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14-11-2018 10:46

14-11-2018

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Maroc
«La vie de 500 personnes vaut plus qu’une nuit de sommeil» selon Nawal Soufi, née au Maroc, résidant depuis son enfance à Catane, en Italie. La jeune fille de 27 ans est lauréate du prix «Hope Makers», pour son engagement envers les réfugiés qui fuient en Europe via l’Italie, mais aussi auteure du livre «Nawal, l’ange des réfugiés», sorti en 2015. Sur ses épaules, et malgré son jeune âge, elle porte déjà la vie de 2.000.000 migrants.
 
 
 Pour celle que les réfugiés connaissent sous le nom de «Mama Nawal», tout a commencé un matin d’été 2013. Son téléphone sonne, et une voix paniquée demande de l’aide. La voix décrit un bateau transportant une centaine de Syriens, tous menacés de mort car perdus en pleine Méditerranée depuis plusieurs jours. Elle panique, puis réagit rapidement: elle connaît l’arabe, et peut demander des précision à son interlocuteur arabophone. Elle appelle directement les garde-côtes de Catane, qui lui expliquent ni plus ni moins comment localiser, et sauver, les 100 personnes qui sont tombées sur elle en composant un numéro au hasard.

«Lady SOS»

Depuis, le numéro de Nawal Soufi circule sur les réseaux sociaux de Libye, de Syrie, d’Égypte, de Turquie… Pour les milliers de migrants qui essayent de traverser la Méditerranée chaque année, elle est devenue la personne à appeler en cas d’urgence. Sa maîtrise de la langue arabe lui permet d’être un intermédiaire entre les réfugiés et les garde-côtes, qui eux ne la possèdent pas. Eux-mêmes partent chaque jour en mer secourir les bateaux pleins à craquer de migrants, qui fuient des pays en guerre ou espèrent simplement une vie meilleure en Europe.
Nawal Soufi, devenue «Lady SOS», ne s’éloigne jamais de son téléphone, lequel peut sonner jusqu’à dix fois par jour (et nuit). Pour cette femme qui a grandi avec son engagement pour les réfugiés, le destin -ou le hasard- lui a ouvert une voie à laquelle elle n’imagine pas se refuser aujourd’hui. Elle continue de dédier sa vie aux naufragés qui l’appellent, depuis 4 ans, bien qu’elle soit engagée dans des causes sociales depuis ses 14 ans. 
«Combien êtes-vous?», «Combien de femmes, et combien d’enfants?», «Le bateau, est-il en métal ou en bois?», «Une idée de votre position?». Généralement, l’interlocuteur au bout du fil panique, est terrifié, parfois blessé ou affaibli. Nawal a appris à garder son sang-froid, à prévenir les bonnes personnes, à aider son correspondant à se servir de leur téléphones pour trouver des coordonnées satellites. 

Un engagement 24 sur 7

Parfois, les secours arrivent à temps, et les naufragés sont sauvés. Parfois, c’est trop tard. Quand les réfugiés survivent, la jeune femme se rend dans les camps pour soutenir et parler avec les réfugiés qui se trouvent souvent en grande détresse psychologique. Mais son engagement ne s’arrête pas au port de Catane, puisqu’elle reste en contact avec les migrants, pour les aider à gagner l’Europe, à tenir tête aux passeurs malhonnêtes qui leur réclament des sommes d’argent pharaoniques pour des billets de train ou de ferry. Finalement, lorsqu’elle ne se trouve ni dans les camps, ni sur le port, Nawal se tient toujours prête à recevoir un appel de détresse, et à passer parfois 5h au téléphone avec un correspondant en danger. 
L’efficacité du travail de Lady SOS avec les garde-côtes ne peut qu’être reconnue par les autorités, même si ses activités restent légalement discutables. Quelques plaintes ont été déposés à son égard, l’accusant de soutenir l’immigration illégale jusqu’en Europe, sans suite toutefois. Concernant les messages destinés aux réfugiés sur sa page Facebook et les relations qu’elle tisse avec eux, les autorités ferment les yeux… Il s’agirait de ne pas empêcher l’ange des réfugiés de sauver d’autres vies.

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