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Monde

Les États-Unis de Donald Trump n’écoutent plus leurs partenaires, notamment leurs alliés historiques. Le président américain privilégie la force et la menace dans tous les dossiers : économiques, diplomatiques et même sportifs. Les États-Unis sont plus que jamais isolés. Analyse.

Le G7 devient le G6+1
Le sommet du G7, tenu au Canada le week-end dernier, a peut-être scellé le sort du groupement des puissances économiques mondiales. Et pour cause, Donald Trump a campé sur ses positions et a quitté la salle pour protester contre la formulation du communiqué final. Avant, Justin Trudeau, Premier ministre canadien, avait vertement critiqué la nouvelle politique commerciale américaine.  Ce qui n’a pas été du goût de Trump, qui a répondu avec des propos peu courtois. Macron et Merkel n’ont pas non plus mâché leurs mots, rejetant le «new-protectionnisme» à la Trump. La Chine, quant à elle, puisqu’elle est la première dans le viseur de Trump de par son excédent de 500 milliards de dollars envers les USA, a affiché sa volonté d’actionner une batterie de mesures en guise de représailles. «Œil pour œil, dent pour dent», a déclaré le président chinois. C’est dire que les puissances économiques mondiales sont remontées contre le président américain qui ne semble nullement affecté par cette levée de boucliers. 2018 serait une année décisive qui pourrait faire «capoter»  l’Organisation mondiale du commerce. L’OMC est plus que jamais marginalisée.

Climat : un président pollueur ?
Trump n’en est pas à sa première contradiction. Ainsi, il n’hésite pas à descendre en flèche Volkswagen pour ses défauts de filtres pollueurs mais, parallèlement, n'éprouve aucune gêne à revenir sur les engagements de son pays dans le dossier du climat. Il dit vouloir défendre l’industrie de son pays, sauf qu’au sein même des États-Unis, il y a des voix, et non des moindres, qui s'élèvent contre les positions du président américain. Ainsi, des États et de grandes entreprises ont promis d'honorer les engagements américains pris à Paris en 2015 lors de la grand-messe mondiale. Trump, au lieu de demander à ses partenaires l'ouverture d'un dialogue pour améliorer les termes du contrat (qu’il qualifie de mauvais accord), a mis à exécution ses menaces de retrait dudit accord, signé par 200 pays, pour limiter l’émission de carbone! Les États-Unis sont résolument discrédités. Si Antonio Guterres, secrétaire général des Nations-Unies, compte sur un sommet mondial en 2019 pour convaincre Trump de «la menace la plus systémique pour l’espèce humaine», la presse américaine croit savoir que le président américain n’y prendra pas part!

Nucléaire : Trump ne veut plus des «mollahs»
Après plusieurs années de boycott, de tensions et de menaces de guerre, le monde avait enfin soufflé en 2015, suite à la signature d’un accord entre l’Iran, d’une part, et les cinq membres permanents du conseil de sécurité, l’Allemagne et l’Union européenne de l'autre. Un accord basé sur un deal pourtant clair: lever les sanctions internationales en échange de l’arrêt du programme nucléaire iranien. Tout le monde y trouvait son compte. Depuis cette date, le monde a enterré la hache de guerre et commencé à tout construire en Iran, un pays qui a pâti de trois décennies de boycott. C’était la ruée des entreprises européennes et américaines sur les marchés iraniens. Deux années plus tard, avec l’avènement de Trump, tout allait basculer. Le président américain, fraîchement installé, a indiqué vouloir revoir les termes de cet accord. Quelques mois après, il annonçait qu’il s’agissait «du pire accord» jamais négocié par son pays, et l’annulait illico presto. Pire encore, il a menacé les entreprises européennes et mondiales de représailles si elles venaient à prendre des marchés en Iran. Trump pousse le bouchon plus loin: n'exigeant plus la seule suppression du programme nucléaire iranien, il souhaite carrément changer le régime des «mollahs» ! Les Européens, unanimes, dénoncent cette volonté de faire cavalier seul et ce retour à la case départ. La Commission européenne considère que cet accord est toujours en vigueur, et qu’il n’y a pas eu de fait incitant à un changement de position. Pendant ce temps, Trump dresse la blacklist des entreprises européennes qui seront bannies du marché américain. Une autre levée de boucliers, en somme.

United 2026, la voix ou la sanction
Provocateur, Trump a surpris le monde en demandant aux pays qui reçoivent soutien et aides des États-Unis de voter pour le dossier nord-américain en vue de l’organisation de la Coupe du monde 2026. La Fifa, qui a bâti son image sur la séparation le sport de la politique, n’a pourtant rien trouvé à y redire. Gianni Infantino, patron de la Fifa, habitué aux sorties en fanfare pour descendre en flammes les gouvernements de certains pays pour «ingérence politique dans le football», s'est muré dans le silence. Pourtant, ce même Trump ne cesse de fustiger ses deux partenaires dans ce dossier, le Canada et le Mexique, pour des raisons commerciales et d’immigration. Ce même Trump, qui veut co-organiser une coupe du monde avec le Mexique, exige de son voisin du Sud de construire et de financer un mur le long des frontières américano-mexicaines ! 


Donald Trump, président des États-Unis

«Le Canada ne peut protester contre notre volonté de sauvegarder notre économie ; il n'y a qu'à voir ses tarifs douaniers. Il ne suffit pas d'être gentil».

Emmanuel Macron, président de la France

«Le retrait de Trump au moment de l'élaboration du communiqué final relève du manque de cohésion. Soyons sérieux, soyons à la hauteur de nos engagements et de nos peuples».

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

«Les Canadiens sont gentils mais ne se laissent pas faire quand il s'agit de défendre leurs intérêts».

Angela Merkel, chancelière allemande

«Le président Trump détruit la confiance et les fondamentaux du G7 par ses tweets sur ce groupement».

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