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Les deux ministres Lahcen Daoudi et Aziz Rabbah estiment que le retour à la subvention des hydrocarbures n’est qu’une simple rumeur et que le sujet n’a jamais été discuté au sein du gouvernement. Les Affaires générales se penchent sur un système de plafonnement pour maîtriser la concurrence dans un cadre régulé.

Les informations qui ont été colportées dans la presse à propos d’un éventuel retour à la subvention des prix des hydrocarbures ont certes créé le buzz, mais sans pour autant convaincre de leur véracité. Contacté par Les Inspirations ÉCO à ce propos, Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, a écarté d’un revers de la main toute possibilité de retour à la compensation en ce qui concerne les carburants. Sur un ton ferme, il a souligné que le choix de la libéralisation est irréversible. «Ceci dit, je confirme que le gouvernement à travers le ministère des Affaires générales et de la gouvernance, travaille sur un système de plafonnement des prix à la vente», a-t-il tenu à préciser.

Contacté, Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales, qui rentrait de l’étranger, a répondu de la manière la plus incisive : «Sujet non discuté, simples rumeurs», en parlant d’un hypothétique retour à la subvention. En plein mouvement de boycott, il est vrai que l’idée d’un rétropédalage sur la libéralisation peut facilement chatouiller les esprits. Mais la logique des choses veut que la décision du gouvernement Benkirane de libéraliser le marché trouve son essence dans une politique réfléchie basée sur des études et surtout un souci de justice sociale. Le hic, selon un expert économique, c’est que cette politique de libéralisation n’a pas été dûment accompagnée d’une bonne maîtrise du comportement des acteurs de ce marché que sont les pétroliers. Dans le sillage aussi du rapport de la commission parlementaire sur la libéralisation des hydrocarbures, la démarche aujourd’hui est de chercher les causes de la hausse exponentielle des prix à la pompe dans une période où le baril n’était pas cher. Aujourd’hui que le prix du baril flirte avec les 100 dollars, voire plus dans les mois à venir, principalement à cause de la crise iranienne, l’on apprend que les professionnels du secteur ne voudraient pas répercuter cette hausse sur leurs prix de vente.

Le message du boycott semble avoir trouver oreille attentive. Mais, il faut aussi reconnaître le fait que la libéralisation a eu lieu en 2015 dans un temps où le baril fut à son niveau le plus bas (25 dollars). Depuis 2016, selon ledit rapport, son prix a triplé et les distributeurs auraient été contraints de répercuter dans la limite du possible. Pendant ce temps-là, la fiscalité du secteur n’a pas changé. Le gouvernement qui a gagné plus de 80% du budget de la compensation en libéralisant le secteur, continua aussi à profiter de la manne fiscale qu’il donne. Quant à la réforme du secteur censée passée notamment par le ciblage, elle a donné quelques résultats principalement en ce qui concerne le soutien des couches sociales vivant dans la précarité comme les veuves, les mères célibataires...dans le cadre du Fonds de cohésion sociale. Mais est-ce suffisant pour faire accepter au reste des Marocains des hausses sans commune mesure avec leur pouvoir d’achat, encore moins le niveau du Smig. Mais le sujet n’apparaît pas aussi simple à la lumière des résultats du rapport parlementaire. Car après la libéralisation, le gouvernement a exigé des pétroliers des investissements importants dans les capacités de stockage, de mise à niveau du service et le réseau des stations-service. Le problème c’est que les banques, selon les pétroliers eux-mêmes, n’ont pas fait assez d’effort pour les accompagner dans cet effort d’investissement.

La fiscalité est un autre gros morceau du rapport. Considérée depuis longtemps comme un sujet tabou, les parlementaires n’ont pas eu de gène à l’évoquer de manière sérieuse. Ils ont demandé à l’État de réaliser un benchmark au sujet de la TIC (Taxe intérieure de la consommation). Ils ont proposé une TIC inversement indexée aux prix. Quand ces derniers montent, l’État peut baisser la TIC et vice-versa. Toujours selon le rapport, si le gouvernement applique une baisse d’un dirham sur les taxes par litre, il fera bénéficier le consommateur marocain d’un prix à la pompe d’un dirham de moins, soit 5,5 MMDH par an.

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