnant ainsi l’aéronautique et l’automobile. Il engrange 20% des dépenses totales d’innovation de l’ensemble des industries françaises. Quant au secteur du médicament, il réalise dans le pays 54 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ceci sous la houlette de moins de 300 sites industriels.


Dans ce chiffre d’affaires, il faut préciser que 47% sont destinés à l’exportation, une part importante certes mais en déclin. Un déclin également enregistré dans l’excédent commercial de la pharmacie. Il a baissé de 12% l’an dernier à 6,8 milliards d’euros. La part de l’Hexagone dans le marché international du médicament est passée de 5,9% en 2007 à 3,7% l’an dernier, en moins d’une décennie cette part s’est vue dégringoler.


Les dirigeants pharmaceutiques n’hésitent pas à pointer les taxes comme principale cause de ces chiffres en recul. Le taux de prélèvements qui leur sont pompés atteint les 7,9% du chiffre d’affaires en plus de l’impôt sur les sociétés de par la pluralité des taxes spécifiques imposées. Comparées au Royaume-Uni ou la Suisse, ces taxes sont beaucoup trop élevées.

Des mesures controversées

Plusieurs mesures ont déjà été prises et ceci depuis 2004 par les pouvoirs publics. Notamment des plans annuels de baisse de prix des médicaments remboursables essentiellement pour réduire le coût des dépenses de santé, des plans qui pèsent logiquement sur le secteur. C’est ce qui aurait entraîné la chute de la France du 1e au 4e rang au niveau européen pour la production de médicaments ayant en plus du mal à attirer la production de nouvelles molécules.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, en Europe en 2017, 91 médicaments étaient autorisés, seulement 6 d’entre eux sont fabriqués en France. Alors que le Royaume-Uni en comptabilise 16, l’Allemagne 15 et 12 pour l’Irlande. Parmi les professionnels, beaucoup d’erreurs stratégiques sont commises mais surtout ils dénigrent «un retard pris par l’industrie française du médicament dans les biotechnologies». Tout ceci en plus des complexités administratives et des procédures devenues une charge pour les dirigeants d’entreprises. Ils dénombrent 530 jours d’attente par exemple en moyenne entre l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament et sa commercialisation. L’Union européenne préconise un délai maximum de 180 jours, des directives respectées chez les voisins.

En ce qui concerne le Maroc, le royaume est loin derrière ces chiffres exorbitants. Le royaume compte à peine une trentaine d’acteurs du secteur industriel pharmaceutique dont près de 20 sont nationaux. Le marché annuel se fragmente à environ 1 milliard d’euros. D’autant plus que les acteurs nationaux sont bien souvent des sociétés familiales dont le chiffre d’affaires oscille entre 10 et 100 millions d’euros, à l’exception de 2 ou 3 qui dépassent cette fourchette.

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