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Maroc

Le procès des meurtriers des deux touristes scandinaves décembre dernier à Imlil reprend Jeudi à Salé, il s'était ouvert le 2 mai dernier devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé mais avait été aussitôt renvoyé à la demande des avocats qui voulaient mieux prendre connaissance du dossier. 

D'après une source proche du dossier, l'audience de jeudi devrait être consacrée à des questions de pure forme, et le procès pourrait prendre des mois avant que le verdict ne soit rendu. 

Vingt-quatre personnes en tout comparaissent jeudi pour "apologie du terrorisme", "atteinte à la vie de personnes avec préméditation" ou "constitution de bande terroriste". 

Les principaux suspects, qui avaient prêté allégeance au groupe jihadiste Etat islamique (EI), sont accusés d'avoir tué Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, dans la nuit du 16 au 17 décembre sur un site isolé du Haut-Atlas où elles campaient,  risquent la peine de mort. 

"Nous voulons d'abord comprendre, ensuite demander des compensations, même si rien ne peut compenser la douleur des familles" des victimes, a confié à l'AFP Me Khalid Elfataoui, l'avocat des parents de Louisa qui se sont constitués partie civile. 

Il dit vouloir demander la peine de mort pour les assassins "même si les pays d'origine des victimes y sont par principe opposés". 

Des condamnations à la peine capitale sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993 et son abolition fait débat. 

Les trois principaux suspects dans cette affaire, natifs de la région de Marrakech, se nomment Abdessamad Ejjoud (25 ans), Younes Ouaziyad (27 ans) et Rachid Afatti (33 ans). 

A l'ouverture du procès, le premier, chef présumé du groupe, siégeait tout sourire au premier rang des accusés, aux côtés de ses deux compagnons. Surnommé "Abou Moussab", il avait déjà fait de la prison pour avoir tenté de rejoindre l'EI en Syrie. 

Un quatrième Marocain, Abderrahim Khayali, 33 ans, s'était rendu avec les trois autres dans la montagne mais était retourné à Marrakech pour y trouver une planque, peu avant le passage à l'acte, selon l'acte d'accusation consulté par l'AFP.

La diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant la décapitation d'une des victimes, filmée par un des hommes, avait suscité l'effroi dans le royaume. 

Dans cette séquence, un des suspects parlait de "revanche" pour les "frères" en Syrie, où l'EI, sous le coup de plusieurs offensives, avait perdu en décembre la majorité des territoires dont il s'était emparé depuis 2014. 

Une autre vidéo publiée dans la foulée montrait les quatre suspects principaux prêtant allégeance à l'EI. 

Issus de milieux modestes, avec un niveau d'instruction "très bas" selon les enquêteurs, ils vivaient de petits boulots dans des quartiers déshérités de Marrakech. 

Arrêtés peu après le drame, ils avaient sur eux des couteaux portant des marques de sang. 

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