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Maroc

Index de l'article

Après son retour en janvier dernier au sein de l’organisation continentale, le Maroc participe pour la première fois au sommet de l’UA en qualité de membre à part entière. À cette occasion, une importante délégation marocaine se trouve à Addis Abeba pour porter la voie du Maroc, désormais engagé à contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda africain en matière de paix, de stabilité, de sécurité et de développement.

Le royaume du Maroc a pris activement part aux travaux du 29e Sommet de l’Union africaine (UA) qui se sont tenus du 3 au 4 juin derniers à Addis Abeba (Ethiopie) où siège l’organisation continentale. C’est le prince Moulay Rachid qui représentait le roi Mohammed VI à cet évènement auquel assistent plusieurs chefs d’Etat et de gouvernements du continent. À la tête d’une importante délégation, le prince Moulay Rachid, qui est arrivé dimanche dans la capitale éthiopienne, a ainsi prononcé le message du souverain marocain à ses pairs africains. L’occasion pour le Maroc de réaffirmer son engagement à contribuer à la mise en œuvre de l’agenda africain en matière de paix, de stabilité, de sécurité et de développement. C’est, en effet, la première participation du Maroc, en tant que membre à part entière, à une réunion au sommet de l’organisation continentale. Six mois après son retour au sein de l’UA, après près de trois décennies d’absence, le Maroc a rempli toutes les obligations requises en la matière et son intégration est définitivement actée. C’est à juste titre d’ailleurs qu’en marge de la rencontre des chefs d’État, le Maroc a pris part à la 34e réunion du Comité des représentants permanents (COREP) des pays membres de l’organisation puis, samedi dernier, aux travaux de la 31e session du Conseil exécutif de l’UA, lequel regroupe les ministres des affaires étrangères des 55 pays membres. C’est le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bouritta, qui a représenté le Maroc à cette session au cours de laquelle sont balisées les décisions majeures finales qui seront adoptés par les chefs d’État au cours de leur session.

Enjeux marocains
Pour sa première participation, le Maroc a donc sorti le grand jeu conformément aux engagements pris par le roi Mohammed VI lors de son discours historique prononcé lors du précédent sommet à la tribune de l’UA. «Vous le constaterez, dès que le Royaume siègera de manière effective, et qu’il pourra apporter sa contribution à l’agenda des activités, son action concourra, au contraire, à fédérer et à aller de l’avant», avait annoncé le souverain le 31 janvier dernier devant les autres chefs d’États du continent. C’est donc dans ce cadre que le ministre Nasser Bourita a réaffirmé devant ses homologues africains, l’engagement du Maroc à œuvrer dans une démarche constructive et une approche positive, à la mise en œuvre des voies et moyens permettant d’atteindre les objectifs contenus dans l’agenda africain en matière  de paix, de stabilité, de sécurité et de développement. L’occasion également  pour le royaume de «défendre ses intérêts, en particulier la cause de tous les Marocains, à savoir la question de l’intégrité territoriale du pays», comme l’atteste la manière efficace avec laquelle le Maroc a pu contrecarrer de nouveaux assauts de la part de certains pays hostiles au Maroc pour engager l’organisation dans un débat stérile sur le dossier du Sahara marocain qui est pourtant entre les mains de l’ONU. «Nous n’ignorons pas que nous ne faisons pas l’unanimité au sein de cette noble assemblée», avait déjà prévenu le roi Mohammed VI et à l’épreuve des faits, cela s’est avéré juste. Fort heureusement, et avec le soutien d’une écrasante majorité de pays soutenant le Maroc, la diplomatie marocaine a pu contenir les menaces à ses intérêts, occultant tout débat stérile et se consacrant plutôt à la recherche de réelles solutions aux enjeux de l’heure qui plombent la quête de développement pour le continent.

Défis africains
Le 29e Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’UA a donc pour thème  ««accroître le dividende démographique en investissant dans la jeunesse». Plus que cette problématique majeure pour le continent, d’autres sujets d’importance capitale ont aussi été au menu des échanges entre les dirigeants du continent. Il s’agit notamment de la réforme de l’institution, la recherche de son autonomie financière et d’autres questions qui sont toujours à l’ordre du jour des session notamment la résolution des multiples foyers de tensions amplifiés par des crises sécuritaires auxquels sont confrontés plusieurs pays ou régions du continent. «Ce sommet intervient à un moment important, où des sujets précieux pour l’avenir de l’Organisation sont sur la table, notamment les questions de la réforme des structures de l’UA et du financement des activités de l’Union pour qu’elle ne soit pas dépendante du financement extérieur pour son propre fonctionnement», a estimé à juste titre le chef de la diplomatie marocaine. Le Maroc n’a pas manqué de souligner l’urgence et la nécessité pour l’Afrique de s’armer de courage pour engager une approche ambitieuse afin que «l’UA soit au diapason de l’évolution de l’Afrique elle-même et à la hauteur des ambitions qu’ont les Chefs d’État et les peuples pour son avenir». Il convient de noter qu’à ce titre et sur les principales thématiques qui ont structuré les débats au cours des travaux, le Maroc a défendu ses propositions assez audacieuses et qui rejoignent pour l’essentiel celles convenues par les experts et les différents leaders commis pour élaborer des pistes devant permettre de prendre efficacement en charge les défis du continent. «Le relèvement de l’Afrique passe par une refonte de ses institutions continentales», avait défendu le chef de la diplomatie marocaine pour qui la réforme de l’Union africaine constitue un chantier important dans lequel le Maroc entend s’investir. «Notre famille institutionnelle doit évoluer vers une plus grande efficacité et une rationalisation de l’organisation panafricaine, afin d’être en phase avec les attentes des populations africaines» avait exprimé, lors d’une rencontre panafricaine à Rabat, Nasser Bourrita qui a également mis en avant le fait que «l’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse». C’est pourquoi, d’ailleurs, il a estimé que «l’investissement dans les jeunes, qui constituent près des 2/3 de la population du continent est fondamental. Ceci passe par une formation adéquate, une insertion douce et encadrée dans le monde du travail, une habilitation à prendre des initiatives pour créer de la richesse pour exprimer ses nombreux talents et contribuer à l’essor du continent».

Le Maroc au cœur des enjeux africains
La réforme institutionnelle ainsi que les questions relatives à la sécurité et au développement ont été donc au cœur de ce 29e Sommet, le premier du genre pour le Maroc qui a pu confirmer à l’occasion qu’il est conscient des vrais enjeux de l’heure du continent. C’est du reste ce qui sous-tend la stratégie africaine du Maroc sous l’impulsion du roi qui entend ainsi à travers ses actions envers les pays du continent donner à l’Afrique son leadership. C’est en ce sens d’ailleurs que le Maroc est attendu pour partager son expérience confirmée en matière de gestion migratoire. Sur la base des progrès enregistrés par une politique singulière et humaniste à l’égard des migrants, les chefs d’État africains ont décidé de confier au roi du Maroc, la gestion de cette problématique qui cristallise depuis quelques années les débats sur le continent mais surtout au delà. C’est du reste sur ces questions et celles relatives à la résolution des crises que traversent plusieurs pays et que le Maroc contribue à sa manière à la prise en charge à chaque fois qu’il est sollicité, que le prince Moulay Rachid a axé son intervention devant les chefs d’État et de gouvernements du continent.


Moussa Faki Mahamat
Président de la Commission de l’UA

L'Afrique affiche, au-delà de ses déficiences et fragilités structurelle classiques, un visage de plus en plus prometteur. J'espère vivement que 2018 soit l'année d'un relèvement de l'Union, de son autonomie financière et d'une renaissance pour elle. Chaque fois que nous avons gardé notre unité en parle d'une seule voix, nous avons remporté des victoires éclatantes».

Nasser Bourrita
ministre des Affaires étrangères

La politique africaine du Maroc a atteint un nouveau seuil grâce à l’engagement fort et constant du roi Mohammed VI. Elle n’est plus confinée à une seule sous-région. Le Maroc est passé d’une concentration naturelle en Afrique de l’Ouest à une projection sur l’ensemble des sous-régions africaines avec une ouverture sur de nouveaux espaces».


UA, commerce intra-africain... : À bâtons rompus avec Paul Kagame et Olesegun Obansajo

À Kigali, lors des 24e Assemblées annuelles d’Afreximbank, deux poids lourds du continent sont venus partager leurs idées sur l’actualité africaine. Il s’agit de l’homme fort de Kigali, le président rwandais, Paul Kagame  et de l’ancien chef d’État nigérian, Olesegun Obasanjo.

Paul Kagame, président du Rwanda

«Il faut un changement de mentalité à l’Union Africaine»
Le plus grand défi de l’Union Africaine est de mettre en œuvre les décisions prises par les chefs d’État et de gouvernement. Je pense qu’il faut faire évoluer les mentalités. Concernant la réforme de l’UA, lorsque j’ai soumis mon rapport, j’ai souligné que le plus difficile était de passer de la théorie à la pratique. Dans ce rapport, j’ai, avec l’aide des personnalités africaines qui ont constitué le groupe de réflexion, dressé un état des lieux. Maintenant, il faut avancer, accélérer la machine et c’est là où le bât blesse. L’ensemble des pays africains doivent saisir les moyens dont nous disposons. Je pense que le problème auquel nous sommes confrontés c’est la volonté politique. Cette volonté politique doit nous appuyer afin d’aller de l’avant.

«Passeport africain, il faut suivre l’exemple du Rwanda»
L’Afrique compte un milliard de personnes, voire plus. Au Rwanda, nous avons autorisé tous les citoyens africains à venir dans notre pays sans passer par des procédures de demandes de visas. Si tous les pays africains faisaient de même, ce serait une bonne chose. Il faut faciliter l’utilisation du passeport africain, ainsi que le déplacement des personnes à travers le continent. Cela faciliterait beaucoup de choses sur le continent. Les dirigeants de l’Union Africaine prennent de bonnes décisions, mais doivent les concrétiser. À mon avis, c’est cela qui aidera beaucoup les populations africaines.

«Se passer de l’aide au développement»
Nous avons assisté à une chute de l’aide publique au développement qui est passée de 80 milliards de dollars à 20 milliards. Au Rwanda, nous avons renforcé nos capacités et produit ce que nous pouvons produire. Tous les pays africains doivent faire de même. Les populations doivent travailler plus et exploiter les ressources et potentiels dont nous disposons. Ainsi, et progressivement, nous pourrons nous passer de l’assistance étrangère.

«Le Commerce intra-africain ne dépend pas que du financement»
Le niveau actuel de 15% que représentent les échanges commerciaux intra-africains est trop bas. L’Afrique doit faire face à une montée du protectionnisme dans le monde. Il y a lieu de rappeler que le commerce ne dépend pas uniquement du financement. Dans certaines sous-régions africaines, les obstacles au commerce ont été supprimés et cela a facilité le développement du commerce. Ces avancées doivent inspirer l’ensemble des pays du continent. L’Afrique ne manque pas de connaissances. Nous devons travailler ensemble et exploiter les réservoirs de connaissances et d’information dont nous disposons. 

Olesegun Obasanjo, Ancien président,du Nigéria

«Les Africains ne peuvent pas commercer entre eux… ?»
On dit souvent que les pays africains ne peuvent commercer entre eux, parce qu’ils produisent les mêmes choses, c'est-à-dire qu’ils n’ont que les matières premières. Mais je réponds souvent que les Européens aussi produisent des choses similaires entre eux mais cela ne les empêche pas de commercer entre eux. Si l’Afrique disposait d’un réseau de transport performant, nous aurions dépassé le niveau faible des échanges intra-africains que nous notons actuellement.

«L’Afrique doit aller vite et loin»
L’adage dit que «si l’on veut aller vite, on va seul, mais si on veut aller loin, on y va ensemble». L’Afrique, quant à elle, doit aller vite et loin. Cela veut dire que nous (pays africains, ndlr) devons aller seuls si l’on veut aller vite et aller ensemble si l’on veut aller loin. Je pense qu’il est nécessaire que quatre catégories d’acteurs se réunissent et unissent leurs forces sur le continent. Je parle du secteur public, le secteur privé, les institutions continentales et la société civile doivent se rassembler afin de nous fixer des lignes claires et montrer la voie à suivre pour le développement de l’Afrique.

«Bailleurs de fonds, oui et non»
Les pays africains doivent arrêter d’exporter des matières premières brutes et ils doivent aussi être moins stupides dans leurs relations commerciales avec le reste du monde. Si nous allons pour négocier des accords commerciaux avec les autres, nous devons mettre en avant nos intérêts comme les autres le font. Concernant le partenariat avec les institutions financières comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, les pays africains doivent prendre le recul et le courage nécessaires, afin d’adapter leurs consignes et exigences en matière de gouvernance économique. Les directives de ces institutions sont à contextualiser en fonction des réalités de chaque pays. Et surtout, nos gouvernants doivent avoir la subtilité de ne pas entrer dans un bras de fer frontal avec eux. Lorsque j’étais président du Nigéria, j’avais l’habitude de dire à mon ministre des finances de ne jamais dire non aux gens de la Banque mondiale, mais en même temps de ne jamais appliquer à la lettre leurs directives.

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