A lire aussi

13-09-2019 09:41

France: Une femme voilée poignardée en pleine rue

Une agression qui s’est déroulée sous les yeux de son mari et ses deux enfants, âgés de 4 et 2 ans.…
Rejoignez nous sur :
Maroc

It’s a Botox party! Ou comment s'offrir des injections de cet "élixir" sans passer par une ambiance médicale ? Une pratique découverte récemment par de nombreux Marocains à travers une vidéo reportage tournée à Marrakech, qui montre un Français dénommé Cédric Martin, organisateur d'une séance collective d’injections de Botox en plein air, dans un hôtel luxueux de la cité ocre.

Suivi par les caméras depuis son arrivée dans la ville ocre, le professionnel déclare dans cette vidéo que “ces parties sont strictement interdites en France et dans plusieurs autres pays, mais parfaitement autorisées au Maroc”.

La vidéo qui a fait le tour de la toile accumulant ainsi de nombreuses réactions négatives sur le cadre “bizarre” du déroulement de ces opérations, a vite attiré l’attention des médecins marocains. Ceux-ci ont déposé une plainte demandant l'ouverture d’une enquête dans ce sens.

Contacté par LesECO.ma, Hanich Tarik, en sa qualité de président du Conseil régional de l'Ordre des médecins de Marrakech-Safi (Crom-rms), dénonce “une pratique qui s’attaque à la dignité des professionnels de la Santé au Maroc et des citoyens marocains”.

“Nous avons déposé une plainte pour l’ouverture d’une enquête concernant l'exercice illégal de la médecine. Contrairement à ce que déclare l’individu sur sa vidéo, le Maroc est régi par des lois qui doivent être respectées par tout le monde. Le non-respect des mesures hygiéniques, et l’anarchie exposée sur le reportage portent atteinte à la ville et à tout le pays”, s’indigne le P-dg de Crom-rms.

La Société marocaine de chirurgie plastique reconstructive et esthétique (SMCPRE) a exprimé, à travers un communiqué, son soutien à la plainte déposée par le Conseil régional de l'Ordre des médecins de Marrakech auprès du parquet de la ville.

"Nous nous associons et nous apportons tout notre soutien" à cette plainte contre "un dénommé Dr Cedric Martin de nationalité française", dont une vidéo postée récemment sur les réseaux sociaux le montre débarquer à Marrakech "muni d'une grande valise remplie de produits pharmaceutiques non identifiés et non contrôlés à la douane marocaine, pour effectuer des actes de médecine esthétique, tels que des injections de Botox ou de produits de comblement sur le visage de patients marocains ou étrangers dans des riads à Marrakech, en dépit de l'absence de toutes les conditions d'hygiène et de sécurité nécessaires pour de tels actes", indique la SMCPRE dans ledit communiqué.

L’enquête devrait également permettre de connaître le vrai métier de l’individu, qui se présente comme étant un chirurgien esthétique sur la vidéo en question, alors que rien ne le prouve, explique Hanich Tarik.

Au sein de LesEco.ma,  plusieurs recherches de la rédaction pour joindre le dénommé Cédric Martin sont restées vaines. Le contact de ce médecin reste introuvable sur les moteurs de recherche, sauf à travers son site, qui le présente comme membre de la Société française de médecine et de chirurgie esthétique. Il se présente également comme l’un des pionniers de la chirurgie cosmétique, de l'«hyper esthétique» et du «lifting chimique».

Botox party, quel danger ?

Botox party, cette tendance initiée aux États-Unis en association à des soirées arrosées, où les patients et patientes se font des injections cosmétiques dans un cadre non-médical en présence d’un médecin, d’un anesthésiste et d’une assistante, a été largement dénoncée par plusieurs professionnels de la Santé mondiale.

Les images de visages tuméfiés des patientes ayant essayé cette expérience, font ravage sur internet. Allergies, traitement inapproprié, et mauvaises conditions hygiéniques… Tous des éléments qui peuvent réellement nuire à la santé des personnes qui s’adonnent à ce genre de pratique. Une clause pour protéger les médecins qui participent à ces soirées est indispensable. Les patients doivent ainsi signer une “décharge” permettant de déresponsabiliser le praticien, en cas de mauvais incidents conséquents de l’opération.

En 2012, déjà, HorizonPress menait l'enquête

Ce sujet avait déjà été abordé par notre rédaction en 2012, dans le cadre d’une enquête qui avait permis de décrypter le processus de cette pratique et son cadre juridique au Maroc. Une enquête qui a été largement relayée par les médias français. 

Dans cet article daté du 19 juillet 2012, Michael Bizet, un ressortissant français résidant à Marrakech, était le premier à avoir initié cette tendance au Maroc, avec une soirée du genre déroulée le 2 juin 2012 dans un hôtel luxueux de la ville ocre, en présence de 400 personnes.

Le praticien avait reçu un avertissement du Conseil de l'Ordre des médecins (CNOM), 24 heures avant ladite soirée, en vue de lui signifier l'interdiction formelle et légale de réaliser des injections de Botox au Maroc, dans un cadre privé. Un avertissement qui n’avait aucunement perturbé l'organisateur, ni ses collaborateurs, puisque la soirée avait finalement bien eu lieu.

Interpellé par cette enquête, Michael Bizet avait confirmé à travers une déclaration que “tout ce qui a été publié est juste, et que son erreur fut de ne pas assez cadrer l'ensemble des éléments lui permettant l'organisation de cette soirée”. Il a ainsi souligné “qu’il n’y a pas eu d’injection”.

Si Michael Bizet avait affirmé que l’action médicale n’a pas été entreprise lors de sa soirée en 2012, chose qu’on veut bien croire… Cédric Martin, quant à lui a fièrement affiché sur le reportage diffusé par plusieurs chaînes françaises, son aiguille plantée dans le visage de ses patientes marocaines. Quelle explication aura-t-il ? Affaire à suivre…

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

0
Partages
0
Partages