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«L’aventure humaine ne sera pas solitaire mais solidaire». C’est en ces termes que Dioncounda Traoré, ancien président de la République malienne par intérim, a souhaité entamer le premier workshop «Afrique - Union européenne: quel partenariat gagnant-gagnant?», dont la modération a été assurée par Jules Domche, directeur général de Voxafrica. En voici le compte rendu.

Politiques, intellectuels et économistes tant africains qu’européens sont intervenus dans le cadre de ce premier workshop du MEDays 2017. Objectif: discuter la question liée aux approches qui devraient être adoptées pour assurer un partenariat gagnant-gagnant entre l’UA et l’UE, ou «Comment instaurer un partenariat intelligent», selon Traoré. Dans ce sens, Brahim Fassi Fihri, président du Forum MEDays, voit en ce partenariat UA-UE (2017) un «partenariat différent».

Pour les intervenants, il était question d’approcher plusieurs problématiques qui ont nui par le passé et qui constitueraient de réelles entraves à la préoccupation majeure de tous les acteurs, à savoir le passage de la théorie au concret.

Après avoir loué les quelques avancées opérées suite aux précédents partenariats entre l’UA et l’UE, notamment sur les plans social et économique, la question du profit a paru être l’une des plus cruciales et ce, à l’unanimité des voix africaines présentes lors de cette réunion-débat.

C’est alors que l’ancien Premier ministre libyen, Mahmoud Jibril El Warfalli, a avancé que «les deux continents doivent converger vers des intérêts communs». Et d’ajouter, en guise de proposition, que les pays européens aspirant à la bonne marche des partenariats doivent sans exception contribuer au Fonds africain de développement (FAD).

Pour Dacian Ciolos, ancien Premier ministre de la Roumanie, qui appelle à faire preuve de pragmatisme pour une meilleure coordination, «l’argent ne suffit pas, il faut une approche intégrée. L’UE a du mal à investir son argent qui, d’ailleurs, ne suffit pas, car le plus important réside tout d’abord dans l’identification des priorités dans la coopération UE-UA». À ce titre, Ciolos a appelé l’UA à davantage de clarté concernant les attentes qu’elle nourrit par rapport à l’UE.

Redéfinir les priorités

Jawad Kerdoudi, président de l’Institut marocain des relations internationales, a fait le point. Ce dernier a énuméré une série d’attentes dont l’égalité, la franchise et la transparence, le renforcement de la démocratie et des droits de l’Homme, l'aide à la résolution des conflits et surtout, le fait d'asseoir une politique européenne «spécifique» à l’Afrique. Il faut que l’UE s’intéresse au secteur privé et reconsidère sa politique migratoire car l’Europe est vieillissante et aura besoin des jeunes africains. Kerdoudi a aussi insisté sur le fait que le développement de l’Afrique ne passera que par l’industrialisation et le traitement de la matière brute en son sein.
Sur le plan de la migration, Cyril Svoboda, ancien Premier ministre de République tchèque, a souligné que l’UE doit promouvoir la migration» et ouvrir ses portes à l’Afrique car «l’UE et l’UA doivent désormais avancer ensemble».

Pour le directeur de l’Institut royal des études stratégiques (IRES), Mohamed Tawfik Mouline, il faut établir un nouveau partenariat qui soit rénové sur le plan économique et à fort potentiel sur le plan géostratégique, assorti d'une politique migratoire, en adoptant une approche humaine. 
Sur le plan géopolitique, Mouline pense que la géopolitique régionale doit être «ré-appréhendée», que la coopération doit reprendre avec les pays d’Amérique latine et que l’UE doit aider l’Afrique à moderniser ses infrastructures.

Quant au volet sécuritaire, l’UE devrait aider les pays africains afin de bâtir une force panafricaine d’intervention. «Ce partenariat doit être multidimensionnel. L’Afrique a besoin de développer son économie par le biais d’un nouveau relais et renforcer sa sécurité», conclut-il.
Toujours sur le plan des recommandations, Laurent Lamothe, ex-Premier ministre d'Haïti, estime qu’il est impératif de suivre les rapports du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui demande aux États de fortifier la politique de la création d’emplois et de promouvoir le capital humain. Ces démarches sont importantes pour reconsidérer les besoins du secteur privé, indispensable à une politique efficace et efficiente.

 Accord de « nouvelle génération »

C’est d’ailleurs ce que confirme dans son intervention le directeur de l’Agence marocaine de la coopération internationale (AMCI), Mohamed Methqal, qui constate que la rénovation de ce partenariat n’est pas, à elle seule, suffisante, en ce sens qu’il faudra que ce partenariat soit de «nouvelle génération». Methqal, qui rappelle que l’agence oeuvre dans le cadre de l’élargissement des partenariats, a tenu à citer l’importance du modèle japonais qui privilégie les capacités humaines en les mettant au centre de sa démarche.

Pour Manker Ndiaye, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, il y a trois objectifs stratégiques que l’UE doit poursuivre: le renforcement des valeurs et des intérêts communs, l’affermissement des relations bilatérales avec les pays de l’UE et, enfin, le développement économique, durable et inclusif. Pour ce qui est des objectifs stratégiques de l’UA, Ndiaye a mis l’accent sur le travail d’appropriation et de dissémination de l’Agenda de 1963.

À l’issue de ce premier workshop des MEDays 2017, l’Afrique semble déterminée à faire du partenariat avec l’UE celui de la rénovation, et du pragmatisme surtout!

 

 

 

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