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Entre barbouzerie et échange d’accusations graves, le Conseil national de l’Istiqlal a révélé la fracture qui sépare désormais deux ailes au sein du parti. Pour éviter le pire,  l’élection du SG a été reportée au 7 octobre.

Une crise de badges et une «guerre des assiettes volantes». Voilà comment décrire, en peu de mots, le démarrage du 17e Congrès national du parti de l'Istiqlal. Un rendez-vous que les deux principaux candidats au poste de secrétaire général voulaient comme celui de l'unité. Vendredi à 16h30, une pénurie de badges provoque panique et brouhaha. L'on a même aperçu une voiture de l'État qui distribuait les badges. Une heure plus tard, juste avant le démarrage du congrès, des barrières ont été forcées et plusieurs congressistes ont exprimé leur colère face à une organisation qui laissait à désirer. Certains ont vociféré contre les organisateurs qui laissaient passer uniquement les hommes en habit sahraoui, autrement dit, les congressistes du Sud. Les autres devaient emprunter les escaliers pour se rendre directement aux gradins de la salle couverte du Complexe sportif Moulay Abdellah. Après les discours d'ouverture et la présentation des rapports moral et financier par Hamid Chabat, secrétaire général sortant et candidat face à Nizar Baraka, l'impensable est advenu. Sous l'immense chapiteau qui fait office de lieu de restauration, une guerre a éclaté entre pro-Chabat et pro-Baraka. Fallait-il porter les deux candidats sur les épaules et s'en pavaner dans ce lieu de partage, censé être celui d'un échange calme et dépassionné?

Une vraie compétition
En tout cas, ce geste mal calculé a provoqué l'ire des ultras des deux camps qui se sont renvoyés les amabilités à coup d'assiettes volantes, de chaises cassées. Quatre congressistes ont été transportés d'urgence à l'hôpital, et plusieurs autres ont été blessés. C'est une plaie béante pour un parti qui voulait épouser la démocratie interne dans un contexte de tensions. Pour Adil Benhamza, congressiste, il ne faut pas oublier que le parti fait ses premiers pas dans l'élection démocratique de ses dirigeants. En effet, ce n'est qu'au 16e congrès, qui a porté Chabat au gouvernail, que la démarche démocratique de vote par bulletin secret a été pour la première fois éprouvée. Avant, la formation de Allal El Fassi, celle de la discipline par excellence, passait ses congrès comme une lettre à la poste dans la cohésion et le respect des caciques. Dans une autre déclaration, Chabat n' a pas manqué de diaboliser ces mains invisibles de «l'État profond» qui continuent, selon lui, à vouloir aiguillonner l'évolution de l'Istiqlal en soutenant un candidat en particulier (Nizar Baraka). Dans son discours d'ouverture, Chabat a évoqué la nécessité de procéder à une autocritique, indiquant que le Parti de l'Istiqlal est conscient du contexte qui caractérise le pays. Et de glisser que «Le 16e congrès est le premier qui ait connu une vraie compétition pour le poste de secrétaire général en appliquant la démocratie interne». «Car il est inconcevable que les partis demandent la démocratie sans se l'appliquer», a-t-il ajouté. Chabat sort affaibli d'une autre guerre syndicale durant laquelle il a perdu, non sans amertume, le poste de secrétaire général de l'UGTM face à Ennaam Mayara, cousin de son redoutable adversaire Hamdi Ould Errachid. La tectonique des plaques au sein du parti indique deux lignes de rupture, d'abord au sein du comité exécutif où la majorité semble acquise à Baraka, puis entre Chabat et l'aile sahraouie portée par le charisme de Ould Errachid.

Mieux rebondir
D'aucuns estiment que le congrès extraordinaire de mai dernier avait uniquement pour finalité d'ouvrir la voie à Nizar Baraka qui est seulement membre du Conseil national et non du comité exécutif. En effet, ce congrès extraordinaire avait un seul point à l'ordre du jour, à savoir l'amendement des articles 91 et 54 du statut du parti, qui visent notamment à ouvrir la candidature au poste de secrétaire général à tous les membres du Conseil national. À l'heure où nous mettions sous presse, le Conseil national devait être encore en réunion pour élire le secrétaire général du parti. Mais tous les pronostics sont en faveur de Nizar Baraka, homme de consensus au style diamétralement opposé à celui de son rival, Hamid Chabat. Malgré les couacs qui ont entaché le déroulement de ce 17e congrès, l'Istiqlal se cherche pour mieux rebondir. Il a, en effet, beaucoup souffert, ces cinq dernières années, de sa sortie tonitruante du gouvernement suite aux déclarations de son secrétaire général sur la Mauritanie et de la guerre des tranchées autour de la succession à la tête de l'UGTM, pour n'en citer que ces deux exemples.


Un accouchement difficile

Dans son intervention enflammée, Abdellah Bekkali, président du comité préparatoire du congrès, a tonné que le 17e congrès est une responsabilité historique pour faire réussir l'étape actuelle. «La voie n'a pas été facile pour un parti libre dans son choix partisan. La force du parti réside dans la gestion des différences et des sensibilités», a-t-il souligné. C'est sans compter sur des congressistes qui n'ont pas oublié les tensions qui les secouaient ces derniers temps. Et pourtant, après plusieurs reports, il a fallu plus de 9 mois de préparation, une centaine de réunions des commissions et 82 congrès régionaux pour préparer les esprits à l'exercice de la démocratie. «L'Istiqlal est un parti électoral avec un «fond» politique; nous ne sommes pas des créatures politiques créées de toutes pièces», insiste-t-il. 

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