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Said Amzazi vient d’être interpellé par les députés en commission sur l’épineux dossier de la réforme de l’enseignement qui tarde à être mise sur les rails. Le ministre a exposé son plan d’action pour le département de l’Éducation nationale. Le point sur les objectifs phares.

L’enseignement est l’un des secteurs qui revient le plus dans les questions des parlementaires dans les deux chambres. Mais, bien que le ministre de tutelle et les deux secrétaires d’Etat soient souvent interpellés lors des séances plénières des questions orales, le dossier n’est pas discuté de fond en comble au sein de la coupole. Aussi, Said Amzazi vient d’être convoqué en commission pour pouvoir passer au crible le secteur qui est miné par plusieurs dysfonctionnements. Nombre de députés insistent sur l’impératif de l’accélération de la cadence pour l’adoption de la loi-cadre sur l’enseignement en vue de pouvoir mettre sur les rails la réforme du secteur qui accuse un retard abyssal ; ce qui déteint négativement sur l’emploi et l’intégration des jeunes sur le marché du travail. La réforme tant attendue ne devra omettre aucun aspect à commencer par le préscolaire marqué par moult insuffisances tant quantitative que qualitative. Presque la moitié des enfants en âge de préscolarisation sont en dehors du système. Uniquement 54,2 % des enfants marocains sont inscrits dans unités préscolaires, selon les chiffres officielles du ministère de l’Education nationale. Un pourcentage qui reste très faible et rend difficile la mission de généralisation qui est n’est prévu qu’à l’horizon 2027, soit d’ici neuf ans. Le département de l’Education nationale qui entend concrétiser ce dessein progressivement se fixe l’objectif d’atteindre un taux de 67 % des enfants âgés de quatre ans et cinq ans à l’horizon 2021/2022.

Pour y arriver, le ministère prévoit nombre d’actions dont la révision de la loi 00-05 pour rendre le préscolaire obligatoire, la mise en place d’un cadre référentiel du secteur, la formation des éducateurs, l’octroi des bourses aux enfants nécessiteux, l’élaboration d’un modèle économique spécifique au milieu rural, la création des crèches dans les grands établissements publics au profit des enfants des salariés qui y travaillent, la modernisation du préscolaire traditionnel et le soutien et l’encadrement des associations de la société civile œuvrant dans ce domaine. La mise en œuvre de la mesure d’accueil des enfants de cinq ans et demi dans les établissements publics a été déjà entamée au cours cette année scolaire dans certains établissements. Sur le volet financier, une étude nationale a été lancée pour évaluer le coût d’une préscolarisation de qualité. Les besoins se chiffrent à 3 voire 4 milliards de dirhams nécessaires pour la généralisation de l’enseignement préscolaire au Maroc. Un montant auquel devra s’ajouter le coût de la formation des ressources humaines. Pas moins de 100.000 éducateurs sont à former pour concrétiser les objectifs escomptés. Une grande responsabilité incombe au secteur public dont l’offre est très limitée en la matière.

Pour la prochaine rentrée scolaire, Amzazi annonce la création de quelque 4000 classes de préscolaire dans les établissements publics outre l’accueil de manière progressive dans les écoles des élèves de quatre et cinq ans. Au niveau des autres cycles, il s’avère nécessaire de mettre fin à bon nombre d’insuffisances dont la problématique de la déperdition scolaire. Certes, le taux de décrochage dans le primaire a diminué au cours des dernières années pour atteindre en 2016/2017 un pourcentage 1,2 % en raison des efforts déployés comme le programme Tayssir. Mais, il reste élevé dans le secondaire collégial (9,6 %) et le secondaire qualifiant (10,2 %). Même le taux de scolarité reste à améliorer dans ces deux cycles. Il est respectivement de 87,6 % et 66,6 % au niveau national. Une grande attention devra être accordée au milieu rural dont les taux de scolarité sont faibles par rapport à la moyenne nationale : 75,8 % pour l’enseignement collégial et 40,6 % pour le qualifiant. Ainsi, le renforcement des infrastructures et le recrutement des ressources humaines sont deux volets sur lesquels se penche le ministère.

Amzazi s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur en ce qui concerne la mise à niveau de l’infrastructure scolaire notamment en milieu rural et dans les régions qui enregistrent un grand manque. Par ailleurs, sans le renforcement des services d’appui social, il sera difficile d’atteindre les objectifs de généralisation de la scolarisation et de lutte contre le décrochage scolaire. A cet égard, il est prévu de réviser les mécanismes et les critères de ciblage et d’élargir la base des bénéficiaires tout en optant pour la discrimination positive pour le milieu rural. Il est proposé d’augmenter le coût quotidien de restauration pour chaque élève de 1,40 DH à 2 DH pour les cantines scolaires au niveau du primaire, de 7 DH à 10 DH pour le repas de déjeuner dans les collèges et de 14 DH à 20 DH pour chaque élève dans les internats pour les trois cycles.


Le secteur privé critiqué

L’enseignement privé qui accueille 14 % de l’effectif global des élèves est pointé du doigt par les parlementaires. Les députés saisissent chaque occasion pour critiquer vertement le manque de contrôle notamment sur les tarifs. En outre, des critiques acerbes ont trait à la qualité de l’enseignement qui varie d’un établissement à un autre. Le gouvernement est appelé à s’atteler sur la régulation du secteur. Dans le plan d’action du département de l’Education nationale, il est prévu la révision de la loi 06-00, la mise en place d’un cadre stratégique pour le développement du secteur, la révision des cahier des charges relatives à l’ouverture et l’élargissement des établissements d’enseignement privé, l’accompagnement des établissements privés pour avoir un corps d’enseignement permanent de qualité. On compte aussi développer le partenariat public/privé pour la ré-exploitation des établissements d’enseignement publics qui ont fermé leurs portes. Des mesures incitatives sont à mettre en place pour encourager le secteur privé à créer des établissements dans le milieu rural et périurbain.

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