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Le décrochage scolaire constitue aujourd’hui un problème majeur dans le système éducatif marocain. Près de 260.000 élèves ont quitté les bancs de l’école pour l’année 2017-2018, un chiffre qui a nettement régressé comparé à la même période en 2008 où 440.000 enfants ont abandonné l’éducation. Une baisse de presque 50%, qui reste à améliorer pour atteindre le défi fixé par le Maroc et mettre fin à cette problématique.

La pauvreté, l’éloignement géographique des écoles, les inégalités territoriales et régionales et la qualité de l’enseignement, le travail des enfants, le mariage précoce et le retour à l’illettrisme, plusieurs causes sont à la base de la déperdition scolaire au Maroc. La Fondation Attijariwafa bank s’est emparée du sujet, pour mettre au point les moyens déployés par les pouvoirs publics, et l’état d’avancement des projets visant à résoudre ce fléau, à travers une conférence-débat, organisée la semaine dernière sur le thème : «Abandon scolaire : comment stopper le fléau ?».

Youssef Belqasmi, secrétaire général du département de l’Éducation nationale au ministère de tutelle, assure "qu’à la suite d’une étude menée par le ministère pour identifier les causes réelles du fléau, les résultats ont démontré que l’éloignement et l’absence de transport scolaire constitue, 21,1%, le refus des élèves 20,3%, la pauvreté 18%, l’échec scolaire 11,5% et le refus des parents 10%. Le préscolaire a également un fort impact sur la croissance du fléau. L’accès au préscolaire, lui seul, a réduit de moitié, le taux d’abandon scolaire”.
Le ministère de tutelle met ainsi plusieurs actions correctives et préventives pour combattre ce fléau. Infrastructures, transport, internat, campagnes de sensibilisation pour les parents et les enfants, des solutions mises en place pour sauver l’avenir de la jeunesse de demain.

La société civile a également joué un rôle primordial pour éradiquer l’abandon scolaire. Plusieurs programmes ont été créés par différentes associations, aidant ainsi plusieurs enfants à rejoindre l’école ou à y retourner. Ces programmes de proximité innovants comme le programme Tanouir, de l’association Kane Ya Makane, le programme Tayssir, mis en place par le ministère même, le programme Insaf pour la réinsertion scolaire des petites bonnes, ou encore le programme Aneer en faveur de la petite enfance en zone rurale et l’école numérique initiés par la Fondation Zakoura, tous des projets qui ont porté leurs fruits en sauvant et en préservant chaque année plusieurs enfants du décrochage scolaire.

“En général, 259.000 élèves abandonnent chaque année et le taux le plus important est enregistré au niveau du collège”, précise Belqasmi, ajoutant que “l’abandon scolaire est une problématique mondiale, et que le Maroc a réalisé des évolutions importantes dans ce sens”.

Saluant les efforts du Maroc qui est érigé comme modèle de l’éducation non-formelle dans la région Mena, Philippe Maalouf, responsable de l’éducation pour le Maghreb à l’Unesco a déclaré que “le décrochage scolaire n’est pas un phénomène qui concerne seulement le Maroc et la lutte contre ce fléau est un processus très lent qui varie d’un pays à l’autre. Les pays qui ont réussi à lutter contre ce phénomène sont ceux qui ont mis en place un processus de solutions au niveau local”.

L’éducation non-formelle joue également un rôle important dans la réinsertion des enfants qui abandonnent l’école. Selon les données déclarées par le ministère, 67.400 élèves intégreront les écoles de la 2e chance au titre de la rentrée 2018-2019.

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