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Le monde célèbre, dans deux jours, la Journée internationale de la femme, l’occasion mondiale de revenir sur les progrès accomplis en matière de droits de la femme. Si depuis la fin du 19e siècle et avec les différents mouvements défenseurs des droits des femmes, et aux différents progrès techniques, les femmes ont vu leur situation évoluer au fil des années. Au Maroc, comme dans le monde, la situation de la femme connaît de nets progrès, la Banque mondiale a même classé le Maroc premier dans la région Mena, en termes d’inclusion économique des femmes, bien que des progrès restent encore à faire, selon le même organisme.

Une sorte de comparaison s’impose donc entre l’état de la femme marocaine moderne et celle du passé, qu’est-ce qui a changé, qu’est-ce qui subsiste toujours, quelle était la condition de la femme avant l’apparition des mouvements qui revendiquent la défense de leurs droits ? 


La situation de la femme marocaine de l’époque précoloniale connaissait de bons et de mauvais côtés, si la situation n’était pas idéale pour les hommes non plus, les outils modernes de confort n’existaient pas encore, mais un coup d’œil dans les « produits culturels » de l’époque montre que la vision que la société avait sur la femme n’est guère enviable, comme le montrent certains proverbes populaires que certains utilisent encore de nos jours. 

Beaucoup de ces proverbes vont jusqu’à comparer la femme à l’animal, comme par exemple celui appelant à ligoter la bouche de la femme comme on fait avec la monture par l’usage du mors. Un autre par exemple suggère que la femme serait une vipère dont la ceinture n’est autre que le diable en personne, un proverbe stipule même que la femme au foyer doit être « aussi endurante à la maison qu’une ânesse ».

Loin des proverbes, certaines régions connaissaient l’usage de l’expression misogyne par excellence « mra 7achak », littéralement « Une femme, sauf votre respect », comme si le terme de femme lui-même serait irrespectueux à l’usage.
Malgré cette vision dégradante, la situation de la femme sur le « terrain » n’était pas si catastrophique. Les exemples de femmes puissantes et influentes sont légion dans l’histoire du Maroc (Fatima Fihriya, Zainab Nafzaouia, Sayyida Al Hurra, etc.), en ce qui concerne le travail des femmes par exemple, les études montrent que les femmes marocaines de l’ère précoloniale n’ont jamais été empêchées de travailler. 


Partout, elles participaient aux travaux agricoles, ce qui est attesté dès la période romaine. Au 16e siècle, Ibn ‘Ardoun jugeait qu’« [à] la campagne […] l’insolence est inouïe, car les femmes sortent sans voile et vont travailler à la forêt, aux pâturages, dans les champs, à côté des bergers et des Khemmes » (Houbbaïda 1995 : 120). Un tel procédé de dévalorisation des « autres » civilisations par « leurs » femmes est courant, et n’atteste donc pas obligatoirement d’une spécificité locale. En revanche, ce témoignage confirme l’activité des femmes dans les champs. 

Les femmes avaient également un rôle prépondérant dans l’artisanat : « Lavage de la laine, cardage et filage de la laine, du poil de chameau et du poil de chèvre, montage de métiers à tisser, confection sur le métier horizontal des longues et étroites bandes de laine et de poil de chameau qui, cousues les unes aux autres, constituent la tente, tissage sur le métier à cadre vertical des divers vêtements masculins et féminins, des couvertures, des divers sacs pour le transport de grains, bissacs, sacoches, etc. Elles participaient également à des activités commerciales, et dans certaines régions, la tradition voulait que ce soit la femme la « gérante » de la maison familiale dont la parole n’a pas à être discutée. 

Ainsi, l’admission de la femme au travail n’est pas un « bienfait » de l’administration coloniale, mais un phénomène ayant toujours existé, la situation de la femme au Maroc d’antan, connaissant des hauts et des bas, et les points négatifs n’empêchaient point la femme d’être forte et influente.

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