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Maroc

 

Le gouvernement espagnol a laissé entendre que Rabat a accepté le rapatriement vers les ports marocains des pateras secourues en mer. Une information vite démentie par la secrétaire d’État à la Sécurité qui évoque une meilleure coordination au niveau des opérations de sauvetage. 

Le Maroc aurait accepté le débarquement dans ses ports des migrants assistés par les services de secours espagnols. La nouvelle a été annoncée, jeudi et en exclusivité, par El Pais, journal proche du gouvernement socialiste. Celui-ci cite trois sources anonymes de l’équipe de Pedro Sanchez pour étayer sa thèse mais le démenti n'a pas tardé pas à tomber. Quelques heures plus tard, Ana Botella, secrétaire d’État à la sécurité conteste cette version et parle plutôt d’un projet d’améliorer les opérations de sauvetage en Méditerranée à travers une «meilleure coordination» avec les garde-côtes marocains ! Ce démenti a été diffusé sur les ondes de la radio Cadena Ser. Tout porte à croire que Madrid a dû rétro-pédaler à cause d’une «remontrance» des autorités marocaines après cette annonce non concertée sur les colonnes du média préféré du gouvernement socialiste.

Critiquée pour ses positions jugées passives à l’égard de l’immigration irrégulière, l’équipe de Pedro Sanchez a cru bon de faire cette annonce en cette période d’effervescence électorale où ce dossier est devenu un enjeu majeur, en mesure de peser sur les tendances des votes. Le choix du gouvernement espagnol de publier cette annonce sur El Pais n’est dû au hasard. Le quotidien a été la publication élue par le gouvernement socialiste pour révéler plusieurs annonces phares dans le dossier de l’immigration. En somme, la nouvelle a tout d’une promesse en cette période de surenchère électorale. Une chose est claire, le Maroc se retrouve encore une fois et à ses dépens au cœur de la campagne électorale espagnole, la première où l’extrême droite pourrait faire son entrée au Parlement espagnol, selon les sondages. Toujours est-il que l’article publié jeudi par El Pais révélait une série d’informations «croustillantes» qui n’ont pu être fournies que par l’équipe de Sanchez. L’on parle par exemple du fait que les autorités marocaines vont recevoir deux embarcations rapides d'une valeur de deux millions d’euros chacune pour les missions de sauvetage en mer. De fait, il s’agit d’une mesure sans précédent dans le dossier de la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Selon la version présentée par les sources gouvernementales du journal madrilène, les autorités marocaines auraient accepté le débarquement dans un port national de candidats à l’immigration secourus en haute mer par les services espagnols dans le cas où le port marocain se révèle être plus proche que l’espagnol.

À travers cet hypothétique accord, Salvamento Maritimo épaulera la Marine royale dans sa mission de venir en aide aux migrants en détresse. «La stratégie devrait permettre d’atteindre l’objectif tracé par le gouvernement de Pedro Sanchez de réduire de moitié les entrées des migrants irréguliers», ajoute El Pais.

Selon les calculs du ministère espagnol de l’Intérieur, 64.298 migrants sont arrivés en Espagne en 2018. Un record ! À travers cette annonce, le gouvernement de Pedro Sanchez, qui s’est lancé dans une campagne électorale effrénée tente de démontrer que sa démarche de main tendue vers le Maroc paie et donne même lieu à des mesures inédites en matière de contention des flux migratoires. Les autorités espagnoles ont toutefois souligné que cet accord n’est pas un acquis et peut être révoqué selon les résultats des élections du 28 avril prochain. Cependant, l’annonce intervient à un seul jour seulement de l’appel de Vox, le parti d’extrême droite au Parlement andalou, à la suspension des opérations de sauvetage à l’adresse des candidats à l’immigration. Selon une députée de Vox, cette assistance encourage les migrants à braver les mauvaises conditions météorologiques, a estimé le parti de droite qui fait de la lutte contre l'immigration son credo. Vox a estimé qu’il existe des mafias en Afrique qui s’enrichissent grâce à ce service humanitaire, vu qu’ils planifient le moment du sauvetage en mer pour garantir l’arrivée de leurs «clients» à bon port.

Selon le pure-player, elconfidencial.com, ce service a cessé de publier sur les réseaux sociaux le bilan de ses actions humanitaires à cause des attaques qu’il reçoit de la part de la droite et de l’extrême droite. Toutefois, les secours espagnols doutent de l’efficacité du rapatriement des pateras vers des ports marocains. Selon un syndicat contacté par El Pais, les migrants peuvent devenir menaçants voire violents en apprenant que leur rêve de rejoindre la péninsule est brisé. De même, les sauveteurs espagnols craignent que cet accord dissuade les migrants en détresse à solliciter l’aide, ce qui peut se traduire par des tragédies et convertir la Méditerranée en un cimetière de migrants. Rappelons que 1.064 candidats à l’immigration ont perdu la vie durant leur tentative de rejoindre les côtes espagnoles en 2018. 

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