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UA, commerce intra-africain... : À bâtons rompus avec Paul Kagame et Olesegun Obansajo

À Kigali, lors des 24e Assemblées annuelles d’Afreximbank, deux poids lourds du continent sont venus partager leurs idées sur l’actualité africaine. Il s’agit de l’homme fort de Kigali, le président rwandais, Paul Kagame  et de l’ancien chef d’État nigérian, Olesegun Obasanjo.

Paul Kagame, président du Rwanda

«Il faut un changement de mentalité à l’Union Africaine»
Le plus grand défi de l’Union Africaine est de mettre en œuvre les décisions prises par les chefs d’État et de gouvernement. Je pense qu’il faut faire évoluer les mentalités. Concernant la réforme de l’UA, lorsque j’ai soumis mon rapport, j’ai souligné que le plus difficile était de passer de la théorie à la pratique. Dans ce rapport, j’ai, avec l’aide des personnalités africaines qui ont constitué le groupe de réflexion, dressé un état des lieux. Maintenant, il faut avancer, accélérer la machine et c’est là où le bât blesse. L’ensemble des pays africains doivent saisir les moyens dont nous disposons. Je pense que le problème auquel nous sommes confrontés c’est la volonté politique. Cette volonté politique doit nous appuyer afin d’aller de l’avant.

«Passeport africain, il faut suivre l’exemple du Rwanda»
L’Afrique compte un milliard de personnes, voire plus. Au Rwanda, nous avons autorisé tous les citoyens africains à venir dans notre pays sans passer par des procédures de demandes de visas. Si tous les pays africains faisaient de même, ce serait une bonne chose. Il faut faciliter l’utilisation du passeport africain, ainsi que le déplacement des personnes à travers le continent. Cela faciliterait beaucoup de choses sur le continent. Les dirigeants de l’Union Africaine prennent de bonnes décisions, mais doivent les concrétiser. À mon avis, c’est cela qui aidera beaucoup les populations africaines.

«Se passer de l’aide au développement»
Nous avons assisté à une chute de l’aide publique au développement qui est passée de 80 milliards de dollars à 20 milliards. Au Rwanda, nous avons renforcé nos capacités et produit ce que nous pouvons produire. Tous les pays africains doivent faire de même. Les populations doivent travailler plus et exploiter les ressources et potentiels dont nous disposons. Ainsi, et progressivement, nous pourrons nous passer de l’assistance étrangère.

«Le Commerce intra-africain ne dépend pas que du financement»
Le niveau actuel de 15% que représentent les échanges commerciaux intra-africains est trop bas. L’Afrique doit faire face à une montée du protectionnisme dans le monde. Il y a lieu de rappeler que le commerce ne dépend pas uniquement du financement. Dans certaines sous-régions africaines, les obstacles au commerce ont été supprimés et cela a facilité le développement du commerce. Ces avancées doivent inspirer l’ensemble des pays du continent. L’Afrique ne manque pas de connaissances. Nous devons travailler ensemble et exploiter les réservoirs de connaissances et d’information dont nous disposons. 

Olesegun Obasanjo, Ancien président,du Nigéria

«Les Africains ne peuvent pas commercer entre eux… ?»
On dit souvent que les pays africains ne peuvent commercer entre eux, parce qu’ils produisent les mêmes choses, c'est-à-dire qu’ils n’ont que les matières premières. Mais je réponds souvent que les Européens aussi produisent des choses similaires entre eux mais cela ne les empêche pas de commercer entre eux. Si l’Afrique disposait d’un réseau de transport performant, nous aurions dépassé le niveau faible des échanges intra-africains que nous notons actuellement.

«L’Afrique doit aller vite et loin»
L’adage dit que «si l’on veut aller vite, on va seul, mais si on veut aller loin, on y va ensemble». L’Afrique, quant à elle, doit aller vite et loin. Cela veut dire que nous (pays africains, ndlr) devons aller seuls si l’on veut aller vite et aller ensemble si l’on veut aller loin. Je pense qu’il est nécessaire que quatre catégories d’acteurs se réunissent et unissent leurs forces sur le continent. Je parle du secteur public, le secteur privé, les institutions continentales et la société civile doivent se rassembler afin de nous fixer des lignes claires et montrer la voie à suivre pour le développement de l’Afrique.

«Bailleurs de fonds, oui et non»
Les pays africains doivent arrêter d’exporter des matières premières brutes et ils doivent aussi être moins stupides dans leurs relations commerciales avec le reste du monde. Si nous allons pour négocier des accords commerciaux avec les autres, nous devons mettre en avant nos intérêts comme les autres le font. Concernant le partenariat avec les institutions financières comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, les pays africains doivent prendre le recul et le courage nécessaires, afin d’adapter leurs consignes et exigences en matière de gouvernance économique. Les directives de ces institutions sont à contextualiser en fonction des réalités de chaque pays. Et surtout, nos gouvernants doivent avoir la subtilité de ne pas entrer dans un bras de fer frontal avec eux. Lorsque j’étais président du Nigéria, j’avais l’habitude de dire à mon ministre des finances de ne jamais dire non aux gens de la Banque mondiale, mais en même temps de ne jamais appliquer à la lettre leurs directives.

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