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Maroc

Les Assises nationales du développement humain se sont ouvertes, jeudi 19 septembre, comme pour marquer l'anniversaire de la première année de la 3e phase de l'Initiative nationale du développement humain. Le constat est sans équivoque: le développement de la petite enfance permet d’accroître l’efficience économique et de lutter contre les inégalités. 

Un an jour pour jour après le lancement de la 3e phase de l’INDH (2019-2023), les premières Assises nationales du développement humain ont été tenues, jeudi 19 septembre, sur un volet de la plus haute importance : le développement de la prise en charge de la petite enfance. Le manque à gagner est considérable pour le Maroc qui doit rattraper le retard pris en la matière. 

Les investissements réalisés au cours de cette période peuvent générer des retours économiques bien plus importants que les actions menées à un âge plus avancé, comme le souligne la Banque mondiale qui appelle le Maroc à renforcer les politiques et investissements publics de qualité en faveur de la petite enfance en association avec le secteur privé comme prestataire à la mise en œuvre de certaines politiques. Il est en effet prouvé que «les carences accumulées au cours de la petite enfance en termes de sécurité, d’affection, d’éveil et de stimulations sont plus pénibles, plus coûteuses et souvent difficiles à compenser plus tard». Et justement en raison de l’importance de l’investissement dans la petite enfance, la troisième phase de l’INDH a identifié les pistes pour atteindre les objectifs souhaités: l’enseignement préscolaire ainsi que la santé et la nutrition de la mère et de l’enfant. Sur le volet de l’éducation, la promotion de l’enseignement préscolaire est un chantier que le Maroc vient à peine d’entamer en dépit de son importance. Pendant longtemps, cet enseignement était le maillon faible du système éducatif.

Aujourd’hui, le gouvernement est appelé à rattraper le retard accusé en matière de promotion de l’enseignement préscolaire qui est désormais érigée en priorité car il s’agit d’un pilier fondamental pour rehausser la qualité de l’enseignement et lutter contre la déperdition scolaire. Les objectifs du programme national de généralisation et de développement du préscolaire, qui a été lancé sous le haut patronage du souverain, sont très ambitieux : la scolarisation de 700.000 enfants par an à l’horizon 2027/2028 soit la généralisation de cet enseignement pour les 4-5 ans dans les quatre coins du royaume. Vers la fin du mandat gouvernemental, on devra atteindre un taux de préscolarisation de 67%.

À ce titre, l’appui de l’INDH est fondamental à travers la promotion de l’enseignement préscolaire en milieu rural défavorisé. Trois objectifs sont fixés par l’initiative pour le développement humain : agir sur la disponibilité d’une offre préscolaire dans les zones rurales et reculées, veiller à la qualité de cette offre et renforcer le prise de conscience des parties prenantes à l’importance de cet enseignement en vue d’augmenter la demande de la part des parents, notamment concernant la scolarisation des filles. Un programme a été mis en place par l’INDH pour la création de 10.000 nouvelles unités préscolaires et la mise à niveau de 5.000 unités existantes. Une initiative louable qui permettra de donner un coup de fouet à l’égalité des chances et à la lutte contre les discriminations sociales et spatiales. Concernant le dossier de la santé et de la nutrition, de grandes avancées ont été enregistrées au cours des deux dernières décennies. Mais il n’en demeure pas moins que de grands efforts restent encore à consentir pour agir sur nombre d’indicateurs comme celui ayant trait au retard de croissance qui affecte 15% d’enfants marocains de moins de 5 ans ; et dans certaines régions, ce taux atteint 25%. Un chiffre qui fait froid dans le dos.

Pour relever le défi de l’amélioration des indicateurs de santé, l’INDH, en étroite collaboration avec le ministère de la Santé et l’UNICEF, compte activer trois leviers. Le premier concerne les relais communautaires à travers des représentants qui vont aider à créer la demande et rappeler aux femmes enceintes l’existence des différents soins qui sont mis à leur disposition. Le second a trait à «Dar Oumouma» (Maison de la maternité) en activant davantage la sensibilisation par le biais d’un contenu 2.0. Quant au troisième levier, il vise les établissements de soins de santé primaire dont le fonctionnement sera renforcé. 


Le souverain pointe les déficits

Faible élaboration des politiques publiques, absence de convergence et de cohérence des interventions, disparités spatiales et socio-économiques…Le souverain qui a adressé un message aux participants aux premières assises nationales du développement humain a pointé le déficit significatif en matière de prise en charge de la petite enfance en dépit des efforts considérables déployés en la matière. Il a mis en exergue la nécessité d’améliorer le système de santé maternelle et infantile en assurant un accès équitable aux prestations sociales ainsi que de veiller à proposer une offre cohérente dans le domaine de l’enseignement préscolaire qui doit être généralisé. La gouvernance est également un axe primordial à prendre en considération.

 

Texte intégral du Message royal aux participants aux Assises nationales du développement humain, dont lecture a été donnée par le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit:

" Louanges à Dieu, Que la prière et la paix soient sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons, Mesdames, Messieurs, Il Nous plait d’adresser ce message aux participants aux premières Assises nationales du Développement humain. Nous avons tenu à conférer Notre Haut Patronage à cette manifestation, eu égard à l’intérêt particulier que Nous accordons à ce chantier social singulier, depuis que Nous avons procédé à son lancement en 2015. Cette sollicitude procède de Notre intime conviction que ce chantier poursuit des objectifs nobles, en s’attachant à placer le citoyen marocain au cœur du processus de développement, et en faisant de lui la finalité essentielle des politiques publiques ; la visée ultime étant de faire prévaloir la dignité humaine. Les droits politiques et civils ne prendront tout leur sens pratique dans la vie des citoyens, que s’ils s’articulent en complémentarité avec les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux. De ce fait, après une évaluation rigoureuse et globale des phases I et II de l’Initiative nationale pour le Développement humain (INDH), Nous avons donné le coup d’envoi de la phase III, qui aura pour objectif de consolider les acquis et de réorienter les programmes. A cet effet, afin de promouvoir le capital humain en général et les générations montantes, en particulier, Nous avons mis en place une nouvelle architecture susceptible de lever, de manière proactive et directe, les principaux obstacles entravant le plein épanouissement de l’individu, tout au long de sa vie.

Ce dispositif intègre également l’appui aux catégories en situation difficile, le lancement d’une nouvelle génération d’initiatives pourvoyeuses d’emplois, le développement des activités génératrices de revenus. Nous saluons l’initiative louable d’organiser cet événement et le choix judicieux du thème retenu : « Développer la petite enfance, un engagement envers l’avenir », et Nous formons le souhait que ces assises permettent d’en approfondir l’examen et l’analyse. Nous avons constamment attaché une importance singulière à ce thème plus que jamais d’actualité, en accordant une attention particulière à la promotion des conditions de l’enfance ; celle-ci constitue en effet le pilier de la société, la force motrice qui lui permet de se projeter dans un avenir porteur d’un essor économique et social, global et inclusif. Cette manifestation fait partie des efforts de promotion du capital humain, qui s’inscrivent dans le cadre des grandes réformes que connaît notre pays en général, et le système de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, en particulier. Mesdames, Messieurs, Vous n’ignorez pas qu’investir dans les aspects immatériels du développement humain, dont la petite enfance est un axe majeur, constitue la condition nécessaire pour l’édification du Maroc de demain. Cette action représente en outre un défi que Nous entendons relever, car elle ouvre des perspectives prometteuses aux générations montantes, en leur offrant de nouvelles opportunités. Certes, notre pays a consenti des efforts considérables pour la prise en charge de la petite enfance, en réduisant le taux de mortalité chez les femmes enceintes et les enfants, en résorbant le retard de croissance, en améliorant l’alimentation et l’accès à l’enseignement préscolaire et aux soins de santé.

Néanmoins, les faits attestent d’un déficit significatif à ce niveau, en raison d’une faible coordination de l’élaboration des politiques publiques et de l’absence de convergence, de cohérence des interventions ; cet état de fait est par ailleurs accentué par les disparités spatiales et socio-économiques. Pour remédier à cette situation critique, l’Initiative nationale pour le Développement humain, constitue un modèle à suivre, par ses interventions transversales et son rôle de levier majeur du développement social. En effet, elle permet de mutualiser les efforts, de renforcer les mécanismes de la dynamique participative au niveau territorial, de coordonner les politiques publiques dans le cadre d’une stratégie échelonnée selon un échéancier rigoureusement défini, déployée sur plusieurs fronts, cohérente dans ses dimensions économique, sociale, éducative et culturelle. Une bonne mise en œuvre du programme dédié à la petite enfance, étape charnière dans la vie de chaque individu, permettra de remédier aux facteurs responsables des inégalités, par un ciblage rigoureux des catégories concernées, issues de milieux pauvres et démunis. Mesdames, Messieurs, Nous sommes convaincu de l’importance de la vision nouvelle qui sous-tend l’Initiative nationale pour le Développement humain. Grâce à elle, l’investissement dans le capital humain immatériel se hisse au rang de priorité absolue et constitue ainsi le fondement de toute réforme, le pilier de la construction de l’avenir. Il convient, par conséquent, de rester constamment fidèle à cet esprit lors de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques sociales. C’est, en effet, le moyen idoine d’apporter des solutions appropriées aux problèmes réels de la population, en choisissant les meilleures approches, en définissant les voies les plus judicieuses pour surmonter tout obstacle au développement humain global. A ce propos, Nous mettons particulièrement en exergue la nécessité d’améliorer le système de santé, en attachant un intérêt accru à la santé maternelle et infantile, en assurant un accès équitable aux prestations sociales ; en proposant une offre cohérente dans le domaine de l’enseignement préscolaire, et en veillant à sa généralisation, notamment, dans le monde rural, pour lutter contre l’abandon scolaire.

Il importe également, de mener auprès des personnes ciblées, des campagnes de sensibilisation à l’importance de ce sujet, en insistant sur ses retombées positives pour l’enfant, la famille, la société. Bien évidemment, ces efforts devront être déployés en accord avec les orientations énoncées dans Notre Message adressé aux participants à la Journée nationale sur l’enseignement préscolaire. Nous attendons de votre rencontre qu’elle examine les questions de gouvernance, de financement, de formation pour que, in fine, soit améliorée la qualité des prestations sociales, que soient encouragées la libre entreprise et la créativité, que soit suscitée une prise de conscience accrue chez les catégories ciblées. Ce sont là des préalables essentiels à l’aboutissement de cette nouvelle orientation sociale, où le développement des composantes immatérielles constitue une condition sine qua non pour gagner le pari de cette phase si importante dans l’épanouissement d’individus dotés d’une capacité à embrasser le futur. Pour cela, il doit être tenu compte des impératifs d’équilibre, de justice, d’équité, tout en écartant les obstacles induits par la pauvreté et l’exclusion sociale. Mesdames, Messieurs, Beaucoup d’éléments attestent que nous avançons dans la bonne direction. Nous en voulons pour preuve les réalisations accomplies par le Maroc dans plus d’un domaine, au cours des dernières années. Pour autant, des défis restent à relever, appelant des efforts accrus de notre part. Cet objectif ne pourra être atteint sans le déploiement d’une approche efficace de gouvernance et de gestion des politiques nationales à vocation sociale.

L’accent doit être mis notamment sur l’investissement dans le capital humain et social, considéré comme un préalable à la mise en chantier d’une nouvelle génération d’actions réformatrices visant à donner de l’espoir, à poser les jalons du Maroc de demain. Nous saluons encore une fois votre choix judicieux de la thématique de ce forum qui porte sur la petite enfance, et formons le souhait que ces assises deviennent un rendez-vous annuel pour approfondir la réflexion d’ores et déjà engagée sur ce sujet, favoriser l’échange d’opinions et enrichir le débat sur les réalisations engrangées dans ce domaine, mais aussi sur les obstacles qui empêchent la bonne marche de ce chantier. Il devrait y être également question de délibérer sur les mesures et les dispositions à prendre pour promouvoir les questions du développement humain et social dans notre pays. Nous sommes persuadé que ces assises nationales se solderont par l’adoption d’une série de recommandations et de propositions susceptibles d’impulser des initiatives novatrices, de donner matière à la formulation de solutions pratiques aux nombreux problèmes rencontrés dans ce domaine. Ainsi se réalisera notre souhait de voir nos enfants jouir librement et dignement, de lendemains porteurs de plus de progrès et de prospérité. Que Dieu vous assiste, guide vos pas et couronne de succès vos travaux. Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh ".

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