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Malgré les poursuites des manifestations et la réunion tenue hier, le gouvernement n’ira pas plus loin qu’une intégration des contractuels au sein des AREF.

La mobilisation des enseignants est sans doute de l’un des mouvements sociaux les plus virulents de ce début d’année 2019. Les 55.000 enseignants contractuels du pays manifestent régulièrement depuis des mois pour réclamer le statut de fonctionnaires au sein de l’Education nationale et protester contre la politique de «recrutement par contrat» (CDD) en vigueur depuis 2016. Les contractuels ont entamé une grève depuis le 3 mars et avaient déjà, il y a quinze jours, campé devant les académies régionales dans différentes villes. Ces enseignants ont les mêmes salaires que les permanents mais se plaignent de ne pas jouir des mêmes droits, notamment pour la retraite. Le gouvernement leur a fait différentes propositions, notamment de les intégrer dans les académies régionales, mais toutes ont été jugées insuffisantes au fil des semaines. La réaction du ministère ne s’est pas faite attendre après la publication d’un communiqué le lundi 18 mars pour se dire «s’est dit déterminé à prendre les mesures administratives et légales à l’encontre de toute personne entravant le bon déroulement des cours», indiquant qu’il va engager les procédures administratives en vigueur face à tout cas d’absentéisme injustifié.

«À l’heure où le gouvernement a rempli ses engagements envers les enseignants cadres des académies régionales d’éducation et de formation (AREF) en apportant les amendements nécessaires à leur statut, certaines parties continuent de faire pression sur les enseignants afin de les dissuader de regagner leurs établissements et d’accomplir leur devoir», souligne le ministère dans un communiqué. Le Chef du gouvernement Saâd Eddine El Othmani, s’est montré lui plus conciliant. Il a ainsi affirmé, jeudi à Rabat, en ouverture du Conseil de gouvernement, que l’éxecutif «a avancé autant que possible en termes de réforme du statut des cadres enseignants relevant des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF)». Il ajoute en outre que «le choix du recrutement régional est irréversible, et ce conformément à la politique de la régionalisation avancée et à la Charte de la déconcentration administrative dont la mise en oeuvre a déjà commencé». Et cela ne se fera pas au détriment des élèves, rassure-t-il en notant que «le gouvernement s’attelle, à travers le ministère de l’Education nationale, à prendre toutes les mesures nécessaires pour que les élèves puissent poursuivre leur année scolaire de manière normale et afin de garantir la continuité du service public dans les meilleures conditions». Afin de continuer dans l’apaisement, et malgré les affrontements de rue violents avec les force de l’ordre, Saïd Amzazi a accueilli les différents syndicalistes afin de trouver un terrain d’entente.

Selon nos sources ministérielles, aucune concession quant à l’intégration totale dans le service publique n’est «envisageable ». Car cela chamboulerait tout le processus de mutations entrepris par le département depuis fi n 2018. Un total de 27.913 enseignants des établissements scolaires publics ont bénéficié du mouvement national de mutation au titre de l’année scolaire 2019-2020, ce mouvement a d’ailleurs marqué pour la première fois par la participation des cadres des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF). Plus de la moitié des bénéficiaires travaillent dans le primaire (15.625), contre 6.793 enseignants du secondaire collégial et 5.496 du secondaire qualifiant.