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Maroc

Les médecins affiliés au Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) mènent une grève aujourd’hui dans les hôpitaux publics. Quelles sont les raisons de cette nouvelle poussée de fièvre contre le ministère de la Santé ?

Les services hospitaliers au Maroc seront en grève aujourd’hui, «à l’exception des services de réanimation et d’urgence», précise le SIMSP dans un communiqué de son bureau national. Les raisons de la colère? La gestion du système de garde et d’astreinte actuellement dans les hôpitaux publics. «Les dossiers de nos médecins à Larache et Tiznit mettent à nu ce que nous n’avons jamais cessé de rappeler concernant les graves failles que contiennent les lois organisant la garde et l’astreinte. Nos alertes étaient basées sur des faits réels, la santé des citoyens est aujourd’hui en danger permanent», s’inquiète le SIMSP. Précisons ici, que le cas de Larache concerne le décès d’une femme enceinte et son nouveau-né au moment de l’accouchement, fin septembre.

Une enquête interne a été ouverte par le ministère de la Santé pour «établir les responsabilités une fois établie la thèse d’une erreur médicale ou de négligence». Suivra une enquête judiciaire menée par le parquet de Larache. Le procureur de cette ville avait décidé le 30 septembre de poursuivre en état de détention préventive le gynécologue de l’hôpital de Larache et une sage-femme. Cette dernière sera libérée sous caution. Le cas de Tizinit concerne Dr. Farid Kassidi, gynécologue de l’hôpital provincial de Tiznit et secrétaire régional du SIMSP, suspendu de ses fonctions suite «à un différend avec le directeur régional relatif à la demande formulée par Dr. Kassidi, exigeant plus de ressources humains pour son service», avance le SIMSP-section de Souss-Massa. Pour le SIMSP, ces deux cas sont «révélateurs de l’état du système de santé au Maroc». La même source jette toute la responsabilité sur le ministère de la Santé.

«Nous avions à maintes reprises appelé à fournir les conditions minimum pour la pratique médicale et scientifique. Nous avons aussi appelé à réviser les lois organisant la garde et l’astreinte», rappelle le SIMSP.

Pour ce syndicat, le système, tel qu’appliqué aujourd’hui, constitue un danger pour les cas urgents. Ce système consiste à une astreinte de 20 jours continus pour les médecins spécialistes, entre 8h30 et 16h. Le reste de la journée, le médecin doit se rendre disponible en toute heure, avec de forte chance d’être sollicité dans le cas des médecins spécialistes (anesthésistes, réanimateurs, gynécologues, etc.), surtout dans les villes de tailles moyennes où l’offre de soins publics se limite aux seuls hôpitaux provinciaux. «Cette situation produit un rythme de travail effréné avec plusieurs journées d’affilées de 24h /24h, avec son lot de stress, de cas d’absence, et même de probabilité de commettre des erreurs médicales. C’est inhumain», écrit un membre du SIMSP sur son mur Facebook. Cette fronde exprimée par le SIMSP est liée à l’affaire de Larache, où le médecin est accusé par la famille de «négligence».

Pour sa part le SIMSP renvoie la responsabilité au ministère : «Le ministre de la Santé doit assumer ses responsabilités. En ne mettant pas en place un système efficient pour la prise en charge des cas urgents, le ministère manque à ses responsabilités», accuse ce syndicat dans ce communiqué, très remonté contre le département de la santé.

Ce même syndicat dit «faire entièrement confiance à la justice marocaine» dans l’affaire de Larache. Pour prévenir de nouveaux cas similaires au drame de Larache, le SIMSP appelle ses membres à «tenir des réunions avec les délégations régionales de la santé pour exiger la mise à disposition de toutes les conditions médicales, administratives et logistiques pour assurer le service de l’astreinte». Dans le cas où ces conditions ne seraient pas réunies, le SIMSP invite ses membres à prendre contact par écrit avec le représentant du parquet de leur ville pour «exiger qu’il protège les patients dont la vie est en danger».


Dr Mountadar Alaoui
SG du SIMSP

Nous ne pouvons pas exiger l’astreinte au même médecin spécialiste qui assure le service durant les heures de travail de la journée. Le système d’astreinte est également très risqué, car il met en danger les cas urgents. Le temps que le médecin se rende à l’hôpital, un patient peut perdre la vie. Les cas urgents nécessitent la présence de médecins spécialistes sur place pour toute une garde.

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