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Maroc

Face au mutisme gouvernemental, des ONG et des personnalités régionales et locales proposent des solutions. Il faut limiter les autorisations de construire octroyées par les élus locaux sans tenir compte des risques encourus.

Chaque année apporte son lot de risques et de victimes liés aux inondations. L’on sait toutefois qu’après une période de sécheresse, les risques de récurrence de ce phénomène sont grands mais sans pour autant avoir une ligne de conduite qui permet d’éviter les pertes humaines et les conséquences sur les constructions et les zones cultivées.

À Imlil où dans la région de Taroudant où le bilan a été lourd, totalisant 7 morts et plusieurs blessés, les crues ont provoqué des dommages collatéraux mais si le gouvernement est peu prolixe sur les mesures à prendre et la politique à suivre pour prévenir de telles catastrophes, la société civile et certains acteurs locaux et régionaux refusent de céder au statu-quo. C’est le cas de l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD-région Souss Massa), qui a pointé du doigt la dilution des responsabilités et l’intervention tardive après chaque catastrophe. L’ONG plaide pour une gestion des risques plutôt que celle des catastrophes car en effet les dégâts provoqués par les crues sont des conséquences prévisibles d’un état de fait, à savoir les constructions sur les lits des rivières et si les collectivités et les autorités locales accordent peu ou prou d’attention à ces constructions à haut risque, il serait alors plus judicieux d’améliorer les mesures, procédures et la célérité en matière d’intervention pour sauver les vies humaines. Il s’agit, comme prôné par l’Alliance et d’autres ONGs de venir en aide aux familles des personnes décédées ou blessées et les aider à rebâtir les habitations détruites tout en les indemnisant pour toute perte matérielle. Dans ce sens et pour plus d’efficacité en matière de prévention, il serait opportun d’associer la société civile locale dans le choix des sites destinés aux structures sportives et de loisir. Il est également de la responsabilité des autorités locales et centrales d’accorder les autorisations nécessaires dans les zones sans risques afin d’éviter le recours souvent forcé aux terrains situés dans les environs et lits des rivières.

De manière plus globale, la catastrophe de Taroudant et d’autres avant elle, interrogent les politiques d’aménagement du territoire et les documents d’urbanisme qui n’ont pas été actualisées en fonction des nouveaux risques climatiques. Plus préoccupant encore, ce droit accordé aux élus locaux d’octroyer les autorisations de construire sans contrôle. Il est à noter que ce droit avait été donné aux élus marocains avant même leurs pairs français. Dans ce sens, l’AMCDD appelle au renforcement des mesures à même de réduire la vulnérabilité aux catastrophes. Et surtout à réviser les politiques actuelles en matière d’aménagement du territoire ainsi que les pouvoirs donnés à certains responsables qui à bon ou à mauvais escient dénaturent le paysage rural et montagneux en signant des dérogations et des autorisations de construire sans égard pour les équilibres naturels et la sécurité des populations les plus vulnérables.

Dans cette même veine, Abdessamad Sekkal, président de la Région Rabat-Salé-Kénitra a mis en exergue l’urgence d’une révision générale des documents d’urbanisme portant sur les zones avoisinant les cours d’eau. Il a également évoqué la nécessaire révision de toutes les études des crues centennales par les Agences des bassins hydrauliques en tenant compte des évolutions climatiques récentes. Plus important encore, le responsable a souligné l’importance des programmes de sensibilisation destinés aux populations locales. En effet, les enregistrements vidéo qui circulent sur les réseaux sociaux montrent que la population est souvent inconsciente du danger encouru. Des personnes s’attardent sur le cours des crues pour immortaliser des moments qui peuvent facilement leur être fatals. Ainsi, l’AMCDD n’a pas omis de braquer les projecteurs sur cet aspect de sensibilisation et de préparation aux risques des inondations.


Mieux mobiliser les fonds internationaux

Selon les rapports des experts du climat GIEC, le Maroc figure parmi les zones les plus vulnérables et les plus exposées aux risques des catastrophes climatiques. Partant de ce constat, l’adoption d’une approche préventive face à la fréquence des catastrophes liées aux changements climatiques devient une priorité. Pour ce faire, il faut accélérer la généralisation des plans climat territoriaux et les plans de protection des catastrophes en les intégrant dans les politiques, plans, programmes et budgets à tous les niveaux local, régional et national mais aussi imaginer des plans et des projets d’adaptation climatique au profit des locaux qui soient suffisamment bien travaillés pour bénéficier des fonds internationaux disponibles auprès du Fonds vert et du Fonds pour l’adaptation. Ces projets peuvent facilement remplacer ceux liés à l’atténuation au profit de l’État et des principaux secteurs et institutions.

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