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L'accès à l'eau potable en milieu rural a atteint 97% en 2018, une performance qui donne la mesure des efforts déployés pour garantir la sécurité hydrique à l'échelle nationale, a indiqué vendredi à Rabat un responsable du ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l'eau.

Lors d'une conférence de presse organisée au siège de ce département, en célébration de la Journée mondiale de l'eau, le chef de division d'approvisionnement en eau potable et assainissement en milieu rural, Rachid Madah, a souligné qu'en dépit du contexte climatique et hydrologique du Royaume, caractérisé par une irrégularité dans l'espace et dans le temps, avec la concentration de plus de 70% des ressources en eau dans 15% du territoire, les efforts déployés en la matière ont permis de garantir la sécurité hydrique du pays et la réalisation d'une importante infrastructure hydraulique.

Le système de gouvernance s'articulant autour de l’unité autonome du bassin hydraulique, impulsé par la stratégie de création de dix agences de bassins hydrauliques selon une gestion décentralisée, participative et concertée des ressources en eau, a contribué à la généralisation de l'accès à l'eau potable en milieu urbain, a-t-il souligné, tout en mettant l'accent sur l'amélioration du taux de branchement individuel en milieu rural, estimé aujourd'hui à 40%.

Madah a ajouté qu'en parallèle, un effort a été consenti en matière d'assainissement et de lutte contre la pollution hydrique, et ce à travers la réalisation des réseaux d’assainissement et des stations de traitement des eaux usées, relevant que le taux de raccordement en milieu urbain a atteint 76%, alors que le taux des eaux usées épurées est estimé à 50%.

Cette performance, appelée à se consolider davantage grâce à l'adoption en 2016 de la nouvelle loi 36.15 sur l'eau, a permis ainsi d'atteindre les Objectifs de développement durables (ODD), notamment l'ODD6 qui a pour objectif de garantir l'accès de tous à l’eau et à l'assainissement et d'assurer une gestion durable à coût abordable, s'est-il félicité.

En ce qui concerne l'utilisation rationnelle de l’eau, le responsable a rappelé que le programme d’amélioration des rendements de réseaux ambitionne d'atteindre un rendement de 80% comme moyenne nationale d’ici 2025. Grâce à cette dynamique, le programme d’économie d’eau dans l’irrigation vise la reconversion en irrigation localisée de 50% des superficies irriguées d’ici 2020 avec comme perspective de porter ce taux à 70% en 2030.

La rencontre a été l'occasion d'annoncer le lancement d’un nouveau partenariat entre le Maroc, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Conseil mondial de l'Eau, en coopération avec la république du Sénégal, en vue de promouvoir la sécurité de l'eau en Afrique.

Selon le ministère, ce partenariat vise principalement à soutenir les pays africains pour concevoir et mettre en œuvre des politiques nationales dans le domaine de l'eau, fondées sur les principes de bonne gouvernance et permettant d’assurer la sécurité hydrique et la réalisation des ODD à l’horizon 2030.

Cette initiative sera déclinée en un programme de travail biennal comprenant la production de données, d’analyses et de recommandations stratégiques relatives aux politiques nationales en matière de gestion des ressources en eau, l’évaluation des réformes liées à ces politiques au niveau régional, ainsi que l’organisation de dialogues nationaux, d’ateliers et de programmes de renforcement des capacités.