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Le besoin de faire évoluer les méthodes des agences urbaines et de repositionner celles-ci sur le plan territorial se fait sentir. Le ministre de tutelle, Abdelahad Fassi Fihri, entend passer à la vitesse supérieure pour réformer la gestion de ces organismes publics. Les détails de la vision de réforme.

Dans un contexte national marqué par la mise en œuvre progressive de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative, le rôle des agences urbaines doit être redéfini pour répondre aux enjeux territoriaux, sociaux et économiques. Il est temps d’accélérer la cadence pour résoudre les problématiques qui limitent l’action de ces organismes. Le ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Abdelahad Fassi Fihri, qui vient de réunir à Rabat les directeurs des agences urbaines, a déjà une vision claire des objectifs de la réforme escomptée.

Unifier la vision des agences
Il s’agit en premier lieu de la nécessité d’unifier la vision de ces agences en matière d’interprétation de la loi, tout en continuant à gérer les spécificités locales. Or, aujourd’hui, ces agences, dont le nombre s’élève à 29 -outre celle de Casablanca qui relève de l’Intérieur- ne coordonnent pas leurs actions. Il s’avère ainsi nécessaire de créer un climat de débat pour renforcer la cohérence de ces entités. Le besoin de s’affirmer sur le plan régional se fait sentir, d’autant plus que les risques sont importants, comme le souligne le responsable gouvernemental. Aucun scénario n’est à écarter. Les interrogations peuvent même porter sur la pertinence de maintenir les agences urbaines dans la phase actuelle, marquée par des changements sur le plan de la gestion régionale de plusieurs chantiers, dont l’investissement. «Soit on sera capable de relever le défi, soit on sera dépassé», tient à préciser Fassi Fihri. Pour réussir le pari, il faut miser, entre autres, sur la convergence interne des différentes entités du ministère qui allie deux secteurs stratégiques. La réflexion devra s’accélérer pour élaborer une vision claire du positionnement des agences urbaines. La charte de la déconcentration administrative accorde un délai de six mois, à partir de la publication du décret y afférent au Bulletin officiel, aux différents départements ministériels pour élaborer un schéma directeur clair au niveau territorial. Plusieurs ministères peuvent être regroupés en un seul pôle. L’enjeu est de trouver la manière adéquate de gérer la représentation unifiée du ministère et des agences urbaines qui font partie de l’ensemble. Les agences sont appelées à entrer dans un processus vertueux de développement pour s’adapter aux transformations en cours. Certes, ces organismes ont réalisé des acquis importants depuis leur création. Mais ils sont vertement critiqués sur nombre de points, dont la question de la facilitation de l’investissement et les problèmes «urbains» du milieu rural.

Miser sur la qualité
Le ministre plaide pour une approche plus qualitative que quantitative. En effet, les résultats quantitatifs probants ne doivent pas, selon lui, cacher la réalité selon laquelle les documents d’urbanisme, les plans d’aménagement et les schémas directeurs tardent à être disponibles, dans les villes et territoires marqués par une forte pression urbaine. Aussi faut-il déployer des efforts considérables pour réhabiliter la mission de planification et développer les méthodes ayant trait à ce volet à travers des mécanismes souples et concertés pour faire émerger une nouvelle génération de documents d’urbanisme.

Milieu rural : mettre fin aux blocages
Le milieu rural est aussi un chantier prioritaire que les agences urbaines doivent intégrer dans leur stratégie. Il faut lever les blocages notamment d’ordre financer et développer le projet d’assistance technique et architecturale gratuite en milieu rural. Le ministre de tutelle est convaincu que le changement peut rapidement être palpable à travers des expériences pilotes. À cet égard, les conseils régionaux sont des partenaires importants. Mais il faut, en premier lieu, se mettre d’accord sur des objectifs communs. Le gouvernement et les régions semblent encore peiner à accorder leurs violons sur les priorités.

Les dérogations à limiter
La gestion des dérogations doit être faite avec une grande vigilance. Ce système a été critiqué par nombre de rapports. Aussi faut-il opter pour la prudence dans le traitement des dérogations, dont l’interdiction n’est pas à l’ordre du jour car elles permettent la concrétisation de certains projets. Même dans un contexte de déconcentration, l’administration centrale doit suivre cette affaire de près, d’après le ministre. Des procédures de contrôle, d’évaluation et de concertation sont à mettre en place en amont.

Revoir le fonctionnement des Conseils d’administration
Le déroulement et le fonctionnement des Conseils d’administration s’imposent. Le contenu des rapports d’activité des agences urbaines ne doit plus être d’ordre quantitatif. Il faut désormais s’inscrire dans l’ère de la gestion axée sur les résultats. Ainsi, l’évaluation devra se faire sur la base de la concrétisation des objectifs fondamentaux dont l’impact des différentes politiques sur le citoyen.

L’impératif de l’indépendance
Un autre message de la plus haute importance est véhiculé par le responsable gouvernemental: l’impératif de prendre la distance nécessaire vis-à-vis de toutes les considérations et les luttes d’intérêts inhérentes au domaine de l’urbanisme. Il faut que les agences urbaines gardent leur indépendance et se concentrent sur les missions d’ordre technique. «Les agences urbaines sont comme les partis politiques. Leur force réside dans leur indépendance», résume-t-il. 


La mobilité : un épineux problème

La mobilité est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des directeurs régionaux des agences urbaines. Abdelahed Fassi Fihri est on ne peut plus clair sur cette question: «Les décisions de réaffectation relèvent exclusivement de mon ressort et il est inutile de faire intervenir d’autres personnes (ministres, responsables des syndicats ou des partis politiques…) car il s’agit d’un mode de gouvernance dépassé». Il faut dire que la déconcentration administrative impose la mobilité, d’autant plus qu’il est question de rationaliser les ressources et les dépenses à travers le regroupement des administrations. La question se pose concernant la réduction du nombre des agences urbaines, dont le nombre est beaucoup plus élevé que celui des régions.

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