A lire aussi

16-08-2019 11:00

Ce que l’on sait des trois tonnes de cocaïne retrouvées à Sidi Rahal

Une grande quantité de cocaïne aurait fini son périple sur la plage de Sidi Rahal. Une enquête a…
Rejoignez nous sur :
Maroc

La progression des départs des pateras depuis les côtes marocaines a favorisé la création de puissants réseaux de trafics. L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) dénonce ce business juteux et macabre. Révélations.

Le 14 mars dernier, au large de la mer l’Alboran, près des côtés marocaines, 45 personnes en migration ont trouvé la mort suite au naufrage de leur embarcation. Le renforcement, en janvier dernier, de la surveillance des frontières maritimes au nord du Maroc n’a pas empêché les tentatives d’immigration irrégulière. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) dénonce les politiques européennes et marocaines en matière de gestion des frontières.

Trafic juteux
«Les résultats concrets des politiques migratoires de l’Union européenne et marocaines qui, en construisant les barrières à Sebta et Melilla, ont surtout favorisé le passage dune migration gratuite, de pauvres à une migration payante et meurtrière», constate Omar Naji, vice-président de l’AMDH- Nador, lors de la présentation du rapport annuel de cette association, le 20 mars à Rabat.

Pour traverser le détroit de Gibraltar, une personne en migration originaire des pays d’Afrique subsaharienne débourse entre 2.000 et 5.000 euros. «Selon l’Espagne, plus de 50.000 personnes ont traversé la mer Méditerranée en 2018. Je vous laisse faire le calcul des recettes tirées par les réseaux de trafic. L’enjeu financier est important », signale Naji.

L’évolution des méthodes de passage en une année explique cette situation. «Nous observons une diminution soutenue des Bozas [ Ndlr : opération de migration irrégulière] via la barrière depuis 2015 à cause des barrières à lames tranchantes, de la militarisation des frontières et la destruction du campement de la forêt Gourougou». Ainsi, le nombre de franchissement des barrières est en net baisse. Il est passé de 2249 en 2014 à 430 en 2018. En même temps, les Bozas par mer sont en nette augmentation atteignant des chiffres records. «En trois années, on est passé d’une moyenne de 4.000 Boza vers Melilla et Ceuta à des dizaines de milliers par voie maritime y compris le départ des jeunes marocains après la répression des contestations populaires du Hirak», note l’AMDH dans ce rapport.

La croissance des tentatives de migration par voie maritime a permis la création de réseaux de trafic puissant à partir des pays d’origines jusqu’au Maroc. «Ces réseaux structurés de trafiquants (thiamo [leader des communautés], intermédiaires, agences de voyage, chefs de tranquilo [campements dans les forêts de Nador]. Ces réseaux sont à l’origine de pratiques à caractère mafieux. Nous avons reçu des plaintes de migrants faisant état d’exploitation sexuelle des femmes migrantes par les trafiquants, des refus de rembourser l’argent, envoi d’embarcation dans des conditions dangereuses et le refus de donner aucune information concernant les morts et les disparus», énumère l’AMDH. L’autre conséquence de cette transformation des routes migratoires, c’est l’évolution dramatique du nombre des morts en mer. «Nous assistons à une migration plus meurtrière que jamais», s’inquiète l’association (voir graphique).

L’AMDH reproche aussi «un grand laxisme dans les opérations de secours et peu de financements dans le renforcement des moyens de secours ». Un même constat signalé par la Plateforme nationale de protection migrants dans un récent rapport. L’association qui dit disposer des noms de ces trafiquants et a alerté les autorités sur l’existence de ces réseaux. «L’AMDH a adressé une lettre au ministre de l’Intérieur, aucun des grands trafiquants dénoncés n’a été arrêté», regrette Naji de l’AMDH Nador. Pour leur part, les autorités affichent une volonté de lutter contre les trafics de migrants irréguliers. En 2018, les services de sécurité ont démantelé douze réseaux de trafiquants à Nador où des agents des Forces auxiliaires (FO) étaient impliqués, dont un commandant des FO. Selon les données du ministère de l’Intérieur, 229 réseaux de trafic ont été démantelés en 2018. Ce qui confirme l’ampleur de ce phénomène.


Omar Naji
Vice-président de l’AMDH Nador

229 réseaux de passeurs ont arrêtés en 2018 selon le ministère de l’Intérieur. Les autorités marocaines tendent à augmenter les chiffres présentés au sujet des trafiquants arrêtés pour dire qu’elles combattent les réseaux de trafic, alors qu’en réalité aucun grand trafiquant, y compris ceux qui ont été dénoncé par AMDH Nador, n’a été inquiété jusqu’à présent.

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

0
Partages
0
Partages