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La balle est dans le camp du chef de gouvernement pour présenter des propositions concrètes aux partenaires sociaux et économiques. La première réunion du dialogue social n’a pas permis aux différentes parties d’accorder leurs violons. Le patronat s’attend à une réforme législative, notamment celle relative au Code du travail. Quant aux syndicats, ils restent sceptiques et tiennent mordicus aux augmentations salariales.

La prochaine réunion du dialogue social sera on ne peut plus décisive. Le chef de gouvernement, Saad Eddine El Othmani,  est très attendu par les partenaires sociaux et économiques pour conclure un accord sur quelques points - au moins- du cahier revendicatif de chaque partie. Ce round d’octobre ne s’annonce pas de tout repos pour El Othmani qui tente d’apaiser les esprits et aspire à la paix sociale tant souhaitée. Cette mission est très délicate.

L’actuel gouvernement compte cette fois-ci tirer son épingle du jeu. Néanmoins, la première réunion de lundi dernier, ayant duré plus de cinq heures, a donné un avant-goût de la difficulté de trouver un terrain d’entente entre les trois parties, chacune campant visiblement sur sa position. Du côté du patronat, on invoque l’impératif de soutenir les entreprises, notamment les secteurs les plus lésés. La présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc, Meriem Bensalah Chaqroun, insiste sur quatre points fondamentaux: la réforme du Code de travail, l’adoption de la loi organique régissant la grève, la flexibilité du travail et la formation professionnelle. Les trois premiers points suscitent l’ire des syndicats. L’UMT, la CDT et l’UGTM rejettent la réforme du Code de travail qui fait partie des engagements de la déclaration gouvernementale. Ils sont également contre la flexibilité du travail pour éviter de fragiliser la situation des travailleurs. Les centrales syndicales les plus représentatives érigent en priorité l’augmentation salariale, point qui a fait échouer les négociations avec le précédent gouvernement. Le compromis est difficile à trouver sur ce point. Après l’exposé du ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaid, sur les grandes lignes du projet de Budget, les syndicats restent sceptiques quant à une réelle volonté de répondre à la requête du renforcement du pouvoir d’achat des citoyens.

Khadija Zoumi, parlementaire au Groupe de l’unité et de l’égalitarisme à la Chambre des conseillers et dirigeante à l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) affiche sa déception vis-à-vis de cette rencontre qui n’a pas permis d’aboutir à des résultats concrets. Elle critique la manière dont le ministre Boussaid a présenté le projet de Budget qui laisse entendre que la marge de manœuvre budgétaire de l’État est réduite. L’Exécutif a beaucoup insisté sur l’appui aux secteurs sociaux, comme l’éducation et la santé, qui absorbent une grande partie du budget de l’État. Il faut dire que l’argentier du royaume a toujours brandi la carte de la nécessité de réaliser les équilibres macro-économiques. Mais les syndicats ne l’entendent toujours pas de cette oreille. «Le gouvernement est responsable de la création de richesse et est appelé à innover pour changer son modèle économique. Boussaid a mis en avant les contraintes. Les dépenses pour les secteurs sociaux sont une nécessité et une charge de l’État, et ne doivent pas être présentées comme une mesure octroyée aux partenaires sociaux. Nous sommes pour les équilibres macro-économiques mais aussi pour ceux à caractère social», dit-elle aux Inspirations ÉCO. Le gouvernement va-t-il pouvoir répondre à une partie des doléances syndicales et parvenir à rapprocher les points de vue des syndicats et du patronat? Rien n’est moins sûr. En tout cas, le souhait de tous les syndicats est de ne pas partir de zéro mais de reprendre au moins les propositions qu’avait déjà faites le gouvernement de Benkirane en mai 2016 pour les améliorer et de mettre en œuvre tous les points qui sont encore en suspens de l’accord du 26 avril 2011 dont la fameuse indemnité pour les zones éloignées et difficiles d’accès qui tarde à voir le jour depuis de longues années. Les syndicats ne comptent pas lâcher du lest dans l’espoir de redorer leur blason et de faire renaître la confiance perdue dans l’échiquier syndical. C’est pour cette raison qu’ils insistent sur l’augmentation salariale, l’allègement de la fiscalité sur les salariés (en déduisant, à titre d’exemple, les frais de scolarité de l’impôt sur le revenu et baissant le taux de l’IR) ainsi que l’augmentation des montants des allocations familiales qui sont dérisoires. Les syndicats se sentent dépassés. L’espoir est que l’Exécutif joue son véritable rôle pour les propulser au devant de la scène afin qu’ils puissent jouer leur mission de médiateur au sein de la société et éviter, ainsi, les tensions sociales incontrôlables. L’accélération de la cadence des réunions du dialogue social s’impose.

Le chef de gouvernement, qui a tenu des propos rassurants, devra se concerter avec ses ministres avant de pouvoir reprendre les négociations sur des dossiers concrets. Selon une source gouvernementale, il faut commencer le traitement d'un point après l'autre pour pouvoir arriver à des résultats concrets et atteindre le consensus tant escompté. Il n’est pas, en effet, facile d’amener toutes les parties à jouer la même partition. L’enjeu est de taille pour El Othmani qui s’engage à institutionnaliser le dialogue social en se basant sur «la nécessité de préserver la compétitivité de l’entreprise ainsi que les droits et les libertés des travailleurs et de garantir les équilibres financiers et économiques du pays en prenant en considération les ressources budgétaires disponibles». Une équation difficile à résoudre au vu des attentes des syndicats et du patronat.

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