A lire aussi

11-11-2019 10:38

Experts de l’ONU : Les conditions de détention «brutales» auraient entraîné la mort de Morsi

Résultat de recherche d'images pour "Morsi leseco.ma"
Un groupe d'experts indépendants des Nations Unies, spécialisés dans le domaine des droits de…
Rejoignez nous sur :
Maroc

Un an de plus de scolarité de bonne qualité permet de générer 8% de revenu supplémentaire. Toutes les études, les classements mondiaux du développement humain et de la productivité sont unanimes : l’éducation et surtout le préscolaire sont un incomparable accélérateur de développement et de croissance. C’est la raison qui a poussé l’Initiative nationale de développement humain (INDH) dans sa phase III d’accorder 2,3 MMDH sur 5 ans (2019-2023) pour le préscolaire à partir d’un âge de 5 ans. Ce programme porte sur la construction de 10.000 nouvelles unités sur la même période et la réhabilitation de 5.000 unités existantes au profit de 300.000 enfants. Cumulées, ces unités représentent 25% de l’offre au niveau national avec l’ambition de généraliser le préscolaire vers 2028. Pour la réalisation de ce projet grandiose, l’INDH s’est liée de conventions avec deux ONGs ayant cumulé suffisamment d’expérience dans le domaine à savoir la Fondation marocaine du préscolaire et la Fondation Zakoura.

L’INDH chapeautera le projet durant les deux années de fonctionnement avant de passer le gouvernail au ministère de l’Éducation. Avec la santé infantile et maternelle et le programme jeunesse, il s’agit de l’une des pierres angulaires de cette troisième phase dont le coup d’envoi a été donné par le Souverain, le 19 septembre 2018, avec un budget de 18 MMDH. En s’attaquant au préscolaire dans les zones rurales et montagneuses, l’INDH n’a nullement l’intention de se substituer au ministère de l’Éducation nationale. Mais comme l’a bien expliqué Mohammed Dardouri, wali, coordonnateur national de l’INDH, l’Initiative joue un rôle de facilitateur, de libérateur des énergies pour lever les obstacles et installer le programme sur des bases saines. En d’autres mots, il s’agit de s’attaquer aux freins culturels et procéduraux du développement humain pour ensuite passer le témoin aux département concernés. L’INDH joue ainsi un rôle d’éclaireur en montrant le chemin à suivre, les écueils à contourner et la gestion idoine.

En effet, lors d’une rencontre avec la presse dans le cadre des prochaines Assises du développement humain, Dardouri a dressé un tableau préoccupant : sur les 680.000 nouvelles naissances par an, 15% des enfants souffrent d’un retard de croissance. Un chiffre qui n’a pas changé depuis 20 ans. Plus encore, 70 % de ces enfants ne sont pas préscolarisés et pour les 30% qui restent le préscolaire n’est pas toujours de bonne qualité. Ce sont ce type de mauvais chiffres qui plombent le classement du Maroc dans les indices mondiaux du développement humain. Concernant, par exemple, la productivité du capital humain, le Maroc dispose d’un résultat de 0,5 comparé à Singapour avec un indice de 1 : Il faut deux marocains pour produire le travail d’un seul singapourien. En agissant sur le préscolaire, l’INDH veut donner toutes ses chances aux futurs jeunes marocains pour qu’ils soient plus productifs et mieux intégrés dans le monde du travail.

Dans cet esprit, le préscolaire constitue un environnement d’acclimatation qui prépare l’enfant au primaire et aux autres cycles de l’enseignement. Il constitue, selon plusieurs études, un facteur anti-décrochage. En effet, l’abondant scolaire au Maroc surtout dans le cycle collégial est un vrai fléau qui continue de compromettre toutes les politiques de réformes de l’enseignement. Pas moins de 250.000 élèves marocains quittent prématurément l’école chaque année. Cette hémorragie est due à raison de 21% à l’éloignement de l’école, 32% au niveau des élèves et 29% à la pauvreté. Ainsi, 2019 est une année pilote et préparatoire pour le déploiement du préscolaire dans le monde rural et les zones reculées. Dans ce cadre, il est prévu la mise en place de 1200 unités préscolaires d’ici la fin de l’année. A terme, l’opération devra créer 20.000 postes d’éducatrices, dûment formées et recrutées en respect des règles du code du travail.

Santé maternelle, un grand chantier
L’autre aile pour faire décoller le capital humain au Maroc, est la santé maternelle et infantile. Au Maroc, la mortalité maternelle est de 72 décès sur 100.000 femmes. Toutefois, elle est plus élevée dans les zones rurales et montagneuses avec 110 décès. Pour atténuer l’incidence de la mortalité maternelle, l’INDH a signé une convention avec l’Unicef pour une nouvelle approche dans des régions cibles à savoir Marrakech, Beni Mellal et Errachidia. Grâce à la mise en place des Dar Al Oumouma de nouvelle génération, les femmes enceintes, en particulier celles qui présentent des difficultés d’accès aux services de soins, peuvent en profiter facilitant ainsi leur accès à une assistance médicale dans les services d’accouchement des établissements de santé. Le défi aujourd’hui est de repositionner le rôle de Dar Al Oumouma en tant que levier destiné à améliorer l’accouchement en milieu surveillé et la consultation post natale. Cet intérêt devra se porter également sur la santé du nouveau-né durant les 28 premiers jours considérée comme période cruciale pour sa santé globale. L’objectif est de diminuer l’incidence de la mortalité néonatale qui est de 13,58 décès pour mille naissances et dont 60% survient durant les 28 premiers jours. Autre phénomène aggravant, l’allaitement maternel a connu un déclin depuis les années 1980.

En effet, le taux d’’allaitement exclusif pendant les premiers six mois a dégringolé de 62% en 1992, à 27,8 % en 2011. Cependant, en 2018, la courbe s’est redressée enregistrant une amélioration (35%). L’INDH, en collaboration avec le ministère de la Santé et l’UNICEF veut mettre en place un dispositif de santé communautaire qui permet d’agir au plus près des populations cibles. L’effort portera particulièrement sur les actions à fort impact sur les 1000 premiers jours de la vie de l’enfant. Désormais, dans le cadre de sa phase III, l’INDH fait montre de beaucoup de maturité pour éviter les erreurs du passé en se focalisant sur l’humain avant toute considération matérielle ou logistique. Le suivi et l’audit des projets seront des incontournables pour s’assurer du bon fonctionnement des chantiers à venir. Et rien qu’en regardant la qualité des infrastructures notamment en ce qui concerne les unités de l’enseignement préscolaire dans le monde rural, on constate la volonté de l’Initiative d’inaugurer une nouvelle approche basée sur l’excellence. Aux ministères concernés, Éducation et Santé notamment, de jouer la même partition au risque de paraître décalés.


Cartes géolocalisées

Pour s’assurer de la viabilité et la faisabilité à long termes des mesures prises, l’INDH, des coordonnateurs locaux de la santé seront recrutés ainsi que des coordonnateurs régionaux. Par ailleurs, pour bien cibler les douars et les zones montrant des besoins spécifiques que ce soit en projets préscolaires ou en santé infantile et maternelle, des cartes de géolocalisations seront mises à la disposition des 206 cercles que comptes le pays. Ce sera un très bon outil d’aide à la prise de décision au même titre que la mise en place du Plan pluriannuel du développement humain, un document qui regroupe les engagements des partenaires de l’INDH.

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

0
Partages
0
Partages